« Diliges proximum tuum sicut te ipsum »

Manuscrit breton du XIXe siècle — Sur l'Amour du Prochain

Texte breton d'époque

Diliges proximum tuum sicut te ipsum. Carat a reot o nessan evel-doc'h o unan. Luc. 10.

Un Doctor deus ar lezen a houlennas un deiz ouz Salver ar bed, petra a dlea ret da ober evit bean salvet. Jésus-Christ a houlennas outàn d’e guntan: petra so scrivet a petra a lennet er lezen? Scrivet eo eme an Doctor: Carat a reot o Doue a greiz o calon, a deus o oll nerz, ac o nessan evel-doc’h o unan a balamour da Doue: Diliges Dominum deum tuum ex toto etc.

Respontet mad oc’heus, eme on Salver, greet quement-se ac e veot bev, da laret eo, ac o pezo ar vuez eternel: Vade et fac similiter: Goulan a reas choas piou a voa an nessan a dlea da garet eveltan e unan?

Traduction française

Diliges proximum tuum sicut te ipsum. Vous aimerez votre prochain comme vous-même. Luc. 10.

Un Docteur de la loi demanda un jour au Sauveur du monde ce qu'il devait faire pour être sauvé. Jésus-Christ lui demanda en premier lieu : qu'est-ce qui est écrit et que lisez-vous dans la loi ? Il est écrit, dit le Docteur : Vous aimerez votre Dieu du milieu de votre cœur, de toute votre force, et votre prochain comme vous-même et pour l'amour de Dieu : Diliges Dominum deum tuum ex toto etc.

Vous avez bien répondu, dit notre Sauveur, faites cela et vous serez vivant, c'est-à-dire, vous aurez la vie éternelle : Vade et fac similiter. Il demanda encore qui était le prochain qu'il devait aimer comme lui-même ?

Jésus a bropozal dean an exempl-man: Un den o tont a Jérusalem da Jéricho a goueas entre daouarn lairon pere goude bean lemet digantàn a ster an dezo, a urzoas anezan a doliou, ac a laesas anezan hanter varo.

Calf a dud a dremenas dre a qun, ac a velas ar stad pitoyabl er behini enem quate mas den nan deusa na truer na compassion outan.

Couscoude un Samaritan a nem gavas ive da dremen dre ar plas-ze, ac a voe touchat a gompassion ontan: Pansa a reas e houliou; a lacaet a eure anezan en eun ty evit quemet soign deus anezan.

An darter voarlere’h a roas arhant da dud an ty evit quemet soign deus ar malurus-ze, hant na viche goal-laet entieramant, ouz n’em bromete d’ezo o recompanset deut o foan: et quodcumque super-erogaveris cum rediero reddam tibi.

Piou deus an dud-ze, eme on Salver, a seblant d’e’h bean bt nessan ar malhurus-ze, an ini, eme an Doctor an deus bt truer a compassion outàn: Qui fecit misericordiam in illum: Voar-ze Jésus-Christ a laras dean: et a greet memes-tra. Vade et tu fac similiter.

Jésus lui proposa cet exemple : Un homme allant de Jérusalem à Jéricho tomba entre les mains de voleurs qui, après lui avoir enlevé ce qu'il possédait, le rouèrent de coups et le laissèrent à demi mort.

[Beaucoup] de gens passèrent par là, et virent l'état pitoyable dans lequel il se trouvait, mais personne n'eut ni pitié ni compassion pour lui.

Cependant un Samaritain se trouva aussi à passer par cet endroit, et fut touché de compassion pour lui : il pansa ses plaies et le mit dans une maison pour qu'on prenne soin de lui.

Le lendemain, il donna de l'argent aux gens de la maison pour prendre soin de ce malheureux, afin qu'il ne souffre plus entièrement, en leur promettant de les récompenser de leur peine : et quodcumque super-erogaveris cum rediero reddam tibi.

Lequel de ces hommes, dit notre Sauveur, vous semble avoir été le prochain de ce malheureux ? Celui-là, dit le Docteur, qui a eu pitié et compassion de lui : Qui fecit misericordiam in illum. Sur quoi Jésus-Christ lui dit : va et fais de même. Vade et tu fac similiter.

Chetu eta, Christenien, an exempl a bropoz hirie deomp Jésus-Christ, evit disqui deomp ar garantez a dleomp da gariout evit on nessan; chetu ive ar façon er behini a dleomp remplissan ar precept bras-se behini a gommand caret on nessan evel deomp on unan, da laret eo ober dean ar pez a garemp a ve greet deomp on unan: Diliges proximum tuum sicut te ipsum.

Mas allas penos e vo hirie observet ar gourc’hemen-ze er bed? An tan deus ar garantez behini eo deut Jésus-Christ da digass voar an douar a zo changet en cassoni, en vengeance, en disurzo pere a voelomp o ren dre oll er famillo.

Da n'an deo acordet din, da allumi e no calon an tan divin-ze behini eo as mag deus a regalez Doue. Jésus-Christ deomp an obligation-ze Diliges proximum tuum. Caret a reet o nessan eveldoc'h o unan, sicut te ipsum.

Voilà donc, Chrétiens, l'exemple que nous propose aujourd'hui Jésus-Christ, pour nous enseigner l'amour que nous devons porter à notre prochain ; voilà aussi la manière dont nous devons accomplir ce grand précepte qui commande d'aimer notre prochain comme nous-mêmes, c'est-à-dire faire pour lui ce que nous voudrions qu'il soit fait pour nous-mêmes : Diliges proximum tuum sicut te ipsum.

Mais hélas, comment ce commandement est-il observé aujourd'hui dans le monde ? Le feu de l'amour que Jésus-Christ est venu apporter sur la terre s'est changé en haine, en vengeance, en désordres que nous voyons régner partout dans les familles.

Qu'il me soit accordé d'allumer dans nos cœurs ce feu divin qui est l'aliment du royaume de Dieu. Jésus-Christ nous impose cette obligation : Diliges proximum tuum. Vous aimerez votre prochain comme vous-même, sicut te ipsum.

N’an deo quet seulamant en lezen Jésus-Christ e eo ordrenet deomp caret on nessan: Diliges Proximum; ar lezen-ze a zo quen coz ar bed, a commancet eo memes a roc den; Doue en dezo e scrivet en calon an dud quenta gant ar gondition da rein d’o bugalez.

Da deuras an dud da gresqui Doue en de’t conservet en d’lasen quun es-tadu a ra e scriva voar un dol vein, ac a roas aneze da Moÿses evit e fufplian d’e bobl.

Tam a tam e teuas da vean an dud a-ca vaeffacet er calon an darn vuia deu an dud, mas Jésus-Christ a zo deut da nevesat ar lasen zantel-ze a da berfectioni mui-ouz-mui.

A balamour da ze a laca anezi en reng ar muian-doue Principalan deus ar Abêl hoc est Praeceptum meum ut diligatis invicem.

Sivi a ra anez'i eun gourc'hemen ne-vez behini a ro deomp; Mandatum novum. Exigean a ra e ve executet gant eur perfection ac eur ferveur neve va laret eo evel-hen penos e teue an dud d’an em garet an eil egile evel m'an deveus Jésus-Christ caret ahanomp, a da garet memes on enemieset: mandatum novum do vobis ut diligatis invicem, sicut dilexi vos.

