Breton
Quis ergo nos separabit a caritate Christi ? Piou a allo lemel diguene carantez Jésus-Christ ?
Français
Quis ergo nos separabit a caritate Christi ? Qui pourra nous enlever l'amour de Jésus-Christ ?
Breton
Chetu are, Kristenien, on homzo admirabl a bere a nem servigie Sant Paul evit enem excitan da'r carantez en quifer d'Jésus-Christ. Piou, eme an Abostol bras-se, Piou a deus d'am hondaoni ? Na vezo quet Jésus-Christ, en pehini a zo marvet evidon, quis est qui condemnet ? Piou a deus d'am accusin dirac tribunal ma Doue ? Na vezo quet Jésus-Christ, en pehini a zo ressuscitét evit ma justifian, a pehini a zo aseet en tu deo d'e Dad evit bezan on avocad a con sicour, goude m'an deus leset quement a galon evit bezan an objet d'on harantez a d'on adoratono. Hirie a celebron ar gouel an deus stablisset an Ilis, evit sielta reconnaissanç e bugale evit eud presant quen caël ac anini an deus groët dezo Jésus-Christ : Praebuit cor meum ibi cunctis diebus. Deuout a reomp eta ive hirie d'ont da gressat mui ous mui on fe voat e bresanç voat on Auterio, a dont da domman o halono evit e galon adorabl pehini aneus roët deomp : erit cor meum ibi cunctis diebus, a goulen ite diguenem : Quis ergo nos separabit etc ; Piou a allo en empêch da garet Jésus-Christ. An Abostol santel a voa quen leun a gantez quen a deu d'a-vaint penos nac an afflictiono, nac ar persecutio, nac ar maro mames na alfent jamas en separi dious Jésus-Christ : Da laret eo e oa Prest da soufr ar bersecutiono, ar maro ar muia cruel, quent evit pasen da garet Jésus-Christ. A ni a gar avoalich on Doue, evit ober deza ar mames promesse. Ma vije hoas an Abostol bras da voat an douar, ejij sonezet o voelet an indifferanç a ragn ken mungar questenien dius on amzer. Na zenquomp quet soufri ar maro, soufri persecutiono, evit on salver Da dilezel Doue, en abandonni en amzer ma teu da accordin deomp ar brassa faveuro : pa deu da lesel quement e galon ; cor meum erit ibi cunctis diebus ; ac en a ell lesel quement eud mui a mui ouch trecius d'ous e carantez evidomp ? Nan, rac carantez Jésus-Christ na nell quet mont pelloc'h evit enem rein en e unan, chetu a ze colscoude ar bras-sen d'an oll gristenien. Mais nin aneus recevet digantan faveuro muioch speciel...
Français
Voici donc, chrétiens, des paroles admirables dont se servait Saint Paul pour s'exciter à l'amour envers Jésus-Christ. Qui, dit ce grand Apôtre, qui a de quoi me condamner ? Ce ne sera pas Jésus-Christ, lequel est mort pour moi, quis est qui condemnet ? Qui a de quoi m'accuser devant le tribunal de mon Dieu ? Ce ne sera pas Jésus-Christ, lequel est ressuscité pour me justifier, et lequel est assis à la droite de son Père pour être notre avocat et notre secours, après qu'il a laissé tant de cœur pour être l'objet de notre amour et de nos adorations. Aujourd'hui nous célébrons la fête qu'a établie l'Église, pour sceller la reconnaissance de ses enfants pour le plus beau présent qu'ait fait d'eux Jésus-Christ : Praebuit cor meum ibi cunctis diebus. Nous venons donc ainsi aujourd'hui pour venir augmenter de plus en plus notre foi envers sa présence envers nos Autels, et venir chauffer nos cœurs pour son cœur adorable lequel il nous a donné : erit cor meum ibi cunctis diebus, et demander ainsi de nous : Quis ergo nos separabit etc ; Qui pourra nous empêcher d'aimer Jésus-Christ. L'Apôtre saint était si plein de charité qu'il en vient à dire que ni les afflictions, ni les persécutions, ni la mort même ne pourraient jamais le séparer de Jésus-Christ : C'est-à-dire qu'il était prêt à souffrir les persécutions, la mort la plus cruelle, plutôt que de cesser d'aimer Jésus-Christ. Et nous aimons assez notre Dieu, pour lui faire la même promesse. Si encore le grand Apôtre était sur la terre, il serait étonné de voir l'indifférence qui règne chez tant de mauvais chrétiens de notre temps. Nous ne craignons pas de souffrir la mort, de souffrir des persécutions, pour notre sauveur Pour délaisser Dieu, en l'abandonnant au moment où il vient nous accorder les plus grandes faveurs : quand il vient laisser tant de son cœur ; cor meum erit ibi cunctis diebus ; et qui peut laisser tant de lui de plus en plus précieux envers son amour pour nous ? Non, car l'amour de Jésus-Christ ne peut aller plus loin que de se donner soi-même, voilà pourtant le grand don à tous les chrétiens. Mais nous avons reçu de lui des faveurs plus spéciales...
