Vis sanus fieri?

Sermon bilingue — breton du XIXe siècle / traduction française

Breton

Vis sanus fieri? ha c'hui a fell d'ach bean gouelaet. Sant Jean. 5. vers 6.

Français

Vis sanus fieri? Et vous voulez être guéris. Saint Jean. 5. verset 6.

Perac ar goulen man, Christien, mas nen defoa Mab Doue quen dessein nemet gouelaet ar paralitic evit e infirmité corporeil? ha ne seblant-he quet bezan inutil, penegwir an den ze, clañ a boue ur blas a tregont, na desire nemet bean gouelaet, se a bede Doue evel ar real evit e obten? Maes ar question se a ra dezañ Salver ar bed, a ranferm evel ma lavar Sant Augustin evit sant colu huelloc'h, ac an Aviel, evel an tad santel se dindan ar figuren d'un den ze accablet gant ur chleñvet hir a boanius meurbet in pehini no n'elle na fival nac ober netra, a ra present deomp ar gristenien gloar a dique se pere a ret evit ar bêz a zell o silvidiguez ebars un indifferanç criminel.

Pourquoi cette demande, chrétiens, si le Fils de Dieu n'avait d'autre dessein que de guérir le paralytique de son infirmité corporelle ? Et ne semble-t-il pas être inutile, puisque cet homme-là, malade depuis un temps de trente ans, ne désire que d'être guéri, et prie Dieu comme les autres pour l'obtenir ? Mais cette question que lui fait le Sauveur du monde, renferme comme le dit Saint Augustin pour un sens plus haut, et l'Évangile, comme ce saint père, sous la figure de cet homme-là accablé par une maladie longue et pénible au plus haut point dans laquelle il ne pouvait ni bouger ni rien faire, nous présente les chrétiens tièdes et froids qui sont pour le reste de leur salut dans une indifférence criminelle.

hini e quimeramp ar liberté da gont outâ a da choulen digante: ha c'hui a fell d'ach bezan salvet? Siouaz, en nebaut a soign o deus evit un affer quen important, hac an negligenc gant pehini e labourent evitâ, a ro leih d'a gredi na fell quet dezo e nob. Deus a belec'h a teu un deordr quen brad a quen commun? En darn eo an dallidiguez, en darnall an disesper. Dallidiquez: Cavout a rer tud pere na rousont quet a voalic'h petra eo ar silvidiguez a pere na santont quet pequen important eo. An disesper: goulet a rer tud pere en em degourach re abred o chouilet an difficulteou a quevont en hent ar silvidiguez, a pere a desesper da allant jamast trechi anezo. Evit esleirin ar re quentan a encouragei ar real, finom d'ach on shenta reflexion, penand deus an oll afferion, hini ar silvidiguez eo ar muan important. Atat muan dign eus on soig: en eil penaus nonostant d'an difficulteou, eo an affer en pehini on deus ar moyennou ar muan puissant ac ar muan abondant. Important a facilite ar silvidiguez.

C'est à eux que nous prenons la liberté de parler et de leur demander : et vous, voulez-vous être sauvés ? Hélas, le peu de soin qu'ils ont pour une affaire aussi importante, et la négligence avec laquelle ils travaillent pour elle, donnent lieu de croire qu'ils ne le veulent pas. D'où vient un désordre aussi grand et aussi commun ? En partie c'est l'aveuglement, en partie c'est le désespoir. Aveuglement : on trouve des gens qui ne reconnaissent pas assez ce qu'est le salut et qui ne sentent pas combien il est important. Le désespoir : on trouve des gens qui se découragent trop tôt en voyant les difficultés qu'ils trouvent sur le chemin du salut, et qui désespèrent de pouvoir jamais les vaincre. Pour éclairer les premiers et encourager les autres, faisons à votre égard notre première réflexion : de toutes les affaires, celle du salut est la plus importante. Elle est la plus digne de nos soins : en second lieu, malgré les difficultés, c'est l'affaire dans laquelle nous avons les moyens les plus puissants et les plus abondants. Importance et facilité du salut.

Dious an oll Maximo an Aviel nan deus hini a quemet a verit mui on reflexion, ac e ve muioc'h capabl da ober impression voar on speredo, erit an oracl man prononcat gant Jésus-Christ. Quid prodest homini si mundum universum lucretur, animae vero sua detrimentum patiatur. Da betra a servich d'an den gont ar bed-all ma deu da goll e ine; petra a rai evit repari ar choll ze? aut quam dabu commutationem pro anima? Nem er compaman gant Sant Jan chrysostome. Penaus ar virionez se a zell o'chanomp, n'en eus fois en petore stad ac in pessort condition a affers bezan. Tud just, an doich eo an oracl man a Jésus-Christ un sujet à joa ac a gonsolation; pecherion, evidoe eo eur sujet a reflexion; meditet hi ta ar virionez-ze; meditet hi nos a deiz; Jésus-Christ o led d'en obe erit discon d'ach freguan a desir on Do laichet in em tantet un. Sitio.

De toutes les Maximes de l'Évangile il n'y en a aucune qui mérite plus nos réflexions, et qui soit plus capable de faire impression sur nos esprits, que cet oracle-ci prononcé par Jésus-Christ. Quid prodest homini si mundum universum lucretur, animae vero sua detrimentum patiatur. À quoi sert-il à l'homme de gagner le monde entier s'il vient à perdre son âme ; que fera-t-il pour réparer cette perte ? aut quam dabu commutationem pro anima? Ne la comparons pas avec Saint Jean Chrysostome. Puisque cette vérité nous concerne, peu importe en quel état et en quelle condition d'affaires on soit. Gens justes, cet oracle de Jésus-Christ est pour vous un sujet de joie et de consolation ; pécheurs, pour vous c'est un sujet de réflexion ; méditez donc cette vérité-là ; méditez-la nuit et jour ; Jésus-Christ vous le dit pour vous montrer la fragilité et le désir de votre âme laissée dans sa tentation. Sitio.

