In peccato vestro moriemini

Sermon bilingue — breton du XIXe siècle / traduction française

Breton

In peccato vestro moriemini. Mervel a reet ebars en o bicheit. Joan. 8.

Français

In peccato vestro moriemini. Vous mourrez dans votre péché. Jean. 8.

Mar nan deomp quet estonet o clevet ar chomsou-man deus an Aviel; comzo ar muian terrubl marteze a vez caout ebars er scritur santel; e zo ret laret penos nan deus gouirionez ebat bars er religion capabl da ober impression toarnomp. Evit nebet a reflexion a ran toarnezo, e on obliget d'en anzas, e ont evel don guery liic a dars curun bir a Doue d'am spouronne. In effet, Christen, nan deo quet maleurio public a annonce deomp Jésus-Christ; nan de quet guerio consumet gant an tan; nan de quet armeio dispannet en bese, Rouanez chasset deuant o drouy, nan deo quet Goannio, croajo, afflictiono; mad annonce a ra deomp ar maro trist a spontul deus ar pecher caledet. In peccato.

Si nous ne sommes pas étonnés en entendant ces paroles de l'Évangile ; paroles peut-être les plus terribles qu'on puisse trouver dans l'Écriture sainte ; il faut dire qu'il n'y a aucune vérité dans la religion capable de faire impression sur nous. Pour peu de réflexion que je fasse sur elles, je suis obligé de l'avouer, elles sont comme le bruit sourd et l'éclat de la foudre d'un Dieu courroucé pour m'épouvanter. En effet, chrétiens, ce ne sont pas des malheurs publics que nous annonce Jésus-Christ ; ce ne sont pas des villes consumées par le feu ; ce ne sont pas des armées détruites par le fer, des Rois chassés devant leur trône, ce ne sont pas des Gémissements, des croix, des afflictions ; mais il nous annonce la mort triste et épouvantable du pécheur endurci. In peccato.

Chetu aze ar zetanc deplorable prononcet enep da quen lies a becher pere en ecart fad o buezo deus an hent a gondu da Rouantelez an env. Executet eo bet ar zetanc terrubl-ze oues d'on herent, d'on mignoned, enep da quen lies a den biraon dud goelet o conduin voar an donaus eus tuch murbet.

Voici là la sentence déplorable prononcée contre tant de pécheurs qui s'écartent durant toute leur vie du chemin qui conduit au Royaume du ciel. Cette sentence terrible a été exécutée sur nos parents, sur nos amis, contre tant de gens qu'on a vus conduire vers l'abîme très rapidement.

Christen. Moas barnet int gant un Doue pehini eo ar source deus an oll justice. Goude a varo a reng etar ar becher malheuruz paraissin dirac a Doue, evit clevet ar zetanc deus e gondaonati. Ja, Christen. Aucun momet a reflexion voar guem-ze a zo capabl da lacat ar spont en on calon. Ar voel deus un den a vertel bars en e becheit a zo capabl d'on lacat da rruill da houlen pardon eus Doue a da laat hountat marv evel ar zant. Moas ar hoant da vertel evel ar zant nan deu quet atoalc'h, ret eo deomp beon evel mo dud betet ar zant. Pus tuch criminel ac eus maro santel a ro daou dra ac enem gat ratamant assembler. Nan, Nan, Christen, eur buez tremenet bars er pechet, na fin ordinal nemet dre eur maro malheuruz.

Chrétiens. Mais ils sont jugés par un Dieu qui est la source de toute justice. Après la mort le pécheur malheureux doit paraître devant Dieu, pour entendre la sentence de sa condamnation. Oui, chrétiens. Un seul moment de réflexion sur cela est capable de mettre l'effroi dans notre cœur. La vue d'un homme qui meurt dans son péché est capable de nous faire tomber à genoux pour demander pardon à Dieu et de nous faire souhaiter de mourir comme le saint. Mais le désir de mourir comme le saint ne suffit pas, il nous faut vivre comme les gens qui ont été saints. Car une personne criminelle et une mort sainte sont deux choses qui s'assemblent rarement. Non, Non, chrétiens, une vie passée dans le péché, ne finit d'ordinaire que par une mort malheureuse.

Mervel a reet evel mo pezo bevet ; (betaye ret bars er pechet, mervel a reet bars er pechet ar maro a zo hantal ous ar buez).

Vous mourrez comme vous aurez vécu ; (si vous avez vécu dans le péché, vous mourrez dans le péché car la mort est semblable à la vie).

Mem bermadomp eta penos enem que fcomp en heur on maro ar bis a reomp betepad on buez. A concluomp deus a guem-ze, penos e zo poent deomp beon erfad, evit enem bresari da gatout eur maro mad. Fliget gant Doue according deomp ar hras-ze !!!

Ne nous trompons donc pas sur le fait que nous nous retrouvons à l'heure de notre mort tels que nous avons été pendant notre vie. Et concluons de cela, qu'il est temps pour nous de bien vivre, pour nous préparer à avoir une bonne mort. Qu'il plaise à Dieu de nous accorder cette grâce !!!

Ja, Christen, mervel a reomp evel m'on dezo bevet; mar bevomp ebars er bicheit, e verfomp bars er bicheit. Un maro a zo hantal ous ar buez, ar scritur santel, an tado santel.