Breton
M'an deo quet me, mas ar Speret Santel e unan a ia da diligien d'ach an tresorio inepuisabl a galon Jesus pur a distribu bemdeiz deomp, a da disqui dach ar reconnaissanc a dleet evit aud bras quen caër.
Français
Ce n'est pas moi, mais l'Esprit Saint lui-même qui va vous diriger vers les trésors inépuisables du cœur de Jésus pur qu'il nous distribue chaque jour, et pour vous enseigner la reconnaissance que vous devez pour ce don si grand et si beau.
Breton
1°. Evit compren bequement Jésus-Christ aneus on haret, eo rot deomp goelet ar besan dezaus groët evidomp apad e vuez a goude e varo. Epad e vuez coachat, adalec ar momet ma eo bet enem incarnet bete an oad a dregont bloaz, nac a verque n'an deus quet discouet evidomp ? Quemer a ra our horf evel pehini ahanomp ; guenel a ra en eud braonni duster evit dont da quemer lod en on miserio, a rei deomp en exempl d'eut an oll vertuo. Tud ourgouillus, tud vindicatif, tud a blijadurio, deut da voelet carantez o Doue, pehini ouch a'm entren er bed a disqui dach penos eo Dre an humilite ac ad souffranço e antreer en rouantelez an Eud. Per tribulationes multas oportet intrare in regnum caelorum ; goude eo circonscit, ac e quemer an hano a Zalver ; on eur guir apad e vuez e voe soumis da Vari a da Joseph evit rein deomp an exempl d'eud an obeissancc a dleomp d'on Zado a d'on mamo a darre a zo carguet ahanomp, a deus ar batientet ac ar resignation a dleomp cavant en oll carconstanço d'eud on buez. Tout ar pez en deus groët fude vuez bublic, eo evidomp en deueus ean groët. E bedennon, e iunio, e sermonio, e veacho, a gomzo, a gondurrationo, a viraclo a zo groët evidomp. A ma compen dach dous e dourmanche, nac angourio, nac a dourmancho nac a suppliço n'an deus quet anduret evidomp ? bet eo garottet, Accuset, condannet, crucifiet, evidomp, marvet eo gaufret a mepriset e-cris an douloureo ar muia incomprenabl. Antreomp hoas mui ous mui e-barz er galon Divin-se, a goelomp ar santimanchou generus a goncet evidomp. Jésus-Christ a elle satisfian evit on pec'hejo dre an distera buoach d'eud e voad, d'e daero : mas nan, ar pas a voa suffisant evit satisfian da justice un Doue, na voa quet avoalich evit calon Jesuz. O calon adorabl, consultét ar Prophetes, enem gonsultét huu unan, a goël-ta cen n'och eud hoat so-martel eud bras benac da accordin d'ar bacherien : eus Jésus-Christ, ar brassa diroc'an-ze aneus da accordin deomp a roc mavel evidomp, eo d'a rein deomp ar sarch-se evit Mam. Mui-eud, ecce filius tuus.