Ce n'est pas seulement dans la loi de Jésus-Christ qu'il nous est ordonné d'aimer notre prochain : Diliges Proximum ; cette loi est aussi ancienne que le monde, et elle a même commencé avant l'homme ; Dieu l'avait écrite dans le cœur des premiers hommes avec la condition de la transmettre à leurs enfants.

Quand les hommes vinrent à multiplier, Dieu la conserva [?] et la fit écrire sur une table de pierre, et la donna à Moïse pour la présenter à son peuple.

Peu à peu elle vint à s'effacer du cœur de la plupart des hommes, mais Jésus-Christ est venu renouveler cette loi sainte et la perfectionner de plus en plus.

Et pour cela, il la place au rang des plus importantes et principales parmi les Apôtres : hoc est Praeceptum meum ut diligatis invicem (Ceci est mon commandement : que vous vous aimiez les uns les autres).

Il en fait un commandement nouveau qu'il nous donne ; Mandatum novum. Il exige qu'il soit exécuté avec une perfection et une ferveur nouvelles, c'est-à-dire de la sorte : que les hommes viennent à s'aimer les uns les autres comme Jésus-Christ nous a aimés, et à aimer jusqu'à nos ennemis : mandatum novum do vobis ut diligatis invicem, sicut dilexi vos.

Chetu eta, ar lasen a recommand deomp caret on nessan, lasen necesser evidomp oll, a deus a behini na nellomp quet bean exantet, lasen just, lasen raisonnabl, peini a zo baset voar ar fondamant ar muia solid, da laret voar ar liaison a zo entre Doue ac an den, entre ar hrouer ac a hrouadur.

Obliget omp d'ar garant on nessan abalamourd ma eo crouet gant Doue, ma eo groet d'e imaj a d'e ressamblanç, a ma eo bet prenet gant goad un Doue.

Obliget omp da garet on nessan rac en quallite a dud, a muioc'h hoas en quallite a gristenien e omp tout breudeur.

An den a zo crouet gant Doue d’e imaj a d’e ressemblanç; faciamus hominem ad imaginem nostram: reit an den un substanc spirituel behini a represant deomp Doue memes el pehini e dervaise lod en eternite.

An den crouet d'a imaj Doue, a zo hoas ar briz Doue a voad un Doue a zobi plenei a sauveleel dre vara un Doue: bean eo buguel da Doue ac heritour deus e rouantelez.

Voilà donc la loi qui nous recommande d'aimer notre prochain, loi nécessaire pour nous tous, et dont nous ne pouvons être exemptés, loi juste, loi raisonnable, laquelle est basée sur le fondement le plus solide, c'est-à-dire sur la liaison qui existe entre Dieu et l'homme, entre le créateur et la créature.

Nous sommes obligés d'aimer notre prochain parce qu'il est créé par Dieu, qu'il est fait à son image et à sa ressemblance, et qu'il a été racheté par le sang d'un Dieu.

Nous sommes obligés d'aimer notre prochain car en qualité d'hommes, et plus encore en qualité de chrétiens, nous sommes tous frères.

L'homme est créé par Dieu à son image et à sa ressemblance ; faciamus hominem ad imaginem nostram (faisons l'homme à notre image) : il a été donné à l'homme une substance spirituelle qui nous représente Dieu lui-même, laquelle prend part à l'éternité.

L'homme créé à l'image de Dieu est encore le prix de Dieu et du sang d'un Dieu [?] et sauvé par le pain d'un Dieu : il est enfant de Dieu et héritier de son royaume.

Nac a votivo on den da garet on nessan! refus d'en haret eo refus da garet Doue memes pehini an deus on hrouet (ac on adoptet evit e vugale): rac mar na quert o nessan behini a voelit bemdê eme Sant Jean, penos squereel pehini na ellomp quet da velet?

Mab na queret quet o nessan, penos e ellat laret e queret Doue? Tonet a ret da transgressi unan deus ar henta gourc’hemeno; tonta a ret dre drangressi ar gourchemen ar muia in portant ac ar muia general: an ini, eme Sant Paul, adgar e nessan, a observ ar lasen: Qui enim diligit proximum legem implevit: ar gourchemeno all: muntrer na vi et, laoual an d'ar lubricite, domaj ebet eta a zo ranfermet er gour'hemen-man: Carat a reot o nessan eveldoc’h o unan: Diliges proximum tuum sicut te ipsum.

Da gueromp on nessan evel ma eo dleet, na bermetomp quet e arru e drouc ebet gantan: Dilectio proximi malum non operatur. Dont a reont da drangressi ar gourchemen ar muia necesser evit al silvidiguez. An ini, eme Sant Jean, na gad quet e vreur a zo maro dirac Doue: Qui non diligit manet in morte.

Que de motifs pour l'homme d'aimer son prochain ! Refuser de l'aimer, c'est refuser d'aimer Dieu lui-même qui nous a créés (et nous a adoptés pour ses enfants) : car si vous n'aimez pas votre prochain que vous voyez chaque jour, dit Saint Jean, comment [aimerez-vous Celui] que nous ne pouvons voir ?

Si vous n'aimez pas votre prochain, comment pouvez-vous dire que vous aimez Dieu ? Vous venez à transgresser l'un des premiers commandements ; vous venez à transgresser le commandement le plus important et le plus général : celui qui, dit Saint Paul, aime son prochain, a observé la loi : Qui enim diligit proximum legem implevit. Les autres commandements : tu ne seras point meurtrier, [tu ne céderas point] à la lubricité, tu ne feras aucun dommage, tout cela est renfermé dans ce commandement : Vous aimerez votre prochain comme vous-même : Diliges proximum tuum sicut te ipsum.

Si nous aimons notre prochain comme il se doit, nous ne permettons pas qu'il lui arrive aucun mal : Dilectio proximi malum non operatur. [Ceux qui n'aiment pas] viennent à transgresser le commandement le plus nécessaire pour le salut. Celui qui, dit Saint Jean, n'aime pas son frère est mort devant Dieu : Qui non diligit manet in morte.

Ma pezo na dre puissanç, na dre o miraclo, a lare Sant Paol de disquibien, a t'er anavezout e oc’h ma disquibien, mas dre ar garantez a douqueet an eil evit eguile. In hoc cognoscent omnes quia discipuli mei estis, si dilectionem habueritis ad invicem.

Allas mar deo dre ar garantez ent an nessan e anaveer bugalez Doue, e ellomp goulen gant un Tad Zantel, pele'h eta eman ar gristenien Doue on amzer na voeloz nemet tromperi, falssoni, a cassoni: Dre oll all anavezout ad Jésus-Christ, dre ar garantez o devo on eil ent eguile: Ar baranet a voa leun a admiration evite, anem gontentisse, o lare de nous aneze: gvelet pequen s anem gar an dud-ze, Penoz er em assistent, penoz e int prest da vervel an eil evit eguile: Videte quomodo se diligant; et pro alterutro mori sunt parati. Chetu ar peza eo caret on nessan en Jésus-Christ. Caritatem quae est in Christo Jesu; chetu are benos e dleomp anem garet abalamour de Jésus-Christ.

Inutil e ve da gomz eur languaj quen buracunalize, inutil e ve dac'h caout un fe cren d'avoalc'h evit chanch plas d'ar montagno, inutil e ve dac'h rei o bues en entier o fidi, mar na heuiquet ar garantez evit an essan a lavar de’h an Abostol Sant Paul, quemet-se na servicho dac'h Doue netra: Si Caritatem non habuero, nihil sum; ar garantez eta a zo eur vertu indispensabl, major autem horum caritas.