A possubl a ve d'ach ranta inutil humiliationsou, souffrancou, afflictionsou Passion, maro a goad un Doue, pris inestimabl a ene pehini acheromp. Nan, nan, Christien, pell diouach un dallidiguez quen brad. Keret da Doue grant ar Prophet: Convertere Domine, et eripe animam meam, salvum me fac propter misericordiam tuam; ma Doue santelaet ma ine abalamour d'o misericord infini; quemerer a ran ar resolution ferm d'a veran fidel d'o lezen, a da bellait diud an occasionnou pere o n'eus groit din coumaned pechet. Juravi et statui custodire judicia justitiae tuae. Tud Paour, tud Pintidic, mestro, servicherion, tud affliget a desolet deomp tout hep exception en em adress Jésus-Christ. Ba lavar, groit o silvidiguez, ha preferet an affer important ze, da binteguez ar bed. Quid Prodest etcetera.

Sera-t-il possible pour vous de rendre inutiles les humiliations, les souffrances, les afflictions de la Passion, la mort et le sang d'un Dieu, prix inestimable de l'âme que nous achetons. Non, non, chrétiens, loin de vous un aveuglement aussi grand. Criez à Dieu avec le Prophète : Convertere Domine, et eripe animam meam, salvum me fac propter misericordiam tuam ; mon Dieu sanctifiez mon âme à cause de votre miséricorde infinie ; je prends la résolution ferme de vous rester fidèle à votre loi, et de m'éloigner des occasions qui m'ont fait commettre le péché. Juravi et statui custodire judicia justitiae tuae. Gens pauvres, gens riches, maîtres, serviteurs, gens affligés et désolés, à vous tous sans exception s'adresse Jésus-Christ. Il vous dit, faites votre salut, et préférez cette affaire importante-là, à la richesse du monde. Quid prodest etcetera.

Evit rein da gompren mui ouz mui pera a signifi ar chomzo se a ran ama diou reflexion. Da guenta: An affet deus on silvidiguez a ro quement dreist d'an oll afferion all, ma rac'homp infiniment eürus mas greomp on silvidiguez nen deus fors petra a ariou ganeomp a hont all; 1. reflexion. Er hontrol an oll afferou all a so quen distat, comparaget gant ar silvidiguez, ma rec'homp infiniment malheuruz mas manquomp d'ober on silvidiguez, nen eus fois pequen eürus a alfemp bezan a hont all. 2. reflexion.

Pour donner à comprendre de plus en plus ce que signifient ces paroles-là, je fais ici deux réflexions. Premièrement : L'affaire de notre salut l'emporte tellement sur toutes les autres affaires, que nous serons infiniment heureux si nous faisons notre salut peu importe ce qui nous arrive d'autre part ; 1re réflexion. Au contraire, toutes les autres affaires sont si minces, comparées au salut, que nous serons infiniment malheureux si nous manquons de faire notre salut, peu importe combien heureux nous aurions pu être d'autre part. 2e réflexion.

Evel se, Nôtrou mat en em saveteomp, an oll souffrancou hac an oll boanio deus an traouen man a daero, nallouint biquete hon ampach da veza eternellamant eürus; mas mar deuomp d'an em daoni, an oll blijadurezo deus ar bed man nallouint quet on preserve dioud ur malheur souveran: peramp eta ellit gant hon Salver: quid Prodest.

Ainsi, Messieurs, sauvons-nous, toutes les souffrances et toutes les peines de cette vallée de larmes ne pourront jamais nous empêcher d'être éternellement heureux ; mais si nous venons à nous damner, tous les plaisirs de ce monde ne pourront pas nous préserver d'un malheur souverain : crions donc avec notre Sauveur : quid prodest.

Tra Christienien, Santelaet hon ine chetu a ze an affer unic, unument necessarium. Abendall, be a ve'homp bed voar an douar er baourante ac ar viser, en afflictionsou ac er poaniou, ep mado, ep mignon, accuset, condaonet, persecutet, goal dretet, en ur guir, mepriset gant an oll, quement se tout nan de netra, mar on deus ar bon d'ober on silvidiguez; perac Christien. Sant Paol en lavar deomp. Non sunt condigna passiones hujus temporis ad futuram gloriam; ar brastan souffranc na ninquit dign da veza comparaget gant ar bonheur pehini a c'homp diuize. En effet; pessort proportion a alfe bean etre un moment a boan ac un éternité a chloar; intre un affliction liyer a ar madou ineprimabl eus an env.

Oui, chrétiens, sanctifier notre âme, voilà la seule affaire, unum est necessarium. Autrement, nous aurions beau être sur la terre dans la pauvreté et la misère, dans les afflictions et les peines, sans biens, sans amis, accusés, condamnés, persécutés, maltraités, en un mot, méprisés de tous, tout cela n'est rien, si nous avons le bonheur de faire notre salut ; pourquoi chrétiens ? Saint Paul nous le dit. Non sunt condigna passiones hujus temporis ad futuram gloriam ; les plus grandes souffrances ne sont pas dignes d'être comparées avec le bonheur qui nous est destiné. En effet ; quelle proportion pourrait-il y avoir entre un moment de peine et une éternité de gloire ; entre une affliction légère et les biens inexprimables du ciel.

Chetu aze ar les a garsen ober d'ach compren, evel m'en hanauet oll enaût ar maro, ar moment terribl se in pehini aba dont gant ho prassan mignounet, no pes quen renduir nemet en o c'hano a gristen ac en o c'hauterou mad; evel men comprenac'h oas pa apparisset dirac Doue, pa veuse a s'hanoc'h en e rouantelez a pa laro d'ac'h. hiems transiit, imber abiit et recessit.