Français
1°. Pour comprendre combien Jésus-Christ nous a aimés, il nous faut voir ce qu'il a fait pour nous pendant sa vie et après sa mort. Pendant sa vie cachée, depuis le moment où il a été incarné jusqu'à l'âge de trente ans, quelles marques n'a-t-il pas montrées pour nous ? Il prend notre corps comme l'un de nous ; il naît dans une grande pauvreté pour venir prendre part à nos misères, et nous donner l'exemple de toutes les vertus. Gens orgueilleux, gens vindicatifs, gens de plaisirs, venez voir l'amour de votre Dieu, lequel vous appelle à entrer dans le monde et vous enseigne comment c'est par l'humilité et par les souffrances qu'on entre dans le royaume des Cieux. Per tribulationes multas oportet intrare in regnum caelorum ; ensuite il est circoncis, et il prend le nom de Sauveur ; en un mot pendant sa vie il fut soumis à Marie et à Joseph pour nous donner l'exemple de l'obéissance que nous devons à nos pères et à nos mères et à ceux qui ont charge de nous, et de la patience et la résignation que nous devons avoir dans toutes les circonstances de notre vie. Tout ce qu'il a fait pendant sa vie publique, c'est pour nous qu'il l'a fait. Ses prières, ses jeûnes, ses sermons, ses voyages, ses paroles, ses exhortations, ses miracles sont faits pour nous. Et pour vous parler de ses tourments, quelles angoisses, quels tourments et quels supplices n'a-t-il pas endurés pour nous ? il a été garrotté, accusé, condamné, crucifié pour nous, il est mort souffrant et méprisé au milieu des douleurs les plus incompréhensibles. Entrons encore plus avant dans ce cœur divin, et voyons les sentiments généreux qu'il conçoit pour nous. Jésus-Christ aurait pu satisfaire pour nos péchés par la plus petite goutte de son sang, de ses larmes : mais non, si cela était suffisant pour satisfaire à la justice d'un Dieu, ce n'était pas assez pour le cœur de Jésus. Ô cœur adorable, consultez les Prophètes, consultez-vous vous-mêmes, et voyez si vous n'avez pas été souvent bien grands pour accorder aux pécheurs : de Jésus-Christ, ce plus grand don qu'il a à nous accorder et qu'il a préparé pour nous, c'est de nous donner cette charge pour Mère. De plus, ecce filius tuus.
Breton
MAS Jésus-Christ n'an deo quet enem gontantet d'on haret epad e vuez goude e varo, ar blave, arc'it laret goel e-garantez evidomp a deu da dequerin deomp e gorz. Comprenomp mar deo possubl deomp pera eo bet cos d'ar gouli en deus bet en e gorz sacr. On Zalver ont on goel-ha mui ous mui d'eud on pehejo, an deveus hoant da skull bete ar bannaich divoc'an deue e voad. Goude bean expret ar bec'hejo a gommitorus d'en on soanjasono fall, dre ar gurunenn a spern ; on bec'hejo a gourmandis en dibri ac en eva, on mediranço, on halomnio dre ar fest ac ar guin agr a voe roit dean ous e sec'het ; on actiono fall, a condemnacho criminil dre ar gouliou d'e a dreit ac e dousorn, an deus hoant d'on goeli-ha mui ous mui d'ea ar gouli d'e e galon, a balamour ma eo deut ar galon a ten oll buehejo. De corde exeunt cogitationes malae etc. O prodig a garantez. bemdeiz e offanon corf Jesuz, a Jesus a le bunisse evidomp ; on daouarn a vou bemdeiz d'en un moli, a na lar netra : Evit bera quement a batientet ? evit on delivra dius on poanniou, ac on harga d'eud e vadeleso.
Français
MAIS Jésus-Christ ne s'est pas contenté de nous aimer pendant sa vie et après sa mort, le plus, pour dire mieux, son amour pour nous l'amène à nous acquérir son corps. Comprenons s'il nous est possible quelle a été la cause de la plaie qu'il a eue dans son corps sacré. Notre Sauveur en nous voyant de plus en plus dans nos péchés, a eu le désir de verser jusqu'à la dernière goutte de son sang. Après avoir expié les péchés que nous commettons dans nos pensées mauvaises, par la couronne d'épines ; nos péchés de gourmandise dans le manger et le boire, nos médisances, nos calomnies par le fiel et le vinaigre aigre qui furent donnés à lui dans sa soif ; nos actions mauvaises, et nos condamnations criminelles par les plaies de sa droite et de sa main gauche, il a eu le désir de nous guérir de plus en plus par la plaie de son cœur, et parce que c'est du cœur que viennent toutes les vies. De corde exeunt cogitationes malae etc. Ô prodige d'amour. Chaque jour nous offensons le corps de Jésus, et Jésus nous bénit ; nos mains sont chaque jour à le frapper, et il ne dit rien : Pourquoi tant de patience ? pour nous délivrer de nos peines, et nous combler de ses bontés.