Oui, chrétiens, nous mourons comme nous aurons vécu ; si nous vivons dans le péché, nous mourrons dans le péché. Une mort est semblable à la vie, l'Écriture sainte, les saints pères.

Consultomp ar brofetet voar ar vouirionez-man. O c'hui, eme ar Profet Isaï, pere a zo carguet da annonce comzo Doue et ac annonceet d'ar bobl fidel diou vouirionez important. Enem adresset da quentan d'an den just ac annonceet deyan eur vouirionez consolant: leret deyan bean en bue hac en repos penoseman bars en hent mad: Dicite justo quoniam bene. Se a vezo paour pe pinvidic, clañv pe iac'h, caret pe persecutet, henoret pe mepriset, consolet an den vertuzus-ze, a leret deyan abeurz Doue penos e stad a vo meurbet curius: Dicite justo quoniam bene. Perac? Rac arruout a raio an amzer, ac an amzer-ze eo hini ar maro, ac e recevo ar recompance deus e vertuio a Deus e oll autro mad. Quoniam fructum adinventionum suarum comedet. Bevet an deus en gra Doue; mervel a raio bars en e bue hac en e garantez, ac e varo a vezo ar hommancamant deus e eurustet eternel. Mas deus ar hoste all, a lavar ar mames profet d'ar bredicatoret; et da gatout ar becherien a leret dezo gant an nerz ac ar liberté a ro d'ach an Aviel: malheus, anathème eternel voar ar becherien obstinit. Væ impio in malum. Mal a leret marteze: ar becherien se sere a bevon dre abeurz Doue a zo quen euruz, quen pinvidic, quen puissant, quen contant; o oll desio a zo exaucet. Nan deus fors, eme ar profet: leret dezo abeurz Doue: malheur d'ar re a dransgress gourchemenno Doue. Rac arruout a raio an amzer ac an amzer-ze eo hini ar maro, in pehini ar pecher malheuruz a recevo ar bunitio deus e oll grimo. Retributio enim manuum ejus fiet ei.

Consultons les prophètes sur cette vérité. Ô vous, dit le Prophète Isaïe, qui êtes chargés d'annoncer les paroles de Dieu, allez et annoncez au peuple fidèle deux vérités importantes. Adressez-vous d'abord à l'homme juste et annoncez-lui une vérité consolante : dites-lui d'être en paix et en repos car il est sur le bon chemin : Dicite justo quoniam bene. Qu'il soit pauvre ou riche, malade ou sain, aimé ou persécuté, honoré ou méprisé, consolez cet homme vertueux-là, et dites-lui de la part de Dieu que son état sera fort heureux : Dicite justo quoniam bene. Pourquoi ? Parce que le temps viendra, et ce temps-là est celui de la mort, et il recevra la récompense de ses vertus et de toutes ses bonnes actions. Quoniam fructum adinventionum suarum comedet. Il a vécu dans la grâce de Dieu ; il mourra dans sa paix et dans son amour, et sa mort sera le commencement de son bonheur éternel. Mais d'un autre côté, dit le même prophète aux prédicateurs ; allez trouver les pécheurs et dites-leur avec la force et la liberté que vous donne l'Évangile : malheur, anathème éternel sur les pécheurs obstinés. Væ impio in malum. Mais vous direz peut-être : ces pécheurs-là qui vivent loin de Dieu sont si heureux, si riches, si puissants, si contents ; tous leurs désirs sont exaucés. Peu importe, dit le prophète : dites-leur de la part de Dieu : malheur à ceux qui transgressent les commandements de Dieu. Car le temps viendra et ce temps-là est celui de la mort, dans lequel le pécheur malheureux recevra les punitions de tous ses crimes. Retributio enim manuum ejus fiet ei.

Doue, a lavar Moyses d'ar bobl a Jude, Doue a lez ahanoc'h da jouissan en beuc'h d'un ar frauz deus o pecheyo. Ha lacat netra; terrin a ra e daoulagad voar o dizurzo; a quem et se a deu d'o consolin: mad hoas eun neubet a amzer. En heur o maro, an Doue-ze, breman quen patiant, quen mad, quen misericordius, a vezo un Doue just a terrubl en e vanqueance. Neuze a refet gant a var dous o pecheyo tremenet ac ar pecheyo se a vezo caus d'on malheur. Cadetis inter ruinas idolorum vestrorum. Ja, Christen, an orgouil se pehini eo an hic doue penmonigron ar sonjeo, an desrio fall, pere a voeilt hem det on halon: ar madose oar bere e ouchit attachut.

Dieu, dit Moïse au peuple de Judée, Dieu vous laisse jouir en paix des fruits de vos péchés. Il ne dit rien ; il ferme les yeux sur vos désordres ; et cela vient vous consoler : mais encore un peu de temps. À l'heure de leur mort, ce Dieu-là, maintenant si patient, si bon, si miséricordieux, sera un Dieu juste et terrible dans sa vengeance. Alors vous ferez face à l'amertume de vos péchés passés et ces péchés-là seront la cause de votre malheur. Cadetis inter ruinas idolorum vestrorum. Oui, chrétiens, cet orgueil qui est le dieu principal des pensées, les désirs mauvais, qui sont vus à l'intérieur de notre cœur : ces biens-là auxquels vous êtes attachés.