Voilà ce que je voudrais vous faire comprendre, comme vous le connaîtrez tous à l'heure de la mort, ce moment terrible dans lequel vous n'avez rien à attendre de vos plus grands amis, vous n'avez plus rien à emmener sinon vos titres de chrétiens et vos bonnes œuvres ; comme vous le comprendrez encore quand vous apparaîtrez devant Dieu, quand vous entrerez dans son royaume et qu'il vous dira : hiems transiit, imber abiit et recessit.

Ar goant a so tremenet, ar goabrenou a so dissipet: Da laret eo: oc'h eus cals a boan en o buez; ar bed en deus refuset d'ac'h e vado, e vuerzo, e honorio, mas quitet an douar ingrat-ze a deit da jouiss deus o recompanc; surge et veni. An amzer a so changet, an deiz caër an deus quemeret plaç an tempest, ha goude ar dristidiguez chetu aru amzer ar gonsolation. Flores apparuerunt in terra nostra, tempus putationis advenit. Oz mes goulen diguena-c'h pessort cas a usemp ni da vean bet ep muioc'h voar an douar, da vean bezet ep gloar na mado; pessort cas a refomp ni da veza bet bepret tromplet en on desseigno, da vean gouelaet anezo o vancont in peb occasion; da vean gouelaet on famill accablet gant bep sort malheuriou, da vean bet ni on unan esposet d'ar baourantez, d'ar goal forten, a quement a epad on buez in antie: tremenet int ar blavezo se a chlachar, a boan ac a souffranc, tremenet int, maet evidomp, chetu ni eternellament glorius hac eürus. hiems transiit.

L'hiver est passé, les nuages sont dissipés : c'est-à-dire : vous avez eu beaucoup de peine dans votre vie ; le monde vous a refusé ses biens, ses plaisirs, ses honneurs, mais quittez cette terre ingrate-là et venez jouir de votre récompense ; surge et veni. Le temps est changé, le beau jour a pris la place de la tempête, et après la tristesse voici venu le temps de la consolation. Flores apparuerunt in terra nostra, tempus putationis advenit. Je vous demande quel cas ferions-nous d'avoir été sans rien sur la terre, d'avoir été sans gloire ni biens ; quel cas ferons-nous d'avoir été toujours trompés dans nos desseins, d'avoir pleuré sur eux en échouant en chaque occasion ; d'avoir vu notre famille accablée par toute sorte de malheurs, d'avoir été nous-mêmes exposés à la pauvreté, à la mauvaise fortune, et tout cela pendant notre vie entière : elles sont passées ces années-là de chagrin, de peine et de souffrance, elles sont passées, mais pour nous, voici que nous sommes éternellement glorieux et heureux. hiems transiit.

A Christienien Pera a sonch neuze an den pehini a voël an eternité ous en em diguerri dirazan, ac o presenti dezañ eur bonheur certen, eur bonheur ep musur ac hep fin? Peraus a sel neuze an oll affers deus an douar, an afflictionsou, ar challou, ar malheuriou? hac en an autre Doue ac charga ze a elle obteni har a bere e heur bezet rinct ep rason gand e ad terrourin? Ac en an Deuz cun d'an établissementou-ze bere a elle menagi, maet pere en deus collet dre circonstançou fachez? hac en a sell ep quen out ar bed pehini na apparchante mui outañ, pehini na sellat nemet evel un dremenadam a ne voe biscoaz an obyet deus e desiriou. hiems etcetera.

Ah chrétiens, que pense alors l'homme qui voit l'éternité s'ouvrir devant lui, et lui présenter un bonheur certain, un bonheur sans mesure et sans fin ? Comment regarde-t-il alors toutes les affaires de la terre, les afflictions, les chagrins, les malheurs ? Et cet autre-là que Dieu a chargé de peines qu'il pouvait obtenir et dont il a été entouré sans raison dans ses terreurs ? Et cet autre-ci dans ces établissements-là qu'il pouvait ménager, mais qu'il a perdus par des circonstances fâcheuses ? Et ne regarde-t-il plus que le monde qui ne lui appartient plus, qu'il ne regardait que comme un passage et qui ne fut jamais l'objet de ses désirs. hiems etcetera.

2°. Examinomp breman ar bêz on deus stablisset en eil reflexion. Mas collomp hon ine, mar en em daonomp, belech a chehomp ni? greomp reflexionou serioz voar ar suget important ma; imprimomp-en donn en hon spered; sonjomp ennañ bet momet; ha'par silvidiguez nelel a e'chehomp ni? O dallidiguez Doue an den; pessort charm a deu d'on tromplan; rader a reomp, avanç a reomp ep consideri pelech e t'homp arriout. Mas c'hoas en deach belech a c'heomp-ni ep ar silvidiguez ha'on dije groit errad on affers all, ha pa vijemp an dud eürus san deus ar bed, ha pa vije on stad an agreaplan ac ar muan dign a envi, hallas, ar stad se a tremenou en beb amser. Tremenet eo evidout, proiri malheuruz deus an Aviel, te pehini er momet deus da varo, a so bet interet in ifern. Tremen a rai evidomp, Nôtrou. ha mar bé ar bonheur faus se deus ar bed heuillet diu eur malheur iteral, ha' pehini vezo hon sort?