Ce ne sera ni par la puissance, ni par vos miracles, disait Saint Paul à ses disciples, qu'on reconnaîtra que vous êtes mes disciples, mais par l'amour que vous vous porterez les uns aux autres. In hoc cognoscent omnes quia discipuli mei estis, si dilectionem habueritis ad invicem.

Hélas, si c'est par l'amour envers le prochain qu'on reconnaît les enfants de Dieu, nous pouvons demander avec un Saint Père, où donc sont les chrétiens de Dieu en notre temps où l'on ne voit que tromperie, fausseté et haine : partout on reconnaissait [les disciples de] Jésus-Christ par l'amour qu'ils avaient les uns pour les autres. Les païens étaient pleins d'admiration pour eux, s'en étonnaient, et disaient d'eux : voyez comme ces gens s'aiment, comment ils se secourent, comment ils sont prêts à mourir les uns pour les autres : Videte quomodo se diligant; et pro alterutro mori sunt parati. Voilà ce que c'est qu'aimer son prochain en Jésus-Christ. Caritatem quae est in Christo Jesu ; voilà comment nous devons nous aimer à cause de Jésus-Christ.

Inutile serait de parler un langage si miraculeux, inutile serait pour vous d'avoir une foi assez forte pour déplacer les montagnes, inutile serait de donner votre vie entière [au feu], si vous ne suivez pas l'amour pour le prochain, vous dit l'Apôtre Saint Paul, tout cela ne vous servira de rien devant Dieu : Si Caritatem non habuero, nihil sum ; l'amour est donc une vertu indispensable, major autem horum caritas (et la plus grande d'entre elles est la charité).

Na deut eta da laret penos na nellet caret an den mas e den hont pehini na glasq nemet ober drouc dac’h, pehini an deus o insultet, o outraget, pehini an deus groet gaou ouzoch en o madu pe en o reputation, o tont da drouc-compz ahanoc’h; en credi a ran, ma b' mas ar berzonnas-ze, a zo imaj Doue, a zo prenet gant e oad: Sant-e laouleyad voar o defaucho, a na voelet ennàn nemet hrouadur Doue, o fe a dle ober dac'h on quaret evit Doue; caritatem quae est in Deo.

Our n’em agissan evelse e acomplisset ar gourchemen an deus groet Doue dac'h da nem garet treuch'ovel ma en deus o caret. hoc est Praeceptum meum ut diligatis invicem, sicut dilexi vos.

Obliget omp eta da garet on nessan abalamourd ma eo crouet gant Doue, a prenet gant e oad. Obliget omp hoas d’en caret abalamourd dezan e unan, ac abalamourd de galite a gristen.

Ne venez donc pas dire que vous ne pouvez aimer cet homme ou cette personne qui ne cherche qu'à vous faire du mal, qui vous a insulté, outragé, qui vous a fait du tort dans vos biens ou dans votre réputation, en venant à médire de vous ; je le crois bien, mes frères, mais cette personne-là est à l'image de Dieu, elle est rachetée par son sang : fermez les yeux sur ses défauts, et ne voyez en elle qu'une créature de Dieu, votre foi doit vous faire l'aimer pour Dieu ; caritatem quae est in Deo.

En agissant ainsi vous accomplissez le commandement que Dieu vous a fait de vous aimer les uns les autres tout comme il vous a aimés. hoc est Praeceptum meum ut diligatis invicem, sicut dilexi vos.

Nous sommes donc obligés d'aimer notre prochain parce qu'il est créé par Dieu, et racheté par son sang. Nous sommes encore obligés de l'aimer pour lui-même, et en raison de sa qualité de chrétien.

An oll dud a zo querent, a lare deomp Sant Augustin, evel tud e omp tout sortisset deus ar memus origen, ac on deus ar memes Tad. Ac evit lacaet ahanomp da garout ive evel mam-d' calon, Doue an deus reit deomp ar memes natur, end’horf a cun un hantal evel-ze: habitan a reomp ar memes Douar, bétet omp deus ar memes nourriture.

Na gredet quet eta abalamour ma oc'h pinvic a puissant, oc’h dispenset da garet on nessan behini a zo paour. Na oc’h quet ezom anezan, mas den eo de eveldoch: a Doue a alzo bean greet anezan bihiz, a laquet ahanoc'h en e baourantez. Consideret penoz eo chui o unan a espir a dait d'en meprisan: Attende te ipsum: Bean eo o vreur, a de ar galite-ze ameus dioal d'o carantez, a muioc'h hoas d’e agalite a gristen.

Bean e omp tout breudeur en Jésus-Christ. Evel Christenien e omp tout bet sanctifiet dre ar Vadéiant; on deus tout ar memes tad behini eo Doue, ar memes mam, behini eo an Ilis, ar memes fe, ar memes nourriture, behini eo ar Sacramanche, ar memes hertaç behini eo an Eutrou; tout e omp mempro deus ar memes corf, deus a behini Jésus-Christ eo ar chaff; tout, paour a bin-brasa bean, sasant ac ignorant, e reomp parti deus a gorf mystig Jésus-Christ, a parconsequant a dleomp on em garout: In vobis corpus Christis et membra de membro.

Tous les hommes sont parents, nous disait Saint Augustin, en tant qu'hommes nous sommes tous sortis de la même origine, et nous avons le même Père. Et pour nous faire aimer aussi comme d'un seul cœur, Dieu nous a donné la même nature, un corps semblable de la même sorte : nous habitons la même Terre, nous sommes nourris de la même nourriture.

Ne croyez donc pas parce que vous êtes riche et puissant, que vous êtes dispensé d'aimer votre prochain qui est pauvre. Vous n'avez pas besoin de lui, mais il est homme tout comme vous : et Dieu aurait pu le faire riche, et vous mettre dans sa pauvreté. Considérez que c'est vous-même en esprit qui venez à le mépriser : Attende te ipsum (Prends garde à toi-même) : Il est votre frère, et cette qualité doit veiller sur votre amour, et plus encore sa qualité de chrétien.

Nous sommes tous frères en Jésus-Christ. Comme Chrétiens nous avons tous été sanctifiés par le Baptême ; nous avons tous le même père qui est Dieu, la même mère qui est l'Église, la même foi, la même nourriture qui sont les Sacrements, le même héritage qui est le Seigneur ; nous sommes tous membres du même corps, dont Jésus-Christ est le chef ; tous, qu'on soit pauvre ou très riche, savant ou ignorant, nous faisons partie du corps mystique de Jésus-Christ, et par conséquent nous devons nous aimer : In vobis corpus Christis et membra de membro.

Oll mempro ar horf enem secour an eil eguile; pa deu unan aneze da soufr, tout ar horf a zo en d'eramant ac en boan. Chetu are ive an effejo a dle ar garantez da broduin entre ar gristenien, pere a zo oll mempro deus ar memes corf: Vos estis corpus christi et membra de membro.

An oll mempro a dle enem secour, da laret ar re a zo huellon evit ar re all dre o autorite a dle souten ar re valhourud-re bividic a dle disquen en mès'ar beaucherien en o soulagen; ar re a zo caec’h a dle caout soign deus ar re a zo claff; ar re savant a dle instruen ar re ignorant. (Anecdotes 1er 187) Si frater tuus habit aliquid te.