On oll bassiono a hotora ahanomp a var ac a confusion, en on heur dileran. Sevel a raint enep deomp, accuzin a raint ahanomp dirac an tribunal redoutabl deus on Doue. Cadetis inter ruinas idolorum etc.

Toutes nos passions nous entoureront de honte et de confusion, à notre dernière heure. Elles s'élèveront contre nous, elles nous accuseront devant le tribunal redoutable de notre Dieu. Cadetis inter ruinas idolorum etc.

Chetu clevet a reomp-ni, becherien, mervel a reomp evel m'on dezo bevet. Caot on dezo speret fpad on buez: enem divertissomp; profetomp deus ar tado, a henouio, a blijadurezo ar bed; consacromp on iaouanquit ac an deio caër deus on buez d'on blijadurezo, a laisomp Doue ac ar religion. Mas un neubet a batiantet, ac eur maro funust a vezo ar bunitio deus on buez dizordren. Clevet a ran Doue a baret dre beno e brofet: O hui pere a ancora Doue fpad opurz, evit rede voarlerc'h ar vanite ac an dromflerez, pequen bras eo o tallidiguez!!! Na vout quet ignorin penos e changin o teio a joa ac a blijadur, en deio a boan, a dristidiguez ac a ganto. En heur o maro na vezo nemet glac'har a disesper: et sonam novissima illius quasi diem amarum. Ar pecher a dremen e buez o servijin ar bed; ana sonf quet penos dindan un neubet deio a finisso etuek, ac e vezo douguet deus e voele d'ar veret, a deus a gread e blijadurezo, bars en eternite malurul. Maro trist a deplorable; sortach eur tuchumant bars er pechet; accomplissumant comzo Doue a unan: In peccato etc.

Voilà, nous entendons, pécheurs, nous mourons comme nous aurons vécu. Nous avons eu l'esprit pendant notre vie (à dire) : divertissons-nous ; profitons des fêtes, des honneurs, des plaisirs du monde ; consacrons notre jeunesse et les beaux jours de notre vie à nos plaisirs, et laissons Dieu et la religion. Mais un peu de patience, et une mort funeste sera la punition de notre vie désordonnée. J'entends Dieu parler par la bouche de son prophète : Ô vous qui ignorez Dieu pendant votre vie, pour courir après la vanité et la tromperie, combien grand est votre aveuglement !!! Ne pas ignorer comment je changerai vos jours de joie et de plaisir, en jours de peine, de tristesse et de pleurs. À l'heure de votre mort il n'y aura que chagrin et désespoir : et sonam novissima illius quasi diem amarum. Le pécheur passe sa vie à servir le monde ; il ne pense pas que dans quelques jours cela finira ainsi, et il sera porté de son lit au cimetière, et du milieu de ses plaisirs, dans l'éternité malheureuse. Mort triste et déplorable ; sort d'un homme (qui reste) dans le péché ; accomplissement des paroles de Dieu lui-même : In peccato etc.

Goulenomp digant Sant Augustin santifiait voar ar vouirionez-man, ar pe zo deomp eur breuven scler deus aquemet-ze. Na veet quet scandaliset, a lavar deomp an Doctor bras-ze pa voelat ar pecher contant ac euruz voar an douar. Doue, en heur e varo, a bunisso anean due a bac'hejo, un Deus a vuez impenitant: Seblantout a ra anconact anezan epade vuez; mad bean an dud e eternite evit e bunissan. Voelat a ret, eme ma bugale, an den euruz-ze deus ar bed; voelat a ret penos Doue na refuz deyan netra; e oll vario, e oll desrio a zo accomplissit; bean oc'h eus anti ouse sort: Videtis videntem: Mas voelat anezan o vervel, ac o pezo brientay saisiit a razet gant ar spont o voelet e gathemat. Cagita morientem. Ancouact ar pe e eo bet epad e buez; ancouact e tado, e honouio, e blijadurezo: sellet ar pe a gass gantan dirac Doue ac e veet spouronnet: quid secum tollat attendite.

Demandons à Saint Augustin sanctifié sur cette vérité, ce qui est pour nous une preuve claire de cela. Ne soyez pas scandalisés, nous dit ce grand Docteur quand vous voyez le pécheur content et heureux sur la terre. Dieu, à l'heure de sa mort, le punira de ses péchés, un Dieu d'une vie impénitente : Il semble l'oublier pendant sa vie ; mais il est là dans l'éternité pour le punir. Vous voyez, dit-il mes enfants, cet homme heureux du monde ; vous voyez que Dieu ne lui refuse rien ; tous ses vœux, tous ses désirs sont accomplis ; vous en avez beaucoup de cette sorte : Videtis videntem : Mais voyez-le mourant, et vous serez peut-être saisis et remplis d'effroi en voyant sa fin. Cagita morientem. Oublié ce qu'il a été pendant sa vie ; oubliés ses fêtes, ses honneurs, ses plaisirs : regardez ce qu'il emporte avec lui devant Dieu et vous serez épouvantés : quid secum tollat attendite.

