Le recensement des cuirs de Brélévenez, 11 Nivôse An II
Étude d'un document administratif de la Révolution
Les deux feuilles manuscrites ici étudiées constituent un recensement administratif des cuirs détenus par les tanneurs et corroyeurs de la commune de Brélévenez, établi le 11 Nivôse An II (31 décembre 1793). Ce document, rédigé sur un papier vergé portant un filigrane I. Faudet — compatible avec une production de la papeterie Faudet de Ploubezre —, illustre l'application locale de la politique de réquisition des matières premières stratégiques décidée par le Comité de Salut Public. Il livre un témoignage précieux sur l'organisation des ateliers de tannage dans le Trégor à la fin du xviiie siècle, sur l'industrie papetière du Léguer et sur la manière dont une petite commune bretonne participait, par sa production de cuir, à l'effort de guerre de la République.
Présentation du document
Le corpus se compose de deux pièces complémentaires rédigées sur le même type de papier vergé. La première feuille est un formulaire vierge — la matrice imprimée du recensement — sur laquelle l'intitulé des colonnes et la liste des tanneurs sont portés, mais les cases chiffrées laissées en blanc. La seconde est la version remplie, sur laquelle la même main a reporté les quantités de peaux ainsi que des annotations marginales détaillées.
L'en-tête, identique sur les deux pièces, précise l'objet et la date de l'opération :
« Second Decadi, onze Nivose l'an second de la republique françoise une et indivisible
Municipalité de Brélevenez
Résencement, des Cuirs tant verds, que tannés et a tannés,
qui se trouvent en la possession des Citoyens Tanneurs et Corroyeurs
de la Commune de Brélevenez »
La formule de datation mérite une remarque codicologique. Dans le calendrier républicain, chaque mois de trente jours est divisé en trois décades de dix jours ; les jours de repos (décadis) tombent les 10e, 20e et 30e. Le 11 Nivôse est donc le primidi, premier jour de la deuxième décade. L'expression « Second décadi » semble résulter d'une confusion entre la deuxième décade du mois et le terme décadi, qui désigne le dixième jour de chaque décade. L'équivalence grégorienne exacte est le 31 décembre 1793.1
L'écriture est une cursive administrative rapide de la fin du xviiie siècle, encore très proche des formes calligraphiques d'Ancien Régime. L'orthographe est phonétique et régionale : verds pour verts, résencement pour recensement, cheuaux ou chevise pour chevaux ou génisses. Le patronyme des tanneurs est rendu Le Ténorver ou Le Tensorer, graphie révolutionnaire du nom breton Le Tennaouër.
Contexte historique : la mobilisation économique de l'An II
La République en guerre et l'économie dirigée
Le document s'inscrit dans la phase la plus aiguë de la Terreur. À la fin de l'année 1793, la République française affronte simultanément les armées des coalitions européennes sur toutes ses frontières et une insurrection fédéraliste dans plusieurs grandes villes ; en Bretagne, les premiers foyers de résistance contre-révolutionnaire sont encore diffus, la Chouannerie comme mouvement organisé ne se structurant véritablement qu'à partir de 1794. Face à cette menace, le Comité de Salut Public soumet l'ensemble de l'économie nationale aux exigences de la guerre : le Maximum général (29 septembre 1793) fixe par décret le prix des denrées et des salaires, la loi du 14 Frimaire An II (4 décembre 1793) centralise l'autorité des comités révolutionnaires, et la loi du 18 Brumaire An II (8 novembre 1793) met tous les cuirs de la République en réquisition potentielle, ordonnant aux autorités locales d'en dresser l'inventaire.
Le cuir est en effet une matière hautement stratégique : chaussures, selles, harnais et buffleteries des armées républicaines, alors fortes de plusieurs centaines de milliers d'hommes, en consomment des quantités considérables. Le recensement de Brélévenez s'inscrit dans cette politique de mobilisation économique : il ne s'agit pas seulement de connaître le nombre de peaux détenues localement, mais d'identifier les stocks disponibles et leur état de transformation.
Nivôse (du latin nivosus, « neigeux ») est le quatrième mois de l'an républicain, correspondant approximativement à la période du 21 décembre au 19 janvier. L'An II de la République court du 22 septembre 1793 au 21 septembre 1794. Le document est donc daté des tous derniers jours de l'année grégorienne 1793.