Breton
Enfin goude quement a garantez, pa deuomp, d'en ottanti, e-u brest d'on bardonni, a mamus da scuill a-varnomp e faveuro. N'an des quet avoalich : On Salver a deu da dionfhi dous ar maro mames, da sortial d'eud ar bez, da bignal triumphant e-barz en Eud, evit prepari deomp-ve-pela a blas etel m'en lavar deomp : eo parare vobis locum ? Mas ac en a laiso ahanomp porphetinet ? Nan Jésus-Christ, e furnez a ca-buissanc a deu da operin ar brassan d'eud a noll Viraclo : instituen a ra ar Sacramant adorabl d'eud e gorf a d'e uad, en pehini a chom bepret guineomp, d'en mames amzer ma eo arestentit dion De Dad. Dre ar Sacramant-se e teu d'an en unissan guineomp, d'ar beta rein deomp da nourritur, a da rein deomp ous eud spirituel a divin. Dre ar Sacramant-se a n'en off continue ellamiant en sacrifi evidomp evit aretin color Doue offonçet d'on pechejo : dont a ra da esfinca evidomp e chrayo, na nall quet ober muioch evidomp : apad e vuez na oa presant nemet en eur plas, a dre ar Sacramant-se ; eo presant de oll, ac e continuo ar mames miracl bete fin ar bed.
Français
Enfin après tant d'amour, quand nous venons à lui, il est prêt à nous pardonner, et il aime à répandre sur nous ses faveurs. Ce n'est pas assez : Notre Sauveur vient triompher de la mort même, à sortir du tombeau, à monter triomphant dans le Ciel, pour nous préparer là une place comme il nous le dit : eo parare vobis locum ? Mais est-ce qu'il nous laissera orphelins ? Non, Jésus-Christ, sa sagesse et sa puissance viennent opérer le plus grand de tous les miracles : il institue le Sacrement adorable de son corps et de son sang, dans lequel il demeure toujours avec nous, au même moment où il est présent auprès de son Père. Par ce Sacrement-là il vient à s'unir à nous, jusqu'à nous donner sa nourriture, et nous donner son être spirituel et divin. Par ce Sacrement-là il s'offre continuellement en sacrifice pour nous pour arrêter la colère de Dieu offensé par nos péchés : il vient épancher pour nous ses grâces, il ne peut pas faire plus pour nous : pendant sa vie il n'était présent que dans un lieu, et par ce Sacrement-là ; il est présent partout, et il continuera le même miracle jusqu'à la fin du monde.
Breton
MAS an dud ingrat na rentoint netra dezan evit eud garantez quen bras ; dont a raint mames d'en outragei, d'en insulti er Sacramant Jésus-Christ a voue quement-ze a conscoude e chom bepret guineomp, bem-deiz prest d'on chelou, d'on exami bemdiz prest d'ar rein deomp mar queromp enem disposen d'en receô. Mas Doue a vart voar ar mas, Doue a brefous deun eud ruerfan, sornel en eud ; chetu aze ar miracl a admiron bepret an Sant ac an Elez. Chetu are en eur guir calon Jesuz evidomp. Mas pa neus on caret quement, eltran it, Paret d'ac'h gant an dispul ar muia caret, benos mar deus on caret quement ethoamf-ive en caret dreist da bep tra.