Sera a gass gantan, Christen? Petra eo daouarn a autro mad ac a vertuio? Enem dromplan a ran. Paun int a bacheyo, a injustic, a vedisanco, a habitujo criminel. Nan deus netra a quem et a affo in rentis uetrel, n'agoss gantan dirac e varnil, nemet ar pe a dle ober e valeur ac e gondaonation evit an eternite. Et ipsi peccata sua sequntur. Voelat-uet hoas eus poent quen important nan deomp quet caout re a autoritao.

Qu'emporte-t-il avec lui, chrétiens ? Est-ce des mains de bonnes actions et de vertus ? Je me trompe. Elles sont pleines de péchés, d'injustices, de médisances, d'habitudes criminelles. Il n'y a rien de cela qui puisse lui servir, il n'emporte avec lui devant son juge, que ce qui doit faire son malheur et sa condamnation pour l'éternité. Et ipsi peccata sua sequntur. Pour voir encore sur un point si important nous ne saurions avoir trop d'autorités.

Consultomp eta hoas Sant Jerom, an den-se quen savant, a quen recommandabl: Sera a responfo deomp? Allas, rein a raio deomp eur responf propo da lacat en calon ar pecher caledet, ar spont ac ar gonsternation. An amzer ma voa an tad santel man deus an ilis, en e vouele voar ar poent da vertel, a da baressin dirac Doue. Disquibien an dacro en o daoulagad, a deuai d'en supplian da laret dezo pehini a voa ar vouirionez deus ar religion pehini e voa ar muian certen. Remarquomp erfad penose voa an Doctor santel en etacle a varo, da laret eo, doud en amzer en pehini, e voelat an treo gant daoulagad ue ac ar religion. Ma bugale, emean, o laras da disquibien pere a voa en o zat en dro da voele: ma bugale emean, ous nem huanadin: convoar ar poent da vertel-ma ina a ze voar ar poent da sortial deus ma horf evit paressin dirac Doue a bean barnet. Mas pa desiret e teuen hoas hirie d'o instrui; pa desiret laren d'ac'h oroc mervel pehini eo ar vouirionez e deus groit ar muian impression voarnon f'hitu aman ma hridema ma tantu. Credin a ran, ac en credin f. Douetan debet penos deus a gant mil den a vezo bevet fal a bean unan a n'ez-o bevet evel ar zant. A cer na songeet quet penos e laran d'ac'h treon dre un da vouirionez, a penos mis hleuet, ar bue ac ar voel Doue ar maro, a deu d'o affoiblir a da droublay m'osperet. Laran d'ac'h penos e creden quement-se oroc ma on deut da gouec'h clañv hoc tenes; a laret a ran ite d'ac'h emeus disquet ar vouirionez-se dre experianc. Hanter cant vloar zo e hon belec; ac epad an amzer-ze emeus gallet meurian anavant, affroton dissan dispositiono ar becher hoc multipl experianti d'idie. Ja, ma bugale, emean, a laras ous n'em vouelan, Deus a gant mil den pere a n'ez-o betet bars en disurs ac er pechet, a bean a vezo cat unan pehini a verito mervel un den just. Vix meretur habere indulgentiam a Deo unus.

Consultons donc encore Saint Jérôme, cet homme si savant, et si recommandable : Que nous répondra-t-il ? Hélas, il nous donnera une réponse propre à mettre dans le cœur du pécheur endurci, l'effroi et la consternation. Au temps où ce saint père de l'église était sur son lit sur le point de mourir, et de paraître devant Dieu. Des disciples les larmes aux yeux, venaient le supplier de leur dire quelle était la vérité de la religion qui était la plus certaine. Remarquons bien comment était le saint Docteur dans l'état de mort, c'est-à-dire, arrivé au temps où l'on voit les choses avec les yeux de la foi et de la religion. Mes enfants, dit-il, il dit à ses disciples qui étaient debout autour de son lit : mes enfants dit-il, en soupirant : Je suis sur le point de mourir, mon âme est sur le point de sortir de mon corps pour paraître devant Dieu et être jugé. Mais puisque vous désirez que je vienne encore aujourd'hui vous instruire ; puisque vous désirez que je vous dise avant de mourir quelle est la vérité qui a fait le plus d'impression sur moi, voici ici mes frissons et mes craintes. Je crois, et je le crois sans en douter aucunement, que de cent mille personnes qui auront mal vécu, à peine une seule aura vécu comme le saint. Et certes ne pensez pas que je vous dis des choses par un simulacre de vérité, et quand j'écoute, la vie et la volonté de Dieu sur la mort, cela vient m'affaiblir et troubler mon esprit. Je vous dis que je croyais tout cela avant d'être tombé malade de cette maladie ; et je vous dis aussi que j'ai appris cette vérité par expérience. Il y a cinquante ans que je suis prêtre ; et pendant ce temps-là j'ai pu souvent observer, affronter les dispositions du pécheur avec de multiples expériences jusqu'ici. Oui, mes enfants, dit-il, en pleurant, De cent mille personnes qui auront été dans le désordre et le péché, à peine s'en trouvera-t-il une seule qui méritera de mourir comme un homme juste. Vix meretur habere indulgentiam a Deo unus.

