Videte qualem Caritatem dedit nobis Deus

Sermon sur la charité chrétienne

Videte qualem Caritatem dedit nobis Deus, ut filii Dei nominemur et simus.

Videte qualem Caritatem dedit nobis Deus, ut filii Dei nominemur et simus.

Guelet pequer bras eo evidomp carantez un Doue pehini a deuvre lacaat ahanomp en reng e vugalez. 1 Joann. 3. 1.

Voyez quelle grande charité Dieu nous a donnée, lui qui a daigné nous mettre au rang de ses enfants. 1 Joann. 3. 1.

non deus marteze biscoas reflechisset gant attention voar on dignite a voar an hano caer on deus an henor da douquen; non deus marteze biscouas songet en obligationo bras a impos deomp ar gualite a gristaneen, qualité quen excellant, quen sublim a quen santel. Dre un effet a visericord un Doue e omp choaset evit bean un nation santel, un nation prenet gant goad un Doue: Vos genus electum, gens sancta, populus acquisitionis. Dre on hano a gristenien e omp disquibien da Jésus-Christ membro da Jésus-Christ, templo dar spered santel, heritourien Deus a rouantelez an Env: an hano a gristen a ro deomp Jésus-Christ erit d'un spered ac evit model, a de lala ahanomp dreist d'ar bed ac a laca ahanomp bete an Env ous n'em ramplissan on halono deus ar santimant sublim d'un eternite deustu. Netra a vuioch propri da adoucissan on poanniou ac on afflictiono.

Nous n'avons peut-être jamais réfléchi avec attention sur notre dignité et sur le beau nom que nous avons l'honneur de porter ; nous n'avons peut-être jamais songé aux grandes obligations qu'impose la qualité de chrétiens, qualité si excellente, si sublime et si sainte. Par un effet de la miséricorde de Dieu nous sommes choisis pour être une nation sainte, une nation rachetée par le sang d'un Dieu : Vos genus electum, gens sancta, populus acquisitionis. Par notre nom de chrétiens nous sommes disciples de Jésus-Christ, membres de Jésus-Christ, temples du Saint-Esprit, héritiers de Dieu et du royaume du Ciel : le nom de chrétien nous donne Jésus-Christ pour esprit et pour modèle, et nous élève au-dessus du monde et nous place jusqu'au Ciel en remplissant nos cœurs des sentiments sublimes d'une éternité tout de suite. Rien de plus propre pour adoucir nos peines et nos afflictions.

Evit an esperance an hano a gristen. Bean on deus un exempl admirabl ebarz en eur vroed citet er scritur santel. Bean e devoa seiz buguel, ac o seiz e voent martyriset abalamour dan hano a gristen pehini a douguent; o goad a rede dindan daoulagad o mam glaharet, pehini couscoude o anconraye da soufr ar verrerenti; ma bugale emezi, sevel o laoulagad leurse ac an Env. Digor eo evit o recev: Neto nate, ut aspicias in cælum, chetu aze voar a lavar deompan ilis. Sellet ous an Env, o spered song benos en qualite a gristen e eo o lio ar o partaj, a n'an deuch voar an douar nemet un nam dremon. On esperance a zo en Env, on halono ac on vesio a dle ite ite mont d'an Env: en tu e omp ebarz er bed, mas evel Christen e omp gasit raoc d'ar bed: quid agitis in mundo, qui major mundo? Anaveomp da hirie an avantageo bras a brocur deomp an hano a gristen, anaveomp an excellance deus on vocation, mas nanconvaomp quet ite an obligationo a zo stag out ar beze deus o hano a gristen.

Pour l'espérance, le nom de chrétien. Nous avons un exemple admirable dans une autre cité dans l'Écriture sainte. Il y avait sept enfants, et tous les sept furent martyrisés à cause du nom de chrétien qu'ils portaient ; leur sang coulait sous les yeux de leur mère affligée, laquelle cependant les encourageait à souffrir le martyre ; mes enfants, dit-elle, levez vos yeux vers le Ciel. Il est ouvert pour vous recevoir : Neto nate, ut aspicias in cælum, voici ce que nous dit l'Église. Regardez vers le Ciel, votre esprit songe alors qu'en qualité de chrétien, c'est là votre partage, et vous n'avez sur la terre qu'un nom de passage. Notre espérance est au Ciel, nos cœurs et nos vies doivent toujours monter vers le Ciel : d'un côté nous sommes dans le monde, mais comme chrétiens nous sommes envoyés devant le monde : quid agitis in mundo, qui major mundo? Reconnaissons dès aujourd'hui les grands avantages que nous procure le nom de chrétien, reconnaissons l'excellence de notre vocation, mais n'oublions pas non plus les obligations qui sont attachées à la possession de notre nom de chrétien.