2°. Examinons maintenant ce que nous avons établi dans la seconde réflexion. Si nous perdons notre âme, si nous nous damnons, où irons-nous ? Faisons des réflexions sérieuses sur ce sujet important-ci ; imprimons-le profondément dans notre esprit ; pensons-y à chaque moment ; si par le salut nous ne pouvons pas y aller ? Ô aveuglement de l'homme ; quel charme vient nous tromper ; nous courons, nous avançons sans considérer où nous allons arriver. Mais encore où irons-nous sans le salut même si nous avions bien fait toutes nos autres affaires, et si nous avions été les gens les plus heureux de ce monde, et si notre état était le plus agréable et le plus digne d'envie, hélas, cet état-là passera en tout temps. C'est fini pour toi, riche malheureux de l'Évangile, toi qui au moment de ta mort, as été enterré en enfer. Cela passera pour nous, Messieurs. Et si ce faux bonheur-là du monde était suivi d'un malheur éternel, quel serait notre sort ?

In em instruomp gant quement a ineou collet. Costaomp d'ar pr se a dan a goulennomp digante evit pera e hint tourmentet in façon quen terribl; respont a raint deomp: evit bean groit etvel doïch, amartez-mem d'neubetoïch. Chelaoump he o comb nac a glem, beom attentif d'o glac'har inutil dezo profitom deus o exemp.

Instruisons-nous par tant d'âmes perdues. Éloignons-nous de ce gouffre de feu et demandons-leur pourquoi elles sont tourmentées de façon si terrible ; elles nous répondront : pour avoir fait comme les autres, peut-être même de presque rien. Écoutons leurs plaintes et leurs gémissements, soyons attentifs à leur douleur inutile pour eux, profitons de leur exemple.

Quid nobis profuit superbiæ, aut divitiarum jactantia quid contulit! Senset on deus en creis an abondanç et Plijaduriez, et bividiguez, ma o grandeuriou human, o bividiguez bassabl, o Plijaduriez a sou-plur quid nobis profuit. Ar mado ze on deus possedet, hac hi a servigean deomp da ranon evit on delivrandeur a daouarn ar justice idoutabl a Doue? An honorio-ze pere so roët deomp hac hi a destrou divarnomp ar dismayañc, d'eut ur gondaonatyon quem Mesed? Ar Plijaduriez criminel ze da bere chomp bet an um livet ep mas, hac i a vougou an tan devorant-ze a des a chanomp ac a badou da viquen? quid nobis profuit. Sellet a renp evel insant ar dud fidell a vigilant-ze pere en em occupeda c'honit eun éternité a bonheur; ober a renp goal anezo, n'en devoa nemet mepriz evitzo.

Quid nobis profuit superbiæ, aut divitiarum jactantia quid contulit! Ils ont vécu au milieu de l'abondance et des Plaisirs, et de la richesse, mais leurs grandeurs humaines, leur richesse passagère, leurs Plaisirs si nombreux quid nobis profuit. Ces biens-là que nous avons possédés, nous serviront-ils de rançon pour nous délivrer des mains de la justice redoutable de Dieu ? Ces honneurs-là qui nous sont rendus détruiront-ils devant nous l'effroi, d'une condamnation aussi méritée ? Ces Plaisirs criminels-là auxquels nous nous sommes livrés sans mesure, éteindront-ils ce feu dévorant-là qui vient sur nous et qui durera à jamais ? quid nobis profuit. Nous regardions comme insensés ces gens fidèles et vigilants-là qui s'occupaient de gagner une éternité de bonheur ; nous faisions du mal à leur égard, nous n'avions que mépris pour eux.

Ah! Insanset ni hon unan, ar mari a neud o justit; ha confon-tet a chanomp; Digoret e deus deomp on daoulagat, groet e deus deimp gvelet on dizurvou tremenet, groet e deus deimp hanavout hon guir interest, mas allar re divoat; collet omp evit jamad, na neus mui a esperanç evidomp, na nellomp quen nemet anzar an disesper penaus chomp en em dromplet on unan, on deus pellait dious hent ar virionez, a na n'ellomp biquen repari hon egaraman-chon: Ergo erravimus a via veritatis. A na ret quet insanset d'hon poanniou; hoant on deus da retorn ous Doue, maet tremenet eo an amzer; Cridoch quet quent Doue queit a ma chellet en ober, quaerite Dominum dum inveniri potest. Etvel doich, e'hoant gret out Doue, a n'en gouel'homp jamas; thet a re ober on bonheur a n'en possedomp biquen; collet on deus Doue, a collet on deus an dra on faut; o Christienien, Peguir Deplorable eo ar song-ze. A choant a c'heur da evitan eur malheur quen brad; reflechisset alies voar un affer important-ze, songet penaus mas en um saveteet vehet eürus epad un éternité, ha mas en um gollet e vehet malheuruz epad an eternité. Engoelet e'heud in herta Poënt. Evit obteni unan ac evitan eguile, labourom d'hon silvidiguez, ha Doue a roou d'ach ar moyen d'en um savetein.

Ah ! Insensés nous-mêmes, la mort nous a fait justice ; elle nous a confondus ; elle nous a ouvert les yeux, elle nous a fait voir nos désordres passés, elle nous a fait connaître notre vrai intérêt, mais hélas il est trop tard ; nous sommes perdus pour jamais, il n'y a plus d'espérance pour nous, nous ne pouvons plus rien sinon crier de désespoir comment nous nous sommes trompés nous-mêmes, nous nous sommes éloignés du chemin de la vérité, et nous ne pourrons jamais réparer notre égarement : Ergo erravimus a via veritatis. Et ne soyez pas insensés dans vos peines ; nous avons l'envie de retourner vers Dieu, mais le temps est passé ; Cherchez donc Dieu tant que vous pouvez le faire, quaerite Dominum dum inveniri potest. Autrement, nous irons vers Dieu, et nous ne le verrons jamais ; nous irons pour faire notre bonheur et nous ne le posséderons jamais ; nous avons perdu Dieu, et nous avons perdu la chose par notre faute ; ô chrétiens, combien déplorable est cette pensée-là. Et on a envie d'éviter un malheur aussi grand ; réfléchissez souvent sur cette affaire importante-là, songez que si vous vous sauvez vous serez heureux pendant une éternité, et si vous vous perdez vous serez malheureux pendant l'éternité. Regardez ce premier Point. Pour obtenir l'un et éviter l'autre, travaillons à notre salut, et Dieu nous donnera le moyen de nous sauver.