Brélévenez et le district de Lannion
Brélévenez est, en 1793, une commune autonome, distincte de Lannion, à laquelle elle sera ultérieurement rattachée. Elle relève alors du district de Lannion, dans le département des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor). Le recensement montre que les directives économiques de la République sont appliquées jusque dans cette petite commune.
La commune de Brélévenez présente des conditions naturelles particulièrement favorables à l'artisanat du cuir. Le Léguer, rivière qui naît dans les monts d'Arrée et rejoint la mer à Lannion après un parcours d'une cinquantaine de kilomètres, fournit une eau abondante indispensable au travail des peaux. Ses moulins — à farine, à papier, à foulon — ponctuent les rives depuis le Moyen Âge. La proximité de la forêt de Beffou et des bois du Trégor assure par ailleurs un approvisionnement en tan (écorce de chêne) à des coûts raisonnables. Ces deux ressources — eau et tan — constituent les conditions premières de l'installation d'une tannerie.
La tannerie dans le Trégor : une tradition ancienne
Le Trégor — pays historique correspondant grosso modo à l'arrondissement de Lannion et à une partie de celui de Guingamp — possède une tradition tannière ancienne, adossée à un élevage bovin local et à la proximité des cours d'eau nécessaires au tannage. Le recensement de Brélévenez s'inscrit dans ce tissu artisanal régional, dont l'ampleur exacte — bassins d'approvisionnement, débouchés commerciaux — resterait à établir par des sources complémentaires.
Au xviiie siècle, plusieurs ateliers de tannage sont attestés dans la vallée du Léguer et ses affluents. L'activité est encadrée par les règlements de jurande (corporation des tanneurs-corroyeurs), qui imposent des durées minimales de tannage, la qualité des matières employées et la formation des apprentis. La Révolution supprime les corporations en mars 1791 (loi Le Chapelier), mais les familles de tanneurs continuent d'exercer le métier avec les mêmes gestes et les mêmes techniques.
Les noms portés sur le recensement — Cottel, Matis, Le Ténorver — appartiennent à ce milieu artisanal enraciné, avec trois membres de la famille Le Ténorver (le Vieux, le Jeune, Guillaume) inscrits séparément sur le document (voir l'analyse socio-économique, § 6, pour ce que cette présence permet — et ne permet pas — d'en déduire).
Le document rempli : transcription et analyse
Structure du formulaire
Le tableau distingue quatre catégories de peaux selon l'espèce animale et l'état de transformation :
| Noms des Tanneurs | Peaux de vaches & génisses — vertes |
Peaux de vaches & génisses — tannées |
Peaux de veaux vertes |
Peaux de veaux tannées |
|---|---|---|---|---|
| → Catégorie supplémentaire relevée dans les annotations : peaux de cheval, traitées conjointement avec les peaux bovines | ||||
Données chiffrées
| Tanneur | Peaux vertes (vaches) |
État du traitement | Veaux verts | Veaux tannés |
|---|---|---|---|---|
| Louis-Anthoine Cottel | 50 | 30 dans les cuves (dont peaux de cheval, de veau, de vaches en traitement) | 5 | 1 |
| Louis Matis | — | — | — | — |
| Laurant Le Ténorver le Vieux | 13 | 21 en blanc | — | — |
| Laurant Le Ténorver le Jeune | 4 | 5 en blanc | — | — |
| Guillaume Le Ténorver | 2 | 7 peaux en poil / passées en blanc | — | — |
| Total général (annotation) | 120 peaux tant vertes que dans les cuves (vaches, génisses, chevaux) | |||
Annotations marginales
« Le Ténorver à [appartenant à] plusieurs particuliers — 11 peaux de vaches & de cheval verds »
« Le Ténorver le Jeune — 4 peaux de cheval verds — 2 vaches à passer »
« Guillaume Le Ténorver — 2 peaux de cheval passées en blanc — [lui appartenant] 3 en cuve »
« Différents particuliers — 5 peaux de veau passées en cuve — 4 en cuves »
« Se trouvant tant verds que dans les cuves — 120 peaux tant de vaches que [génisses] »
Ces annotations révèlent une dimension essentielle de l'organisation économique locale : les tanneurs travaillaient non seulement pour leur propre fonds de commerce, mais aussi en façon pour des particuliers — éleveurs, bouchers, marchands — qui leur confiaient des peaux brutes à traiter. Ce système de travail à façon était courant dans l'artisanat rural et explique que le recensement distingue soigneusement les peaux appartenant au tanneur de celles qui lui sont seulement confiées.
