Timete eum qui potest et animam et corpus perdere in Gehennam

Sermon bilingue — breton du XIXe siècle / traduction française

Breton

Timete eum qui potest et animam et corpus perdere in Gehennam. Crenet rac an ini a ell condanni d’an tan o corf ac o ine. Matth. 10. 28.

Français

Timete eum qui potest et animam et corpus perdere in Gehennam. Craignez celui qui peut condamner au feu votre corps et votre âme. Matth. 10. 28.

Breton

An den just goude bean conduet voar an douar eur vuez leun a beuch ac a dranquillite, goude bean bevet en dougeanç ac en carantez Doue, goude bean bet admiret ac honoret gant an oll a recevo hoas goude e varo eur gurunen a hloar evit recompans, cause e vro ma Doue. Ar pecher er hontrol a gontre voar an douar eur vuez dalc’heus: dacy a zo dre oll ar beuch ac an dranquillite, a dra oll na gus nemet remorgos, namet poan, namet tristidiguez. Non est pax impiis. Goude bean bet malheuruz voar an douar e tisquen hoas goude e varo var blac se a dourmancho evit compren piguen trist eo evit an den ancounat e fude Doue e dad, e crouer. Væ vobis, viri impii, qui dereliquistis legem Domini altissimi. Evit eur momet eta, ancounoump an byt evit pehini a oump toul crouet, a disquennoump on daoulagad voar ar blac se a dâre a devaligen, a spont ac a horreur. Sempiternus horror inhabitât. Disquennoump a speret en ifern epad an heur evit na voimp quet obliget da disquenn goude on maro: Descendant in infernum viventes, ut non descendant morientes.

Français

L’homme juste après avoir mené sur la terre une vie pleine de paix et de tranquillité, après avoir vécu dans la crainte et dans l'amour de Dieu, après avoir été admiré et honoré par tous il recevra encore après sa mort une couronne de gloire pour récompense, parce qu'il a aimé son Dieu. Le pécheur au contraire rencontre sur la terre une vie malheureuse : là où est partout la paix et la tranquillité, il ne voit partout que remords, que peine, que tristesse. Non est pax impiis. Après avoir été malheureux sur la terre il descend encore après sa mort sur cette place de tourments pour comprendre combien il est triste pour l'homme d'oublier son Dieu son père, son créateur. Væ vobis, viri impii, qui dereliquistis legem Domini altissimi. Pour un moment donc, oublions le monde pour lequel nous sommes tous créés, et descendons nos yeux sur cette place de ténèbres, de peur et d'horreur. Sempiternus horror inhabitât. Descendons en esprit en enfer pendant une heure pour que nous ne soyons pas obligés d'y descendre après notre mort : Descendant in infernum viventes, ut non descendant morientes.

Breton

Pera a leveret voar goment se, pecherien calidet ac obstinat. Ioan a ra d’ac’h, e teoump dre eut long guen spontus de droublan o stupiditez criminel, a da essa lacat fin d’o c’uino: noluit intelligere ut bene ageret. Mas sel-hui a vo boannus en doc’h, sel-hui e pellaet aneze deus o querezo, sel-hui comp obliget d’a laquat dindan o taoulagad. Mas esewen a suranç voar quement se e tauffen d’o rassurin a d’o consolin: hi securus essem, vos turos facerem. Mas Ioan amues rac ar flammo éternel, ac amues hounte da inspiran d’ac’h ar memes doan evit o pellaat deus ar pechet, ac ober d’ac’h betan en dougeanç ac en carantez Doue: Doue a viscuruoid fia garguet a hagnon d’annoni ar vourioner Doue... crubl man d’a lug... Crenet gant o loud vreoiod, digovrit dindan on daoulagad ar blac se a dan ac a devaligen, evit ma velimp tourmancho ar becher: en goulenn a reomp fe diguneuch dre intercession Mari.