An den a deusi naturellement enem sevel, bean estimet, bean henoret: moes an henor ac an estim-se peze a glasq abeurs ar bed, a bell diontan e unan, a yern ennan e unan mar car bean fidel da souten an dignite deus e gualite a gristen. Ac evit rein dach da gompran ar pez e och dre hras Doue, ac ar pez a ellet un deiz bean dre ar binijenn evan d'ahousen diguenaich: Piou och-u? tu quis es? da laret a betra had e och tennet gant Doue. Betra region a habitet? Qua terra tua? da laret eo, a betra graio, a betra privilegeo e och ornet? Pelech e etu? Quo vadis? da laret as betra eo an termen deus o buez ac an objet deus o esperance? An explication a quement-man a rei dach un ide deus ar ranqh uel da behini e och savet. Breomp, deus ar pez a voamp oll avoc on badeziant, a consultomp onte vour quement se disquin a rei deomp penos e omp sortiet deus ar pec'het: ecce in iniquitatibus conceptus sum. Bugale valeurus d'un tad coupabl, a dalec on honception e omp laquet dindan esclavag an drouc spered. Dre on natur e voamp bugale a goler: eramus natura filii irae, anoeet a hoar ac a vengeanç: filii vindictae;

bugale digne deus ar flammo eternal: filii gehennæ. Un tærerrit pehini e voamp crouet a voa serret ouzomp evit bepret: on ine souillet gant ar pec'het originel a servige da demeuranç d'an drouc spered, pehini a exerce voarnezi un otorite quen bras quen na voamp suget indign da antren en templ santel. Mas aboue ma eo bet goelhet gant goad un Doue ma eo bet santifiet a purifiet deus e souillure e participe a natur un Doue; Divinae consortes naturae.

L'homme cherche naturellement à s'élever, à être estimé, à être honoré : mais l'honneur et l'estime qu'il cherche auprès du monde sont loin de lui-même, s'ils ne sont pas en lui-même s'il veut être fidèle à soutenir la dignité de sa qualité de chrétien. Et pour vous donner à comprendre ce que vous êtes par la grâce de Dieu, et ce que vous pouvez un jour être par la pénitence devant Dieu : Qui êtes-vous ? tu quis es? pour dire de quelle semence vous êtes tirés par Dieu. Quelle région habitez-vous ? Qua terra tua? pour dire, de quelles grâces, de quels privilèges êtes-vous ornés ? Où allez-vous ? Quo vadis? pour dire quel est le terme de votre vie et l'objet de votre espérance ? L'explication de tout ceci vous donnera une idée du rang élevé auquel vous êtes élevés. Songeons à ce que nous étions tous avant notre baptême, et consultons-nous sur tout ce qui nous apprend comment nous sommes sortis du péché : ecce in iniquitatibus conceptus sum. Enfants malheureux d'un père coupable, dès notre conception nous sommes mis sous l'esclavage du mauvais esprit. Par notre nature nous étions enfants de colère : eramus natura filii irae, voués à l'horreur et à la vengeance : filii vindictae ; enfants dignes des flammes éternelles : filii gehennæ. Un enfer pour lequel nous étions créés nous était fermé pour toujours : notre âme souillée par le péché originel servait de demeure au mauvais esprit, lequel exerçait sur elle une autorité si grande que nous étions des sujets indignes d'entrer dans le temple saint. Mais depuis qu'elle a été lavée par le sang d'un Dieu, qu'elle a été sanctifiée et purifiée de sa souillure, elle participe à la nature d'un Dieu : Divinae consortes naturae.

Comprenomp mar guellomp pequer bras a pequer precieus omp dirac daoulagad Doue pa neus deuvet livran e vab unic evit on brenan: sic Deus dilexit mundum etc; aman e devan Saint Per a lavar deomp penos n'an deoquiet dre aour na dre arhan e omp bet prenet, mas dre voad precieus Jésus-Christ: gaud sur ac ep tach: non corruptibilibus auro et argento redempti, sed pretioso sanguine. Saint Paul angayan oll gristenien da rertin grazo da Doue pehini an deus o tennit dusa dindan puissanç an deteligen, evit ober dezo tremen en rouantelez e vab muian caret: gratias agentes Deo patri, qui nos eripuit nos de potestate tenebrarum.

Comprenons, si nous pouvons, combien grands et combien précieux nous sommes devant les yeux de Dieu quand il a daigné livrer son fils unique pour nous racheter : sic Deus dilexit mundum etc ; ici Saint Pierre nous dit que nous n'avons pas été rachetés par l'or ni par l'argent, mais par le sang précieux de Jésus-Christ : agneau pur et sans tache : non corruptibilibus auro et argento redempti, sed pretioso sanguine. Saint Paul encourage tous les chrétiens à rendre grâce à Dieu qui les a tirés de dessous la puissance des ténèbres, pour les faire passer dans le royaume de son fils très aimé : gratias agentes Deo patri, qui nos eripuit nos de potestate tenebrarum.

Dre verito Jésus-Christ e omp bugale da Doue dre adoption. On deus recevet ar haractar a gristen; caractar cals muioch glorius evit oll titro, oll vado, oll henorio ar bed. Couscoude man dise Doue accordet deomp quement a avantageo temporel (surtut er bed-man) evel ma an deus accordet deomp a avantageo spirituel (evit an Env), na efomp quet en trugarezus a voalch; mas goude bean on burifiet, goude bean on santifiet, goude bean on reconciliet e omp insensibl; faveuro quen spirituel a zo re dreist da spered an den, evit interassan tud dindan, bere na glesquont nemet d'ar bed, e vado, e henorio, e blijadurio. Recromp anezo da glasq bres bere na raint nemet o malheur, mas nin bere eo an nation santel le choaset gant Doue, na glesquompis nemet an Nos autem in nomine Dei nostri invocabimus.