Sil Point Spel Dies eo, evit gvelet an affer deus ar silvidiguez, me en ansav, al comp autremant, a ve distruet an Aviel, Penegwir a lery deimp en eur façon skler penaus Rouantelez an env na dou roët nemet d'ar re a gou gant courach, ac a ra bep sort efforceou evitan bren en nenv. Violenti rapiunt illud.

Second Point. Pour voir l'affaire du salut, je l'avoue, s'il en était autrement, l'Évangile serait détruit, puisqu'il nous dit de façon claire que le Royaume du ciel ne sera donné qu'à ceux qui combattent avec courage, et qui font toute sorte d'efforts pour lui en entrant au ciel. Violenti rapiunt illud.

Mac souten aran er memes amzer penaus deus an oll afferou, affer ar silvidiguez a so an hini, er pehini Doue a ro deomp moyennou abondantoc'h, moyennou muioc'h presant, hac enfin moyennou affedussoc'h ha puissantoc'h.

Mais je soutiens en même temps que de toutes les affaires, l'affaire du salut est celle dans laquelle Dieu nous donne des moyens plus abondants, des moyens plus présents, et enfin des moyens plus efficaces et plus puissants.

Da guenta Doue a ro deomp moyennou abondant. Cia, Christien, bep tra tout a ell servijout d'ar silvidiguez. Ar baourantez, hac ar binvidiguez, an affliction ac ar brôperité, an honor ac ar mepriz, ar yechet ac ar chleñvet, netra en eus guir aquement na alfe contribui d'ar labord bras-ze. ha ni a so Paour: Chelaouomp Jésus-Christ unan: Liret ar bevien e'heze, o vean soumis en o favourante, ha contant deus ar stad in pehini e chint laquet gant Doue a support gant patiantet ar boanio ac an ezemo d'o c'hondition; eze o veran distag dius mado ar bed-man, na ninquet epquen Paour in effet ha da necessite ma'et hout a galon ac a affection: an env a apparchant outo evel o cheritach. Beatorum est regnum cælorum: ha ni a so Pinvi: Gallout a reomp, evel men laret deomp, an autro Doue impléan hon mado d'ober deomp mignounet pere on recevo er tabernacle éternel. Reomp, re e vezo roet deomp, soulagomp ar re andedud diner hac on devezo ar bonheur da glevet ar setanç favorabl-man pehini on lacaou en reng ar re eürus: Deit, tud biniquet, gant ma zad da bosedi ar rouantelez a so preparét d'ac'h a boue commançamant ar bed; naon a moue bet, a o'ch eus roet din da zebri; sechet a meus bet ac o'ch eus roet din da eva, entroat a choan, ac o int goloet ac'hanon.

Premièrement Dieu nous donne des moyens abondants. Car, chrétiens, tout peut servir au salut. La pauvreté, et la richesse, l'affliction et la prospérité, l'honneur et le mépris, la santé et la maladie, il n'y a rien en vérité qui ne puisse contribuer à ce grand travail-là. Et nous sommes Pauvres : Écoutons Jésus-Christ seul : Lisez les pauvres là, étant soumis en leur faveur, et contents de l'état dans lequel ils sont placés par Dieu et supportant avec patience les peines et les besoins de leur condition ; ceux-là étant détachés des biens de ce monde-ci, ne sont pas seulement Pauvres en effet et par nécessité mais le sont de cœur et d'affection : le ciel leur appartient comme leur héritage. Beatorum est regnum cælorum : et nous sommes Riches : Nous pouvons, comme nous le dit, le Seigneur Dieu employer nos biens à nous faire des amis qui nous recevront dans les tabernacles éternels. Donnons, et il nous sera donné, soulageons les malheureux dénués et nous aurions le bonheur d'entendre cette sentence favorable-ci qui nous placera au rang des bienheureux : Venez, gens bénis par mon père posséder le royaume qui vous est préparé depuis le commencement du monde ; j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais étranger, et vous m'avez accueilli.

ha ni a so en adversité: Na desant nemet d'un ac'hanomp d'en um santifian dre on fatiantet hac on adversité santifiet evelze, a ro evidomp ar merq ar muan certen d'iman on lutrusted eternel. O Ineou affliget, anaveut o bonheur: evit eur momet a boan e recefomp eur recompanc infinit momentaneum etcetera. A possubl a ve a c'halfaic'h refu da suoné Jésus-Christ da douquen e Groas, en pehini en deusi douquet evidoch epad a vuez. A mo pije santichonchon ar Sant pere a redont plijadurezo ar bed, ac a glasq an afflictionsou. Laret gante a gant Sant Augustin; ma Doue affliget ac'hanon, purifiet ma ine, nam espurgnet quet er bet, gant ma c'hor-pergnet ac'hanon ei bed all. hic ure, hic seca, modo in æternum Parcas.