Français

Que direz-vous sur tout cela, pécheurs endurcis et obstinés. Je vous dis que nous venons par un long chemin effrayant troubler votre stupidité criminelle, et pour essayer de mettre fin à vos crimes : noluit intelligere ut bene ageret. Mais si vous y trouvez de la peine, si vous vous en éloignez de vos cœurs, si vous êtes obligés de les mettre sous vos yeux. Mais si j'avais l'assurance sur tout cela je viendrais vous rassurer et vous consoler : hi securus essem, vos turos facerem. Mais j'ai peur devant les flammes éternelles, et j'ai honte de vous inspirer la même crainte pour vous éloigner du péché, et faire que vous soyez dans la crainte et dans l'amour de Dieu : Dieu a... (passage illisible)... rempli de haine pour les ennemis de Dieu... Tremblez devant votre sort, découvrez sous vos yeux cette place de feu et de ténèbres, pour que nous voyions les tourments des pécheurs : nous le demandons par l'intercession de Marie.

Breton

Jésus-Christ e unan a gomz deump deus ar vourioner en meur a andret deus an Aviel: ibunt hi in supplicium æternum: ubi vermis eorum non moritur et ignis non extinguitur: ipsi erunt fletus et stridor dentium: Discedite a me. Enem gontanten a rin eta da discoué d’ac’h poaniis an ifern: bean privet a voelet Doue, bean tourmantet a devet en creis an tan ac ar flammo. O ma Doue aus reach separe Deus on horf a dar tourzu Doue e crouer, gant muioc’h a nerz a muioc’h a fonnus, evit na velomp aud m... totet eb-harr an aer o retorn da gaout an douar. Goude on maro e sav eta on ine santet teursae e crouer: mas allas, peguon bras na vezo quet e eston pa lanto eun nerz pehini na ell quet da drec’hin o pellaat aneze deus an ine a-t-et pehini e voa bet crouet: bras sàu malheur: bean collet e hrouer ac e Zalver: crouet a voa evit Doue, an en guelo birviquen: Doue a dlee a bean e bonheur a n’en bossedo jamas: collet e Deus a collet dra e faul un tad mud, un tad carantezus, guis-ta ma voa unisset d’ar horf, na jante quet ar bec’h da vean privet deuse Doue: dallet a voa gant ar passions, gant ar bed, gant an exemple fall: mas hirie dills-t gant an oll grouadurien dila-set gant Doue memes, hirie e anad e malheur ac e dalle-diguez. Uanadin a ra, enem rîn a ra d’ar lamentations, mas allas ! e Desvocat erupit clamore magno.

Français

Jésus-Christ lui-même nous parle des tourments en plusieurs endroits de l’Évangile : ibunt hi in supplicium æternum: ubi vermis eorum non moritur et ignis non extinguitur: ipsi erunt fletus et stridor dentium: Discedite a me. Je me contenterai donc de vous montrer les peines de l'enfer : être privé de voir Dieu, être tourmenté et brûlé au milieu du feu et des flammes. Ô mon Dieu quand l'âme se sépare de notre corps et se tourne vers Dieu son créateur, avec plus de force et plus d'élan, que ne voit-on pas... retournant chercher la terre. Après notre mort s'élève donc notre âme vers son créateur : mais hélas, combien grande ne sera pas sa stupeur quand elle sentira une force qu'elle ne peut vaincre l'éloigner de l'âme à laquelle elle avait été créée : grand et malheureux saut : avoir perdu son créateur et son Sauveur : créée elle était pour Dieu, elle ne le verra jamais : Dieu devait être son bonheur et elle ne le possédera jamais : perdue elle est de Dieu et perdue à cause de la faute d'un père doux, un père aimant, alors qu'elle était unie au corps, elle ne sentait pas le poids d'être privée de Dieu : aveuglée elle était par les passions, par le monde, par le mauvais exemple : mais aujourd'hui délaissée par toutes les créatures, délaissée par Dieu lui-même, aujourd'hui apparaît son malheur et son aveuglement. Elle apparaît, elle se livre à des lamentations, mais hélas ! Et desvocat erupit clamore magno.