Par les mérites de Jésus-Christ, nous sommes enfants de Dieu par adoption. Nous avons reçu le caractère de chrétien ; caractère beaucoup plus glorieux que tous les titres, tous les biens, tous les honneurs du monde. Cependant si Dieu nous accordait autant d'avantages temporels (surtout dans ce monde) qu'il nous a accordé d'avantages spirituels (pour le Ciel), nous n'en serions pas assez reconnaissants ; mais après nous avoir purifiés, après nous avoir sanctifiés, après nous avoir réconciliés, nous sommes insensibles ; des faveurs si spirituelles sont trop au-dessus de l'esprit de l'homme pour intéresser les gens du monde, lesquels ne cherchent que le monde, ses biens, ses honneurs, ses plaisirs. Laissons-les chercher des biens qui ne feront que leur malheur, mais nous qui sommes la nation sainte choisie par Dieu, ne cherchons que le Seigneur : Nos autem in nomine Dei nostri invocabimus.

Na nem sounomp quet o considerin madelez on Doue pehini a accord eus hras pehini na ro quet d'an oll nationo non fecit taliter omni nationi. Pehini an deus groet deomp quement chart an ilis santel en behini on deus bet consacret evel bugale da Doue, membro da Jésus-Christ, templo dar spered santel. Doue an deus on choaset evel e vugalez: caeran faveuro: nan deoquiet etonet o voelet na elguet e can caout expressiono cret avoalch evit expriman eur brivileg quen extraordinail: Videte Christum, emean digorit o taoulagad, guelet a ran hano Jésus-Christ o redeu etidouch, digorit o calono, coste Jésus-Christ a zo digor evit o recev; concevit mar deo possubl dach, carantez Doue pehini an deus roet eur brivileg quen bras evit o caout evit e vugalez. Videte etc. Da betra a serviche deomp oll vado an douar, mar na vefemp quet gristenien, mar na vefemp quet bugale da Doue: hep ar galite-se an Env a voa collet evidomp, abroman e omp heritourien an Env: si filii et hæredes. Na veomp quet eta etonet e voelet ar zant, ar gristenien quentan o prefere o hano a gristen dan oll digniteo deus ar bed Gloriamur in spe gloriae filiorum Dei: Christenien omp a larent dar tourrerien, chetu aze on hano, on dignite, on profession, am-m anveout quen neubet a estim evit eun hano pehini a verv on souten, on honsolation, on esperanç pa bareffe dirac tribunal redoutabl un Doue: filii hominum usquequo gravi corde?

Ne nous lassons pas de considérer la bonté de notre Dieu qui accorde une grâce qu'il ne donne pas à toutes les nations : non fecit taliter omni nationi. Lequel a fait de nous la chair de la sainte église dans laquelle nous avons été consacrés comme enfants de Dieu, membres de Jésus-Christ, temples du Saint-Esprit. Dieu nous a choisis comme ses enfants : la plus belle des faveurs : ne soyez pas étonnés de voir que je ne puisse trouver d'expressions assez fortes pour exprimer un privilège si extraordinaire : Videte Christum, dit-il, ouvrez vos yeux, je vois le nom de Jésus-Christ couler en vous, ouvrez vos cœurs, le côté de Jésus-Christ est ouvert pour vous recevoir ; concevez s'il vous est possible l'amour de Dieu qui a donné un privilège si grand pour vous avoir pour ses enfants. Videte etc. À quoi nous serviraient tous les biens de la terre si nous n'étions pas chrétiens, si nous n'étions pas enfants de Dieu : sans cette qualité le Ciel était perdu pour nous, maintenant nous sommes héritiers du Ciel : si filii et hæredes. Ne soyons donc pas étonnés de voir les saints, les premiers chrétiens préférer leur nom de chrétien à toutes les dignités du monde : Gloriamur in spe gloriae filiorum Dei : nous sommes chrétiens disaient-ils aux bourreaux, voici là notre nom, notre dignité, notre profession, n'ayant que peu d'estime pour un nom qui veut nous soutenir, notre consolation, notre espérance quand nous paraîtrons devant le tribunal redoutable d'un Dieu : filii hominum usquequo gravi corde?

Ar memes qualite a Christen pehini a ront ahanomp bugaler da Doue, a rent ite ahanomp membro da Jésus-Christ, a templo dar spered santel. Saint Paul a houlenne digant ar gristenien deus e amzer ac i o devoa ancount penos o horfo a voa templo da Jésus-Christ: nescitis quoniam corpora vestra membra sunt Christi! Dleout a reomp eta betan en eur fæçon digne a Jésus-Christ: a n'on pas bean membro brein, membro corrompet, pe autramant e chasseomp ar spered santel deus a behini on horfo a zo an templ ac an demeuranç: templum sunt spiritûs sancti qui in vobis est. Caeran brivileg! ma vese ar gristenien a vaese bera int, na vefent quet evel ma reont. Goudeat a reont ar façon da vean pinvic, goudeat a reont pelech eman o mado, o demeuranç, a na ouront bera int, bera an deveus groet Doue evito, a pelech ha arruoint goude m'o devo quitaet ar bed-man. Deutomp eta on te voar eur vouirioner quen important. Bugalez crouet evit an Env, bamdeiz e tostaomp d'an eternite: mar querzomp dre an hent an Env d'heouit deomp Jésus-Christ, mar greomp un usaf mad deus an talancho ac ar grazo an deud roet deomp, mar conitomp an ini a dleomp da imitan, mar santificomp on souffranç, mar unissomp anezo da re, quement-se a brocuro deomp eur bonheur hep fin, aeternum gloriae pondus operatur in nobis.