Français
MAIS les hommes ingrats ne lui rendront rien pour son amour si grand ; ils viennent même jusqu'à l'outrager, à l'insulter dans le Sacrement de Jésus-Christ et pourtant il demeure toujours avec nous, chaque jour prêt à nous écouter, chaque jour prêt à se donner à nous si nous voulons nous disposer à le recevoir. Mais Dieu regarde l'homme, Dieu préfère donner sa nourriture, éternelle au ciel ; voilà le miracle qu'admirent toujours les Saints et les Anges. Voilà en un mot le cœur de Jésus pour nous. Mais puisqu'il nous a tant aimés, il est juste, apprenez-le de la part du disciple le plus aimé, puisque si nous l'avons tant aimé nous devons aussi l'aimer par-dessus toute chose.
Breton
Ar guir garantez e deus tri effet, a lavar deomp Sant Justinien : Da querer eur re benac e songer alies ennan ; accordin a rer dean ar pez a dezi, soufri a rer evitan ep enem glem ; chetu are ar pez a dleomp ober evit Jésus-Christ mar queromp anezan evel ma eo dleet.
Français
Le vrai amour a trois effets, nous dit Saint Justinien : Quand on aime quelqu'un on pense souvent à lui ; on lui accorde ce qu'il désire ; on souffre pour lui sans se plaindre ; voilà ce que nous devons faire pour Jésus-Christ si nous l'aimons comme il est dû.
Breton
1°. Dleout a reomp songer alies en Jésus-Christ. Netra a veuch naturel evit songeal eud ber a queret. Sellet un den avariciu, na song nemet en arc'hent ac er moyonno da gresqui bemdeiz e-vado : man deus quen song ous en occupe nos deiz. Sellet an den libertin, an iverien : unan a laca e blijadur ous n'em vizi, un all en e blijadurio diferent ; na songeont nemet en ze. Oh, ma cargen fidel Jésus-Christ evel ma carge an dud insanset-se an objet d'e-ud passonno, e sonjemp aliez d'on Zalver adorabl. Mas alas, na sonjomp nemet en trao teritabl, ac on-connou pria na jamas tremen. Couscoud da beza ethoamf ni songeal, ha na sonjeomp quet en Jésus-Christ pehini eo on brassan Ami, ar mames generus Deus on madoberourien. M'on driga sonjet ennan pa deu un drouc speret d'ober deomp commote eur pec'het, m'on driga reflechisset benos d'ar pec'het-se e teuzemp d'a affligean Jésus-Christ, a d'ober d'e galon eud gouli nedeiz, m'ar cargen considerin benos Jésus-Christ susant voar an Auter a song ennomp, a vanad voar on lerc'h, a deul a voarnomp daoulagad a gonpassion, ne zanquemp quet da gondaoni on ingratur ac on indifferanç evitan ; ober a refomp bean a houlen diguenem dont ar bastion vil-ze pehini a domin ahanomp aboe quen pell amzer ac e larfont dean :
Français
1°. Nous devons penser souvent à Jésus-Christ. Rien n'est plus naturel que de penser à ce qu'on aime. Regardez un homme avaricieux, il ne pense qu'à l'argent et aux moyens d'augmenter chaque jour ses biens : il n'a d'autre pensée qui l'occupe nuit et jour. Regardez l'homme libertin, les ivrognes : l'un place son plaisir à se nuire, un autre dans ses plaisirs différents ; ils ne pensent qu'à cela. Oh, si nous aimions fidèlement Jésus-Christ comme ces gens insensés aiment l'objet de leurs passions, nous penserions souvent à notre Sauveur adorable. Mais hélas, nous ne pensons qu'aux choses terrestres, et nos cœurs ne peuvent jamais s'en détacher. Quoique nous devions penser, nous ne pensons pas à Jésus-Christ lequel est notre plus grand Ami, le même généreux de nos bienfaiteurs. Si nous avions pensé à lui quand vient un mauvais esprit pour nous faire commettre un péché, si nous avions réfléchi comment par ce péché-là nous venions à affliger Jésus-Christ, et à faire à son cœur une blessure nouvelle, si nous aimions à considérer comment Jésus-Christ est présent sur l'Autel et pense à nous, et veille sur nous, et jette sur nous des yeux de compassion, nous ne craindrions pas de condamner notre ingratitude et notre indifférence pour lui ; nous ferions bien de lui demander de venir dans cette passion vile laquelle nous domine depuis si longtemps et de lui dire :
Breton
En Ti-oll e sonjean me pa na songuan quet ennoc'h, a piou a garan pa no caran quet ! A conscoude e voëlomp bemdeiz an couant a ndran nac a den pere no deus ocupation ebet adalec ar beure bete an noz, a bere na quetont quet eud momet d'a gonsacri da Doue da dont d'en visita d'en Templ eur veach an amzer. Dont a rer evit goir ar tul ac ar gouel, mas penos enem gomporter en Ilis ? Pera a reomp da Doue ? Pera a reomp evit rein dean ar respect, ar garantez ac an adoration a dleomp dean. Nac a Dissipation, nac a irreveranç ! nac a den a starch muioch coupabl dous a bresanc ! Quement-se a rag lachas hon mam zantelan Ilis beach all e-devua ar gonsolation da voetlet e bugale o tortact da receô o Doue alies, mas breman e-beller dioutan eud blasurian ana-gat nemet un nombre bian pere a nem dispos d'en receô alies. A quement-se a disivo peros nebet a dud a neus carantez Doue rac an eni a gar Doue nin ancoua quet spad queit a amzer : accordin a ra dean hoas ar bez a houlen.