Breton

Ac evit augmenta e gdai-has e teu de song d’eri deus an amzer dremenet ac a lavar deri e unan: a mar carjen bean profitet deus ar graço an deus graet d’in ma Doue: deus an adorationo artasclii am eus graet, mur carjen bean deutet ous ma hotesan ..., bean bet muioc’h fidel da dastalout me sacramanchou, da nompas imitan eur bed milleguet a da dont da gredant aunan. Dall santel deus ar gommunion, ma ran bet eur gomis si veger-ter, gouis gertyeruz d’ar vouc’he, e rîn breman abars en lud o jouissan deus ma Doue, a breman e couzan en ifern vado ad portas inferi. Chetu are darn deus a lamentations an den condao-net da vizan evit jamas separe deus e Doue. N’en compren quet epad e vuez a rîn n’an compranomp quet ivé: n’en f... vet a-boue quet amred en stad a daonation. Mac a blasphem, n’ac a lédouet, n’ac a infesti, n’ac a sacrileg, n’ac a impurite, enem dantomp coupabl, a bera n’on dent quet pardon deump pena a sercrat en heur.

Français

Et pour augmenter sa douleur il lui vient le souvenir du temps passé et elle se dit à elle-même : et si j'avais voulu profiter des grâces que m'a faites mon Dieu : des adorations que j'ai faites, si j'avais voulu écouter ma conscience, avoir été plus fidèle à recevoir mes sacrements, à ne pas imiter un monde maudit et à venir au troupeau unique. Sainte aveugle de la communion, si j'avais été une chrétienne fidèle à la bouche, je serais maintenant dans la gloire en jouissant de mon Dieu, et maintenant je gis en enfer même ad portas inferi. Voilà une partie des lamentations de l'homme condamné à être pour jamais séparé de son Dieu. On ne le comprend pas pendant sa vie et nous ne le comprenons pas non plus : ... en état de damnation. Que de blasphèmes, que de laideurs, que d'infestations, que de sacrilèges, que d'impuretés, nous nous sentons coupables, et comment ne demandons-nous pas pardon pour l'heure.

Breton

Die n’on deust quet covessant, pecherien n’on dent quet graet penigen deus aneze. Pa abalamant ma continuomp da retan fe tostait d’on sacramanchou fall deus dougeanç a carantez Doue. On doan voar on honscianç, adreomp sinceramant venus e lennan quem-et se an consciancio cals a hanomp a vanos a ruan a-man ar lyt deus on buez. Ar re a hanomp eta a zo en eur stad quen funest, antreomp bars en on halon bles-set gant ar pechet a crenomp: rac sort funest an dud rafrontet, Doue am eus hoant d’on sauvetain: mas ivé ma d-en refasomp, ere zo just, goude bean mépriset anezan, goude bean pellat dioutan fadur beuch, goude bean preferet dean ar bed, e vado, e blusadurio, petit zo clare it deump goude on maro: pellat diouzen, bugale ingral Discedite, maledicti: n’o bezo quet a lo debarrem glant; noc’h eus quet deursent ma anavout d’orit o tero, noc’h eus quet goulet la-fen bonheur, eh bien n’o anavouen quet evit ma bugale, et da blasphemi ma hano zantel gant an droue speret. Discedite etc.

Français

Si nous ne nous sommes pas confessés, pécheurs nous n'avons pas fait pénitence d'eux. Parce que nous continuons à vivre loin de nos sacrements par manque de crainte et d'amour de Dieu. Notre douleur sur notre conscience, nous disons sincèrement en lisant tout cela dans les consciences de beaucoup d'entre nous... de notre vie. Ceux d'entre nous donc qui sont dans un état si funeste, entrons dans notre cœur blessé par le péché et tremblons : car le sort funeste des hommes réprouvés, Dieu a envie de nous sauver : mais aussi si nous le refusons, il est juste, après avoir méprisé celui-là, après avoir éloigné de lui la paix, après avoir préféré à lui le monde, ses biens, ses plaisirs, il nous sera dit après notre mort : éloignez-vous de moi, enfants ingrats Discedite, maledicti : vous n'aurez pas de part à la gloire ; vous n'avez pas voulu me reconnaître pendant vos jours, vous n'avez pas voulu chercher le bonheur, eh bien je ne vous reconnaîtrai pas pour mes enfants, allez blasphémer mon saint nom avec le mauvais esprit. Discedite etc.