La même qualité de chrétien qui nous rend enfants de Dieu nous rend aussi membres de Jésus-Christ et temples du Saint-Esprit. Saint Paul demandait aux chrétiens de son temps s'ils avaient oublié que leurs corps étaient les temples de Jésus-Christ : nescitis quoniam corpora vestra membra sunt Christi! Nous devons donc être d'une façon digne de Jésus-Christ : et de ne pas être des membres pourris, des membres corrompus, ou autrement nous chassons l'Esprit Saint duquel nos corps sont le temple et la demeure : templum sunt spiritûs sancti qui in vobis est. Quel beau privilège ! Si les chrétiens savaient ce qu'ils sont, ils ne feraient pas ce qu'ils font. Ils cherchent la façon d'être riches, ils cherchent où sont leurs biens, leur demeure, et ne savent pas ce qu'ils sont, ce qu'a fait Dieu pour eux, et où ils arriveront après qu'ils auront quitté ce monde. Venons donc à réfléchir sur une vérité si importante. Enfants créés pour le Ciel, chaque jour nous approchons de l'éternité : si nous marchons par le chemin du Ciel que nous a montré Jésus-Christ, si nous faisons un bon usage des talents et des grâces qu'il nous a donnés, si nous cherchons celui que nous devons imiter, si nous sanctifions nos souffrances, si nous les unissons aux siennes, tout cela nous procurera un bonheur sans fin, aeternum gloriae pondus operatur in nobis.

Aeran privileges a recev an den en qualite a gristen: buguel da Doue, membro da Jésus-Christ, templ d'ar spered santel, crouet evit an Env. Mas pelech eman ar re a rent grao da Doue deus a quement se? Pelech eman ar re a vev evel guir gristenien? Nac a lacheté, nac a indifference, nac a vespis mament evit eur faveuro quen bras! Gallout a ra Doue adress deomp ar memes clenno a adressa d'e bobl: Savet am beus bugalez, instruet am beus anezo, disoueset am beus dezo hent an Env eternal, nan des quet avoalch, roet am beus dezo grazo evit en possedin: filios enutrivi et exaltavi: mas evit ma zrugarez-se, e int enem revoltet enep din: ipsi autem spreverunt me: Chetu aze on hondi: nin pere a zo formit voar an Aviel nin pere na glesquomp caout passions nemet evit o chombati, caout a blijadur nemet evit o santifian; nin pere a dlye anatout, caret a pratican ar vad, deon quelloc'h buquemm evit na rez offançin Doue, nin siuis a bere ar galon a dlye bean lean deus a esperanç an immortalite: spes illorum immortalitate plena.

Les plus beaux privilèges que reçoit l'homme en qualité de chrétien : enfant de Dieu, membre de Jésus-Christ, temple du Saint-Esprit, créé pour le Ciel. Mais où sont ceux qui rendent grâce à Dieu pour tout cela ? Où sont ceux qui vivent comme de vrais chrétiens ? Quelle lâcheté, quelle indifférence, quel mépris même pour des faveurs si grandes ! Dieu peut nous adresser les mêmes reproches qu'il adressa à son peuple : J'ai élevé des enfants, je les ai instruits, je leur ai montré le chemin du Ciel éternel, ce n'est pas assez, je leur ai donné des grâces pour le posséder : filios enutrivi et exaltavi : mais malgré ma miséricorde, ils se sont révoltés contre moi : ipsi autem spreverunt me. Voici là notre condition : nous qui sommes formés sur l'Évangile, nous qui ne devrions avoir de passions que pour les combattre, n'avoir de plaisir que pour les sanctifier ; nous qui devrions connaître, aimer et pratiquer le bien, aimant mieux mourir que d'offenser Dieu, nous hélas dont le cœur devrait être plein de l'espérance de l'immortalité : spes illorum immortalitate plena.

Anaveomp eta an excellanç deus on hano a gristenien: agnosce, o christiane, dignitatem tuam; a diouallomp da donet pelloc'h dre on buez indign deus an hano a dougomp da rein ar maro d'on ine dre ar pec'het. Doue dre eur faveuro particulier an deus separeit ahanomp deus a quen lies a nation bere a vev en devaligen: non fecit taliter omni nationi. Savet an deus ahanomp dreist d'an oll digniteo deus ar bed. Mas eur gualite quen caer n'an deoquiet an ini deus a behini e tennomp ar muian a henor voar ar bed. En em glorifian a reomp deus on mado, on henorio, ac e seblantomp nom pas ober etat ebet deus ar haractar caer a gristen behini a dougomp: Bell nous en em glorifian da vezan christenien, seblantomp caout mar o rein eur mery benac deus on profession a gristenien; mas on dese a veza Christenien dirac tud infi; mas on dese a veza dirac croas Jésus-Christ, mas bean siouant penos an deus laret: an ini am disavouo dirac an dud, a re a ruio da vean christenien dirac an dud, me en disavouo itez dirac ma zad: erubescam et ego eum coram patre meo. N'an des quet avoalch douquen an hano, ret eo ive ramplissan an obligationo a gristen-

Reconnaissons donc l'excellence de notre nom de chrétiens : agnosce, o christiane, dignitatem tuam ; et gardons-nous de mener désormais une vie indigne du nom que nous portons pour donner la mort à notre âme par le péché. Dieu par une faveur particulière nous a séparés de tant de nations qui vivent dans les ténèbres : non fecit taliter omni nationi. Il nous a élevés au-dessus de toutes les dignités du monde. Mais une qualité si belle n'est pas celle dont nous tirons le plus d'honneur dans le monde. Nous nous glorifions de nos biens, de nos honneurs, et il semble que nous ne fassions aucun cas du beau caractère de chrétien que nous portons : alors que nous nous glorifions d'être chrétiens, nous semblons avoir honte d'en rendre quelque mérite dans notre profession de chrétiens ; mais nous voulons être chrétiens devant les infidèles ; mais nous voulons être devant la croix de Jésus-Christ, mais soyons conscients de ce qu'il a dit : celui qui me désavouera devant les hommes, et ceux qui rougiront d'être chrétiens devant les hommes, je les désavouerai aussi devant mon père : erubescam et ego eum coram patre meo. Il ne suffit pas de porter le nom, il faut aussi remplir les obligations de chrétien.