Santimant an tad santel-man, den an ilis a zo schær meurbet a nan deus quet ezom a explication. Mar deomp eta becherien, mar deomp bars en un habitude fall benac, mar on deus desir d'avetay sortial er pecher malheuruz, deomp adalic hirie labourat da n'em gorrigean a da n'em laqueet en gra gant Doue. Rac mar continuomp bete on heur dileran da offancin Doue marte lamant dre habitude a dre affection, seie an deus laret deomp e vehonf deut a gant mil den, an den privileguiet-ze pehini an dezo marteze hoad, ar bonheur da vertel erfad?

Le sentiment de ce saint père, homme de l'église, est fort clair et n'a pas besoin d'explication. Si nous sommes donc pécheurs, si nous sommes dans quelque mauvaise habitude, si nous avons le désir d'en sortir de ce péché malheureux, allons dès aujourd'hui travailler à nous corriger et à nous mettre en grâce avec Dieu. Car si nous continuons jusqu'à notre dernière heure à offenser Dieu par habitude et par affection, s'il nous a été dit que nous serions sur cent mille personnes, cet homme privilégié-là qui aura peut-être eu le bonheur de bien mourir ?

Mar desiret ræsoniou evit prouvin ar mames gouirionez: chetu amay. Sera eo ar maro a lavar an Abostol Sant Paul: ar maro eo ar terrere deus ar pe on deus hadet fpad on buez; an den na zacro nemet ar pe an dezo hadet quae enim seminaverit homo, haec et metet. Evel ma eo impossibl d'ar spern rein raisin, d'an dreine rein figuez, evel se ivet eus eur a bechet na all quet douguen ar fruez deus eur maro mad. Mar na hadomp eta breman nemet pechet, ac autro a detaligen, na lerromp Ivez en heur on maro nemet dar freus funust a pernicius on dezo hadet fpad on buez: arasti impietatem, iniquitatem messuistis.

Si vous désirez des raisons pour prouver la même vérité : les voici. Qu'est-ce que la mort, dit l'Apôtre Saint Paul : la mort est la moisson de ce que nous avons semé pendant notre vie ; l'homme ne récolte que ce qu'il a semé quae enim seminaverit homo, haec et metet. Comme il est impossible à l'épine de donner du raisin, aux ronces de donner des figues, ainsi également d'un péché on ne peut porter les fruits d'une bonne mort. Si nous ne semons donc maintenant que péchés, et autres futilités, nous ne récolterons également à l'heure de notre mort que les fruits funestes et pernicieux que nous aurons semés pendant notre vie : arasti impietatem, iniquitatem messuistis.

Rac perac a zo ret da obel evit mervel santelamant? Evit mervel santelamant e zo ret mervel er pechet ac er attach ous ar pechet: ret eo bean effacet on pecheyo dre eur gouir binigen: ret eo bean satisfet da justice Doue; ret eo bean vizzouennet d'eul on halon e oll desrio, oll affectiono criminel. Ret eo mervel dispont da soufr mil maro quent evit commetin eur pechet mortal; evit mervel santelamant e zo ret mervel leun a fe, leun a esperanc, leun a garantez evit Doue, leun a garantez evit on nissan. Or, en goulen a ran diguenac'h, penos e allo ar pecher anterny enem momet bars en dispositiono se pere n'an deus jamas pratiquet penos an deud marteze bisoas anauut? Penos en eun instant chanch a vuez, a inclinationo, a sonjeo, a desrio, a habitujo? Penos caret Doue, behini on deus blasphemet bete on heur dileran? Penos sonjal ebars en Env, pehini on dud marteze meprisit. Penos pidin pa n'on deus bisoas goutet en obel? Penos goelaet on ine goloet a bacheyo a boue tto, tto zo, bo la to. Allas nan:

Car pourquoi faut-il faire pour mourir saintement ? Pour mourir saintement il faut mourir (au) péché et à l'attachement au péché : il faut avoir effacé nos péchés par une vraie pénitence ; il faut avoir satisfait à la justice de Dieu ; il faut avoir banni de notre cœur tous ses désirs, toutes ses affections criminelles. Il faut être prêt à souffrir mille morts plutôt que de commettre un péché mortel ; pour mourir saintement il faut mourir plein de foi, plein d'espérance, plein d'amour pour Dieu, plein d'amour pour son prochain. Or, je vous demande, comment le pécheur pourra-t-il entrer en un moment dans ces dispositions qu'il n'a jamais pratiquées qu'il n'a peut-être jamais connues ? Comment en un instant changer de vie, d'inclinations, de pensées, de désirs, d'habitudes ? Comment aimer Dieu, que nous avons blasphémé jusqu'à notre dernière heure ? Comment penser au Ciel, que nous avons peut-être méprisé. Comment prier quand nous n'avons jamais goûté de le faire ? Comment pleurer notre âme couverte de péchés depuis longtemps ? Hélas non :

ac en esperin, a nez ignoren penos eur maro santel a zo ar hrac ar muian caer a accord Doue d'e zervigerien fidel. In esperin a re ignoren penos eur maro santel a zo ar fruez deus eur vuez a binigen, a mortification, a vertuio ac a autro mad. Eur maro santel a zo eur gueronen brillant reservet ebars en env evit ar re o dezo evit gloar Doue combatet ar bed, an Doue spirit, ac o fassiono; ar gueronen-ze nan deo quet da deis, ana n'ez accordet nemet d'ar perseveran. Maro deplorable ar fur Salomon a dle ober egnan ar re ar muian just a muian santel. A hrui, ma bugale gristen, goude beon tremenet o buez er pechet a esper obten eur hras quen caer? Disviallet da gentan ze voar vadeliz Doue: ar maro a zo hantal ous ar buez; an experianc d'on bront humdud.