Breton

Ah ! nien a gompren eur malheur quen bras? a mar no grenomp quet dre eut song quen terrubl on halon a zo deja calidet a corrompet eur hrouadur, eur bugel, ocupet separe dious e Dam Dad; eur galon graet evit Doue ocupet da blasphemi hano zantel an ini un deus e croué dre e voad hrouied. Doue a blini ar galon a zo bet digovret evit en receo: Saint amus lacrofut toul evit e sauvetuin. Pecherien per am chelaou, per na hou-lent quet caret Doue, quiste ma lleten o f... s coullet daero a voad voar o tallé-digui; rac arruout a raio an deiz, ac an deiz na deo quet martez pell, en peini e beze hoant da garet Doue, da antren abars en e galon, mas allas ! an amzer a vezo tremenet. Mas martez on halono dallet gant on passiono n’an dint quet hirie dante-tl da garant d’e Doue, martez e vemp muioc’h touch-et deus ar boan da vizan condao-net da vore en flammo.

Français

Ah ! qui comprend un malheur aussi grand ? et si nous ne tremblons pas à une pensée si terrible notre cœur est déjà endurci et corrompu un enfant, un fils, occupé séparé de son Père ; un cœur fait pour Dieu occupé à blasphémer le saint nom de celui qui l'a créé par son sang versé. Dieu bénira le cœur qui aura été ouvert pour le recevoir : Saint ... a tout fait pour le sauver. Pécheurs qui m'écoutez, qui ne voulez pas aimer Dieu, tant que coulent vos pleurs et votre sang sur votre aveuglement ; car arrivera le jour, et le jour n'est peut-être pas loin, où vous aurez envie d'aimer Dieu, d'entrer dans son cœur, mais hélas ! le temps sera passé. Mais peut-être nos cœurs aveuglés par nos passions ne sont-ils pas aujourd'hui sensibles à l'amour de Dieu, peut-être serions-nous plus touchés par la peine d'être condamnés à brûler dans les flammes.

Breton

Goelet on deus ar brassan poan deus an dud rafrontet: poan deus a behin ar song epquen a zo capabl da lacat ar spont bars en eur galon pehini am eus conservet hoas eun neubit a-r-se a religion. Mas an dud charnel ac sans foi bera nan dint quet touchet deus a vadélezo Doue; da vezan privet deus ar bonheur d’en bossedin, ac deus ar malheur d’en collet evit jamas. Con-tederont quan-it an oil s-p-fflu deus eun den daonet da laret ac da réan-st-re ebarren tan. Jésus-Christ ebarren Aviel a gomz deump alies deus a dân an ifern, evit ober deomp cra-na dirazan ac en evitan; malheur deomp mar gortuomp da reflechissan voarn-ezan han na reomp quet hirie. Goulenomp on-tan poini eo blac ar blac ar pecher goude e varo ac e respon-to deomp b-nos e zo eur blac a spont ac a devaligen in tenebras exteriores: eur blac a poan ac a dourmancho en peini an dud malouruz na gavount na beuch na repos in locum tormentorum; eur blac a dâero, a rug, a dis-per ibi erit fletus et stridor dentium. Interrogoump Ioan ac e roou ite deomp eur portret spontus. Ar pecher a disquenn en eun h-ll-ny a tan ac a soufr: cruciabitur igne et sulphure.