Netra na dle diminuin ar garantez a dle bean entre ar gristenien, evel mempro da Jésus-Christ. An ini a zo sipart d'eus e vreur dre ar gassoni an dud vistan, n'an deus quet deut ar horf mystig-ze; n'an deus quet a vad en commun ar Sant, ac a zo en eur stad a varo dirac Doue: qui non diligit manet in morte, rac n'an deus quet ar speret de a garantez. Dre behini e anavezit e voas Disquibl da Jésus-Christ. si quis spiritum christi non habet hic non est ejus.

Tous les membres du corps se secourent les uns les autres ; quand l'un d'eux vient à souffrir, tout le corps est entièrement dans la peine. Voilà aussi les effets que l'amour doit produire entre les chrétiens, qui sont tous membres du même corps : Vos estis corpus christi et membra de membro.

Tous les membres doivent se secourir, c'est-à-dire que ceux qui sont plus élevés que les autres par leur autorité doivent soutenir les malheureux, les riches doivent descendre au milieu des pauvres pour les soulager ; ceux qui sont clairvoyants doivent prendre soin de ceux qui sont malades ; les savants doivent instruire les ignorants. (Anecdotes 1er 187) Si frater tuus habit aliquid te.

Rien ne doit diminuer l'amour qui doit exister entre les chrétiens, comme membres de Jésus-Christ. Celui qui est séparé de son frère par la haine des hommes, n'est pas venu dans ce corps mystique ; il n'a pas de part au bien commun des Saints, et se trouve dans un état de mort devant Dieu : qui non diligit manet in morte, car il n'a pas l'esprit de l'amour. Par quoi vous reconnaissez que vous êtes Disciple de Jésus-Christ. si quis spiritum christi non habet hic non est ejus (si quelqu'un n'a pas l'esprit du Christ, il ne lui appartient pas).

Couscoude, Christenien, pele’h e queter ar garantez gristen. Ze behini a dle unissan o halono? Pele'h eman an dud pere evel Sant Paol, a zo prest da ober an oll sacrifico, da vervel memes mar béret, a quemet-se dre garantez evit o breudeur?

Pele'h eman memes an dud-ze pere a supporte an diteran defaut deus o nessan nonobstant dar gourcomandamant a ra deomp ar speret santel: alter alterius onera portate; na voeler ho nbet, etoues ar gristenien, nemet cassoni, jalousi, injustiço.

Unan a glasque destrujan e vreur dre e vexationo; unall a quemere mado pere na dint quet dean, ac enem binticve dre bep sort injustiço; un all enem blij o decria e nessan dre galomnio, dre de-séditan-ço. N’an deus quen a fidelite emezg an dud; commere ar bed a zo arru insupportabl, un a queter na peue’h na tranquillite nemet ous n'em ballaat dioutan mui a ma ellomp: on bérent memes a zo alied on brassan enemuset, etefma de-setomp.

Dre an exempl deus eur Samaritan, behini am beud alet dac'h, pehini a ve aban-donnet gant e querent, ac e to soulaget gant un estranger.

Cependant, Chrétiens, où trouve-t-on la charité chrétienne, celle qui doit unir les cœurs ? Où sont les hommes qui, comme Saint Paul, sont prêts à faire tous les sacrifices, à mourir même si c'est nécessaire, et cela par amour pour leurs frères ?

Où sont même ces hommes qui supportent le moindre défaut de leur prochain malgré le commandement que nous fait le Saint-Esprit : alter alterius onera portate (portez les fardeaux les uns des autres) ; on ne voit pas du tout, parmi les chrétiens, autre chose que haine, jalousie, injustice.

L'un cherche à détruire son frère par ses vexations ; un autre prend des biens qui ne sont pas à lui, et s'enrichit par toutes sortes d'injustices ; un autre se plaît à décrier son prochain par des calomnies, par des médisances. Il n'y a plus de fidélité parmi les hommes ; le commerce du monde est devenu insupportable, on ne trouve ni paix ni tranquillité si ce n'est en s'en éloignant autant que nous le pouvons : nos parents mêmes sont souvent nos plus grands ennemis, et ainsi nous nous séparons.

Par l'exemple d'un Samaritain, que je vous ai présenté, lequel fut abandonné par ses parents, et fut soulagé par un étranger.

Alias memes, e voeler tud pere a seblant caout religion o tont da goncert evit o nessan santimandho a joneen ac a gassoni, na houlont quet guelet amân, na comz ontan, a couscoude e cleted anezo o lavarut hoad o deuz a heront: mas! petore arantez eo o hini, eur garantez behini na deue e sourcen abars an Ent, eur garantez pehini na deo quet hantal ouz carantez Jésus-Christ. eur garantez berr ar bed, en eur guir eur garantez behini n’andeo quet gwirion.

Goelet a ret couscoude un den-ze o tostaat ouz o Sacramanche, o ober autro mad, ac o exarun acto a religion, pere na nellont quet bean agreabl da Doue, na meritot bean recompançet dre n'an dint quet greet dre eur speret a garantez.

O carantez ar gristenien quentan pere n'o de’oa nemet eur mamd've ac eur mamd'calon, evit pe-oc'h ous quitât an douar; na voeler quen an effejo admirable a brodue’h beac'h all, ar beue'h an union etc. Deut hoas da regnan en speret ac en calon ar gristenien; pliget gant Doue allumin en on halono an tan de deus a garantez, behini a d'isting servicherien Jésus-Christ deus a-zertecherien an drouc-speret.

Hélas de même, on voit des personnes qui semblent avoir de la religion nourrir envers leur prochain des sentiments de jalousie et de haine, ne voulant pas le voir ici, ni lui parler, et pourtant on les entend dire qu'ils ont de l'amour : mais quelle sorte d'amour est le leur, un amour qui ne puise pas sa source dans le Ciel, un amour qui n'est pas semblable à l'amour de Jésus-Christ. Un amour éphémère du monde, en un mot un amour qui n'est pas authentique.

On voit pourtant cet homme-là s'approcher des Sacrements, faire de bonnes œuvres, et accomplir des actes de religion, lesquels ne peuvent être agréables à Dieu, ni mériter d'être récompensés parce qu'ils ne sont pas faits dans un esprit de charité.

Ô amour des premiers chrétiens qui n'avaient qu'un seul esprit et un seul cœur, pour quitter la terre en paix ; on ne voit plus les effets admirables produits jadis, la paix, l'union etc. Venez encore régner dans l'esprit et dans le cœur des chrétiens ; s'il plaît à Dieu d'allumer dans nos cœurs le feu de l'amour, lequel distingue les serviteurs de Jésus-Christ des serviteurs du mauvais esprit.

Doue pan deus ordrenet deomp caret on nessan, a voeli e re arane, ar bretexto a bere a tlee an dud n'em servijet evit nompas accomplissan e lasen. Condaon a ra an amities foud pe ren'an daint quet er galon, an amities pere a zo es prieus. Abalamour da ze e teu da gommandi deomp caret on nessan evel deomp on unan. Diliges Proximum tuum sicut te ipsum; rac ar garantez on deus evidomp on unan a dud an oll galiteo-ze; chetu are vid ar galiteo a dle caout on harantez evit an nessan.

Mas evel ar garantez on deus evidomp on unan, a zo aled fall ac interesset, a n'andeut quet evit motif, pliget da Doue, Jésus-Christ a deus hoas da perfectioni on harantez evit on nessan out n’em recommandi deomp caret on nessan evel m'an deus caret ahanomp: Sicut Dilexi vos. Welse on harantez evit on nessan a dle bean sincer, efficac, ene a-otro, a bud a zantel en e motivo.