Techniques du cuir et vocabulaire du métier
Les acteurs : tanneurs et corroyeurs
Le document nomme explicitement deux corps de métier, dont les fonctions sont distinctes bien que complémentaires. Le tanneur reçoit les peaux brutes et leur fait subir le tannage proprement dit — transformation chimique qui rend le collagène de la peau insensible à la putréfaction et à l'humidité. Le corroyeur prend en charge le cuir déjà tanné pour le finir : battage, foulage, graissage au suif ou au goudron de bouleau, lissage au molleton, teinture éventuelle. Le corroyeur produit le cuir marchand livré aux cordonniers, selliers, bourreliers et gainiers.
À Brélévenez, comme souvent dans les petits centres ruraux, les deux activités peuvent être pratiquées par les mêmes artisans ou dans des ateliers étroitement associés. Le titre du formulaire — « Tanneurs et Corroyeurs » — suggère que la liste de cinq noms recouvre les deux professions sans les distinguer clairement.
Le cycle de fabrication : des peaux vertes au cuir fini
Le vocabulaire du recensement reflète les étapes du cycle de transformation, qu'il suffit ici de résumer dans son ordre : la peau verte (ou crue) est la peau brute, fraîchement écorchée ; les peaux en poil — mentionnées pour Guillaume Le Ténorver — n'ont pas encore subi le pelanage, immersion en fosse de chaux qui fait tomber le poil ; la mise en cuve, dans des jus de tan à base d'écorce de chêne, constitue le cœur du tannage végétal proprement dit et pouvait s'étendre sur plusieurs mois — le terme « dans les cuves », récurrent dans le document, désigne ce stade, qui représente le capital immobilisé le plus important d'un atelier ; enfin les peaux en blanc désignent un état de préparation distinct du cuir tanné achevé, dont l'interprétation technique précise (mégisserie ? traitement intermédiaire ?) mériterait d'être confrontée au vocabulaire professionnel local de l'époque. C'est cette échelle — vertes → en poil → en cuve → en blanc/tannées — qui permet de lire, dans le tableau, non seulement la quantité mais aussi le degré d'avancement et donc la disponibilité à court terme des stocks recensés.
La diversité des espèces
Le document recense des peaux de vaches et génisses, de veaux et de chevaux. La présence notable de peaux de cheval — signalée dans plusieurs lignes et dans les annotations — est particulièrement intéressante dans le contexte de 1793. En temps ordinaire, le cheval de travail ou de guerre est une ressource trop précieuse pour être abattue pour sa peau. Elle pourrait être liée à l'augmentation des besoins militaires en cette période de guerre ou à la récupération locale de dépouilles équines, mais le document ne permet pas d'en déterminer l'origine avec certitude. La peau de cheval, plus épaisse que celle du bovin sur la croupe mais plus fine sur le ventre, fournit un cuir recherché pour la sellerie et la maroquinerie.
Le papier et les papeteries du Léguer
Le papier vergé et sa fabrication
Les deux feuilles du recensement sont en papier vergé, fabriqué à la main sur une forme — cadre tendu d'un tamis de fils de laiton parallèles (vergeures) maintenus par des fils perpendiculaires plus épais (pontuseaux) — à partir d'une pâte de chiffons de lin et de chanvre macérés. La texture caractéristique du papier vergé, ces fines raies visibles par transparence, est l'empreinte laissée par ce tamis ; elle distingue ce papier du wove (papier vélin), à surface lisse, apparu en Angleterre vers 1757 et encore peu répandu en France à cette date.
Le filigrane I. Faudet
Le filigrane, visible par transparence sur la première image, se lit « I. Faudet » (parfois transcrit Favdet ou Favnet selon l'état de conservation et l'angle d'observation). Il est formé d'un fil de laiton soigneusement cousu sur le tamis de la forme, dont la moindre épaisseur laisse, dans la pâte à papier, une zone légèrement plus translucide prenant exactement la forme des lettres.