Et nous sommes dans l'adversité : Il ne tient qu'à chacun de nous de se sanctifier par sa patience et son adversité sanctifiée ainsi, elle nous donne la marque la plus certaine pour notre destinée éternelle. Ô Âmes affligées, connaissez votre bonheur : pour un moment de peine nous recevrons une récompense infinie momentaneum etcetera. Serait-il possible que vous puissiez refuser de suivre Jésus-Christ pour porter sa Croix, laquelle il a portée pour vous pendant sa vie. Ah si nous avions les sentiments des Saints qui rejetaient les plaisirs du monde, et cherchaient les afflictions. Disons avec eux et avec Saint Augustin ; mon Dieu affligez-moi, purifiez mon âme, ne m'épargnez pas dans ce monde, pourvu que vous m'épargniez dans l'autre monde. hic ure, hic seca, modo in æternum Parcas.

ha ni a so en abondanç, en autorité, er buissan-ç? Na desand nemet deuz ac'hanomp d'ober un usach vad deuz anezo, ous en um humilian dindan dorn an Autro Doue Pa nem blich ous on sevel, o rapporte d'en beptra, o caout reconnaissance Doue a vad obero, o ronta ar justice, o tiffen an drait vad qui judicavit in veritate thronus ejus in æternum firmabitur. ha ni a so yaouïch; labouromp evit Doue ha ni a so infirm; leromp da Doue fiat voluntas tua: nac a dud a so in ifern pere a dije martez- in eur mad o dije souf-fret pelloc'h a amzer; Pequen bras grac a ret din me, ma Doue!

Et nous sommes dans l'abondance, dans l'autorité, dans la puissance ? Il ne tient qu'à nous d'en faire un bon usage, en nous humiliant sous la main du Seigneur Dieu quand il nous plaît de nous élever, en rapportant tout à lui, en ayant de la reconnaissance envers Dieu et ses bienfaits, en rendant la justice, en défendant le droit qui judicavit in veritate thronus ejus in æternum firmabitur. Et nous sommes jeunes ; travaillons pour Dieu et nous sommes infirmes ; disons à Dieu fiat voluntas tua : combien de gens sont en enfer qui auraient peut-être fait leur salut s'ils avaient souffert plus longtemps ; Quelle grande grâce vous me faites, mon Dieu !

Enfin n'en eus fois en pessort stad ac en pessort condition a alfemp en em gavout, be eürus, be valheuruz, quement se oll on chorduo d'an termen a so destinet evidomp: ha chetu aman ar rason; An autro Doue na fell quet dezañ hon sauvetact oll dre ar memes hent, mas marquet en deyeus da bep ine a chanomp a rout; Ore, ar rout-ze eo ar gondition en pehini e chomp bet plaet gant e Providanç. Versomp eta dre an ent-ze; greomp abars en on hondition advez a choulen an Autro Doue digue-nemp; labouromp hervez on gallout, hon ners, hon slerigen a Doue a vezo contant, a mar bez contant Doue ac'hanomp hon silvidiguez a vezo assurét.

Enfin peu importe en quel état et en quelle condition nous puissions nous trouver, qu'on soit heureux, ou malheureux, tout cela nous conduira au terme qui nous est destiné : et voici ici la raison ; Le Seigneur Dieu ne veut pas nous sauver tous par le même chemin, mais il a marqué à chaque âme de nous sa route ; Or, cette route-là est la condition dans laquelle nous avons été placés par sa Providence. Marchons donc par ce chemin-là ; faisons dans notre condition tout ce que demande le Seigneur Dieu de nous ; travaillons selon notre pouvoir, notre force, notre lumière et Dieu sera content, et si Dieu est content de nous notre salut sera assuré.

2°. Doue a ro deomp moyennou Prompt a Pressant: An den an deus entre e daouarn ar yuez ac ar maro ar yat ac an drouc. Ante hominem. Enfin ama, Jésus-Christ rouantelez an env a so ennomp. Regnum Dei est intra vos hac en effet, pera a so muioc'h presanter evidomp-all, evit hon stad ac an deveriou differant a bere a cheomp un en acquitta? Pera a quioc'h presanter evidoch, tad a mamo, mastro a mastresed, evit an instruction deus o pugale hac ho tromestiquet, erit ar reglamant deus o famill? Petra a ruioc'h presanter evidoch, marchadour, evit o commerç, artisanat evit o labour? Petra a ruioc'h presant evidoch pehini so er boan, evit offro poan da Doue, evidoch, sevien, evit souffr o baourantez gant resignatyon evidoch, tud pinvic, evit impléan en autrou mad fo charchar-

2°. Dieu nous donne des moyens Prompts et Présents : L'homme a entre ses mains la vie et la mort le bien et le mal. Ante hominem. Enfin ici, Jésus-Christ le royaume du ciel est en nous. Regnum Dei est intra vos et en effet, qu'est-ce qui est plus présent pour nous, que notre état et les devoirs différents dont nous devons nous acquitter ? Qu'est-ce qui est plus présent pour vous, père et mères, maîtres et maîtresses, que l'instruction de vos enfants et de vos domestiques, que le règlement de votre famille ? Qu'est-ce qui est plus présent pour vous, marchand, que votre commerce, artisan pour votre travail ? Qu'est-ce qui est plus présent pour vous qui êtes dans la peine, que d'offrir votre peine à Dieu, pour vous, pauvres, que de souffrir votre pauvreté avec résignation pour vous, gens riches, que d'employer les faveurs du Seigneur Dieu avec vos biens.

Ar moyennou a silvidiguez a thur caout un intention ac ur vigilanc particulier. Hat eo caret ar beden, chelao compro Doue, assistan en affic Divin tastat ouz ar sacramancho, a pratica ar vertuyo cristen ar fe, an esperanç ar carantez ac an humilité. Mad pera muioc'h presant evidoch, erit o teverio a religion, a dar Brate tout an oll vertuziou, a lornament huël d'o c'har ze Principla- ben a c'hanauet oll, Couls a me; remerquet sentemant ar vertu a humilité; accit e pratica antreomp an hon chalon, hanavomp on faibles, on ezemou, na nellomp na a'chanomp on unan; Practicomp ur vertu ze pehini a so quen agreabl de Doue; Superbis resistit humilibus autem dat gratiam. Doue a ro deomp-ta moyennou presant evit ober hon silvidiguez.

