Texte breton d'époque
Similes estis sepulchris dealbatis quæ a foris Parent hominibus speciosa, intus vero plena sunt ossibus mortuorum et omni spurcitia.
Hanval oc'h ous beis quennet, Deu a bera an Dieu a so cuis Da volet, mas an Diabars a zo leun a loussoni ac a vreinodet.
Abatth. 23.
Traduction française
Vous êtes semblables aux sépulcres blanchis qui paraissent beaux au-dehors aux hommes, mais qui au-dedans sont pleins d'ossements de morts et de toute pourriture.
Vous ressemblez à des tombeaux que Dieu voit remplis de ce qu'il déteste, mais que le Diable remplit de corruption et de pourriture.
Matthieu 23.
Chetu aze, ✠, ar homzo a adresse beach all, J. C. Diar scribet a D'ar Pharisianet Sire o deroa hoant Da Dremen Dirac ar Poebl erit tud just a tud a religion, mas Sere na veant nornet hyprocrisía a bechet. Chetu aze eo ar homzo a elles Da adress Dud Gristenien Deu a bera an vie a zo en stad al bechet marvel : Dirac Damlagad an Dud, na soblant quet ê D'esserans, ebet ebie an Dud se a car reall Deu a bera an inæ a zo en stad rad, rac an Dud na voelont nornet an externeut. a foris Parent hominibus Speciosa ; mas Dirac Doue, Pehini a len er on halon, e int un objet a horreur ac a execration. Douquen a reont en o horf o ine, erel ma se Douquet eud horf ebars en eud bez : fumus tuum ipse circumportat. Dirac an Dud a seblantont hoad bean bes a leun a vieiz, mas maro int Dirac Doue : nomen habes quod vivas et mortuus es ; ma teur Doue Da trisa at horf fragil, o ine a gousse en tern ; Disquet ete tud varo Dirac Doue ; Surgite Mortui. la r'an Deor et Din se Da imprimant Don e no calono ar homzo admirabl a adresse Des maf eur brinees Vortureus a derot : Ma maf, enn ar brines De santel man, o caret aran, mas couscouide goel a re quena[?]
Voilà, ✠, le discours que Jésus-Christ adresse à tous, que l'Écriture dit des Pharisiens, qui voulaient paraître devant le peuple comme des gens justes et religieux, mais qui n'étaient en eux-mêmes que des hypocrites pécheurs. Voilà le discours que l'on peut adresser aux chrétiens qui sont en état de péché mortel : devant les regards des hommes, ils ne semblent pas différents, et ceux d'entre les hommes qui aiment vraiment Dieu et sont en état de grâce, ne voient que l'extérieur. A foris parent hominibus speciosa ; mais devant Dieu, qui lit dans nos cœurs, ils sont un objet d'horreur et d'exécration. Ils portent en leur corps leur âme, comme on porte un mort dans son cercueil : fumus tuum ipse circumportat. Devant les hommes, ils semblent encore pleins de vie, mais ils sont morts devant Dieu : nomen habes quod vivas et mortuus es ; aussi Dieu tremble-t-il pour ce corps fragile, dont l'âme repose dans les enfers ; Montrez-vous, gens morts devant Dieu ; Surgite Mortui. C'est ainsi que Dieu et les hommes cherchent à imprimer dans nos cœurs ce discours admirable qu'adresse à ses enfants une mère pleine de vertu : Ma mère, dans ce saint lieu de pardon, t'aimant ainsi, mais voyant cependant que tu te trouves [?]
Goelet ahanoc'h maro, ebet na rao o belet coupabl Deu eur bechet marvel. Ar homzo-ze a res cals a impression Voar ar brine, Oliget gant Doue a raeñl ive impression Voar unan bena Deu ahanoc'h ac e touac'h loul Do gravi Donn e no Sperez. Cir an Deu bel An Chestel prezeg, caer an Dent at Yassercim Souft bels sorl tourmaneho, no Deusquet quelet Dalieu ar bed Deu ad Pechet. Cir an Deus Doue e unan Digass Deomp Sunitiono, afflutiono caer an Dent obot Deomt. tantout ebuissanc ac ar rigueur Du e Justie, a quernt eritessa on Distrei Diout al Pechet, alla ar Pechet a ia Seprit e Drain, continuin a ra Da obes ar bruse Da Doue, Da renoureli maro a Passion J. C. a Da goll at Justi. Seblanting a ra bean gourmet an itapo an oll gondi[?]ono en erelsp Saeon ma ellomp lerel gane Vt Prophet, omnes Declinaverunt simul inutiles facti Sunt : Quasi an oll a nun quitaet an ent mad ar a so ene megant : estaomp eta, ✠ antan en ent mad, ac en em ofpost Da ravages a ra brude ar Pechet en on mag ; ar consideromp ar goau bras a ra ar Pechet Denden, a can enfur a ra Da Doue.
Te voir morte, sans que tu te voies coupable devant Dieu en état de péché mortel. Ce discours-ci fait une grande impression sur la mère, qui est obligée par Dieu d'imprimer aussi la même impression sur l'une d'entre elles, afin de la toucher jusqu'au fond de l'âme et de lui faire de la peine. Car Dieu seul peut nous envoyer des punitions, des afflictions, des tourments, pour nous faire chercher dans les choses du monde le remède à nos péchés. Car Dieu seul peut nous envoyer en une seule fois des peines, des punitions, des afflictions, et Dieu a le pouvoir et la rigueur de sa justice pour nous détourner du péché, et aussi l'esprit du mal continue à aller contre la volonté de Dieu, à renouveler la mort de la Passion de Jésus-Christ et à perdre la Justice. Il semble que nous pouvons dire avec le Prophète : omnes Declinaverunt simul inutiles facti sunt : Quasi — tous ont abandonné la bonne voie et ne regardent plus que leur intérêt. Soyons donc, mes frères, tels qu'ils étaient, et opposons-nous aux ravages que fait le péché parmi nous ; considérons le grand mal que fait le péché à l'âme, et combien il offense Dieu.
Ar Pechet marvel comuntier an Den : quenquen a mon Deustan commetel et eritomp ar maro a lardomp. St. Paul Stipendium Peccati mors. Mas ef. coms Deus a varo ad horf, consi Deromp soulamant an Droul a ra al Pechet D'on ine. Sᵗ. Steim a ra Dazi ar maro, ous nern lerrel Diganti grae Doue ; Annec quæ Peccauit, ipsa morietur ; 2° Piran a ra anezi Deu ar Sent[?]
Le péché mortel tue l'homme : quiconque l'a commis est comme mort, disons-nous. Saint Paul : Stipendium peccati mors. Mais si l'on considère que Dieu peut tuer le corps, considérons seulement le mal que fait le péché à notre âme. Saint Étienne dit de la mort, que sans elle on ne peut recevoir la grâce de Dieu : Annec quæ peccavit, ipsa morietur ; 2° Comment Dieu prive-t-il l'âme des [saints ?]
a Deus ar Vertuo e Deroa acquisttet. nident Aspoliavit eam. 3° centin a ra e actiono inutl ac ef merit. Comprenomp an effejo malheureuz Deu ar Pechet erit ma comeromp critan eun aversion Dial.