SACRAMANT ar Vadeziant dre behini e omp savet d'ar gualite caer a vugalez da Doue, a membro da Jésus-Christ, a templ d'ar spered santel, a zo eus hontrat dre behini enem angageomp da souten dre on hondi ar haractar a gristen behini on deus recevet. Evit ramplissan an obligation deus ar hontrat se, e renquomp observin ar bromesse on deus groet, ac ober ar pez a gommande deomp Jésus-Christ: docentes eos servare omnia quaecumque mandavi vobis. Da laret eo, eur hristen a zo obliget da veva hervez an Aviel: or bevan hervez an Aviel eo evitan ar beza difen a pratican ar pez a gommande; eo renonç dar pec'het, ac imitan Jésus-Christ. a na nem dromplomp quet voar quement man: bean on deus tout un obligation striz da vevan hervez an Aviel: obsecratio, debet ut secundum evangelium vivat.

LE SACREMENT du Baptême par lequel nous sommes élevés à la belle qualité d'enfants de Dieu, et membres de Jésus-Christ, et temple du Saint-Esprit, est un contrat par lequel nous nous engageons à soutenir par notre conduite le caractère de chrétien que nous avons reçu. Pour remplir l'obligation de ce contrat, nous devons observer la promesse que nous avons faite et faire ce que nous commande Jésus-Christ : docentes eos servare omnia quaecumque mandavi vobis. C'est-à-dire, un chrétien est obligé de vivre selon l'Évangile : or vivre selon l'Évangile est pour lui s'interdire de pratiquer ce qu'il défend ; c'est renoncer au péché et imiter Jésus-Christ. Et ne nous trompons pas sur cela : nous avons tous une obligation stricte de vivre selon l'Évangile : obsecratio, debet ut secundum evangelium vivat.

Obliget omp da renonç dar pec'het a dague quement a alfe bean evidomp un occasion a bechet: eur bromesse on deus da Doue pa n'omp bet presant en ilis evit bean recevit en reng e vugalez. You a rez ar belec diguenaich a hui a renonç da Satan, da bompo, a de oeuvrou? Abrenuntias Satanae? Respont a faich, ien renonç a ran Abrenuntio. Ar bromesse solanel-se a zo scrivet nom pas seulemant voar registro o Badeziant, mas scrivet eo hoas ebarz er levr a vuez, evel eur monumant deus o bonheur eternel pe deus o condaonatio. Promstit oc'haus denos ar pec'het n'an dlye pelloc'h ampir ebet voar o calon, a benos e och ebarz er resolution da evitan quement tra a d'e capable da ober dach couean ennan. Ar pez a dleit eta da ober evit bean fidel d'ar bromesse on deus groet da Doue eo da renonç da Satan da bompo a de oeuvrou, da larit eo da evitan ar pec'het, da n'em distagan dous mado ar bed, da vespisan e henorio, da vesit maro evit e blijadurio: Nolite diligere mundum, neque ea quae sunt in mundo; Na querit quet ar bed, nac ar pez a zo er bed, a lavar dach an abostol Saint Jan: rac ar bed a zo un traitour pehini na glacy nemet o coll. Eur guir gristen na glacy voar an douar nemet e sidiguerez e ine; par consequant a imite Jésus-Christ a secouro anezan da douquen e groas gant patiantel a resignation; a rai de bassimour bresel continuel; a vers en deonth ac en emon gant e nessor; a crucifie e gig gant e desirio corrompet: carnem suam crucifixerunt cum vitiis et concupiscentiis: eur guir gristen a zo maro evit ar pec'het existimate vos mortuos esse peccato.

Nous sommes obligés de renoncer au péché et à tout ce qui pourrait être pour nous une occasion de péché : une promesse que nous avons faite à Dieu quand nous avons été présents à l'église pour être reçus au rang de ses enfants. Le prêtre vous a demandé : renoncez-vous à Satan, à ses pompes et à ses œuvres ? Abrenuntias Satanae? Vous avez répondu : j'y renonce, Abrenuntio. Cette promesse solennelle est écrite non seulement sur le registre de votre Baptême, mais elle est écrite aussi dans le livre de vie, comme un monument de votre bonheur éternel ou de votre condamnation. Vous avez promis dès lors que le péché n'aurait plus d'empire sur votre cœur, et que vous étiez dans la résolution d'éviter toute chose qui serait capable de vous faire tomber dedans. Ce que vous devez donc faire pour être fidèles à la promesse que nous avons faite à Dieu est de renoncer à Satan, à ses pompes et à ses œuvres, c'est-à-dire d'éviter le péché, de nous détacher des biens du monde, de mépriser ses honneurs, d'être morts pour ses plaisirs : Nolite diligere mundum, neque ea quae sunt in mundo ; n'aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde, vous dit l'apôtre Saint Jean : car le monde est un traître qui ne cherche qu'à vous perdre. Un vrai chrétien ne cherche sur la terre que le salut de son âme ; par conséquent il imite Jésus-Christ et l'aide à porter sa croix avec patience et résignation ; il fera à ses passions une guerre continuelle ; il vit en paix et en union avec son prochain ; il crucifie sa chair avec ses désirs corrompus : carnem suam crucifixerunt cum vitiis et concupiscentiis : un vrai chrétien est mort pour le péché, existimate vos mortuos esse peccato.