Mais pour servir Dieu comme il faut, les moyens du salut demandent d'avoir une intention et une vigilance particulière. Il est bon d'aimer la prière, d'écouter la parole de Dieu, d'assister à l'office Divin de goûter aux sacrements, et de pratiquer les vertus chrétiennes la foi, l'espérance la charité et l'humilité. Mais quoi de plus présent pour vous, que vos devoirs de religion, et parmi toutes les vertus, cet ornement élevé de votre cœur que vous connaissez tous, ainsi que moi ; remarquez le sentiment de la vertu d'humilité ; apprenez à la pratiquer entre nous dans notre cœur, connaissons nos faiblesses, nos besoins, que nous ne pouvons rien de nous-mêmes ; Pratiquons cette vertu-là qui est si agréable à Dieu ; Superbis resistit humilibus autem dat gratiam. Dieu nous donne donc des moyens présents pour faire notre salut.

3°. Laret a meus a vous ive moyennou puissant ac affedus. En effet, Christien, greomp ur bes am breur esposet d'ac'h ac e refomp hoc fac et vives. Pequen-p an en Pratie ac e refomp hon silvidiguez. Bezan hon devezo evit gouir, certen difficulteou, hac ad terrourin da drachi pere on em revoltou ac on em savo alies en on hanep, mas enfin, eme an Abostol, na veomp jamas tentet dreist d'onnars; Doue an deus an Prometet deomp, a na rancun quet de bromesse. ha pa dufe da an drouc spered da droubla on oll efforchou, ar c'hrac a vezo bepret treioch evit an ifern. A pa dufe ar bed da bresante deomp bep mernet difficulteou nex- beomp fidell d'ar c'hrac, ac e ve'homp victorüiz.

3°. J'ai dit que nous avons aussi des moyens puissants et efficaces. En effet, chrétiens, faisons un peu comme nos frères qui vous sont exposés et nous ferons hoc fac et vives. Pratiquons cela et nous ferons notre salut. Nous aurons en vérité, certaines difficultés, et des terreurs à vaincre qui se révolteront et s'élèveront souvent contre nous, mais enfin, dit l'Apôtre, nous ne serons jamais tentés au-delà de nos forces ; Dieu nous l'a Promis, et il ne manquera pas à sa promesse. Et même si l'esprit malin venait à troubler tous nos efforts, la grâce sera toujours plus forte que l'enfer. Et même si le monde venait à nous présenter toute sorte de difficultés soyons fidèles à la grâce, et nous serons victorieux.

Da Christien, quemeromp, confianç, Jésus-Christ an deur tra hit ar bed, ac a promet deomp on trechin mive ze mar on deus ur voluntez ferm; confidite ego vici mundum. ha bezan hon devezo-ni quen bioca a dantech ebars en affer deur a bed? ha mar jugeomp a quement-ze dre gonparaison, a n'am beus bet rason o laret penaus Doue nonobstant d'an difficulteou deus ar silvidiguez, na nav quet louion de- quen d'ur evel ar real oll? hon en effet, ha bean hon deus-ni evit avanç ebars ar bed moyennou quen abondant? Pequen nebaut a ell obteni favorio er bed tromplus a capri- ciuz? Alies, siouaz, nan dez quet a voalic'h evito, en em acquittan ar fad deus o deverio?

Oui chrétiens, prenons confiance, Jésus-Christ a vaincu le monde, et nous promet de le vaincre aussi si nous avons une volonté ferme ; confidite ego vici mundum. Et aurons-nous si peu de zèle dans l'affaire du monde ? Et si nous jugeons de cela par comparaison, n'avons-nous pas eu raison de dire que Dieu malgré les difficultés du salut, ne nous a pas donné de remède aussi dur que le reste ? Car en effet, avons-nous pour avancer dans le monde des moyens aussi abondants ? Combien peu peuvent obtenir des faveurs dans le monde trompeur et capricieux ? Souvent, hélas, ils ne font pas assez pour eux, en s'acquittant bien de leurs devoirs ?

ha bean hon deus moyennou quen presant? Mar hon deus c'hoant da chonit eur procez, d'établissement hon bugale, da chonit fanch eur de benae, nac a demarcho a so neusser evit-ze: en emgard a reomp evens muiz on deus caret goude blaveyo a sollicitation, a fatiq ac a boan end ruyen benae evit dont a ben demaus on dessino? Enfin ha bean hon deus moyennou quen puissant? Allas, er goalen a ran digant cals a c'hanoc'h goude bean quemeret cals a brécautions, on affers ar muan important a so bet alies troublet, diconcertet, gant un accidant fachez a derouz. Non deus quen a oueyo nemet Doue, ep quen d'eber, evit dont a ben deus hon demarcho a neuze a homp arretet, na ellomp quet mont pelloc'h. Calva it dar memes poent, mas nebeut a garden; ar re a so privet deus o esperanc. ha ma quemeremp quement a soign deus on silvidiguez, na realyemp-quet on foan collet evidomp. O pequen bras a dallidiguez an den; car bean ho deus amzer a voalic'h evit an em pinsicaet, evit en heuil o fassiono, a no deus quet amzer evit en em sauveta: Vacate ubi ut philosophi sit non tantu ut Christianis Dis. O Doue Pabet outrag!