Et Dieu des vertus qu'elle avait acquises : nident Aspoliavit eam. 3° Il rend ses actions inutiles et sans mérite. Comprenons le malheureux effet que fait le péché sur l'âme, afin que nous concevions une vraie aversion à son égard.
1° Tera co ine an Den ? Ine an Den a zo eud Substance Sperituel ac immortel pehini a zo Capaol Deu Deus bonheur Spe eud malheur eternel. buez on ine co grac Doue, ac e maro, co ine ar Privation ac al holl Deus a Doue ac e hrac. Doue, atal Sᵗ. Aug. a zo erit on ined, ar bez co on ine erit on horf ; pa Deu an ine Da quitaet on horf, a Da r'iem Separi Diontan, e teu on horf Da gervel, else ire pa Deu on ine Da goll Doue a c e hrac e teu ire on ine Da gerrel : mors anima est Separatio a Deo. Or, ✠, beia a ra Deomp coll grac Doue ? Ar bechet marvel, Sehini a bella ahanomf Dour Doue, ac a ra Deomp contradi un attac'h criminel erit ar Groiaduerien Adversio Voluntatis ab incommutabili bono et conversio in debita ad creaturam. A bechet, a lad Sᵗ. Jac. eud Veach commet a zo Deomp ar maro Locutum autem cum consummatum fuerit, generat mortem. Na, ✠, on pechazo, on merentio, on cios douet, on impureteo a Deus Despart ahanomf Diout Doue ac o Deus groet Deomp coll buez ar hrac : iniquitates vestras Diviserunt inter vos et Deum vestrum. An cort a zo Spouronnet o Selet-se, ar Dorsp ar Carados a zo en Desolation. Abstiti percato tali Super hoc, et Verba que Desolamini vehementer. Moa bugale ema Doue Di ar Prophet Jeremie, o Deus commet Daou faout bras. Silaset o Deus ahanon, me Sehini co ar sourcen Deus ar hier ; me Dereliquerunt, fontem vitæ ; ac e intet Da glargan mer, elie'h no Dud cat, na na ellont larne nemet ar maro foderunt libi cisternas Dissipatas quæ continere non Valent quæ.
1° Qu'est-ce donc que l'âme de l'homme ? L'âme de l'homme est une substance spirituelle et immortelle, capable du bonheur de Dieu lui-même, et aussi du malheur éternel. La vie de notre âme est la grâce de Dieu, et sa mort, c'est la privation de tous les dons de Dieu et de sa grâce. Dieu, dit saint Augustin, est la vie de notre âme, comme notre âme est la vie de notre corps ; quand l'âme quitte le corps, il lui faut se séparer de lui, et le corps va mourir ; de même, quand l'âme perd Dieu et sa grâce, notre âme aussi va mourir : mors animæ est separatio a Deo. Or, chrétiens, qu'est-ce que le péché mortel, sinon nous faire perdre la grâce de Dieu ? Le péché mortel, qui nous éloigne de la source de Dieu, et qui nous fait contracter une opposition criminelle envers les croyants : Aversio Voluntatis ab incommutabili bono et conversio in debita ad creaturam. Le péché, dit saint Jacques, une fois commis porte la mort : Locutum autem cum consummatum fuerit, generat mortem. Oui, mes frères, nos péchés, nos mérites, nos impuretés nous ont séparés de Dieu et nous ont fait perdre la vie de la grâce : iniquitates vestræ diviserunt inter vos et Deum vestrum. Le cœur est épouvanté de cela, que le corps et l'âme sont en désolation. Abstiti peccato tali super hoc, et verba quæ desolamini vehementer. Mes enfants, dit Dieu par le Prophète Jérémie, vous avez commis deux grandes fautes. Vous m'avez abandonné, moi qui suis la source de l'eau vive : me dereliquerunt, fontem vitæ ; et vous vous êtes creusé la mer, en un lieu où Dieu n'est pas, et ils ne peuvent aller que vers la mort, ils se sont creusé des citernes crevassées qui ne peuvent retenir l'eau.
Dilaset o Deu ahanon, me pehini co an auteur a quermet mad-le, erit radoc Voar treo crono e bien an Dont netrea a pere a Dremino em b. amzer ; Dall Diguez Deplorabl, Dilaset o Dau ahanon erit enem garin ac enem golli.
Vous m'avez abandonné, moi qui suis l'auteur de tout bien, pour trois instants que durent les choses de ce monde, et que l'on voit passer devant soi ; pauvres aveugles déplorables, vous m'avez abandonné pour vous aimer et vous perdre vous-mêmes.
Ineo Christen, crouel Da imag un Doue, crouel erit bean eurnut brenet gant goad J. C, gouir co eta benos eud Sechet marvel. epquen aro Dac'h ar maro, ac a ell orentan maleured epad un eternite : couscouide na ine na lequear qfuet eta bemdiez Dad maro, na c a ine anem zent Dign Deus cun eternite, raleurus, pa Deuel bels momet Da gommete quen lic'a a bechet marvel. Ah, ✠, Pelec'h eman ofe, Pelec'h eman razon a ler Dac'h Sᵗ. Cyprian : Miser, animam Perdis : Tud raleurus, colla eret o ine, a couscouide e continouel Da Debriu Da eva a Dan em ze Souis erel pa na selle quet ahanoc'h eud holl quen important ! Ambulans fumus tuum Dorlore cachisti, et tamen non Plangis, non ingemiuis : ous nern lis Da r'ar Pechet erel m'en grel, e touquet ar maro en noc'h o unan, ac a goellan Parte ahanoc'h o unan, Da larot o ine, a zo ebart ar bez : ncouscouide a na ret ranObit, na Deut na Da voelan, na Da memad mas eud holl quen brad. Quemit-se, ✠, a eston a hanoc'h martelp. Douquen eun ine maro ennomf on unan. Ja, Douquen arc'h ar Secher eun ine maro Dirac Doue ; mas Pelec'h o touganezi ? Pelec'h, ✠, D'in Stum, pehini a rezo o bez miar Da Deu Da ne gomortissan ; er blac se en Sehini e co viteret ine ar fato binde ac em quen lic'al a Secher Sera a zo maro arac Deran. Ac er stad trusl se en Sehini enen gad, e tau hoad D'an em bisio D'ar
Ô chrétien, image cruelle de Dieu, image cruelle et bien indigne de porter le sang de Jésus-Christ, il est vrai que vous êtes en état de péché mortel. Si donc la mort vous emporte, vous irez vous trouver dans le malheur pour une éternité : et cependant vous n'estimez pas le bonheur de votre âme, vous n'avez pas souci de la félicité que Dieu lui a destinée pour l'éternité, ni de la garder digne de Dieu par l'éternité, les misérables que vous êtes, puisque Dieu voudra vous forcer un jour à regretter d'avoir jamais commis le péché mortel. Ah, mes frères, où est-il donc, où est la raison, dit saint Cyprien : Miser, animam perdis : misérables, vous perdez votre âme, et cependant vous continuez à vous nourrir et à boire chaque jour comme si vous n'aviez nul souci de vous-mêmes parmi tout ce qui est important ! Ambulans fumus tuum Dorlore cachisti, et tamen non plangis, non ingemuis : vous ne lisez pas votre péché comme vous le faites, vous portez la mort en vous-mêmes. Oui, vous portez en vous votre âme morte devant Dieu ; mais où est votre inquiétude ? Où est-elle, chrétiens, dites-moi, vous dont l'âme est dans un tombeau pour Dieu Da ne — dans cet état, l'homme se voit déjà aller s'abîmer D'ar — et dans cet état triste, il se voit, il souffre, et il continue cependant à aller s'abîmer D'ar
Ou a Da nem Disortissan Voar Vord ar Dreupen, o clarq enno Dallan Voar ar Sosition Deptbrabl en Sehini eman. A chetu aze uran Deus ar rasonio a zo cor ma tu quen neubit a bec'horem Dia niem gomortissan erel ma codleat : na boubont quet reflechissan Voar ar stad trust en Sehini eman o ine d. Desolatione Desolata est Lina quia nullus est qui reugelet corde.