Chetu aze on obligationo Christen: Mad allas, pequer neubet a dud a laca en pratic ar bromesseo-ze! Pequer rar eo an dud pere a renone d'ar pec'het, d'ar bed a d'e blijadurio? Var eo carout eun den pehini a nese horreur deus ar pec'het. Disurr dign a druez, guelet ar gristenien ous n'em souillan gant bep sort crime, evel fia ne vefent bet biscouas goelhet gant an dourd caer deus ar Vadeziant. Na voeler nemet pec'het a corruption dre oll, an mesq an du yaouanc, en mesq ar vugalez: ac an tadou a var mamo a zo malheururus avoalch evit o menn goll gant o bugalez a bell diont ramplissan o dever ous n'em lacaat anezo da vezan tud a religion, tud a doujean Doue e int ar re quentan evit o prostituin d'an drouc-speret ous n'em inspiran dezo carantez evit ar bed, ac ous n'em lesel anezo da vevan hervez o santimant ac o fantaisis. Abrom eo deomp consort on innocanç bete an oad ar muian santel: en uraf quentan a reomp deus on rason eo da nem revoltin enep on crouer a da goll dre ar pec'het eur hras pehini a zo ar flour d'on ine a daro un Doue. A hoas, ma nemp soignid, goud bean e hollet, de deonouin dre eul gouir binijenn ar malheur a nise neubetoc'h bras, mas nan bell dions sellet deus ar pec'het, e seblantomp quemerit e blijadur ous en commette, ac ous n'em rentin bamdeiz, muioch coupabl dirac Doue. O Christenien lach, Christenien infidel d'o bromesseo! N'an deoquiet are ar pez a hortoa Doue diguenaich pa an deus lalt tennit ahanoc'h deus ar maro eternel. N'an deoquiet are ar pez e voa promitit d'an Ilis pa deuso recevit ahanoc'h en reng e vugalez. Prometit e voa dezi, renonç da Satan da bompo a de oeuvrou. Mas seblantout a ra e voaer hontrat d'o brometit heruél an drouc spered, e bompo, e oeuvrou, pa voeler ahanoc'h quen stag ous ar bed ous e vado, ous e blijadurio; pa voeler ahanoc'h ohevil gant quement a attachamant a qustumo ac e maximo lermunel. Sell d'ous henoun on haracter a gristen dre ar zantaler deus on buez, e tennomp d'en deshonorin dre on buez scandalius a mondan. Couscoude beomp song penos on haracter a gristen, pehini on deus recevit, mar na servich quet evit on sidiguerez a servicho evit on condaonatio muioch a rigueur. Doue, deiz ar varn, laqueo dindan on daoulagad an innocanç a nese roet deomp en deiz caer deus on badeziant; a goulen a raio diguenomp, amarnon de quet renovitit conservet anezi, pa da vianan renovetit anezi dre eur gouir binijenn an eternel? Na n'eo quet hoas avoalch evit gouelan eut malheur quen bras. Crit en evitan, renoncomp d'ar pec'het, savomp da ober an drouc, mas n'an des quet avoalch ret eo ive ober ar vad dechna a malo et fac bonum.

Voilà nos obligations de chrétiens : mais hélas, combien peu de gens mettent en pratique ces promesses ! Combien rares sont les gens qui renoncent au péché, au monde et à ses plaisirs ? Il est rare de trouver un homme qui ait horreur du péché. C'est un spectacle digne de pitié de voir les chrétiens se souiller avec toutes sortes de crimes, comme s'ils n'avaient jamais été lavés par l'eau sainte du Baptême. On ne voit que péché et corruption partout, parmi les jeunes gens, parmi les enfants : et les pères et les mères sont assez malheureux pour vouloir perdre leurs enfants au lieu de remplir leur devoir en les mettant à être des gens de religion, des gens craignant Dieu, ils sont les premiers pour les prostituer au mauvais esprit en leur inspirant l'amour pour le monde et en les laissant vivre selon leurs sentiments et leurs fantaisies. Dès que nous conservons notre innocence jusqu'à l'âge le plus saint : le premier usage que nous faisons de notre raison est de nous révolter contre notre créateur et de perdre par le péché une grâce qui est la fleur de notre âme et le don d'un Dieu. Et encore, si nous prenions soin, après l'avoir perdue, de racheter par une vraie pénitence le malheur qui serait beaucoup moins grand, mais loin de regarder le péché, nous semblons prendre plaisir à le commettre et à nous rendre chaque jour plus coupables devant Dieu. Ô chrétiens lâches, chrétiens infidèles à vos promesses ! Ce n'est pas là ce qu'attendait Dieu de vous quand il a daigné vous tirer de la mort éternelle. Ce n'est pas là ce qui fut promis à l'Église quand elle vous a reçus au rang de ses enfants. Il lui fut promis : renoncer à Satan, à ses pompes et à ses œuvres. Mais il semble que vous ayez fait le contraire de votre promesse envers le mauvais esprit, ses pompes, ses œuvres, quand on vous voit si attachés au monde, à ses biens, à ses plaisirs ; quand on vous voit suivre avec tant d'attachement les coutumes et les maximes criminelles. Au lieu d'honorer notre caractère de chrétien par la sainteté de notre vie, nous tendons à le déshonorer par notre vie scandaleuse et mondaine. Cependant soyons conscients que notre caractère de chrétien que nous avons reçu, s'il ne sert pas pour notre salut, servira pour notre condamnation avec plus de rigueur. Dieu, le jour du jugement, mettra sous nos yeux l'innocence qu'il nous avait donnée au beau jour de notre baptême ; et il nous demandera si nous n'avons pas conservé celle-ci, pour le moins si nous ne l'avons pas renouvelée par une vraie pénitence éternelle ? N'est-il pas encore assez pour pleurer un malheur si grand. Croyez en lui, renonçons au péché, cessons de faire le mal, mais ce n'est pas assez, il faut aussi faire le bien, declina a malo et fac bonum.