Français
En Toi seul je pense quand je ne pense pas à Toi, et qui est-ce que j'aime quand je ne vous aime pas ! Et pourtant nous voyons chaque jour la quantité d'hommes et de femmes qui n'ont aucune occupation du matin au soir, et qui ne quittent pas un moment pour se consacrer à Dieu pour venir le visiter dans le Temple une fois de temps en temps. On vient pour dire vrai le dimanche et la fête, mais comment se comporte-t-on dans l'église ? Que faisons-nous pour Dieu ? Que faisons-nous pour lui donner le respect, l'amour et l'adoration que nous lui devons. Quelle dissipation, quelle irrévérence ! quel homme est encore plus coupable envers sa présence ! C'est ce qui a fait pleurer notre sainte mère l'Église autrefois, elle avait la consolation de voir ses enfants s'empresser de recevoir leur Dieu souvent, mais maintenant on s'éloigne de lui par plaisir excepté un petit nombre de ceux qui se disposent à le recevoir souvent. Et cela montre combien peu de gens ont l'amour de Dieu car celui qui aime Dieu n'oublie pas pendant tant de temps : il lui accorde encore ce qu'il demande.
Breton
Doue an deus roët deomp ar bez a bossedomp a par consequant a dleomp dean ar bez a omp ac ar bez on deus : ac ad sacrifi-ze a disce dean on harantez evitan. Huu e-ze a neus mado, soulagit ar beaurien : mar roët an aluson d'ar beaurien, eo da Jésus-Christ e unan a ret anezi etel m'en dez deomp en Aviel : Ar pez a bezo groët d'an distera dous an dud on hano a selle avel mo be groët anezan din-ma unan. mihi fecistis. A na nesquet seulamant an dud lintu a ell rein da Doue mas ive ar le muia paur, an oll Kristenien, ar Bresant er muia aguabl evitan eo on halon : Praebe, fili, cor tuum mihi.
Français
Dieu nous a donné ce que nous possédons et par conséquent nous lui devons ce que nous sommes et ce que nous avons : et ce sacrifice-là montre à Dieu notre amour pour lui. Vous-mêmes qui avez des biens, soulagez les pauvres : si vous donnez l'aumône aux pauvres, c'est à Jésus-Christ lui-même que vous la faites ainsi qu'il nous est dit dans l'Évangile : Ce qui sera fait au plus petit des hommes en mon nom est considéré comme s'il m'avait été fait à moi-même. mihi fecistis. Et ce n'est pas seulement les gens riches qui peuvent donner à Dieu mais aussi les plus pauvres, tous les chrétiens, le présent le plus agréable pour lui est notre cœur : Praebe, fili, cor tuum mihi.
Breton
Accordomp da bean on halon er blennite guerman en pehini an deus deurtut rein deomp e ini. praebe etc. Rein on halon da Jésus-Christ eo bean er resolution ferm d'en caret dreist da bep tra, a da observi e hourhemeno. Antreomp eta en dispositiono-ze ac e reomp hirie da Doue an eil brunn Doue on harantez evitan.