Ou à se précipiter vers le gouffre, et à glisser vers la terrible situation dans laquelle il se trouve. Et voilà les raisons que Dieu a, vous voyez combien il est vrai que l'homme ne peut se corriger de ses péchés s'il ne se convertit pas : il ne sera pas possible qu'il réfléchisse sur le triste état dans lequel il se trouve. Desolatione desolata est terra, quia nullus est qui recogitet corde.
2° N'an deo quet aroatc'h D'ar bechet marvel rein ar maro, D'on ine, mont a hoas belloc'h ; Depouillant a ra anezi Deu an oll ourmancho caer a bere Doue an oyoo Decoret anezi, obr a ra Dezi coll emerito biemonot, ar Vrturio e Devoa aqisttet ; ar Sraus Denei e oll œuvro mad. Jumio, mortificationo, alusorno, exemplortad, tout e int tollet Dread bechet marvel. Mbar Deut Da verrel ebars ar stad-le, eme a zo Dirac Doue un objet a horreur ac a abomination : abominatio est Domino vita inpin : In coupabl ; Seguen trust co Da Situation : A bossbl a re Carant un Dia benos Voar an Douad quen malhureud a te ? Lui comparabo te ; Vel cui assimilabo to, filia Jremalem. Recuret at eroa Digant Da Dalzed eu Dez ac e heuss tollet, rac erel ma teu ar horf Da gerrst, pa Deu an ine D'an hourtaet, arelse ire an ine a terd pa Diu Doue De hourtaet Dre ar bechet : moritur corpus cum rocidit anima, moritur ergo anima cum rocidit Deus. ac ar maro se a zo cals muioc'h afflud erit maro ar horf, ac e rer Dign Da rao qoelet gant Dairo a raad. Sormatat Diri, ✠, o bedin Da represantin Do Speret eud horf maro, Sehini a zo deja commonet Da rean Devout gant al praret,
2° Il ne suffit pas au péché mortel de donner la mort à notre âme, il va encore plus loin ; il la dépouille de tous les ornements dont Dieu l'avait dotée, il lui fait perdre ses mérites, les vertus qu'elle avait acquises ; il lui ôte le fruit de toutes ses bonnes œuvres. Jeûnes, mortifications, aumônes, bons exemples, tout est ôté par le péché mortel. Mais être tombé dans cet état-là, devant Dieu, c'est un objet d'horreur et d'abomination : abominatio est Domino vita inpin : Incoupable ; voyez donc comme il est terrible cette situation : Peut-on trouver un jour quelqu'un d'aussi malheureux que vous ? Lui comparabo te, vel cui assimilabo to, filia Jerosolem. Recourez à elle pour vous faire psalmer votre perte — car de même que le corps va mourir quand l'âme le quitte, de même aussi l'âme périt quand Dieu la quitte : moritur corpus cum recessit anima, moritur ergo anima cum recessit Deus. Et cette mort est bien plus affreuse que la mort du corps, et il faut la regarder avec les yeux de la foi. Pensez, chrétiens, à représenter à votre esprit une âme morte dans un corps mort, qui était déjà obligée à aller devant Dieu,
a Deus a Sehini ar breinadur an Deus contradet bars an [?] a gommang anem zei Da santet Dar re a Dosta Dean : m [?]e quet Capabl Da Supportin ar toel Deu ancren ef reuler gant [?]m briscouide e co hoas muioc'h teffrue stad oine Separot Dout Doue a maro Dre ar Pechet : a ma rife roet Dac'h Da toelit ar stad bitoyabl en Sehini eman, ar toel se a re ca[?] ble lacat ahanoc'h Da gerrel.
Et Dieu en elle, la pourriture que Dieu a contractée là-dedans, à se perdre parmi — il n'est pas capable de supporter le fardeau que Dieu seul peut lui imposer — il est vrai que c'est bien plus terrible d'être en cet état, séparé de Dieu par le péché mortel : à ma façon de voir, Dieu dans cet état lamentable dans lequel il se trouve, l'âme se trouve chassée de là-bas.
Noeld a lerect : non Deus vrruet Droue ebet quernqoude m. b. quid mihi accidit triste ? Lrelse e comz tud ipse, tud ipse religion. Animalis homonen Serapet ea qua Sunt Spiritus Dei : N'an noc'he quet Collat o Jechet, o made, o Bligadurro, ac a balan oud Da e cont quenac'h noc'heurs Collet netra : mas Da bera a Sertigio Dac'h o parez, o Sechel, o made, mar Deo maro o ine, mar Doele ennemit Da Doue, la neo gouir laset Senos m'ur Deut Da terrier stad se e vert Collet erit un eternite : chetu azo, ✠, ar biz a Dleve bean ar Sujet Deus o laero a Deus o vana D. Do conti Goelan a ret pa Dent Da goll o tued, o made, a na voelet pa Du Da goll grac Doue Sehini co ar brassan Dent an oll gallo ; Ma Voel quet maro o ine, an terresplan Dent an oll Sarro ! Goelet eta pequen cruel co ar bechet en o andrel : rac ac o sis Derit ebars en immorane Captet, ac o ber groet ar Senigan ai muia zunt, ac o per bel oli Vertuo al Zant, mar Deul Da gommete eud Pechet marvel a Da turne aroc en bean lo rellant aqrel Gongerdu eameran a ellet gouret a bean assurat pehini D'o zo a ter Epad un eternite.