Français

Nous avons vu la plus grande peine des hommes réprouvés : peine dont le seul souvenir est capable de mettre l'effroi dans un cœur qui a conservé encore un peu de religion. Mais les hommes charnels et sans foi comment ne sont-ils pas touchés par les bontés de Dieu ; d'être privés du bonheur de le posséder, et du malheur de le perdre pour jamais. Ils considéreront tout le supplice d'un homme damné à pleurer et à gémir dans le feu. Jésus-Christ dans l’Évangile nous parle souvent du feu de l'enfer, pour nous faire trembler devant lui et pour l'éviter ; malheur à nous si nous attendons pour réfléchir sur lui alors que nous ne le faisons pas aujourd'hui. Demandons quel est le lieu du pécheur après sa mort et il nous répondra qu'il est un lieu d'effroi et de ténèbres in tenebras exteriores : un lieu de peine et de tourments dans lequel les hommes malheureux ne trouvent ni paix ni repos in locum tormentorum ; un lieu de larmes, de cris, de désespoir ibi erit fletus et stridor dentium. Interrogeons Jean et il nous donnera lui aussi un portrait effrayant. Le pécheur descend dans un abîme de feu et souffre : cruciabitur igne et sulphure.

Breton

Em arretomp eta un momet voar bord ar b-ss horrubl se, a consideromp an ineo a zo ennan tourmantet. Clesquomp eur asferet ar blac on deus meritet rinnan dre on bec-h-yo, ac on poini a rispons de-ja, mar na veguet bet bras madélez Doue en on andret. Consideromp ar-fud gant daoulagad ar fe ar blac se en peini aud goach antreet, na sortiriquen: antequam vadam et non revertar. Songeomp mar ma Doue ar malheur da gouean ennan, na sortioump quan et non revertar: eur a devaligen, a gelact deus a vant-l ar maro: terram tenebrosam et opertam mortis caligine: blac a dâoer, blac a dis-per, blac blac a spont, blac a horreur: sempiternus horror inhabitât. Mes a-v-ancoump pelloc’h a tolomp on daoulagad voar ar flammo dévorant en b-è t-s ine ar pecher. Ignis succensus est in furore meo, et ardebit usque ad inferni novissima: an tan se a zo allumet gant color un Doue, evit vizin continuellemant on-nus malheureux. Piore a hanomp, fe a-ello en un i-u-in: quis bolait habitare de vobis cum igne devorante? Ma n-ellon-p quet toufr tan an d-u d-nos e ellcomp eta soufr tan an ifern, cals muioc’h terrubl?

Français

Arrêtons-nous donc un moment sur le bord de cet abîme horrible, et considérons les âmes qui y sont tourmentées. Cherchons à apercevoir la place que nous avons méritée par nos péchés, et notre peine répond déjà, si n'avait pas été grande la bonté de Dieu envers nous. Considérons avec les yeux de la foi cette place dans laquelle une fois entré, on n'en sort plus : antequam vadam et non revertar. Songeons que si mon Dieu j'ai le malheur d'y tomber, je n'en sortirai plus et non revertar : lieu de ténèbres, de l'ombre de la mort : terram tenebrosam et opertam mortis caligine : place de larmes, place de désespoir, place d'effroi, place d'horreur : sempiternus horror inhabitât. Mais avançons plus loin et jetons nos yeux sur les flammes dévorantes ... l'âme du pécheur. Ignis succensus est in furore meo, et ardebit usque ad inferni novissima : ce feu est allumé par la colère d'un Dieu, pour brûler continuellement les malheureux. Qui d'entre nous, chrétiens, pourra l'endurer : quis bolait habitare de vobis cum igne devorante? Si nous ne pouvons pas souffrir le feu de la terre comment pourrons-nous donc souffrir le feu de l'enfer, beaucoup plus terrible ?