Français
Accordons-lui donc notre cœur dans cette fête dans laquelle il a voulu nous donner le sien. praebe etc. Donner notre cœur à Jésus-Christ c'est être dans la résolution ferme de l'aimer par-dessus toute chose, et d'observer ses commandements. Entrons donc dans ces dispositions-là et rendons aujourd'hui à Dieu le second tribut de notre amour pour lui.
Breton
An Davet eo soufr evitan : en an deus soufret ar maro evidomp, retro eta ive deomp soufr, mar on deus hoant d'en caret. E souffranço epad e buez mor-t_l a zo bet extraordinâl, mas muioc'h sansibl eo hoas d'ar mepris a receô bemdeiz e-galon adorabl. Eman noz veir voar on Auterio evit receô on hommajo, ana deut quet d'en visita : Conscoude pa n'em gafomp da dremm en quichen ar vout na reomp quet retardet cals evit antren d'a ober un visit d'ar Sacramant ; quement-se a ve agreabl cals da Doue, ac a dessouede dean penos da viana na vezo quet ancouait gant an oll. Ar visit-ze a ve hoas muioch agreabl ma ve epad ar sacrifi santel : An habitud en pehini a homp da glevet a da assistan ed sacrifi a ra da gals ahanomp sellet anezan evel un dra ordinal : mas conscoude m'on dije assistet voar menez Calvar, pa oa crucifiet Jésus-Christ evidomp, pa deuas an eol da refuz e schrigen, an douar da grena, ar vein da fraillan, ac ar Judavien da squëi voar o halon, o anrat e oant coupapl a varo un Doue ; Petore dispositiono a vie bathon-ra ; quement on disen lad en glachad ar bed oll o voelet maro e Zalver, a hirie pa deuer da renoudi ad mames sacrifi, e seblantomp bean indifferent, na sonjomp quet penos eo ar miracl d'eus a garantez Doue evidomp.
Français
Le troisième est de souffrir pour lui : il a souffert la mort pour nous, il est donc juste aussi pour nous de souffrir, si nous avons désir de l'aimer. Ses souffrances pendant sa vie mortelle ont été extraordinaires, mais il est encore plus sensible au mépris qu'il reçoit chaque jour dans son cœur adorable. Il demeure la nuit et le jour sur nos Autels pour recevoir nos hommages, on ne vient pas le visiter : Pourtant quand nous nous trouvons à passer à côté de la porte nous ne nous retardons guère pour entrer faire une visite au Sacrement ; cela serait très agréable à Dieu, et lui montrerait que du moins il ne sera pas oublié de tous. Cette visite-là serait encore plus agréable si elle était pendant le saint sacrifice : L'habitude dans laquelle nous sommes d'entendre et d'assister au sacrifice fait que pour beaucoup d'entre nous on le regarde comme une chose ordinaire : mais pourtant si nous avions assisté sur le mont Calvaire, quand était crucifié Jésus-Christ pour nous, quand vint le soleil à refuser sa lumière, la terre à trembler, les pierres à se fendre, et les Juifs à frapper sur leur cœur, ils sentirent qu'ils étaient coupables de la mort d'un Dieu ; Quelles dispositions aurions-nous eues alors ; tout nous aurait mis dans la tristesse du monde entier en voyant la mort de son Sauveur, et aujourd'hui quand on vient renouveler ce même sacrifice, nous semblons être indifférents, nous ne pensons pas que c'est le miracle de l'amour de Dieu pour nous.
Breton
Tetore faveuro dleomp tennant d'eud an deiz-man instituet gant an Ilis evit digass da sonj d'e bugale d'eud ar presant caër an deus groët Jésus-Christ o lesel gante e galon.
Français
Quelles faveurs devons-nous tirer de ce jour-ci institué par l'Église pour rappeler au souvenir de ses enfants le beau présent qu'a fait Jésus-Christ en leur laissant son cœur.