Noël a dit : Non, Dieu n'a pas voulu de mal, et comment m'est-il arrivé quelque chose de triste ? Autrement les gens raisonnent d'eux-mêmes, d'eux-mêmes religieux. Animalis hominem percipit ea quæ sunt Spiritus Dei : Vous n'avez pas perdu vos péchés, votre bonne volonté, vos plaisirs, et vous vous retrouvez sans que vous ne perdiez rien : mais pour vous, vous voyez que votre âme, votre discernement, votre bonne volonté, si votre âme est morte, si elle est devenue l'ennemie de Dieu, on ne peut vraisemblablement pas la laisser en cet état pour ne pas la perdre pour l'éternité : voilà, mes frères, ce que le doigt devrait faire considérer afin que Dieu ne soit pas vain. Considérez lorsqu'ils perdent leur âme, leur bonne volonté, et ne voyez pas lorsqu'ils perdent la grâce de Dieu qui est le plus grand de tous les biens ! Ne voyez pas la mort de votre âme, la perte terrible de tous les biens ! Voyez donc combien cruel est le péché parmi eux : car depuis qu'il s'est trouvé parmi les innocents, et qu'il a ôté les plus grands saints, et qu'il a enlevé toutes les vertus des saints, mais Dieu voudra vous forcer à commettre le péché mortel, il vous retournera ensuite afin que vous ne puissiez pas vous assurer de passer l'éternité.
3° Enfin or pechet marvel a rent on laboud inutl : on ine chaDonn gant ar bechet Dindan buissanc an Droue Sparet, na ell obor netra a quem a elfe bean Dign Dou an Ent : Junibus peccatorum suorum constringitur. Ar rertur Zantel a gompad labour ar Sechet ous ar goued quintel Dieuk tela aranearum Judicin ejus. Ar goued quindit na serrob Da neloa Chetu aze ire, pecherien, o Ducpation : contan arot martos Voar o œurro mad, mas na remerguel benot ar Stad Deud ar Sechet marvel en Sehini oc'hout ar resolution Da gara Al Deu Da gorromfi o aurra, a Drob Dac'h coll an Darn veia Deur ar Sreur a Denjac'h Deu anero ma nach en Stad a hrae : credin a Dac'h bean Senti Dirac Doue, ac e oc'h Dirazan Saous, malheureud. Ut neris quin lu s mison et miserabiliu. Couscouide na c a gristin a chom, na Saran quet Davue a 3 mis, J. C. mas blarap antied ar stad Deus ar Sechet marvel.
3° Enfin, le péché mortel rend notre travail inutile : notre âme est enchaînée par le péché sous la puissance du mal par des liens, elle ne peut rien faire de ce qui est digne de Dieu en ce bas monde : junibus peccatorum suorum constringitur. Le docteur saint a comparé le labeur du pécheur à la toile que tisse l'araignée : tela aranearum Judicin ejus. Ce qu'il tisse ne lui servira de rien. Voilà donc, pécheurs, votre occupation : vous pouvez vous vanter de faire beaucoup de bonnes œuvres, mais vous n'avez pas vu que l'état que Dieu exige du pécheur mortel pour les recevoir est la résolution de quitter Dieu, de recommencer votre vie, de vous repentir de tout ce que vous avez perdu et de vous en séparer en cet état de grâce : croyez que vous devez ressentir cela devant Dieu, et autrement vous êtes misérables. Ut neris quin lus miser et miserabilis. Cependant, il ne peut pas rester un chrétien trois mois, Jésus-Christ mais déplorant cet état du péché mortel.
Un neubet a reflexion, Voar ar Sizionez-man, ✠. Jouheti a zan e rae Voarnoc'h ar mamd impression e Deus grat Voar ar Zant Sere a rapris tout ar bes a ell arruet gantor, a no Deroa a Ioan nornet Dirac ar bechet. Ser a reomp em buez at J. Chrys. Senos Ludozie, gried an amperend a nevoa hoant Dou'em Dr. tole Deus an Archescop Zantel-ze, aBalamoud ma re e Dev[?], mo prelequer emp ar vie a ma compas Voar an Disurro a Nemen bars er Salad. Cass a ras tied D'an harout, erit anaront Dorac Sera an Deroa a Dmuian a Doan. Menaur a rejont Da lernel Diganti e Vado : Hamposimbl a rar Dac'h, eme ar Sant, obor Din eur bligad[?]
Un peu de réflexion, pour nos sentiments, mes frères. Je voudrais que vous gardassiez en vous la grande impression que Dieu a faite sur le saint, qui avait raconté à tous ce qu'il pouvait leur arriver, et qu'il n'avait pas nommé devant le péché. Nous lisons dans sa vie, que saint Jean Chrysostome, à qui l'Empereur avait souhaité enlever son Archevêque saint, estimant que c'était son droit, le forcera à prêcher et nous a fait prendre connaissance du retour de ceux qui s'en allaient dans ce pays du salut. Il fut alors envoyé pour leur parler, afin de voir ce qu'il en retournerait de leur côté. Ils montèrent pour l'entendre, comme le Saint le leur avait dit, mais il ne pouvait pas leur faire ressentir jamais D'am
Grassac'h erit ma Deñargan Deud eur bec'h quen ponned. Mas a leys Dean, casset a veet ineril ; ret a ye eta, eme Sd. Sant, cass ahanor en eur blac bena c a na requel Doue : mas a qout jont, Cor Daor a veet Dar Srisona Dad maro ; Sreet on, emean, Da touft quen tout. Veut Da proel an ampereur am boro bepret erite ar refpet. Diean Dezi o Dan oll gristeniere, mas Seros na tangui Spmad D'am Dersi a Dan obligation a relie. Seret Dore benos co ar Sechet [?] an Dra imig a Craignas Doas an Douad. Dliget gant Doue, ✠ a vec'h ite barr an Disposition admiriabl-le. Scamio, afflictions, malheuries ar bed nu Dlont quet o louelt, na nent netro compage Duel Sechet. Tado a Mamo, Disquet ar Souiriomez le D'o bugaler, a gravel don er o halon. bel neubatoc'h soignet Da Disque Dero Bliget Dalebed, a Disquet Dero quentoc'h pliget Da Doue ; Disquet Dero ober o libdediguer ac ertan ar bechet ; Disquet Dero benos ar Sechet a affanj Doue, a na relquet Souft ade a Dum Den commete. Odisti omnes qui operantur iniquitatem.
Il serait difficile d'obtenir la grâce de Dieu sur un fardeau aussi lourd. Mais à leur manière, il fut envoyé en exil ; et ainsi, dit le saint, chassé de parmi eux sans que Dieu ne les reprenne pas : mais à tout cela, car Dieu pourrait les voir dans leur prison jusqu'à la mort ; voyons, disent-ils, de combien dépend tout cela. Voici l'avis de l'Empereur que la ville a été mise au respect. Dieu a dit à tous les chrétiens, mais ils ne savaient comment jamais faire ressentir à Dieu leur obligation à tenir. Car Dieu était avec eux en état de péché — la seule chose qu'il craignait venait de Dieu. Plaise à Dieu, mes frères, avec vous par cette admirable Disposition-là. Peines, afflictions, malheurs de la vie, n'ayant pas pu les entendre, n'ayant pas rencontré la compagnie du péché. Pères et mères, montrez ces troubles à vos enfants, et gravez-les dans leur cœur. Mais encore plus, apprenez à leur faire plaire à Dieu ; apprenez-leur encore plus à plaire à Dieu ; apprenez-leur à faire leurs actes dévots et à éviter le péché ; apprenez-leur que le péché offense Dieu, et qu'il ne faut pas souffrir davantage de ceux qui le commettent. Odisti omnes qui operantur iniquitatem.