Cette marque de fabrique est compatible avec une production de la famille Faudet, papetiers installés à Ploubezre, commune voisine de Lannion à moins de six kilomètres de Brélévenez ; cette attribution reste à confirmer par comparaison avec des filigranes documentés ou avec les archives de la papeterie (voir ci-dessous). La lettre initiale I. correspond probablement à un prénom — Jean ou Jacques Faudet — selon la tradition des filigranes qui combinent l'initiale du prénom et le nom de famille du maître papetier ou du propriétaire du moulin.
La papeterie Faudet de Ploubezre
Les moulins à papier de Ploubezre exploitaient les cours d'eau affluents du Léguer — le Kerdu et le Guic —, dont la pente régulière permettait d'activer les roues hydrauliques des piles à maillets. La vallée du Léguer avait ainsi développé, entre Lannion et l'intérieur des terres, une série d'installations artisanales utilisant la force motrice de l'eau : moulins à farine, moulins à foulon (pour le traitement des draps), moulins à tan (pour le broyage de l'écorce de chêne à l'usage des tanneurs) et moulins à papier.
La matière première de la papeterie — les chiffons de lin et de chanvre — était abondante dans le Trégor, région de cultures textiles traditionnelles. Le lin, cultivé sur le plateau breton, fournissait des fibres longues particulièrement adaptées à la fabrication d'un papier solide et régulier. Les chiffonniers collectaient les vieux linges et vêtements dans toute la région pour les revendre aux papetiers.
L'utilisation par l'administration municipale de Brélévenez d'un papier produit à Ploubezre illustre un circuit économique court parfaitement cohérent : les matières premières textiles du Trégor alimentent les moulins à papier du Léguer, dont la production sert à l'administration de communes voisines, qui elle-même recense les stocks de cuir d'une autre industrie artisanale locale — la tannerie — également dépendante des eaux du même bassin versant. Dans cette superposition de circuits artisanaux imbriqués se lit toute la cohérence d'une économie régionale préindustrielle.
Pour l'historien, le filigrane est un outil de datation et de géolocalisation des documents manuscrits d'une précision remarquable. Des répertoires systématiques de filigranes ont été constitués depuis le xixe siècle — parmi lesquels les travaux de C.-M. Briquet (Les Filigranes, 1907) font autorité. Une vérification dans les fonds des Archives Départementales des Côtes-d'Armor (série L, district de Lannion) permettrait de préciser l'identité exacte du maître papetier et de dater le lot de papier.2
Analyse socio-économique et enjeux du recensement
Hiérarchie des ateliers
La comparaison des stocks fait apparaître une hiérarchie claire entre les ateliers. Louis-Anthoine Cottel détient à lui seul cinquante peaux vertes et trente peaux en cours de tannage, soit plus de la moitié du total individuellement recensé. Cette concentration pourrait correspondre à un atelier de taille supérieure ou à une activité de tannage pour le compte de tiers ; les annotations marginales du document attestent en tout cas l'existence de peaux appartenant à des particuliers, sans toutefois nommer Cottel en particulier — le lien entre les deux reste donc une hypothèse, non une donnée établie par le document.
Les Le Ténorver — trois membres de la même famille — gèrent des stocks individuellement plus modestes (2 à 13 peaux vertes chacun), mais leur nombre et la variété de leurs techniques (mégisserie en blanc pour tous trois) suggèrent une spécialisation complémentaire au tannage végétal de Cottel. La famille Le Ténorver pourrait représenter un atelier familial unique, divisé administrativement entre le père (le Vieux), le fils (le Jeune) et un oncle ou un frère (Guillaume), chacun déclarant sa part propre du stock commun.
Louis Matis, quant à lui, n'apparaît avec aucune quantité chiffrée. Plusieurs hypothèses sont possibles : absence au moment du recensement, stock nul, ou peaux entièrement comptabilisées dans la rubrique « appartenant à des particuliers » des annotations marginales.
Ce que révèle ce recensement
La précision du formulaire — qui distingue les peaux par espèce, par état de fabrication et par propriétaire — montre que l'administration révolutionnaire avait une compréhension fine des réalités techniques de la tannerie. Elle ne cherche pas seulement à compter des peaux, mais à évaluer les délais de mobilisation des différents stocks : une peau verte nécessite encore un long traitement avant de devenir un cuir utilisable, tandis qu'une peau déjà engagée dans certaines phases de préparation — en cuve ou en blanc — est plus rapidement mobilisable.