An em garout a reomp sincerament, n'an deo avoalc’h deomp nompas desirer drouc evidomp on unan, mas souhete a reomp ar pez a dle bean evidomp necesser, util ac agreabl. Remerquet ervad, eme Sant Augustin. Pequement e nem queret o unan, evit caret evel-ze o nessan. Attende quamtum te diligis, sic dilige Proximum: Sellet o nessan evel un all hui o unan; desret ar memes mad a desret evidoc'h o unan; greet dean ar memes mad a ret dac'h o unan: chetu are reglen Doue ar garantez christen.

Dieu, quand il nous a ordonné d'aimer notre prochain, a vu ce qu'il en était, les prétextes dont les hommes allaient se servir pour ne pas accomplir sa loi. Il condamne les amitiés fausses qui ne viennent pas du cœur, les amitiés qui sont superficielles. C'est pour cela qu'il vient nous commander d'aimer notre prochain comme nous-mêmes. Diliges Proximum tuum sicut te ipsum ; car l'amour que nous avons pour nous-mêmes possède toutes ces qualités ; voilà donc les qualités que doit avoir notre amour pour le prochain.

Mais comme l'amour que nous avons pour nous-mêmes est souvent défectueux et intéressé, et ne vient pas d'un bon motif, s'il plaît à Dieu, Jésus-Christ est venu encore perfectionner notre amour pour le prochain en nous recommandant de l'aimer comme il nous a aimés : Sicut Dilexi vos. Ainsi notre amour pour le prochain doit être sincère, efficace, généreux et saint dans ses motifs.

Nous nous aimons sincèrement, il ne nous suffit pas de ne pas nous désirer de mal à nous-mêmes, mais nous souhaitons ce qui doit être pour nous nécessaire, utile et agréable. Remarquez bien, dit Saint Augustin, à quel point vous vous aimez vous-même, pour aimer de la même façon votre prochain. Attende quamtum te diligis, sic dilige Proximum : Regardez votre prochain comme un autre vous-même ; désirez le même bien que vous désirez pour vous-même ; faites-lui le même bien que vous faites pour vous-même : voilà la règle de Dieu pour l'amour chrétien.

Abalamour ma n'em queret, na houlent quet a rafe dengaon ouzoch; eh bien, na ret quet ive a haon ouz o nessan; na houlonit quet etaue dac'h de decria, na da obi dac'h coll o reputation dre de-disanço pe autramant de galomnio eh bien, enem gomportet ive evelse en quivir d’o nessan.

Abalamour ma nem queret e tesret dac'h o unan ar pez a zo necesser evit o buez, deut a valeurio ar bed, deout a retive caout ar memes santimancho evit o nessan. Aliar nem gart da gat' erom deuso ticu!, a dleet digueri o calon d'ar gompassion, misericordia motus; rentet dean oll servicho a insign dac'h o carantez evitan, ac a garach e ve rentet d’ach mat beu’h er memes occasion.

Brassan sujet a instruction, ac a ginfusion evit on halono pe-ra a zo insansibl da viserio an nessan, pe enem gontant da rein eur merg exterieurd benac a druez ac a gompasseion. Ma h'ach er boan, en affliction, er hleved, er malhour, e veach content e luer ar re all da gumat truer a compassion ouzoch, a da quemet tad en o boannio. Inutil ama e credet caret o nessan, mar nan doc'h quet en dispositiono-ze en eand: Diliges proximum etc..

Puisque vous vous aimez, vous ne voulez pas qu'on vous fasse du tort ; eh bien, ne faites pas non plus de tort à votre prochain ; vous ne voulez pas qu'on vous décrie, ni qu'on vous fasse perdre votre réputation par des médisances ou autrement par des calomnies, eh bien, comportez-vous aussi de la même manière à l'égard de votre prochain.

Puisque vous vous aimez vous désirez pour vous-même ce qui est nécessaire pour votre vie, venant des valeurs du monde, vous devez aussi avoir les mêmes sentiments pour votre prochain. [Quand un malheur vient à le frapper], vous devez ouvrir votre cœur à la compassion, misericordia motus (ému de compassion) ; rendez-lui tous les services qui lui montrent votre amour, et que vous aimeriez qu'on vous rende en pareille occasion.

C'est un grand sujet d'instruction et de confusion pour nos cœurs d'être insensibles aux misères du prochain, ou de se contenter de donner quelque marque extérieure de pitié et de compassion. Si vous êtes dans la peine, dans l'affliction, dans la maladie, dans le malheur, vous seriez content de voir les autres éprouver de la pitié et de la compassion pour vous, et prendre part à vos peines. Il est inutile ici de croire que vous aimez votre prochain, si vous n'êtes pas dans ces dispositions envers lui : Diliges proximum etc.

Abalamour ma n'em queromp sincerament, on deus hoant ma supporte ar re all on defaucho ac e dete un egard benac evidomp: supportomp ive defaucho on nessan, la-omperitan ar memes egard en de'vo hoant a-re evidomp, ac accomplissomp lasen Jésus-Christ: alter alterius onera portate, et sic adplebitis legem Christi.

Chetu are eur poent rercabli deus ar garantez gristen: Bean on deus tout defaucho pere a expoz ahanomp da offanci ar re all: obliget omp da veva tout assambles d'an em bardonnan an eil eguile a da supportin on defaucho: un obligation-ze a zo imposet deomp gant Doue, pehini an deus ordrenet deomp caret on nessan evel deomp on unan, a mar deomp fidel d'ar gourc'hemen Jésus-Christ na vanqueromp quet da n'em bardonnan an eil eguile.

Mar bean pehini fidel da deter na vie jamas troublet ar beue’h etouez an dud etal ma vez alies dre dispacho, a destensions pere a ren etouez er famillo, ac a bezer a se cos da quement-se eo an defaut a garantez da support defaucho on nessan. Nac a zo a dud pere o deve hoant a rent e-cuset a bardonet en pep tra, mas pere nan dint quet capabl da soufr netra er re all: desrout a ra'ent ete cals a egard evite, ac e na ylesquont nemet insulte a mepresan ar re all n’an deo quet equis se equat ar nessan evel deomp on unans.

Puisque nous nous aimons sincèrement, nous voulons que les autres supportent nos défauts et qu'ils aient quelque égard pour nous : supportons aussi les défauts de notre prochain, ayons pour lui le même égard que nous voudrions qu'on ait pour nous, et accomplissons la loi de Jésus-Christ : alter alterius onera portate, et sic adplebitis legem Christi.

Voilà un point remarquable de l'amour chrétien : nous avons tous des défauts qui nous exposent à offenser les autres : nous sommes obligés de vivre tous ensemble en nous pardonnant les uns les autres et en supportant nos défauts : cette obligation nous est imposée par Dieu, qui nous a ordonné d'aimer notre prochain comme nous-mêmes, et si nous sommes fidèles au commandement de Jésus-Christ, nous ne manquerons pas de nous pardonner les uns les autres.

Si chacun était fidèle à cela, la vie ne serait jamais troublée parmi les hommes comme elle l'est souvent par les disputes et les tensions qui règnent au sein des familles, et la cause de tout cela est le manque d'amour pour supporter les défauts de son prochain. Qu'il y a de gens qui ont le désir qu'on les excuse et qu'on leur pardonne en tout, mais qui ne sont pas capables de souffrir quoi que ce soit chez les autres : ils désirent beaucoup d'égards pour eux-mêmes, et ne font qu'insulter et mépriser les autres, ce n'est pas ainsi qu'on aime son prochain comme soi-même.