Goelet oc'heus, ✠, ar motivo a ble lacat ahanoc'h Da Detesti ar bechet muioc'h erit ar maro ; ar motivo se a Jolennet Deu a interest an Den a balamoud ma zent anean ar muia malheureus Deu ar groua Durien pa Deu Da rein ar maro De ine : mas bezan Yo hoas motivo all lennit Deus a goste Doue d. Ar bechet marvel co ennemi mortel J. C. rac ar bechet marvel a cos Deus e raro ; Ar bechet marvel a ne rea e Dous franco quen lias beach a m'en commetomf : ar bechet marvel a nevea e raro gant un outray brassoc'h erit hin ar Goue.
Voyez donc, mes frères, la raison pour laquelle il faut vous détester vous-mêmes, haïr le péché plus que la mort ; ces raisons auraient dû vous faire ressentir le plus grand malheur que Dieu nous donne pour nous donner la mort à notre âme : mais il y a encore d'autres raisons du côté de Dieu. Le péché mortel est l'ennemi mortel de Jésus-Christ, car le péché mortel lui a coûté sa vie ; le péché mortel ne se donne pas librement comme nous le commettons souvent : le péché mortel lui a été infligé par un outrage encore plus grand que celui-là à Dieu.
Lur Souriomez ✠ eo, ran formec ar Sented Zantel Senos co ar bechet marvel a zo cos Deus a raro J. C. Attictus est bropter Scelora nostra. Gouret a reomp tout Senos n'an Deo maro nemet erit Distruga ar Sechet. Ista omnis fructus ut auferatur Peccatum. St. Paul a lad Deomp Seliramant Senos maf Doue a zo enem litret D'ar maro erit on biena Deud ar Sechet : Dedit remolipsum pro nobis ut nos redimerit ab omni iniquitate. Ar Iadzo Zantel Deus an Ille a gondu ahane Senos incarnation a maro J. C. a rea necessit erit effaun ar bechet a reparin on cnfur a nevoa groat Da Doue. Lrelse ar becheyo a na commetat aroc e Passion on Laldes J. C. ar re a gommeted bemdeiz, ac ar re a Vero commete bto fin ar bed a heus contribuel De raro. Ar Don Doue le, eme st Bazel, an Deus souffret erit un eternite : in Dispositione eternitates Dattus est. Comzo admiriabl, bera a Disq Deomp Senos fc. a zo bit a bes eletrnite Disposed Da n'em obet Den, a Da Verrel erit on Sechiht ; Senos an Deud souffret ar maro erit effacar ar becheyo a zo bit commitit a baue commancoment ar bed, ac ar e a Dle bean hoas commotat hantartin. in dispositione eternitatis Partus et.
Leurs souffrances, mes frères, c'est ce que les saints nous ont dit, que le péché mortel a coûté la vie à Jésus-Christ. Attrictus est propter scelora nostra. Nous faisons tout cela parce que ce n'est que pour détruire le péché que la mort est venue. Ista omnis fructus ut auferatur peccatum. Saint Paul nous dit clairement que le Fils de Dieu s'est livré lui-même à la mort à cause de nos péchés : Dedit remetipsum pro nobis ut nos redimerit ab omni iniquitate. Le saint côté de Dieu a conduit cette incarnation et la mort de Jésus-Christ pour que ce soit la nécessité d'effacer le péché et de réparer l'offense faite à Dieu. Autrement, les péchés commis avant sa Passion par les hommes, ceux commis chaque jour, et ceux qui seront commis jusqu'à la fin du monde, ont tous contribué à sa mort. Et Dieu lui-même, dit saint Basile, a souffert pour l'éternité : in dispositione æternitatis datus est. Parole admirable, montrant que Jésus-Christ, depuis l'éternité, s'est disposé à se livrer lui-même pour nos péchés ; et les hommes qui souffriront la mort effaceront les péchés qui sont commis depuis le commencement du monde, et ceux encore qui seront commis jusqu'à la fin des temps. In dispositione æternitatis partus est.
Un Neubet a reflexion Voar quemet-se. M b. Da biuantes Dac'h ar hrucifi a seblantet Louchet, mas a credin a relu Senos ao o becheyo a zo Cors Deus a Daro J. C. a Deus e souffranco ? A contrek a relu ed Santimancho a binigen a ber oa animet Sᵗ. Bernard Sehini ous n'em gonsiderin maf Doue Stagous al groa a lere Dean. Ah ma Zabrod, e oc'h ed glachat ac ed Dustidiguez, mad n'an Deo quet o couliou a rao oll hoan, ma becheyo co an instrumentd cruel Deus o tourmoneho. Doles, Domine, et vere Diles, non Vulnera tua Sed Peccata mea.
Un peu de réflexion sur tout cela. M.b. Pour vous faire considérer le crucifix comme ressemblant à quelqu'un de blessé, mais croyez et recevez que vos péchés ont coûté la vie à Jésus-Christ et que Dieu les a soufferts ? On a reçu et senti la même chose que l'animait saint Bernard, lui qui ne se considérait que pour le plus grand bien de Dieu. Ah, mon Sauveur, vous êtes blessé et dépouillé, mais il n'y a pas de raison que vos blessures viennent de toutes parts, mais mes péchés sont l'instrument cruel de vos tourments. Doles, Domine, et vere Diles, non Vulnera tua sed peccata mea.
