Sermon 17

Venite ad me omnes qui laboratis et onerati estis et ego reficiam vos.
« Venez à moi vous tous qui souffrez, vous tous qui êtes dans la peine, et je vous soulagerai. » (Matthieu 11)

Dans le siècle où nous vivons, siècle de misère et de douleur profonde, nous ne saurions répéter trop souvent cette douce parole du SAUVEUR : venez à moi vous tous qui souffrez et je vous soulagerai. Elles sont bien propres à rappeler l'humanité souffrante à la résignation chrétienne. Si le peuple de France si la société toute entière, si tous les hommes de quelque classe de quelque rang qu'ils soient, veulent un remède à leurs maux un soulagement à leur infortune ils n'ont qu'une voie, voie unique, voie infaillible.

Quelle est cette voie ? C'est la voie qui mène à Dieu, et à sa religion. Venez à moi, vous tous qui souffrez et je vous soulagerai. L'expression sublime d'un cœur brûlant d'amour pour, c'est la parole du Verbe de Jésus-Christ. On l'a souvent répété et l'on y revient toujours ; le retour vers la loi morale, le retour vers le christianisme est nécessaire pour le bonheur de l'univers. Jamais il n'y aura de véritable soulagement en dehors de la religion. Par d'où pourtant il venir ? Et quel est ce cœur ? Je parcours la terre, et je ne le trouve. J'entends une voix qui me dit : montez plus haut ; son trône est au plus haut des cieux. C'est le cœur de Jésus-Christ.

viendrait-il de la révolte contre la loi de Dieu, et de l'abandon de sa religion ? Générations passées surgissez et dites-nous si vous avez trouvé ailleurs qu'aux pieds de la CROIX, un véritable soulagement à vos maux ! Qu'étiez-vous dans l'ancien monde ? un troupeau, un vil bétail. Qui vous a rachetées de cette misère profonde ? C'est Jésus-Christ. Qu'étiez-vous au moyen âge ? Dispensez-moi de tout le dire. Qui vous a défendues contre la tyrannie ? N'est-ce pas ce vieillard couronné, n'est ce pas le chef du christianisme ?

En temps de peste et de maladie qui est venu s'assister sur votre lit de douleur, adoucir vos souffrances, vous prodiguer des soins de mère ? Sur le champ de bataille n'est ce pas la religion qui recueille le dernier soupir de vos enfants, qui les aide à mourir ou à vivre ? Et si le christianisme soulage ainsi tes peines, pourquoi ne l'aimerais-tu pas ? pourquoi n'écouterais-tu pas les paroles consolantes qui sortent de son cœur ?

Ah je le sais La Philosophie égarée, les mauvaises passions t'ont perdu. Elles t'ont fait croire que le christianisme était l'ennemi de ton bonheur. Et tu l'as cru, et tu t'es détaché de la main de ton bienfaiteur pour te jeter dans le sein de ton plus cruel l'ennemi. Es-tu heureux depuis que tu suis des doctrines d'erreurs ? Mets la main sur ton cœur et réponds-moi. Et si tu n'es pas heureux, pourquoi, enfant prodigue, ne reviendrais-tu pas au Père qui t'aime et qui t'aimera toujours, malgré tes égarements multipliés.

Oh ! que tu lui as coûté de larmes : aujourd'hui qu'il connaît tous les maux qui t'affligent, aujourd'hui qu'il a essuyé toute la fureur de tes égarements, il n'a pu regarder ta profonde misère, sans y compatir. Il est sorti dans le monde, et partout il fait entendre cette voix : vous tous qui souffrez, venez à moi, et je vous soulagerai. C'est pourquoi, il monte avec toi au cinquième étage ; il bénit les chemins de fer, et les canaux ; tes vaisseaux et tes usines ; il t'attend patiemment parce qu'il a foi dans ta justice.