Breton
Jésus-Christ epad e vuez an deus roët deomp merque eclatant d'eud e affection evidomp. Mas ar mystèr ar muian incomprenabl d'eud e-garantez eo an hini de pehini a larez guernem e galon : O Domine quid retribuam pro te ipso ; Pera rentomp dean evit eud faveuro quen bras ; a mon dese mil galon n'on dese avoalich evit-ne de domagin, mas enem gontanti a ra deus un un on deud ; Seguen ingrat e reomp ma n'emp malheurul avoalich evit e refusan : Groet an deus deomp eur gourhemen de pehini e ordren deomp en caret : Diliges Dominum tuum ex toto corde tuo, sin to tast Gallout a ra exigun diguenemp ar sacrifi ar muia tanill, ac enem gontant da ordren deomp en carout. Couscoude ma teu hirie da houlen digant pebini ahanomp, evel beachall digant Sant Per : Amas me ? A caret a ret-u ahanon ? Pera a respontemp dean ? A bean on des-an damerite da respont dean penos enqueromp, ni pere a nourret en on halon un idol pehini a dle ober on malheur ? A bean on dese an ar ditton da laret dean penos en queromp, ni pere nan deump quet capabl da stuffu an disteran poan, an disteran affliction, evit Jésus-Christ etc etc. Nan na querat quet Jésus-Christ. Na nellant quet laret dach ar peza lare an Abostol Sant Paul (1 Corint) Penos e adoret un Doue, pehini na anatet quet mas fallant aran laret dach gant guirionez penos e anaut-u Doue mas n'en a deut quet. Brassan dallediguez ! Agnosit bos possessorem suum : Ha n'eud mont an den na anave quet, o ma Doue, Seguen cri eo evit calon un tad bean beset a beran bemdeiz bugale beza n'an anasiont quet. O ma Jesu o calon a zo sansibl da eur gonduc quen dinalur, mas o bugale na sonjont-u bean a reont dach. Deomp hirie da houlen Pardon digantan ous n'en deurel e ne galon adorabl antier d'istrich batirnel de domp an ran d'on reina da duri ar chadennou per on deb hars ar Sachet.
Français
Jésus-Christ pendant sa vie nous a donné des marques éclatantes de son affection pour nous. Mais le mystère le plus incompréhensible de son amour est celui par lequel il nous a laissé son cœur. O Domine quid retribuam pro te ipso ; Que lui rendons-nous pour des faveurs si grandes ; si nous avions mille cœurs nous n'en aurions pas assez pour le dédommager, mais il se contente de l'un des nôtres ; Quelle ingratitude nous faisons si nous sommes assez malheureux pour le lui refuser : Il nous a fait un commandement par lequel il nous ordonne de l'aimer : Diliges Dominum tuum ex toto corde tuo, sans doute Il pourrait exiger de nous le sacrifice le plus pénible, et il se contente de nous ordonner de l'aimer. Pourtant s'il vient aujourd'hui demander à chacun de nous, comme autrefois à Saint Pierre : Amas me ? M'aimes-tu ? Que lui répondrions-nous ? Avons-nous mérité de lui répondre que nous l'aimons, nous qui nourrissons dans notre cœur une idole laquelle doit faire notre malheur ? Avons-nous l'audace de lui dire que nous l'aimons, nous qui ne sommes pas capables de supporter la moindre peine, la moindre affliction, pour Jésus-Christ etc etc. Non vous n'aimez pas Jésus-Christ. Je ne peux pas vous dire ce que disait l'Apôtre Saint Paul (1 Corint) que vous adorez un Dieu que vous ne connaissez pas mais il faut vous dire avec vérité que vous connaissez Dieu mais que vous ne l'aimez pas. Plus grande aveuglement ! Agnosit bos possessorem suum : Et l'homme ne connaît pas, ô mon Dieu, quel cri pour le cœur d'un père d'être délaissé chaque jour par des enfants qui ne le connaissent pas. Ô mon Jésus ô cœur qui est sensible à une conduite si dénaturée, mais vos enfants ne pensent pas à ce qu'ils vous font. Allons aujourd'hui demander Pardon à lui en nous jetant dans son cœur adorable entier d'affection paternelle pour nous afin de nous aider à rompre les chaînes par lesquelles le Diable nous tient.
Breton
O calon Jésus bet evit noz jamas on heur on, perrac e an objet d'un on harantez.
Français
Ô cœur de Jésus soit pour nous jamais notre bonheur, parce qu'il est l'objet de notre amour.