2° Quen lias beach ma commatomf ai bechet marvel a m'ea comp passo J. C, ac a lequeomf anera n D'ar maro en on halone, ac henner ao an eil moty a Dle lacat abanomf Da Detesti ar bechet marvel. Chetu an ar biz Dilg Deo Sᵗ. Paul en Slod D'an habbroanit. Omr a ra Deusa gesteniu. Sero o Deue bet ar malheur Da gouean es bechet aboue ar Padiiant ; ac e lad Senos n'a Deus nemet D'al binigen, ac eud binigen reid'a affe alaquat inguay gent Doue, pa nint Deil Da gruifixion J. C. a ner-Z enn-o unan, a Da exposin anean D'an eil Dourmoneho Deu e basteon. Tursum crucifigentes seleimetopris filium Dei et ostentim habentes. Pa ler el Dac'h sta Senos Dre omentic, o impureteo, o laudouet, o comro fall e crucifrat a nevez J. C. en o calon, na zer nemet Seret Dac'h at Dez an Deus insperat ar Speret Santel Das Sᵗ. Paul. Saret aran mamd Senos ar maro a ret Da Souf Da yef Doue a zo cals muioc'h crued a muioc'h coupabl eritgan ini ares Dean al Sude vind a Souft. Bario marvel J. C. Voar ar habboant, co t an Deus hoante mond erit on saurotein ; E a zo n'em offset Da teurel eriton prena
2° Combien de fois avons-nous commis le péché mortel en faisant passer Jésus-Christ à la souffrance, et en lui portant la mort dans notre cœur, voilà une autre raison de faire détester le péché mortel. Voilà ce que dit la Parole de Dieu aux habitants. Dieu nous rend notre malheur pour que nous trouvions le péché au-dessus du patient ; et il dit que ce n'est que par la charité, et par la charité qui doit se placer pour attirer la grâce de Dieu, que viennent la crucifixion de Jésus-Christ en nous-mêmes, et qu'ils sont exposés eux-mêmes à nouveau aux tourments de Dieu et à ses coups. Rursus crucifigentes semetipsos filium Dei et ostentui habentes. Car dit-on à ceux qui, par leur impureté, par leurs plaisirs mal pris, par leur mauvaise conduite, crucifient à nouveau Jésus-Christ dans leur cœur, il ne faut que voir que vous avez en vous depuis le jour que l'Esprit saint de Dieu vous a soufflé de saint Paul. Et voilà la grande raison pour laquelle la mort que vous donnez à Dieu est bien plus cruelle et bien plus coupable que ces gens-là, qui se trouvaient avoir à subir la souffrance. La mort merveilleuse de Jésus-Christ, car Dieu avait voulu aller pour notre salut ; et il n'aurait pas pu s'empêcher de tomber sur elle
erel ma lad Deomp ar Prophet Isaïe : oblatus est quia ipse Voluit mas pa Deu hoas ar becher D'en lacat D'ar maro, quemet de a zo iamuet critain : na a somg rad na Deu quet Da inspiran Deomp erit on Diseuridious un Desseur quen Detestabl. Ar Judarien po Deroa laqguet J. C. D'al maro a roa bit an instrumentant Dous a redemption ar bad : mas ar Secher pa Deu Den lacat D'ar maro en o galon, pel Dious clang ar royen D'ober e libndiguer, a gommit eur hrim oud Sehini co ttag e reprobation. J. C. pa roa laqguet D'ar maro gant ar Judasion, a roa hoas rujet D'ar souffranco ; Sa no roa Deut Voar an douad nerrit erit Souff : mas breman nan Deo quet sujet na D'ar maro, na D'al souffranco : erit Vera e teu eta ar becher Daglargen lacat D'ar maro. Si fin pa neroa ar Judarien laquet J. C. D'ar maro ; na touint quet Vera rent ; na touint quet laqueant D'ar maro o Doue ; mo Dirije anastel anean. Jamas na reant Deut Den crucifiain : Si enim cognovissent, nunquam Dominum gloriæ crucifixissent. Mas ar Secher malheurous a Voat e crucifi Dre e becheyo e Doue ac e Zabrot. en aroun a ra, en credin a ra, obr ara Deud ar Vouiriomez un artiel a fe, eud bient essantiuel Deud e religion, a couscouide an Deu hous ar queldet Den hrucifian bemdeiz. Tursum crucifigentes.
Comme le dit le Prophète Isaïe : Oblatus est quia ipse voluit — mais quand même le pécheur l'a mis à mort, c'est quelque chose d'absolument haïssable : il n'avait pas songé que lui inspirer la pensée de mettre fin à nos désordres serait un dessein aussi détestable. Les Juifs qui avaient mis Jésus-Christ à mort en avaient fait l'instrument de la rédemption du monde : mais le pécheur qui met sa mort dans son cœur, loin de trouver une raison de faire cela, commet un crime contre celui qu'il est en train de mettre en état de réprobation. Jésus-Christ, quand il a été mis à mort par les Juifs, avait aussi été soumis à la souffrance ; mais à présent il n'est plus sujet ni à la mort ni à la souffrance : c'est véritablement alors que le pécheur le fait tomber dans une mort. Si enfin les Juifs n'avaient mis Jésus-Christ à mort qu'ils ne savaient pas vraiment ; qu'ils ne l'avaient pas mis à mort leur Dieu ; ce n'est pas eux qui lui avaient dirigé leur haine. Jamais ils n'auraient voulu venir le crucifier : Si enim cognovissent, nunquam Dominum gloriæ crucifixissent. Mais le pécheur malheureux va le crucifier par ses péchés en son Dieu et en son Sauveur. En l'adorant, en le croyant, en obéissant à Dieu dans une chose qui est essentielle à sa religion, et cependant les hommes le font crucifier chaque jour. Rursus crucifigentes.
Atermercomp erfad an expressiono Deu a bera anem serrichet an Apostel, ac e teuomf Soulamant Da gompren malic ar bechet ac an injur a ra Da J. C. Crucifigentes sibornelatipris filium Dei. Supposomp eun innocant Condemet D'ar maro a condut er Dlac en Sehini a tte bean crusified. Supposomper Senosarru er Dlac se
Précisons bien les expressions que dit l'Apôtre ici, et nous tirerons seulement à comprendre la malice du péché et l'offense qu'il fait à Jésus-Christ. Crucifigentes semetipsos filium Dei. Supposons un innocent condamné à mort et conduit au lieu où il sera crucifié. Supposons encore que soit arrivé au lieu
Destinet erit e Supplit, no queret quelernno an instrumanchencastes erit obes Diean Souft an tourmencho Da bere e co condaonet. Sera a larach Deus eur Den Sehini a vaz cri a barbad erit offe e gorf Do instrumant erit huffplic an Den innocent-le, na re quet a valio ac a queldet hanval ous é ini : Couscouide chitu aze ar Saret Da Dau quen lic'a a reach a mataut Den offonsi mavelamont. Saret a ret Do Passiono : Quemerct ma horf, ac enem serrichet Deu anoran erit Hagan ontan J. C. ac erit en crucifixion. Seguer lic'a a reach neubeus quet crubifiet anean en ocalon Dre o lonqasono Dre o Da Srio criminel a noaros Dac'h o unan a Do nettand. Secherien Vale bean a zo vequent, tregont Vlatez aboue ma roomp on Daoulagad or Daouarn, on horf en antied erit Crucipion J. C. Bean a zo uequent tregont Vlatez aboue ma consacromp an oll Sacuttes Deu on ine o Du on horf, erit offansin on Doue. Ar becher caledi o zo vetonnet o claret Senos eteubenidez Da gruifixion e Doue, aBalamoud n'a Dalquet e qrem gane c Daoulagad ; mat ur Dez a arruo en Sehin e compreso querment-le, ac en qelov Selaromant. An tud Armel en goel bemdeiz : a Saf a bont ire ar touffranco a reu ar Secher Dean Da esprouei ; ar Secher en goelo ite, a mard'e ar malheur Da gerrel en a bechet en Dante Spad eun eternite. on Sourrait insin amoizici un P. de billt. S. 2. 8e 192.
Chetu aze, M. b. eur Souiriomez Sehini e Deus convertisset Cabe a becherien Vrad, mas mortere n'an Donquet Dign aroalc'h D-nufos Dac'h, pe autramant nan Doc'h quet Dispose mud aroalc'h erel ma rafe ite ■Varnoc'h eun impression talutat benae.