Mas sequen rad eo an dud-ze pere ar gourchemen-man, pere a soufr tout abeur on nessan ac a bardon tout dean. Couscoude mar na bardonet quet d'o nessan Doue n'o bardono quet ive: Si non dimiseritis hominibus, nec Pater vester de mimet vobis peccata vestra. Mas mar bardonet, Doue a bromet d'o fardonin: si enim dimiseritis hominibus peccata eorum dimittet et vobis Pater vester caelestis delicta vestra.

Bemdie e laret o bardenne a loret da Doue o bardonni evel ma bardonet hui ounan, a mar na ar malheur da vean al vengeanç ac ar gassoni en o calon d'ar bronet ar homzo-ze, e tait da brononç o condaonation ar la ret da Doue, carout evidoc’h quemet a a-vertisson oc’h de nous evit on nessan.

Son-det eta o calon ar re prononc ar homzo-ze, a gouvet penoz an ini n'an deve quet perdonet a vezo juget ep misericord. Judicium sine misericordia illi qui non facit misericordiam. A hoant s’cheus e vean perdonet a da garet on nessan evel-na se’h obliget, supportit e defaucho gant patiantel a bardonit anezan; neur e aleut laret gant confianç: Dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris; bean e veont exodeet sur m'an a bardon.

Mais qu'ils sont [rares] ces hommes qui suivent ce commandement, qui souffrent tout de la part de leur prochain et lui pardonnent tout. Cependant si vous ne pardonnez pas à votre prochain, Dieu ne vous pardonnera pas non plus : Si non dimiseritis hominibus, nec Pater vester dimittet vobis peccata vestra. Mais si vous pardonnez, Dieu promet de vous pardonner : si enim dimiseritis hominibus peccata eorum dimittet et vobis Pater vester caelestis delicta vestra.

Chaque jour vous dites votre prière et demandez à Dieu de vous pardonner comme vous pardonnez vous-mêmes, et si vous avez le malheur d'avoir de la vengeance et de la haine dans le cœur en prononçant ces paroles, vous venez à prononcer votre propre condamnation en disant à Dieu d'avoir pour vous le même traitement que vous réservez à votre prochain.

Sondez donc votre cœur, vous qui prononcez ces paroles, et sachez que celui qui n'a pas pardonné sera jugé sans miséricorde. Judicium sine misericordia illi qui non facit misericordiam (Un jugement sans miséricorde attend celui qui n'a pas fait miséricorde). Si vous désirez qu'il vous soit pardonné et aimer votre prochain comme vous y êtes obligé, supportez ses défauts avec patience et pardonnez-lui ; alors vous pourrez dire avec confiance : Dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris (Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés) ; ils seront exaucés à coup sûr s'ils pardonnent.

Ar garantez a zo anavezet nompas dre ar homzo mas dre ar gwerziou. non diligamus verbo sed in opere et veritate. Mar queromp eta on nessan eteuomp d'en soulagin en e afflictions. Doue a digass deomp afflictions evit on froui an ini a soufr ac evit ecata carantez an ini en goil er boan.

Garet ara de s’encher fidal ent en honsolin; nous lenere, sure nous Jacob: quemaret couruj, ma sortiget, me a zo a deet d’ach evit o frotegin: mar suffret eur holl benac pe eur boan benac, quemaret patiantet; sonjet eman o Doue ouz o costa dirac o-ticous; a cenos an eternit d'a zo cals muioc’h bueud evit ar afflictions dre pere a ellat agonit: Non sunt condignae Passiones hujus temporis ad futuram gloriam quae revelabitur in nobis.

Garet ra ive d'ar Christen a voel e vreur e barret d’souffranç: digori galon d'an dud affliget-ze, na refus quet d'ezo eur gomz benac evit o soulage: non desis florantibus in consolatione, et cum luyentibu ambula.

L'amour se reconnaît non par les paroles mais par les œuvres. non diligamus verbo sed in opere et veritate (N'aimons pas en paroles mais en œuvres et en vérité). Si nous aimons notre prochain nous venons donc à le soulager dans ses afflictions. Dieu nous envoie des afflictions pour éprouver celui qui souffre et pour éprouver l'amour de celui qui le voit dans la peine.

Il aime consoler ses fidèles serviteurs ; nous lisons, assurément chez Jacob : prenez courage, si vous sortez, moi je suis venu à vous pour vous protéger : si vous souffrez quelque perte ou quelque peine, prenez patience ; pensez que votre Dieu est à vos côtés devant vos yeux ; car sachez que l'éternité vaut beaucoup plus que les afflictions par lesquelles vous pouvez souffrir : Non sunt condignae Passiones hujus temporis ad futuram gloriam quae revelabitur in nobis (Les souffrances du temps présent ne sont pas comparables à la gloire future qui sera révélée en nous).

Il convient aussi au Chrétien qui voit son frère dans la souffrance d'ouvrir son cœur à ces personnes affligées, de ne pas leur refuser une bonne parole pour les soulager : non desis florantibus in consolatione, et cum luyentibu ambula (Ne manque pas de consoler ceux qui pleurent, et marche avec ceux qui sont dans le deuil).

N’anconait quet ive e ezomo spirituel, na nellomp quet tout evel Sant Paol, labourat evit silvidiguez a conversion ar ineo, mas couscoude pa velomp eur gristen ous n’em goll a t'eona d'an on sauratein na ve quetai o n'e'an d'offançan Doue, o d’echi ar-roll, ep laret netra, e tiscount dre eno penos na queret na Doue na on nessan.

Mar carach Doue e quemarach hoant interest verat quen lit a Douer Doue, a-wer, a vodesant, a galonmatauet d'he c'asach on nessan er-clon ma eo ordrenet d’ach gant Jésus-Christ. Da laret eo, ma carach anezan evit e silvidiguez na nel fach quet en gvelet squer-rel en ent ar berdition, ep dont d'en quelein, ac a-vertiss’an. Doue an deus recommandet deomp: corrigen annessan Mandatum inimiques de proximo suo: enem aquettomp eta, Christenien, an dever in portant-ze; esscomp sauveteu ine on breud prenet gant goad un Doue.

Goelet a reomp quen lied a den ous n’em goll, d’arva ar vestuti d'arn all d'u o blasphemo, d'als all dre exempl fall a o homzo de-sonest un avis evit a propoz, a rai mart-de dro autra-nent mad: ine on bneur, a zo voar vord ar precipice, Crest dar n'em goll evitan sernite mar deu da n'em goll dre on faut, e renteomp cont drac Doue: Carissime, informus in tua scientia frater, propter quem christus mortuus est.

N'oubliez pas non plus ses besoins spirituels, nous ne pouvons pas tous comme Saint Paul travailler au salut et à la conversion des âmes, mais pourtant quand nous voyons un chrétien se perdre [?] et qu'on ne fait rien pour l'empêcher d'offenser Dieu, le laissant s'égarer sans rien dire, on montre par là qu'on n'aime ni Dieu ni son prochain.

Si vous aimiez Dieu vous prendriez à cœur ses intérêts, en vérité, avec dévotion et de bon cœur, et vous mèneriez votre prochain de la façon qui vous est ordonnée par Jésus-Christ. C'est-à-dire, si vous l'aimiez pour son salut vous ne l'abandonneriez pas en le voyant manifestement sur le chemin de la perdition, sans venir l'instruire et l'avertir. Dieu nous a recommandé la correction du prochain : acquittons-nous donc, Chrétiens, de ce devoir important ; essayons de sauver l'âme de notre frère rachetée par le sang d'un Dieu.