Comprenons donc l'esprit de dévouement, l'esprit de charité qui anime le christianisme. Quand nous serons déshérité de la vie, au lieu de la rejeter comme un fardeau pénible, allons nous jeter au pied de la croix, et la vue d'un Dieu sauveur nous aidera à supporter les malheurs du présent dans la vue d'un meilleur avenir. Quand nous serons malades, allons en esprit jusque dans le sein de Dieu, et là nous serons soulagés. Quand nous serons bien portants, au lieu d'aller dans ces lieux qui épuisent notre santé et notre économie, allons nous jeter dans les bras du christianisme ; notre joie en sera plus pure, et notre santé plus florissante. Enfin quelque malheureux que nous soyons, le christianisme sera toujours plus grand que tous les malheurs, et nous éprouverons la vérité de cette parole : vous tous qui souffrez, venez à moi, et je vous soulagerai.

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Première partie : L'œuvre universelle de la charité

L'espace, le temps nous manqueraient si nous voulions embrasser tous les bienfaits du christianisme. Le monde en est rempli. Que de merveilles opérées par son influence. Ces monuments dont les frais de construction effrayeraient aujourd'hui nul gouvernement, et que l'on trouve partout en Europe, en Asie, en Afrique et dans le nouveau monde, c'est le christianisme qui les a fondés. Ici l'orphelin trouve une mère, le voyageur un foyer, le malade un médecin, le mourant une consolation : là, les enfants, les vieillards, les glorieux débris de nos armées trouvent un asile, un lieu de repos. A qui en sont-ils redevables ? Vous le savez Mes frères : au christianisme.

Quelle est belle cette croisade religieuse courant au soulagement de l'humanité à la voix de la religion ! Aux uns le soin des malades, aux autres celui des pauvres, à celui-là le rachat des captifs. Voyez le Père de la rédemption se confier à l'inconstance de la mer... où va-t-il seul ainsi, avec son bréviaire et son bâton ? Ce conquérant d'un nouveau genre marche à la délivrance de l'humanité, et les armées qui l'accompagnent sont invisibles. La bourse de la charité à la main, il court affronter la peste, le martyre et l'esclavage. Il aborde des rois barbares, leur parle au nom du roi céleste ; il leur demande des captifs, et les captifs lui sont livrés.

Partout c'est le même spectacle. Le pauvre missionnaire qui part pour la Chine, qui va verser son sang pour la gloire de Jésus-Christ, rencontre au port le missionnaire qui revient de l'Annam mutilé, broyé par les fatigues, couvert de gloire et de mérite pour la... La sœur grise court administrer l'indigent dans sa chaumière : le frère hospitalier lave les pieds du voyageur : le père Capucin vole à l'incendie : le frère du bien-mourir console l'agonisant sur sa couche : le frère enterrant porte le corps du pauvre décédé ; la sœur de charité monte au 7e étage pour prodiguer l'or, le vêtement, l'espérance ; cette fille, si justement appelée fille-Dieu portent et reportent ça et là le bouillon, la charpie, les remèdes ; la fille du bon Pasteur tend les bras à la fille prostituée, en lui disant : je ne suis pas venue pour appeler les justes mais les pécheurs. Tous ces ouvriers de l'œuvre céleste, se précipitent s'animent les uns les autres.

Le moine chrétien ensablé dans les sables brûlants qu'il habite, exerce une charité jusqu'à lui inconnue. Tantôt il cherche l'Européen égaré au milieu des ruines fameuses qu'il est venu visiter à deux mille lieues de son pays ; tantôt le sauvant de l'Arabe il l'enlève dans sa tour, et lui prodigue la nourriture qu'il se refuse à lui-même. Nos savants vont bien visiter ces débris de l'Egypte ; mais d'où vient que comme nos moines chrétiens, objets de leur mépris, ils ne vont pas s'établir dans ces mers de sable, pour donner un verre d'eau au voyageur et l'arracher au cimetière du bédouin ? Votre conscience vous a répondu avant que je vous ai adressé la demande Pour eux on bat point de la charité chrétienne.