Breton

An tan a devas an deon gued goup-u a Sodom ac a Gomorr; ar fourn-re-ro ardant deus a bera an tan-adar bete ho troataten ac, quem-et se n’an deo nemet ar squend ac an affuranç deus a dân an ifern. Chetu are ar bir a diry deomp on fe: mas un d-z a-d-eu d’am estonin: eur vourioner quen spontus a ran ebet a impression voarnomp: ac an méry ar gustenian da bère a compan hirie deus ar vourioner: pet a zo bet jamas touchet aneze evel ma i-d-lut? Ar b-r a-d-eu d’am eston-es ma n’em-gueromp quemet, mon deus quemet a horreur rac ar boan, rac ar souffranç, a-mu-ra quen neubit a impression a voarnomp tan an ifern en peini e omp exposet da gouean ! Ar b-r a d-eu d’am estonin eo ma tan on fe de d-n-comp, b-nos eur pechet mortel p-g-u-in a-z-ant a-hanomp d’en deus an tan éternel se, a m-reomp quen neubit a gar da gommetin un pechet mortel a ma tratomp anezan deus a f-u, a raga-t-l, a vaden-erag ac a balan-tere? N-s b-r-m-aquid ar vourion-r fondament-l, b-nos hredom-p-que mar a hredomp: Selec’h aman on furnez, selec’h aman an esseje deus on hreden? mar na hredomp quet, selech aman on religion; mar na hredomp na hredomp netra, ac on holt a zo assuret: qui offendit in uno, factus est omnium reus.

Français

Le feu qui dévora le ciel sur Sodome et Gomorrhe ; la fournaise ardente d'où le feu montait jusqu'à vos têtes, tout cela n'est que l'ombre et l'image du feu de l'enfer. Voilà ce que nous dit notre foi : mais une chose vient m'étonner : un tourment si effrayant a si peu d'impression sur nous : et l'on ose comparer aujourd'hui les tourments : qui a été jamais touché par eux comme il le faudrait ? Ce qui vient m'étonner c'est que nous ne nous aimons pas assez, que nous n'avons pas assez d'horreur de la peine, de la souffrance, que nous n'avons que si peu d'impression sur nous du feu de l'enfer dans lequel nous sommes exposés à tomber ! Ce qui vient m'étonner c'est que notre foi nous dit qu'un péché mortel nous rend passibles du feu éternel, et nous avons si peu d'amour pour commettre un péché mortel que nous le traitons comme une bagatelle et une plaisanterie ? ... les tourments fondamentaux, car si nous croyons : Où est ici notre sagesse, où est ici l'essai de notre croyance ? Si nous ne croyons pas, où est ici notre religion ; si nous ne croyons à rien, alors notre perte est assurée : qui offendit in uno, factus est omnium reus.

Breton

En despet d’on lachete, d’on négligeanç d’on indifféranç evit on religion, chetu are blac ar pecher; chetu are bera a dalveo deomp bean staget on halon ous mado an douar, ous e honoro ous e b-l-jadur-r-o. un-t-a a-dân, eur goele a dân, an tan memes evit nowou-t-r. Catout an tan er memes amred e-barr on on daoulagad, e-barr en on daouarn, e-barr en on gueno, e-barr on entraillo, dre oll dre on horf. Terruplan supplic ! ibi erit fletus et stridor dentium impossibl eo d’an den rapportin, nam-m e compren an tourmancho a soufr ar re daonet ebarr en ifern; delet-d quis intelliget bean bepret o soufr, bepret o l-s-é, bepret en creis ar flammo, ep consumin jamas. A n-n aneus biscoas songet en quement se? Songeomp eta, ac ar song se a raio deomp quemet a-yoyen da evitan an ifern. P-r-n-o on oll s-n-ch-o a vezo tourmantet gan eur faun incomprénabl cruciantus miris ed veris modis. Digouromp ar visons goulenomp ous an den impud-c-lu gant pehini on deus bevet, ous an n-z se, ous an avaricius se, b-t-r-e tourmancho a enduront crucior in hac flamma collet on deus an Doue, ac omp o tedin bars ar flammo.