Nous voyons tant de gens se perdre, entraînant les autres par leurs blasphèmes, ou par le mauvais exemple de leurs paroles malhonnêtes, alors qu'un avis à propos ferait peut-être du bien : l'âme de notre frère est au bord du précipice, prête à se perdre pour l'éternité ; si elle vient à se perdre par notre faute, nous en rendrons compte devant Dieu : Carissime, informus in tua scientia frater, propter quem christus mortuus est.

Dleout a reomp studian ezomo spirituel a corporel on nessan evit en riond. Exempl, Anecdotet. p. 1er p. 239. Mas sequen diës eo caout tud sensibl a voalc'h da necessiteo spirituel a corporel on nessan.

N’an deus nemet ar religion a ve capabl da sevel an den dreist dean e unan, a da inspiran dean santimandho quen bras a quengenred. Parcouronp an oll amzer a zo tremenet a-boue commancemant ar bed bete hirie ac e voe'rom! meura brassan aquement de-ar religion e deus savet, ruin lues a hospital ac a quen lues a bleu all distinet evit soulagemant spirituel a corporel on dud paour ac affliget.

Petra a zo cos d’an neubet a garantez a zo en mesq an dud? An neubet a religion, eur speret a intrest behini a regn entour an dud; ar garantez na glasq quet e interest: non quaerit quae sua sunt: mas an oll na glasquont nemet o interest: Omnes quae sua sunt quaerunt. A chetu are ar bez a zo caus ma zo quen neubet a garantez voar an douar.

Nous devons étudier les besoins spirituels et corporels de notre prochain pour le [secourir]. Exemple, Anecdotes p. 1, p. 239. Mais qu'il est difficile de trouver des personnes assez sensibles aux nécessités spirituelles et corporelles de leur prochain.

Il n'y a que la religion qui soit capable d'élever l'homme au-dessus de lui-même, et de lui inspirer des sentiments si grands et si fraternels. Parcourons tous les temps passés depuis le commencement du monde jusqu'à aujourd'hui et nous verrons les grandes œuvres que la religion a érigées, tant d'hôpitaux et tant d'autres lieux destinés au soulagement spirituel et corporel des personnes pauvres et affligées.

Quelle est la cause du manque d'amour parmi les hommes ? Le manque de religion, un esprit d'intérêt personnel qui règne autour des hommes ; l'amour ne cherche pas son propre intérêt : non quaerit quae sua sunt : mais tous ne cherchent que leur intérêt : Omnes quae sua sunt quaerunt. Et voilà précisément ce qui fait qu'il y a si peu d'amour sur la terre.

N’ac a occasion touscaude n'on deus quet da exerci on harantez en quivir on nessan: mar man en affliction deomp en honsolin, mar man en ignorance pe en disurzo, d'leomp en instruin; rac a dud per en defaut a instruction avoalc’h a deu da bellaut deus hent ar d’elvidiguez; n’ac a-bech’ed da bere martiz-na vanquen nemet eur goumzion salutard, pe un avis Pridant evit ober d'ezo antun en d've ar brassan a garantez a alfemp da ober eo labourat da gonvertian ar becherien a da silvidiguez an ineo, pe dre angz mad, pe dre exempl pe dre bedenne.

You rann on oll mado, ac o distribuun d'ar beaurien na ve quet quet agreabl da Doue, evel sau-tet un ineo. Meur voelbich vuel-sen benuc’h lont en eur staç d'enem barrae, in terse n’ahan dre garantez-ent-anim da behini a affurchant, ac e voelet a-frend voar ar hont da barissa, on a-glesquet quet en sauvation? Pele’h eman ta e carantez ne ozel evit gloar Doue.

Mas pequemet e veach muioc’h coupabl, mar dent o exempl fall d'en necour da n'em goll. Da a houleno diguerach un gont terribl deud an ine-le a vo collet dre o faut.

Que d'occasions pourtant nous avons d'exercer notre amour à l'égard de notre prochain : s'il est dans l'affliction nous devons le consoler, s'il est dans l'ignorance ou le désordre, nous devons l'instruire ; car bien des gens par manque d'instruction suffisante en viennent à s'éloigner du chemin du salut ; que de péchés pour lesquels il ne manque parfois qu'une parole salutaire, ou un avis prudent pour leur faire prendre conscience que le plus grand amour que nous puissions manifester est de travailler à convertir les pécheurs et au salut des âmes, soit par une bonne parole, soit par l'exemple, soit par la prière.

Quand bien même vous partageriez tous vos biens et les distribueriez aux pauvres, cela ne serait pas aussi agréable à Dieu que de sauver des âmes. [Quand vous voyez quelqu'un] dans une situation d'égarement, ne seriez-vous pas poussé par une charité fraternelle à lui tendre la main, et si vous le voyez sur le point de périr, ne chercherez-vous pas son salut ? Où est donc votre amour et votre zèle pour la gloire de Dieu ?

Mais combien vous seriez plus coupable, si votre mauvais exemple poussait les autres à se perdre. Dieu vous demandera un compte terrible pour les âmes qui auront été perdues par votre faute.

Ar garantez en nessan evit bean mad ac agreabl da Doue a dle hoas bean bet en e motivo: a bean e devo ar galite-mas queromp on nessan evel ma naus caret Jésus-Christ ahanomp. Chetu are ar model a bropoz deomp: Sicut Dilexi vos. Mas penos Jésus-Christ an aut caret an den: caret anez-an anezan arar m’un deus mientet bean caret, caret an deus anezan ep interest: caret an deus anezan bete sacrifiian e vado, e repoz, e guiz man-evit e silvidiguez; chetu are ar reglen a dleomp da heuil.

N'an deo quet eta, an natur, ar bintéiguero, ar haliteo d'ud a horf pe den d'ar speret, a neubet-oc'h hoas ar passion a dle on laeut da garet on nessan na bean ar princip deus on harantez evitan. Nac enam goret a dreise eo enem garet evit enem daoni, a lardeomp Sant Jean Chrysostome. ar garantez fondet voar on natur corrompet, al garantez quiminel, a zo pell dious ar garantez a houlon Doue diguenomp, a na ra nemet on renten muioc’h coupabl.

Gallout a ret caret eur ra-benac, o querent, o mignonet en eur façon particulied, mas an affection-ze a dle caout Doue evit obget; rac mar na queret o nessan nemet dre un motif humain, abalamourd ma eo car d’ach, pe abalamourd ma plech d'ach, mad n’arentet servich dean nemet abalamourd ma esperet bean recompançet, o carantez, mes braudeur, a zo eur garantez naturel, interesset, pagan, eur garantez behini na vezo quet recompançet gant Doue: Mercedem acceperunt.

L'amour du prochain, pour être bon et agréable à Dieu, doit encore être pur dans ses motifs : et il aura cette qualité si nous aimons notre prochain comme Jésus-Christ nous a aimés. Voilà le modèle qu'il nous propose : Sicut Dilexi vos. Mais comment Jésus-Christ a-t-il aimé l'homme : il l'a aimé alors même qu'il ne méritait pas d'être aimé, il l'a aimé sans intérêt : il l'a aimé jusqu'à sacrifier ses biens, son repos, sa vie pour son salut ; voilà la règle que nous devons suivre.