Oll n'em antren ebarz an ilis on deus quemerit an obligation da observin gourhemano Doue a da douquen eur buez santel ac ornet deus ar oll vertus. Pa mar deuomp d'un examen, e guelomp neubet a gristenien fidel da n'em acquitan deus an obligationo eil. Ne caret comb seulamant deus ar henta gourhemen, a deus on obligation principal, pet ahanomp a gar Doue evel ma e dleit? Pa queromp eur re benac en discouromp dre on hondi: na n'em ocuppomp nemet deus anezan, na gompromp nemet deus anezan. Disposit omp da n'em sacrifian evitan. Or dre ar merco-se anavezomp a ni a gar Doue, ac ina zo en on zouez cals a vour gristenien! Pequer eunus couscoude na vefemp-ni quet, ma alfemp laret gant gouiririez, penos e queromp Doue! Caret Doue, eo dever ar hristen, esperanç, consolation ar hristen; caret Doue eo occupation, bonheur ar zant ebarz en Env. Mas ac en a gar Doue ar hristen a chelao e gompo gant tan e an indiferanç ac a auomplis e hourhemano gant un negligence vras? Ac a na gar Doue an ini barlug e galon etre en ac ar bed an ini na n'em dluis nemit deus ar bed deus e vado deus e blijadurio, ac a ancona an Env ac an biontinel? Ac an a gar Doue an dud valeurusze, deus a bere ar galon a zo quen corrompet, quen a renq ar gorruption sortial dre o quesnon, an dud-se pere a ra goan d'o daoulagad guelet eur hristen o labourat evit e sidiguerez, abalamour ma tigass de songe dezo deus ar pez a dlye ober en o unan. Ar en agar-te Doue ar gristenien lach e pere a seblante carout mar o discouro dre o oeuvro e int bugale da Doue. Dleout a reont crenan gant aon goude bean rueit dirac Doue epad o buez narmie ite under dirade, refus da garet Doue, goude m'an deus on harit quemet. Seblantout a ra din guelet anezan o continin da rein e vugalez evit on brenan: seblantout a ra din guelet a gombassion guel: guelet a ran hoas ar goad o rede deus e hourhaon, e gaster digor evit disqous deomp e garantez aboundant, a nin a vezo ingrat avoalch evit refus dezo on halon o sounfesiste cals super hanc.

Tous en entrant dans l'église, nous avons pris l'obligation d'observer les commandements de Dieu et de mener une vie sainte et ornée de toutes les vertus. Car si nous venons à un examen, nous voyons peu de chrétiens fidèles à s'acquitter de leurs obligations. Ne parlons seulement que du premier commandement et de notre obligation principale, combien d'entre nous aiment Dieu comme on le doit ? Quand nous aimons quelqu'un, nous le montrons par notre conduite : nous ne nous occupons que de lui, nous ne parlons que de lui. Nous sommes disposés à nous sacrifier pour lui. Or par ces marques reconnaissons si nous aimons Dieu, et s'il y a parmi nous beaucoup de vrais chrétiens ! Combien heureux cependant ne serions-nous pas si nous pouvions dire avec vérité que nous aimons Dieu ! Aimer Dieu est le devoir du chrétien, l'espérance, la consolation du chrétien ; aimer Dieu est l'occupation, le bonheur des saints dans le Ciel. Mais est-ce qu'il aime Dieu, le chrétien qui écoute ses paroles avec tant d'indifférence et qui accomplit ses commandements avec une grande négligence ? Et est-ce qu'il aime Dieu celui qui partage son cœur entre lui et le monde, celui qui ne s'occupe que du monde, de ses biens, de ses plaisirs, et qui oublie le Ciel et l'éternité ? Et est-ce qu'il aime Dieu ces gens malheureux dont le cœur est si corrompu qu'il faut que la corruption sorte par leur bouche, ces gens-là qui ont de la peine devant leurs yeux de voir un chrétien travailler pour son salut parce que cela leur donne à songer à ce qu'ils devraient faire en eux-mêmes. Est-ce qu'ils aiment Dieu les chrétiens lâches qui semblent aimer mais dont les œuvres montrent qu'ils sont enfants de Dieu. Ils doivent trembler de peur après avoir vécu devant Dieu pendant leur vie sans agir, refusant d'aimer Dieu après qu'il nous a tant aimés. Il me semble le voir continuer à donner ses enfants pour nous racheter : il me semble voir sa compassion : je vois encore le sang couler de ses plaies, son côté ouvert pour nous montrer son amour abondant, et nous serons assez ingrats pour refuser de lui donner nos cœurs...