et en espérant, ne pas ignorer qu'une mort sainte est la grâce la plus belle qu'accorde Dieu à ses serviteurs fidèles. En espérant et en n'ignorant pas qu'une mort sainte est le fruit d'une vie de pénitence, de mortification, de vertus et de bonnes actions. Une mort sainte est une couronne brillante réservée dans le ciel pour ceux qui auront pour la gloire de Dieu combattu le monde, le mauvais esprit, et leurs passions ; cette couronne-là n'est pas pour tous, elle n'est accordée qu'à la persévérance. La mort déplorable du sage Salomon doit faire réfléchir les plus justes et les plus saints. Et aujourd'hui, mes frères chrétiens, après avoir passé votre vie dans le péché vous espérez obtenir une grâce si belle ? Détrompez-vous d'abord sur la bonté de Dieu : la mort est semblable à la vie ; l'expérience nous l'apprend.

En pe lore stad e varr quen lies a becherien a voelomp bemdez o tisparissin dindan on daoulagad? Nan deo quet e apparehant d'o barn; barnet int gant eun Doue leun a justice, ac a bep sort perfectionou. Mad permettet din crenan voar o sod evit an eternite.

Dans quel triste état meurent tant de pécheurs que nous voyons chaque jour disparaître sous nos yeux ? Ce n'est pas qu'ils ne soient prêts pour leur jugement ; ils sont jugés par un Dieu plein de justice, et de toutes sortes de perfections. Mais permettez-moi de trembler sur leur sort pour l'éternité.

Na gomzan quet deus a quen lies a becherien a zo surprenet gant ar maro en crois o dizurzo, ep gad lacat urs en o bconscians. Nac a den vindicatif a barass dirac Doue ep eus reconciliation sincer a gouirion? Nac a den afar ep bean distag a galon deus a treo ar bed? Nac a den impudic a vouete ar bez an tan impur pehini an deus on devoret fpad e vuez? Nac a becher goude bean bevet ep fe na religion, ep conscians na Doue queng Doue a varr en disesper evel Judas a Cayn? Ja vas maro, eo an nombr sac ar græsuited Doue on bachefou evit gallout esperin ar pardon. Major est iniquitas mea quam ut veniam merear.

Je ne parle pas de tant de pécheurs qui sont surpris par la mort au milieu de leurs désordres, sans avoir mis d'ordre dans leur conscience. Combien de gens vindicatifs paraissent devant Dieu sans réconciliation sincère et véritable ? Combien d'hommes d'affaires sans être détachés de cœur des choses du monde ? Combien d'impudiques emportent au tombeau le feu impur qui les a dévorés pendant leur vie ? Combien de pécheurs après avoir vécu sans foi ni religion, sans conscience ni Dieu, un tel Dieu meurent dans le désespoir comme Judas et Caïn ? Oui dans la mort, c'est le nombre de ceux qui rejettent les grâces de Dieu pour leurs péchés pour pouvoir espérer le pardon. Major est iniquitas mea quam ut veniam merear.

Ana deut quet da laret, evit tranquillisan o conscians penos ar laër Doue a zo marvet en gra gant Doue, a penos eallet esperin ar mames favor. Gouir eo, a lavar Sant Ambroas, ar laër Doue a zo marvet evel eur zant goude beon bevet en reprovit. Mas pequoulse eo marvet? In amser ar miraclo; da lare a vles ober actiono burudus evit henoring maro e vap unic: d'alcas ar bed a rengue caout eur mirau evit prouvin e voa Doue. Mas piton drout on Doue da hortos abeurz Jésus-Christ eur miracl quen bras, goude m'on dezo meprisit e hraso epad on buez? Pelech e marvet? ous coste Jésus-Christ: arront gant goad salver ar bed. Na glene comz nemet Doue a gonterron ar laër Doue: mas seromp-ni hoas ar haltar, a totomp on daoulagad er hoste all deus ar groat. Sera a voelomp-ni? Gouelet a reomp eur pecher malurul, daved ar maro subit ar bed, en deir bras deus a vadeliz Doue, en deir ma tiscue deomp e garantez dreint e vertu, en deir ma teue goulio Jésus-Christ da houlen gras a misericord evit ar becher, ma huer voa da rede evit silsidiguez ar bed; ebars en cun deir quen bras a quen memorabl, e voelomp eur pecher o vertel ous coste Jésus-Christ ebarren e pechet ac evel eur reprovit. Pequen terrubl a pequen spontul eo justice un Doue! An exempl-man a dle prouvin deomp mui ous mui penos ar maro a zo hantal ous ar buez.