Ce ne sont donc pas la nature, les richesses, les qualités humaines du corps ou de l'esprit, et moins encore les passions qui doivent nous pousser à aimer notre prochain ni être le principe de notre amour pour lui. S'aimer de la sorte, c'est s'aimer pour se damner, nous dit Saint Jean Chrysostome ; l'amour fondé sur notre nature corrompue, l'amour criminel, est bien loin de l'amour que Dieu demande de nous, et ne fait que nous rendre plus coupables.

Vous pouvez aimer quelqu'un, vos parents, vos amis d'une manière particulière, mais cette affection doit avoir Dieu pour objet ; car si vous n'aimez votre prochain que par un motif humain, parce qu'il vous est proche ou parce qu'il vous plaît, et si vous ne lui rendez service que parce que vous espérez être récompensé, votre amour, mes frères, est un amour naturel, intéressé, païen, un amour qui ne sera pas récompensé par Dieu : Mercedem acceperunt (Ils ont reçu leur récompense).

Pequen-rad eo ar garantez gristen, ar garantez disinteresset! caret a reomp tud, abalamourd ma int Christenien, m'o deus autorte voarnomp, abalamourd m'o deus an talant da bleyout deomp; Preuser-carlen penoz on harantez n'an deo quet hervez Doue. A-boant oc’heus a garantez Christen: goelet a hui a guit-esit Doue, abalamour da Doue ac en Doue.

Destrout a retu, Christenien, anaveet a hui o’h-hant ar garantez-ze? Chetu amân ar marquo dre bere e anavezut: Ar garantez a zo leun a batiantet ac a douç-der: Charitas patiens est, benigna est. Leun a batiantet, evit soufr an outrageo, an afflictions, ar boanio, ar hroasio, ar mepriz occasionet deomp gant on nessan, gant ar re en mesq pere e omp obliget de veva; leun a douçder, evit ober vad d’an oll.

Ar garantez n'an deo quet jalous: Non aemulatur; distag dious traou an dud, na glasq nemet traou an Ent, a n'an-asquet quet ar santimandho-ze a anti-pure a ze entour an dud; An ini aneus ar govir garantez, n’an deo nac orgouillud nac ambitieud: non inflatur non est ambitiosa: sell dious meprizan ar re all, n'an deu amean e unan, nemet santimandho a humilite, ac e cred gantan bean ar meprizan-plan deus an dud.

Aini an e’v ar garantez n'an deo quet colered. n'an deo quet interesset. Non irritatur, non quaerit quae sua sunt. Na don-fque a drouc deus a nessan, ampech a ra an drouc, a na glasq nemet ar vad. Non Cogitat malum, Congaudet Veritate: Credin a ra tout, soufr a ra tout, esperin a ra tout: Omnia credit, omnia sperat, omnia fustinet: Chetu are ar santimancho a houlon ous Doue evidomp oll.

Combien est belle la charité chrétienne, l'amour désintéressé ! Nous aimons les gens parce qu'ils sont Chrétiens, parce qu'ils ont autorité sur nous, ou parce qu'ils ont le talent de nous plaire ; examinez si votre amour est bien selon Dieu. Vous avez besoin de charité chrétienne : voyez si vous quittez tout pour Dieu, pour l'amour de Dieu et en Dieu.

Sachez, Chrétiens, reconnaissez-vous cet amour ? En voici les marques par lesquelles on le reconnaît : L'amour est plein de patience et de douceur : Charitas patiens est, benigna est (La charité est patiente, elle est pleine de bonté). Pleine de patience pour souffrir les outrages, les afflictions, les peines, les croix, le mépris causés par notre prochain, par ceux au milieu desquels nous sommes obligés de vivre ; pleine de douceur pour faire du bien à tous.

L'amour n'est pas jaloux : Non aemulatur ; détaché des choses des hommes, il ne cherche que les choses du Ciel, et ne connaît pas ces sentiments impurs qui se trouvent parmi les hommes ; Celui qui a le véritable amour n'est ni orgueilleux ni ambitieux : non inflatur non est ambitiosa : il se garde de mépriser les autres, il n'a en lui-même que des sentiments d'humilité, et pense être le plus méprisable des hommes.

Celui qui a l'amour ne s'irrite pas, il n'est pas intéressé. Non irritatur, non quaerit quae sua sunt. Il ne pense pas de mal de son prochain, il empêche le mal et ne cherche que le bien. Non Cogitat malum, Congaudet Veritate (Il ne soupçonne point le mal, il se réjouit de la vérité) : Il croit tout, souffre tout, espère tout : Omnia credit, omnia sperat, omnia sustinet : Voilà les sentiments que je demande à Dieu pour nous tous.

ac e finissan ous n’em adress dac’h ar homzo-caëd a adresse beac’h all Sant Per d’ar gristenien deus e amzer Deponentes igitur omnem malitiam, et omnem dolum, et simulationes et invidias et omnes detractiones, sicut modo geniti infantes, rationabiles sine dolo lue concupiscite.

Dreun deus o calon bep sort santimancho, a valic, a gassoni, a d’complerez, a redisani. etu bet leun a respet an eil evit eguile: honore invicem praevenientes. Paradis anticipation Sonjet penoz a eo impossibl pliget da Jésus-Christ, mar non deus quet speret Jésus-Christ. a penoz speret Jésus-Christ a zo eur speret a garantez.

Mou Doue, roet deomp ar vertu breue d’aud ar garantez; allumet anezi en on halono, greet a hanomp tud neve a neveal fae an douar; et creabuntur, et renovabis faciem terrae. Greet ar mirach-ze abars en o Ilis, greet anezan d’autant en fac deus a-quetenien a zo aman presant, greet deomp enem garet an eil eguile abalamour d'ach, evit meritout gaou d'ezec ar gurunenn le..

et je finis en vous adressant ces belles paroles qu'adressait jadis Saint Pierre aux chrétiens de son temps : Deponentes igitur omnem malitiam, et omnem dolum, et simulationes et invidias et omnes detractiones, sicut modo geniti infantes, rationabiles sine dolo lue concupiscite (Rejetant donc toute malice et toute ruse, la dissimulation, l'envie, et toute médisance, désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur).

Retirez de votre cœur toute sorte de sentiments de malice, de haine, de complaisance et de médisance. Soyez pleins de respect les uns pour les autres : honore invicem praevenientes (Prévenez-vous d'honneur les uns les autres). Anticipation du Paradis. Pensez qu'il est impossible de plaire à Jésus-Christ si l'on n'a pas l'esprit de Jésus-Christ, et que l'esprit de Jésus-Christ est un esprit de charité.

Mon Dieu, donnez-nous la vertu [?] de l'amour ; allumez-la dans nos cœurs, faites de nous des hommes nouveaux pour renouveler la face de la terre ; et creabuntur, et renovabis faciem terrae (et ils seront créés, et tu renouvelas la face de la terre). Faites ce miracle au sein de votre Église, faites-le spécialement devant les chrétiens qui sont ici présents, faites que nous nous aimions les uns les autres pour l'amour de vous, afin de mériter de recevoir la couronne [ céleste...].

Note de transcription : Ce document d'archive ecclésiastique présente la retranscription d'un prône ou sermon axé sur la charité fraternelle. L'orthographe bretonne d'époque, parfois lacunaire ou altérée, a été respectée dans la colonne de gauche. Les abréviations manuscrites courantes ont été restituées sous leur forme complète afin de fluidifier la lecture comparative.