Et avons-nous des moyens aussi présents ? Si nous avons envie de gagner un procès, l'établissement de nos enfants, de gagner de l'argent un jour ou l'autre, que de démarches sont nécessaires pour cela : nous nous gardons bien de nous reposer après des années de sollicitation, de fatigue et de peine sur quelque chose pour arriver à bout de nos desseins ? Enfin avons-nous des moyens aussi puissants ? Hélas, je le demande à beaucoup d'entre vous après avoir pris beaucoup de précautions, nos affaires les plus importantes ont été souvent troublées, déconcertées, par un accident fâcheux et imprévu. On n'a plus de pleurs sinon pour Dieu seul, pour dire, pour arriver au bout de nos démarches et alors nous sommes arrêtés, nous ne pouvons pas aller plus loin. Arrivons-en au même point, mais peu à peu ; ceux qui sont privés de leur espérance. Et si nous prenions autant de soin de notre salut, nous ne ferions pas notre peine perdue pour nous. Ô quel grand aveuglement de l'homme ; car ils ont assez de temps pour s'enrichir, pour suivre leurs passions, et ils n'ont pas de temps pour se sauver : Vacate ubi ut philosophi sit non tantu ut Christianis Dis. Ô Dieu quel outrage !

Pellomp on sargiou a leromp (finit an a ran dre ar quirio am beus commançet, out a em-criton taer) tuin un Doue hon len diquena'ch: Vis Sanus fieri? ha' c'hui a fel d'ac'h qui propter nos homines en em sauvetaï? Sonjet alies penaus silvidiguez o'chin et propter deum tim- a so quen preciuz dirac Daoulagat Doue m'an deus roet mandato ejus observa eriant cristianet tud Yaouanc: changet a vuez ac en em gonvertisset a mad goc'h bete hen en loiret d'ar pechet, en em livret demerito in pecabtis de gantar mernoz a Doue. Vas vester; sicut exhibuistis membra vestra servire iniquitati, ita nunc exhibete membra servire justitiae. Sonjet alies penaus ar bed man a tre-tram Curra- mus a d- meno gant a oll blijadurezo, Praeterit figura hujus mundi. mas comzo Doue na dremenouint quet. quid prodest.

Éloignons nos charges et disons (je finis par les mots par lesquels j'ai commencé, avec un cœur chrétien) un Dieu nous le demande : Vis Sanus fieri? Et vous, voulez-vous qui propter nos homines vous sauver ? Songez souvent combien le salut est précieux devant les Yeux de Dieu, et propter deum timere, puisqu'il a donné mandato ejus observa, fidèles chrétiens, gens jeunes : changez de vie et convertissez-vous bien, vous qui jusqu'ici étiez livrés au péché, livrez-vous demerito in peccatis au souvenir de Dieu. Vas vester ; sicut exhibuistis membra vestra servire iniquitati, ita nunc exhibete membra servire justitiae. Songez souvent que ce monde-ci passe avec tous ses plaisirs, Praeterit figura hujus mundi. Mais les paroles de Dieu ne passeront pas. quid prodest.

A hui a fel d'ach oll bezan salvet; Declina à malo et fac bonum; entet an drouc a groit ar rad. Ar pagle temp coll ar bès on deus voar ar bed man, a pa de temp tremen on deiz ebars ar baourantez, ar viser ac en afflictions, Pera eo ze comparaget d'an eternité? quid hoc ad æternitatem. Ya, a deomp, da laret, evit taran ar mado ze, evit contantin ar bassion ze mar baz ret coll ma ine, an ine-ze Prenet gand goat an Doue, a dall cals muioc'h evit quement-ze, ac e fel din e santetact couetet dugonstoin. Volo salvare animam meam.

Et vous voulez tous être sauvés ; Declina à malo et fac bonum ; évitez le mal et faites le bien. Que nous importe de perdre les biens que nous avons sur ce monde-ci, et quand nous devons passer nos jours dans la pauvreté, la misère et dans les afflictions, qu'est-ce que cela comparé à l'éternité ? quid hoc ad æternitatem. Oui, disons, pour posséder ces biens-là, pour contenter cette passion-là s'il faut perdre mon âme, cette âme achetée par le sang de Dieu, qui vaut beaucoup plus que cela, alors je veux la sanctifier coûte que coûte. Volo salvare animam meam.

Bevet en beuc'h gant o resta; bevet en doujanç ac in carantez Doue, groet deus an oll deio deus o buez eur Preparation d'ar maro, Quotidie morior; a la dortani ar moment terribl se evit ar becher a vezo ar gonsolation da allout lavarat gant ar Prophet David: Pera a meus da desiret voar an douar ac en int nemet d'ac'h-ui, va Doue; Quid mihi est in cælo et a te quid volui super terram ma c'holl desir eo da veza delitret deus ar horf mortel-ma quis me liberabit de corpore mortis hujus? Pa goula a harruo ar moment eürus-ze en pehini e possedi ma Doue: quando veniam et apparebo ante faciem Dei? Chetu aze santimancho ar re pere o deus labouret epad o buez evit o silvidiguez. Beomp Jésus-Christ ac ar d- Parci deimp ad mamo n' consolation -

Vivez en paix avec les autres ; vivez dans la crainte et dans l'amour de Dieu, faites de tous les jours de votre vie une Préparation à la mort, Quotidie morior ; et lors de ce moment terrible pour le pécheur ce sera la consolation de pouvoir dire avec le Prophète David : Qu'ai-je à désirer sur la terre sinon vous-même, mon Dieu ; Quid mihi est in cælo et a te quid volui super terram ; mon seul désir est d'être délivré de ce corps mortel-ci quis me liberabit de corpore mortis hujus? Quand donc arrivera ce moment heureux-là dans lequel je posséderai mon Dieu : quando veniam et apparebo ante faciem Dei? Voilà les sentiments de ceux qui ont travaillé pendant leur vie pour leur salut. Soyons Jésus-Christ et qu'il nous pardonne nos mères consolation -