Destiné à son supplice, on ne cherchait qu'à lui ôter les instruments de torture pour l'empêcher de souffrir les tourments auxquels il est condamné. On dirait que quelqu'un qui viendrait le frapper de sa main barbare, pour offrir son corps à être l'instrument du supplice de l'innocent, ce serait là quelqu'un d'aussi criminel que lui. Cependant voilà la manière dont Dieu est terriblement offensé. Car à cela est dit que voilà ce que ressent Dieu d'une manière aussi admirable. Il faut le mettre à sa Passion : Prenez mon corps, et frappez-vous vous-mêmes pour être l'instrument contre lui lors de la crucifixion. C'est ainsi que l'on peut souvent trouver que ceux qui crucifient leur Dieu dans leur cœur par leurs désirs, par leurs crimes, donnent à quelqu'un d'entre eux la peine de le frapper de leurs propres mains. Pécheurs, combien en a-t-il, trente fois, que nous levons nos deux mains et nos bras, notre corps contre l'antique crucifixion de Jésus-Christ. Combien en a-t-il, trente fois, que nous consacrons toutes les facultés de notre âme, de notre corps, à offenser notre Dieu. Le pécheur endurci qui se laissera emporter, qui pleurait que leur crucifixion de Dieu était un péché, mais que la raison pousse avec les yeux à voir ; mais qu'un jour viendra où il comprendra cela, et il l'entendra clairement. Et les gens bien en souffrent chaque jour : et il suffit de prendre la souffrance que fait le pécheur pour éprouver ; le pécheur le verra aussi, et s'il est le malheur de tomber dans un péché à se laisser aller pour une éternité. On citerait ici un P. de billet S. 2. 8e 192.
Voilà donc, M.b., une réflexion qui aurait converti bien des pécheurs, mais il ne semble pas que vous soyez suffisamment disposés à votre égard, puisque autrement vous n'auriez pas voulu vous disposer à garder en vous-mêmes cette impression salutaire.
Couscouide marquetat imposin ar Blane Ds Passiono, ac antean in Dispositiono o calon e touret Da Voelan Voar ar Stad trust Deu Doine, mar Deu hoas Da lonqeal Senos quen lic'al Veac'h moc'heusSechettmarrelamant, oc'heur groet Da J. C. Souft eud maro muioc'h cruel a muioc'h Soannid erit an ni a an Durad Dael Alano calvad ; Senos oc'heus cruifiet an ean ennoc'h o unan, ac o hour groet Serugot o corf Da instrumentant aril en Supplicien. Songet ales er Souriomez-le, ac e meus aspel Senos mas continuel Da reflachissitournezi eur Seac'h an amzer, c procuro ire Yournoc'h at mamd offet ac e Deus groet Voar quen lic'as a bec'hed ? Lequeet J. C. Crucifixion en eur hoste, ac c o becheyo en eur hoste all, ac enem lequeet hui ounan en creid etreze, a qoulenet Diguenac'h o unan bera a Dleut obet ? en eur hosti amar J. C. laqguet D'ar maro, ar hoste all eman o becheyo bora a zo cos Deud e Varo ; chetu aze J. C, chetu a o becheyo : inter hæ Duo Positis, ✠ iDe quidaga. Dlacet erile-tre o bechet ar an effejo cruel Deu o crime goelet a hui a nero hoas aroalc'h a gouray erit Dont Da anfacion hoad mui-our-mui an tacho en e Daouarn, ar bluse en e goste Lman ar instrumancheho Deu e Supplic en o Sisposition, Deud Da Direin ous ar bechet ae a tout Da quemer en o tom an instrumancheho Deu e Bassion. Me eta, ma Jurus, anoui o ttagent ous ar Goue, me aneus o euurent a Spem ou a neve offagellet ; opus manuum mearum tues. hui eta co an objet Dent agrudet ma Daouarn barbad a barruied –
IcC'herien, a beb stad, a beb Condition, Songet alic er qouiriomez a meud annonat Dac'h : Intelligite hæ,
Cependant, je vais vous imposer l'image de la Passion, et vous mettre en disposition de pleurer sur le triste état de votre âme, si vous avez encore jamais si misérablement péché, en ayant fait souffrir à Jésus-Christ une mort bien plus cruelle et bien plus honteuse que celle du Mont-Calvaire ; car Dieu l'a crucifié en lui-même seul, et vous avez fait grand-chose de son corps comme instrument de son supplice. Songez à ces souffrances, et à votre esprit que vous continuez à laisser à réfléchir ; retournez-vous en faisant le tour du monde, et procurez à votre âme les plus grands effets que Dieu a faits sur combien de pécheurs ? Placez Jésus-Christ Crucifié en votre hôte, et vos péchés en l'autre hôte, et mettez-vous vous-mêmes entre les deux, et demandez à vous-mêmes ce que vous devriez faire ? En l'hôte de Jésus-Christ mis à mort, l'autre hôte est votre péché, là où la mort lui est venue ; voilà Jésus-Christ, voilà vos péchés : inter hæc duo positis, chrétiens, ide quidaga. Placez ensuite entre eux votre péché comme l'effet cruel de votre crime — voyez qu'il n'aura pas assez de force pour ne pas vous donner encore plus de mal dans ses mains, la blessure dans son côté, cet instrument de Dieu en son supplice dans la disposition — et Dieu dira aux pécheurs : ôtez tout cela, à prendre dans votre corps l'instrument de sa Passion. Moi donc, ma mère, ô vous, Dieu, il m'enlève l'espoir que vous m'avez ôté ; opus manuum mearum tues. Voilà donc l'objet que vous avez rendu ma main barbare à frapper —
Chrétiens, de tout état, de toute condition, songez à ces souffrances que vous m'avez annoncées : Intelligite hæ,
Qui obliviscimini Deum : nan Deo quet aroalc'h Dac'h chelaoue ar goui riomez Dterrubl Deu o religion, ret eo Dac'h profitan Deus anero : intelligite rac n'an Deo quet aroalc'h chelao comzo Doue, ret eo o lacat en pratiç m'ur on Deus hoant Da rean Salvet ; non enim andilores leges Justi Sunt apud Deum, Sed factores logis Justificabuntur. N'an Deo quet aroalc'h Deomp eto, ✠, assistlan en Instructiono erel ma omf obliget, ret eo Deomp tennan froue Deud anero, ous n'em conformon on buez D'an arifo arcet Deomp, a D'an exemlo cau a broposé Deomp. Da imitant. Lhan Da finissan our nie n'adress Dac'h ar homzo a adressat Sᵗ. Ser D'an Israelitit, pa breze gat Dezo, neubita omzet goude maro J. C. Dir Israelitie, an dichi Verba hæ. bugalez a Israel chelaouet ma homzo, me ofed. Clevet oc'heur alet Comz Deud a Jesue a Nasareth Sehini an Deut groet quement a Vieraclo en o toue, a Sehini Dre ar Zantelez, an neu Deus e Doctrin, ac an tffazo a Dmirabl Deu e buissanc aneus Dittoural D'at b. D. pll Senos a roa maf Da Doue, a Doue a rman ; gout a ret Senos e zo bit, nonobstant Da Veraclo, laquet D'ar maro a ttaguel ous eud groat : or, ✠, nin ar Deus an ttagel ous ar groat onfan on Daouarn co Daouarn an Dued Possidel se bere o Deud laquet amezan D'ar maro. hune ber maneus Iniqrorum affligentes interomislis Mas tout ar bohl Israel a Dle gouree panos old n'am grucifixion garet, an Deus crucitat ar Mbassé, a Doue, e Zalved, e roue : Certissime ergo Sciat Domus Israel quæ Dominum umel christum fecit Deus hune Jesum quem Vos crucixistis. Sᵗ. Ser na neroa quet