N'allez pas dire, pour tranquilliser votre conscience que le bon larron est mort en grâce avec Dieu, et que vous pouvez espérer la même faveur. Il est vrai, dit Saint Ambroise, que le bon larron est mort comme un saint après avoir vécu en réprouvé. Mais quand est-il mort ? Au temps des miracles ; c'est-à-dire qu'il voulait faire des actions merveilleuses pour honorer la mort de son fils unique : alors le monde devait avoir un miracle pour prouver qu'il était Dieu. Mais quel droit avons-nous d'attendre de la part de Jésus-Christ un miracle si grand, après que nous avons méprisé ses grâces pendant notre vie ? Où est-il mort ? À côté de Jésus-Christ : arrosé par le sang du sauveur du monde. Il n'entendait parler que de Dieu et de la conversion du bon larron : mais laissons là le calvaire, et jetons nos yeux de l'autre côté de la croix. Que verrons-nous ? Nous voyons un pécheur malheureux, face à la mort subite du monde, dans le grand jour de la bonté de Dieu, au jour où il nous montre son amour par sa vertu, au jour où les plaies de Jésus-Christ venaient demander grâce et miséricorde pour le pécheur, où son sang coulait pour le salut du monde ; dans un jour si grand et si mémorable, nous voyons un pécheur mourir à côté de Jésus-Christ dans son péché et comme un réprouvé. Combien terrible et combien épouvantable est la justice d'un Dieu ! Cet exemple-là doit nous prouver de plus en plus que la mort est semblable à la vie.

Mas a lerect marteze hoas: goelet a raomp bemdeiz pecherien vras o vertel evel zant, goude bean tremenet o buez ebars en disurs; evit sera emeoc'h, lemel diguenomp an esperanc da obten ar mames gra? Doue an deus accordet eur hras caer d'ar pecher-se; recevet an deus e oll sacramancho, gant eur fe ac eur religion pere o deus groit d'an assistontet reuill dairo: confessait an deus e bacheyo, gant cals a glac'har ac a gontrition; Roet an deus cals a rado d'ar becherien: reparet an deus ar scandal an deus roet dre gomzo louchant meurbet goelet eo o trieta e gruifi mil a mil goet gant ar brassan devotion. Netra a reel etc. Mas bean a meur na vez differant jusamancho Doue daut ora: Doue ameus nan deve laqueet ar siel d'e reprobation, o receo eur sacramant pehini an dezo recevit quen neubet a voel epad e vuez; bean ameus petra reze cos d'e vaero. Piquet an Doue d'e gruifi gant eur devotion touchant; mas pelech eman ar breuven diriatus atoalc'h evit outrajin en heur e varo un instrumant respectable Doue on silsidiguez?

Mais vous direz peut-être encore : nous voyons tous les jours de grands pécheurs mourir comme des saints, après avoir passé leur vie dans le désordre ; pour cela direz-vous, nous enlever l'espérance d'obtenir la même grâce ? Dieu a accordé une belle grâce à ce pécheur-là ; il a reçu tous ses sacrements, avec une foi et une religion qui ont fait couler les larmes des assistants : il a confessé ses péchés, avec beaucoup de chagrin et de contrition ; Il a donné beaucoup d'aumônes aux pécheurs : il a réparé le scandale qu'il a donné par des paroles très touchantes ; on le voit baisant son crucifix mille et mille fois avec la plus grande dévotion. Rien à faire etc. Mais il se peut que les jugements de Dieu soient différents des nôtres : Il se peut que Dieu ait mis le sceau de sa réprobation, en recevant un sacrement qu'il a reçu avec si peu de foi pendant sa vie ; il se peut que ce soit la cause de sa mort. Attaché à son crucifix avec une dévotion touchante ; mais où est la preuve suffisante pour ne pas outrager à l'heure de sa mort un instrument respectable de Dieu pour notre salut ?

Chetu aman hoas eur breuven deus an disfian a dlear da gad deus a dispositiono eur pecher en heur deve e varo. Phet oc'h marteze clañv en o voe benac. En pe lore dispositiono e voac'h epad e clevit? Nac a santimancho a devotion, nac uanad teus ac on env, nac a resolution da voelloc'h servijin Doue m'ar plige gantan rein d'ac'h ar iechet? Dus o credin e tlacch bean sant goude o clevet. Enfin Doue leun a vadeliz an deus bet truez ouzoch; laqueit an deus fin d'o clenset; roet an deus d'ac'h on erlac o iechet. Mas ac hrui a zo deut da vezan goalloc'h ac hrui a zo enemgonvertisset? Allas nan. Marteze o man e omp muioch disurz evit quent.

Voici ici encore une preuve de la méfiance qu'on doit avoir des dispositions d'un pécheur à l'heure de sa mort. Vous avez été peut-être malades dans votre lit à un moment. Dans quelles dispositions étiez-vous pendant votre maladie ? Combien de sentiments de dévotion, combien de soupirs vers le ciel, combien de résolutions de mieux servir Dieu s'il lui plaisait de vous rendre la santé ? À vous croire vous deviez être des saints après votre maladie. Enfin Dieu plein de bonté a eu pitié de vous ; il a mis fin à votre maladie ; il vous a rendu la santé. Mais aujourd'hui êtes-vous devenus meilleurs et vous êtes-vous convertis ? Hélas non. Peut-être même sommes-nous plus désordonnés qu'auparavant.