NON Cette fille du ciel, ne naît, ne vit, ne grandit qu'à l'ombre salutaire du christianisme. Partout où l'on tourne les yeux, on ne voit que les bienfaits de la charité du christianisme. Dans les quatre parties du monde, il a établi des vedettes pour l'humanité. Le moine maronite suspend deux planches à la cime d'un arbre, et, par leur claquement, il appelle l'étranger surpris par la nuit dans les précipices du Liban. Ingénieuse invention de la charité chrétienne !! Le moine abyssinien vous attend dans les bois au milieu des tigres. Le missionnaire veille à la conservation de l'homme dans les immenses forêts de l'Amérique.

Le christianisme a fondé à Paris d'abord, ensuite dans les provinces l'hôpital de l'enfant trouvé ; il a fondé l'hôpital de l'autre vieillard, le collège des prêtres de la mission, les filles de la charité servantes des malades ; il a fondé à Marseille l'hôpital des galériens. Je ne finirais pas si je voulais énumérer toutes les belles institutions du christianisme. Chacune d'elle suffirait pour absorber les trésors d'un roi et la vie de plusieurs hommes. Et dites après cela que le christianisme est frappé de mort et de stérilité. NON NON, il vit, et il vivra ; ses bienfaits seront éternels, ils se perpétueront de siècle en siècle.

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Deuxième partie : La gloire dans les temps de crise

Cependant au Christianisme, comme à la CROIX d'où il est descendu il faut des temps mauvais pour le grandir et le glorifier. Dans la paix, dans le calme, le Christianisme semble demeurer inaperçu. L'homme idolâtré par la fortune, aveuglé par la prospérité, l'homme élève rarement les yeux vers le ciel. Ainsi, lorsque sur le vaste OCEAN on vogue à pleines voiles, lorsqu'un doux Zéphyr balance doucement le navire, et qu'un ciel d'azur éclaire notre route, oh ! qu'il est difficile de ne pas le couronner de roses et d'espérance. On voudrait toujours jouir de la mer, et le port ne nous apparaît dans le lointain que comme une terre d'exil. Alors la patrie est en dégoût, et nous n'aimons pas celui qui vient nous parler de ses beautés, de ses douceurs par des descriptions enchanteresses.

Mais lorsque la tempête est furieuse et la mer grondante lorsque les mâts, les cordages, le gouvernail sont brisés ; lorsque le vaisseau est devenu le jouet des vagues écumantes, lorsque l'éclair sillonne et déchire la nue ; lorsque les vents furieux se déchaînent, lorsque une nuit affreuse pèse sur l'humide élément, alors nous soupirons après la terre de notre patrie. Ainsi, quand le monde est tranquille, et que la vie s'écoule entre les douceurs et les jouissances, on ne pense ni à Dieu, ni à sa religion. Le christianisme est relégué au fond des temples. Mais quand la société vient à éprouver le travail de la douleur, alors on pense à Dieu, alors on pense à une vie meilleure.

LORSQU'UNE de ces calamité effroyables que DIEU tire quelquefois de la coupe de colère ; lorsque l'ange de la mort, secouant le linceul du trépas sur l'humanité, décime le monde et le broie comme dans un mortier, toute illusion s'évanouit. Vainement chercherait-on à repousser le mal ; toutes les ressources sont inutiles, la science elle-même est impuissante, rien ne résiste au fléau destructeur— Alors il se fait dans les rangs de la société une solitude immense. Chacun se retire et fuit pour éviter la contagion. Le christianisme seul reste pour nous consoler ; parce qu'à lui seul appartient la foi, l'espérance, la charité. En dehors de lui il n'y a qu'une vie matérielle, une vie automatique. Rien de grand, rien de charitable ne bat sous l'épaisse froidure des cultes fabriqués par la main de l'homme.