Qui obliviscimini Deum : il ne suffit pas de vous entendre parler terriblement de votre religion, il faut que vous en profitiez : intelligite — car il ne suffit pas d'entendre parler de Dieu, il faut le mettre en pratique dans ce que Dieu veut que vous fassiez pour vous sauver ; non enim auditores legis justi sunt apud Deum, sed factores legis justificabuntur. Il ne suffit pas d'être ici, mes frères, à assister à ces instructions comme nous sommes obligés, il faut en tirer le fruit qu'ils donnent et nous conformer dans notre vie à l'avis qu'ils nous donnent, et à l'exemple qu'ils nous proposent. Pour finir, comme je ne m'adresse pas à vous mêmes que le discours qu'adressa saint Pierre aux Israélites, quand il leur prêcha peu après la mort de Jésus-Christ. Israélites, il dit ces paroles. Écoutez Israël ce que je vous dis, me voilà. Vous avez entendu la parole de Dieu — Jésus de Nazareth qui a fait autant de miracles parmi vous, qui est par la sainteté, par les nouvelles de sa Doctrine, et par les effets admirables de sa puissance, qui a montré au peuple être le Fils de Dieu, et Dieu lui-même ; tant qu'il a été parmi vous, nonobstant les miracles, mis à mort, que vous avez mis vos mains ; or, mes frères, ce ne sont pas Dieu qui ont mis leurs mains sur lui, c'est chacun de vos mains qui le possède là pour l'avoir mis à mort. Hunc per manus iniquorum affligentes interemistis — Mais tout le peuple d'Israël doit savoir que là où vous l'avez crucifié, Dieu l'a ressuscité, et Dieu, et son Sauveur, et son roi : Certissime ergo sciat domus Israel quæ Dominum umel Christum fecit Deus hunc Jesum quem vos crucifixistis. Saint Pierre n'avait pas encore
Quentor'h Srononcet ar homzo touchant-le, ma teas o halon Da r'ien urin gant at glachat : commanc a rejont Da r'ion sellet an eil eguile, ous n'am laret gant eur Voez hut ac afflget : Mi rahes, quin jacimme. Sera a reomp ni goude bean commotil eud hrim quen brad ; laret-lui abostol Zantel Sera a Dleomp Da obed : Sᵗ. Ser a respontas Dezo ; Dorilontium agite ; groet Sinigen, chetu ar remDa ran quenac'h erit obtano Sardon.
Seguen currues a gifen, ✠, ma Voelfen ar reflexiono ameu Despue Dac'h Voar ar bechet marvel, o ober Yournoc'h ar mamd impressiono a ma voelfen Sehini ahanoc'h o Soncet estano an arterhion Nad. N'an Deus Den aman n'an Defe crucifet a nevez J. C. Da groet oc'heur Dean mervel tud rellant, tud efpte, tud ipse religion Da o comzo fal, truim Dre o exeposte. Sera a retelis erit effacin eud hrim quen bras : quid Jaciemus ? Et Den goullen Digant an Dued Yaro, martare e credent anero Voel eriton : Dauifet aneuet J. C. ma Zabrot, Sera alhon obet ? Et D'en goulen Digant ar ruo o Dued Deja subisset ar Jugeamant terrubl a Doue : St D'en goulen Digant ar roo a zo Deja en an erit non pas bean effacat eud Sechet quen horrubl ; Dtarela ine na zo quet er flammo Sere na nint quet quen Loupabl a nin : Consultat an eternite, Consultat ar Scribed Zantel, Consultat ar Tado Zantel Deudan Itle, tout a larouint Dac'h quet imm Groal Sinigen ; Soncilertium agite. Goelet o becheyo ; na efergnel na Tun, mac affliction, na Soan, na alusion ; Supplet Doue Dre o tauro Da gavet triuer ouroc'h, a goude bean obtinet ar Sardon Deu o pecheyo Voar an Douar, a cat Da reds ar euon pane promitel Dar goein launtanlet ;
Fini de prononcer le discours touchant cela, que leur cœur avait commencé à se briser ; ils commencèrent à se regarder l'un l'autre, en se disant dans une voix basse et affligée : Mi rahes, quin jacimme. Nous allons faire après avoir été émus d'une telle émotion ; dit l'Apôtre saint ce que nous devons faire : Saint Pierre leur répondit ; Pœnitentiam agite ; grande charité, voilà le remède qu'il leur fallait pour obtenir le pardon.
Comme je vous le dis, mes frères, je voudrais que vous voyiez les réflexions que j'ai proposées à votre égard sur le péché mortel, pour vous faire ressentir à votre âme les grandes impressions, pour vous faire voir en vous-mêmes une véritable contrition. Non, il n'y a personne ici qui n'ait crucifié Jésus-Christ à nouveau, pour avoir fait mourir quelqu'un de mortel, de pécheur, de fort religieux, de conduite mauvaise, d'un exposé faux. Voilà le remède pour l'effacer dans une grande émotion : Quid faciemus ? Et quand les gens demandent à Dieu leurs péchés, ils croient cependant que vous les voyez : repentez-vous de Jésus-Christ mon Sauveur, et qu'est-ce que l'on doit faire ? Et quand ils disent que Dieu a déjà subi le terrible jugement de Dieu : et quand ils disent que vous n'avez pas encore été effacés de ce péché si horrible ; néanmoins ceux-là ne sont pas non plus aussi coupables en eux-mêmes : Consultez l'éternité, consultez les Saintes Écritures, consultez tous les saints de Dieu, tout vous dira que vous n'avez qu'un seul grand remède ; Pœnitentiam agite. Regardez vos péchés ; ne les partagez ni en temps, ni en affliction, ni en peine, ni en malaise ; suppliez Dieu par vos larmes pour trouver votre grâce, et après avoir obtenu le pardon de vos péchés sur cette terre, aller recevoir la récompense promise de toute éternité.
Note de transcription : Ce sermon du XVIIIe siècle mêle le breton d'époque et le latin (citations bibliques et patristiques de Matthieu 23, saint Paul, saint Augustin, saint Cyprien, saint Bernard, saint Basile, Isaïe, Jérémie, saint Jacques, saint Jean Chrysostome, etc.). L'orthographe originale est conservée dans toute sa variété graphique. Les passages entre crochets [?] signalent des mots très difficiles à déchiffrer avec certitude. Le signe ✠ est reproduit tel qu'il apparaît dans le manuscrit (croix d'adresse au public). Dans la traduction française, ce signe a été rendu par « mes frères » ou « chrétiens » selon le contexte.