L'annotation marginale porte le total à 120 peaux « tant vertes que dans les cuves ». Ce chiffre ne s'obtient toutefois pas par simple addition des quantités détaillées par artisan : celles-ci, une fois cumulées (peaux vertes et peaux en cuve, hors veaux), dépassent 120. Les catégories du tableau — « vertes », « en cuve », « en poil », « en blanc » — ne sont donc probablement pas des ensembles exclusifs mais des indications partiellement recoupées, certaines peaux pouvant être comptées à la fois dans le total individuel d'un artisan et dans une catégorie de traitement ; le document ne permet pas de trancher avec certitude entre catégories indépendantes, sous-ensembles ou indications complémentaires.
Cette réserve faite, l'ordre de grandeur — une centaine de peaux à l'échelle de la commune — donne une idée de l'échelle de cette production artisanale : à titre de comparaison, une paire de chaussures militaires nécessitait environ deux peaux de veau ou une peau de bœuf découpée, ce qui situe les stocks de Brélévenez à quelques dizaines de paires de souliers — une quantité modeste à l'échelle nationale, mais significative à l'échelle d'un quartier de Lannion.
Conclusion
Ce double document constitue une source de micro-histoire économique d'une rare précision, où se croisent l'histoire des techniques, l'histoire administrative et l'histoire sociale du Trégor révolutionnaire. Son intérêt propre tient moins à ce qu'il illustre des lois déjà bien connues par ailleurs qu'à ce qu'il donne à voir : l'application concrète, dans une petite commune, d'une politique de mobilisation économique, et le degré de précision technique dont était capable une administration municipale rurale.
Sa valeur ne tient donc pas seulement aux 120 peaux qu'il permet d'entrevoir, mais à la manière dont il restitue, à l'échelle d'une petite commune, l'articulation entre administration révolutionnaire, pratiques artisanales et économie locale.
1 Voir la remarque codicologique ci-dessus sur l'expression « Second décadi » et son équivalence grégorienne.
2 Les filigranes de papetiers bretons du xviiie siècle présentent fréquemment des variantes orthographiques (Faudet / Favdet / Favnet). Pour les papeteries du Léguer, voir les travaux de l'Association des Amis des Moulins de Bretagne. Le répertoire de C.-M. Briquet, Les Filigranes : dictionnaire historique des marques du papier (Genève, 1907), ainsi que sa mise à jour numérique Briquet Online, constituent les instruments de référence pour l'identification des filigranes européens antérieurs à 1600 ; pour la période postérieure, les Archives Départementales des Côtes-d'Armor (série L, district de Lannion) conservent les fonds administratifs du district révolutionnaire.
3 Sur la politique de réquisition des cuirs sous la Terreur, voir : F. Richard et G. Gayot, Le cuir en France à l'époque révolutionnaire ; sur l'organisation des armées républicaines, les travaux de J.-P. Bertaud, La Révolution armée (Paris, R. Laffont, 1979). Pour le contexte breton, voir D. Kerherve (dir.), Histoire de la Bretagne et des pays celtiques, t. IV (Morlaix, Skol Vreizh, 1980).
— Archives Départementales des Côtes-d'Armor (AD 22), série L : fonds du district de Lannion (1790-1800), document ici étudié.
Orientations bibliographiques (pistes à vérifier)— Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits : collections de filigranes bretons, xviie–xviiie siècles.
— C.-M. Briquet, Les Filigranes : dictionnaire historique des marques du papier, Genève, 1907 (rééd. Amsterdam, 1968 ; base Briquet Online) — référence pour les filigranes antérieurs à 1600 ; à croiser avec des répertoires ou archives locales pour la période du document.
— Association des Amis des Moulins de Bretagne : études sur les moulins à papier du Léguer et du Trégor.
— J.-P. Bertaud, La Révolution armée : les soldats-citoyens et la Révolution française, Paris, R. Laffont, 1979.
— G. Gayot et P. Minard (dir.), Les ouvriers qualifiés de l'industrie (XVIe-XXe siècle), Revue du Nord, 2001 (pour le tannage et la corporation des tanneurs).
— F. Richard et G. Gayot, Le cuir en France à l'époque révolutionnaire — référence à vérifier bibliographiquement (titre exact, édition).