Nemo potest duobus dominis servire Naell den servichin daou vestr assambles

Sermon bilingue — breton du XIXe siècle / traduction française

Breton

Nemo potest duobus dominis servire Naell den servichin daou vestr assambles. Matthieu 6. 24.

Français

Nemo potest duobus dominis servire Nul homme ne peut servir deux maîtres ensemble. Matthieu 6. 24.

Chetu aze ar jugeamant en deus prononçet Jésus-Christ a unan enep d'an dud le deuet a behed ar galon a zo partaget etre Doue ac ar bed. Nemo potest duobus dominis servire. Quentel interessant ac instructif evit ar gristen behini n'an deus nemet te dougeanch Doue. Heuil ar bed a da abandonnin Doue. Quentel quen guirion a quen certen, quen a deu an Apostol Saint Jacques da laret deomp penos e teuomp da garout Doue a vên offansin pa deuomp da garout ar bed a da n'em attachen ontan Amicitia hujus mundi inimica est Dei. A han-tave da anaon penos amini an deus hoant da vean mignon d'ar bed, a deu d'an'em ober ennem Doue : Quicumque ergo voluerit amicus esse sæculi hujus, inimicus Dei constituitur. Saint Jean dre interêt evit on silvidiguez a avertiss ahanomp da nompas caret ar bed ac ar bez a zo er bed nolite diligere mundum neque ea quæ in mundo sunt.

Voici là le jugement qu'a prononcé Jésus-Christ contre les gens dont le cœur est partagé entre Dieu et le monde. Nemo potest duobus dominis servire. Leçon intéressante et instructive pour le chrétien qui n'a que la crainte de Dieu. Suivre le monde c'est abandonner Dieu. Leçon si vraie et si certaine, que l'Apôtre Saint Jacques vient nous dire comment nous en venons à haïr Dieu et à l'offenser quand nous en venons à aimer le monde et à nous y attacher. Amicitia hujus mundi inimica est Dei. Et d'où l'on reconnaît que quiconque a envie d'être l'ami du monde, en vient à se faire l'ennemi de Dieu : Quicumque ergo voluerit amicus esse sæculi hujus, inimicus Dei constituitur. Saint Jean, par intérêt pour notre salut, nous avertit de ne pas aimer le monde ni ce qui est dans le monde : nolite diligere mundum neque ea quæ in mundo sunt.

Abalamour eme ar memes Saint an ini a gar ar bed, an ini a stag e galon ac e spered ous ar bed, na ell quet carit Doue evel ma tte an abed. A chetu aman d'ean razon a quement se : abalamour Doue ac ar bed o deus maximou entieramant opposet, ac evelse na ellomp quet carit unan hep detestin eguile. Abalamour Doue a exyg on halon en antier a houl en quit a bartag. Discoue a rin dech eta da quentan penos maximou Doue a re ar bed a zo re opposet evit ma vez possubl deomp o charet o deu assambles : d'an eil penos sell drous carit ar bed a deomp, en cetu an aversion a sellant diontan.

Car, dit le même Saint, celui qui aime le monde, celui qui attache son cœur et son esprit au monde, ne peut pas aimer Dieu comme il le faut. Et voici pour cela une raison : parce que Dieu et le monde ont des maximes entièrement opposées, et ainsi nous ne pouvons pas aimer l'un sans détester l'autre. Parce que Dieu exige notre cœur en entier et veut qu'on le quitte de tout partage. Je vous montrerai donc premièrement comment les maximes de Dieu et celles du monde sont si opposées qu'il nous est impossible de les aimer toutes deux ensemble ; deuxièmement quel malheur nous apporte l'amour du monde, en voyant l'aversion qu'il porte.