Couscoude na n'eonem-ni ous n'em gard de a tennomp da n'em santifian a da imitan Jésus-Christ. Eur guir hristen a zo destag dious ar bed anin na songeomp nemet er bed, na vevomp nemet evit ar bed, na huellomp nemet ideo, an bximun ac exempl ar bed, eur guir gristen a dle bean humbl, caret ar souffranç ac an afflictiono; a nin n'an deomp nemet orgouil, vanite; na houlennomp nemet binigen, na commengen en nitra: eur hristen a dle bean douez da hant, carantezus en querdan oll.

Cependant nous ne nous gardons pas et nous ne tendons pas à nous sanctifier et à imiter Jésus-Christ. Un vrai chrétien est détaché du monde alors que nous ne songeons qu'au monde, ne vivons que pour le monde, ne voyons que les idées, les maximes et les exemples du monde ; un vrai chrétien doit être humble, aimer les souffrances et les afflictions ; et nous n'avons qu'orgueil, vanité ; nous ne demandons ni pénitence, ni ne commençons rien. Un chrétien doit être craignant Dieu, charitable envers tous.

Gollomp eta dre ar pez on deus laret deus an obligationo ar hristen, ac e na zo cals a gristenien en on zouez. Netra a vuioc'h commun evit an hano a gristen, mas i-se netra a vuioc'h rar evit an dud pere a ramplissan an deverio stag ous an hano-caer-ze pehini an droat deomp da vean un deiz en reng ar zant. Mas allas piou a labour evit bean zant: n'an deo quet an dud yaouanc pere na glesquont nemet blijadurio: n'an deo quet an tourrien Doue, ar vevierien, an dud infidel e piou eta a zo reclamant Christ dre ar zantales deus e vuez: neubet a dud Christen: couscoude mar na vefemp quet zant, peront e vefemp! Da betra e servigeo deomp ar pez on ocupp. voar an douar, mar na vefemp quet on ult diquer. Bet a vefemp pinvic voar an douar, jouissit on deus deus a oll blijadurio ar bed, heuilhit on deus on inclinations vicius, en aut quid, bet e vefemp eutrus hervez ar bed: mas da betra e servigeo quement se deomp mar na vefomp quet bet guir gristenien; deomp eta goude on maro da n'em bresanti gant on mado, gant on blijadurio dirac tribunal on Doue evit goulen ar recompanç deus a behini a jouiss en Env ar zant bere deus on misprisit epad o buez. Neuse e comprenfemp, mas malheurusamant re divezat, penos quement tra a zo voar an douar n'en deo nemet vanite a neant. N'en credomp quet breman, mas un deiz ar maro a deuio d'en tridan dous on buez, all me deussan disu Christ voar buez ar re o deus on brao Christ forian a raio ahanomp neuse da gredin eur vouirioner pehini na ra impression ebet voarmomp penos an ini na ve quet eur guir gristen a ra voar an douar e valheur ac e reprobation eternal. Meditomp eta aneria ite anaveomp on dignite ac ar zantelez deus on obligationo. Bete hirie n'on deus bet nemet an hano a gristenien, commançomp eta da douquen on hroas, da vespisan ar bed, da vervel deomp unan, da evitan d'agaret ar vertuz, da glasq an Env, da songoal alies en eternite; da larit eo da renonç da Satan, de bompo, de autro, da vezan eur guir gristen, a det ma verfemp dusa a vezo ar zant fiat!!!

Voyons donc par ce que nous avons dit des obligations du chrétien, et il n'y a pas beaucoup de chrétiens parmi nous. Rien de plus commun que le nom de chrétien, mais pourtant rien de plus rare que les gens qui remplissent les devoirs attachés à ce beau nom lequel nous donne le droit d'être un jour au rang des saints. Mais hélas qui travaille pour être saint : ce ne sont pas les jeunes gens qui ne cherchent que les plaisirs : ce ne sont pas les ennemis de Dieu, les buveurs, les gens infidèles qui réclament Jésus-Christ par la sainteté de leur vie : peu de gens chrétiens : cependant si nous ne sommes pas saints, que serons-nous ! À quoi nous servira ce qui nous occupe sur la terre si nous ne sommes pas au bout sauvés. Aurions-nous été riches sur la terre, aurions-nous joui de tous les plaisirs du monde, aurions-nous suivi nos inclinations vicieuses, en fin de compte aurions-nous été heureux selon le monde : mais à quoi nous servira tout cela si nous n'avons pas été de vrais chrétiens ; à nous donc après notre mort de nous présenter avec nos biens, avec nos plaisirs devant le tribunal de notre Dieu pour demander la récompense dont jouissent dans le Ciel les saints qui les ont méprisés pendant leur vie. Alors nous comprendrons, mais malheureusement trop tard, que tout ce qui est sur la terre n'est que vanité et néant. Nous ne le croyons pas maintenant, mais un jour la mort viendra nous enlever à notre vie, hélas moi devant Jésus-Christ pour la vie de ceux qui ont perdu Jésus-Christ... nous fera croire alors à une vérité qui ne fait aucune impression sur nous, que celui qui n'est pas un vrai chrétien fait sur la terre son malheur et sa réprobation éternelle. Méditons donc auparavant, reconnaissons notre dignité et la sainteté de nos obligations. Jusqu'à présent nous n'avons eu que le nom de chrétiens, commençons donc à porter notre croix, à mépriser le monde, à mourir à nous-mêmes, à éviter le mal pour aimer la vertu, à chercher le Ciel, à songer souvent à l'éternité ; c'est-à-dire à renoncer à Satan, à ses pompes, à ses œuvres, à être un vrai chrétien, afin que quand nous mourrons nous soyons au rang des saints. Ainsi soit-il !!