Finissomp Christen, a concluomp gant an abostol Sant Paul penos ar maro a zo ordinal conform d'ar vues a penos m'as on deus betet pecherien, e verfomp pecherien. Seblantout a ra din goelet eur spectacl deplorable meurbet: sellantout a ra din goelet ar pecher voar ar poent da vertel. Becherien-ni o num deomp da voelat eur spectail quen deplorable: Sortuomp da voelet pequen trist, pequen hoero eo mervel goude bean abandonnit Doue ac ar religion. E speret a zo troublet o voelet o sortait an heur deus e varo; e droulagad a zo anted varo; e visage e deus collet e liou ac e quenet, e vemfro a zo ien a relacet. Da biou an dezo recours ebars en eur bositiou quen trist? Allas epad e vuez nan deus groit nemet offansin Doue: ar voel deus ar hrucifx pehini a bu santer bean a zo etitan un tol clefè; na voel ebard en objet adorable se, nemet an arret Doue e gondaonation. Mar sel teur voar an env en goel serret evitan. O Doue, lustar situation !!! Entrelant a teu da vervel. Pine pehini na varto birviquen, a behini a vezo eternellamant euruil. Valurus a sorti deus a gorf ar pecher maluruz-ze. Pelech monet, pelech enem goach? Allas renquet e vraio enem brosantin dirac tribunal Doue, evit bean contontet, barnet a condaonet: mortuus est et sepultus est in inferno.

Finissons chrétiens, et concluons avec l'apôtre Saint Paul que la mort est d'ordinaire conforme à la vie et que si nous avons été pécheurs, nous mourrons pécheurs. Il me semble voir un spectacle très déplorable : il me semble voir le pécheur sur le point de mourir. Nous pécheurs, allons voir un spectacle si déplorable : Sortons pour voir combien il est triste, combien il est amer de mourir après avoir abandonné Dieu et la religion. Son esprit est troublé en voyant approcher l'heure de sa mort ; ses yeux sont vitreux de mort ; son visage a perdu sa couleur et sa beauté, ses membres sont froids et relâchés. À qui aura-t-il recours dans une position si triste ? Hélas pendant sa vie il n'a fait qu'offenser Dieu : la vue du crucifix qu'il sent près de lui est pour lui un coup d'épée ; il ne voit dans cet objet adorable là, que l'arrêt de Dieu pour sa condamnation. S'il jette un regard vers le ciel il le voit fermé pour lui. Ô Dieu, affreuse situation !!! Cependant il vient à mourir. L'âme qui ne mourra jamais, et qui sera éternellement malheureuse. Malheureuse elle sort du corps de ce pécheur malheureux-là. Où aller, où se cacher ? Hélas il lui faudra se présenter devant le tribunal de Dieu, pour être jugé et condamné : mortuus est et sepultus est in inferno.

Iilis Jésus-Christ na bedet pelloc'h evetan, condaonet eo gant ar justice redoutabl deus ma Doue! Na quemeret quet o ornamancho a ganto evit goelay, muel quemeret quentoc'h o ornamancho a joa. Deliveret oc'h deus un adversoud pehini nan deus groit nemet o meprisan epad e vuez!

Église de Jésus-Christ ne priez plus pour lui, il est condamné par la justice redoutable de mon Dieu ! Ne prenez pas vos ornements de deuil pour pleurer, mais prenez plutôt vos ornements de joie. Vous êtes délivrée d'un adversaire qui n'a fait que vous mépriser pendant sa vie !

Pequen terribl eo mervel en disgraz a Doue, mervel un objet a horru evit an dud; abandonnet gant ar Verches, gant ar Zant, gant an ilis on mam. Mar on deus hoant da evitan eur maro quen redoutable deomp just, continuomp da bratican ar vertu mar deomp becherien, commancomp adalic hirie d'e chench a buez; renoncomp d'ar pechet, coressionp anezan gant eur gouir queus ac un gouir glac'har d'en bezan commetet. Disquiennomp a speret deus er prison-se a d'on dertinet da vezan demeurans ar pecher epad an eternite. Laqueomp on silsidiguez dindan protection ar Verches on mam: bedomp, ma padomp gant humilité, confianc a perseveranc. Goulenomp bemdez eus Doue ar hras da vertel evel ma eo marret ar zant etc. A. S. J.

Combien il est terrible de mourir en disgrâce de Dieu, de mourir objet d'horreur pour les gens ; abandonné par la Vierge, par les Saints, par l'église notre mère. Si nous avons envie d'éviter une mort si redoutable pour nous justement, continuons à pratiquer la vertu si nous sommes pécheurs, commençons dès aujourd'hui à changer de vie ; renonçons au péché, corrigeons-le avec un vrai regret et un vrai chagrin de l'avoir commis. Descendons en esprit dans cette prison qui est destinée à être la demeure du pécheur pendant l'éternité. Mettons notre salut sous la protection de la Vierge notre mère : prions, tant que nous prions avec humilité, confiance et persévérance. Demandons chaque jour à Dieu la grâce de mourir comme est mort le saint etc. Ainsi Soit-il.