Le Protestantisme ne peut trouver dans son sein un seul exemple de charité, et lorsqu'il veut parler de cette vertu, il est obligé de nous emprunter le glorieux nom de Vincent de Paul. Voltaire lui-même l'en fait l'aveu : Les peuples séparés de la communion romaine dit il dans son essai sur les mœurs, n'ont imité qu'imparfaitement la charité généreuse. Les désastres publics, les grandes épreuves de l'humanité furent toujours funestes à la renommée du clergé Protestant. Durant le ravage de la peste en 1543, les ministres protestants se présentèrent au conseil de Genève, déclarant qu'ils n'avaient point assez de courage pour aller soigner les pestiférés, et priant le conseil de leur pardonner leur faiblesse. Dernièrement encore, lors du choléra, l'impuissance du Protestantisme s'est évidemment décelée. On sait où il fallait chercher le christianisme dans tous ses membres, sans distinction de prêtres, ni de laïques. Mais où étaient... les Pasteurs de l'église réformée ? A New-York ce n'est point aux ministres protestants que le conseil municipal a voté un hommage de gratitude. Il l'a adressé à d'humbles religieux catholiques, dont le sublime dévouement s'était pendant le fléau, multiplié pour toutes les souffrances.

Au seizième siècle une maladie épidémique étend son réseau sur le vaste diocèse de Milan. Les hommes tombent par milliers sous les coups du fléau. Les vivants ne suffisent plus à ensevelir les morts. Charles Borromée ne quitte pas le champ de désolation. Le jour et la nuit, il est au milieu des pestiférés ; lui-même il leur administre les secours après leur avoir prodigué tous les soins temporels. Vainement on lui conseille de se retirer ; il veut mourir au milieu de ses ouailles, au milieu de ses enfants. A Marseille le fléau exterminateur s'abat impitoyablement sur toutes les têtes. Le désespoir suit les pas de l'ange de la mort. Le christianisme se rend dans les lieux où l'épidémie sévit avec le plus de violence. Le christianisme, comme un père tendre, compte les palpitations du cœur, calcule les progrès du mal, et ne se retire du chevet du malade, que quand l'âme s'est envolée dans l'éternité.

Ce dévouement sublime n'a-t-il pas été surpassé en quelque sorte, lorsque naguère un fléau destructeur décimait le peuple français dans certaines localités ? Les bienfaits dont le christianisme a dans cette circonstance particulière, comblé le genre humain, n'ont-ils pas fait tomber plusieurs préjugés, n'ont-ils point opéré des conversions admirables, n'ont-ils point laissé dans notre esprit des souvenirs d'une reconnaissance éternelle, et n'ont-ils pas contribué à resserrer sur tous les points de la France, les liens d'union entre les chrétiens et leur Dieu ? Qui a soutenu notre courage durant ce temps de calamité, et qui le soutient encore dans ce jour mauvais ? Qui nous donne la force de pardonner celui qui nous injure, d'aimer celui qui nous méprise ? Enlevez à notre vue, la parole de Dieu, les ss mystères, l'usage des... sacrements, enlevez la consolation les secours spirituels et vous nous verrez succomber à la moindre calamité.

Qu'ils sont donc aveugles les ennemis du christianisme !!! Ils sont leurs propres ennemis ; ils sont les ennemis du genre humain dont il est l'unique soutien, surtout lorsqu'il est broyé sous les pilons de l'adversité. Oui Mes frères, vous l'avez vu, ce nouveau Jérémie pendant et après les années du fléau qui décima notre population en 1832 et 1833, vous l'avez vu paraître sur les débris du peuple français pour les raviver et les ressusciter. OUI, Vous avez entendu le christianisme dire aux victimes et aux orphelins du choléra : Je suis votre frère, ne craignez point, ne vous troublez point, j'aurai soin de vous et de vos enfants.

Ego pascam vos et parvulos vestros. Oui, nous aurons soin de vos enfants, nous les réchaufferons sur notre sein, nous leur susciterons des mères selon la grâce, pour remplacer celles qu'ils ont perdues selon la nature. Au nom de celui à qui appartient toute paternité sur la terre et dans le ciel, nous réclamons l'assistance... de toutes les personnes qui se montreront saintement jalouses de procurer le bonheur de la société. Voilà le langage du christianisme. Vous me demanderez comment tant de bienfaits n'ont-ils pas pu déchirer le voile qui couvre les yeux de tant d'hommes ? Je vous répondrai : Silence ! ...... Le doigt de Dieu est là.