Français

Malgré notre lâcheté, notre négligence, notre indifférence pour notre religion, voilà la place du pécheur ; voilà ce qu'il en coûtera d'avoir attaché notre cœur aux biens de la terre, à ses honneurs, à ses plaisirs. Une éternité de feu, un lit de feu, le feu lui-même pour nourriture. Sentir le feu au même instant dans nos yeux, dans nos mains, dans notre bouche, dans nos entrailles, partout dans notre corps. Terrible supplice ! ibi erit fletus et stridor dentium il est impossible à l'homme de rapporter, il comprend les tourments que souffrent les damnés dans l'enfer ; qui comprendra d'être toujours à souffrir, toujours à brûler, toujours au milieu des flammes, sans se consumer jamais. Et qui n'a jamais songé à tout cela ? Songeons-y donc, et cette pensée nous donnera de la joie pour éviter l'enfer. Tous nos sens seront tourmentés par une façon incompréhensible cruciantus miris ed veris modis. Ouvrons les prisons, demandons à l'homme impudique avec lequel nous avons vécu, à cet homme, à cet avare, quels tourments ils endurent crucior in hac flamma j'ai perdu mon Dieu, et je brûle dans les flammes.

Breton

Tro-nf-en t-r-m-a quieromp n-gu-eromp nemet tan a flammo. Affrontomp da guem-et s... fr-c-h-o spontus ar-r-v-e-z-o enem goll-et an eil egile: reprocho un tad d’eur vamm da vugale de l-u-e o deus-t toet ra a-l-be-te: reprocho ar vugale d’on tado a d’ar mamo malheuret p-r-e na rent jamas d-r-os-t-u ous o sacramancho, p-r-e n’o devoa quet ar v-n-r dre-man-t evit o rentan malhuruz. Brass-n grae a ret hoas hirie deon-p, ma Doue, da allout hoas diguerrin on daoulagad a considerin ar malheur a behini e omp menau-t. Mar na de-u-quet eur supplic quen bras da douch a a da gonver-t-issun ar pecher, na n’on quet bera a Doue na d’on touch na d’on honvertissan: mar na deuguet da chang a-r-u-e-r d-o ar voel dud o tân an ifern; na chom quenen nem-t d’on bédin da diguerrin dor ar blac se, ac e houlennin digant-an gant ar Prophet Isaie quis volait habitare devobis cum igne devorante? a chui a zo capabl pecher paour, da andurin ar supplic deus ar flammo dévorant se? hoant oc’h eus hoas da gontantin o passions, hoant oc’h eus hoas da dr-m-n-e tost-t d’o sacramancho, da r-g-o-u-su-u hoant oc’h eus da gontinuen o f-v-z trem-n-t, da retan e-l-an nombre bras, of danger-u-s, caranté Doue, mas examin-et v-d-r, on o fud a h... a zo capabl da d-s-u abars en tan nom-p evit un deiz, un diz, un blae, mas ep-ad un éternite. quis volait habitare de vobis etc.

Français

... nous ne cherchons que feu et flammes. ... à tous ces cris effrayants qui arriveront en nous perdant l'un l'autre : reproches d'un père à une mère de ses enfants qu'ils ont ... : reproches des enfants à nos pères et à nos mères malheureuses parce qu'ils n'ont jamais été assidus à leurs sacrements, parce qu'ils n'ont pas eu de vertu pour nous empêcher d'être malheureux. La plus grande grâce vous est encore faite aujourd'hui, mon Dieu, de pouvoir encore ouvrir nos yeux et considérer le malheur dont nous sommes menacés. Si un supplice aussi grand ne vient pas toucher et convertir le pécheur, je ne sais pas comment Dieu ne va pas nous toucher ni nous convertir : si ne vient pas changer ... des gens ... l'enfer ; il ne nous reste que nous prier d'ouvrir la porte de cette place, et de lui demander avec le Prophète Isaïe quis volait habitare devobis cum igne devorante? Et toi, es-tu capable, pauvre pécheur, d'endurer le supplice des flammes dévorantes ? As-tu encore envie de contenter tes passions, as-tu encore envie de t'approcher de tes sacrements, as-tu envie de continuer ta vie passée, de courir vers le grand nombre dangereux, amour de Dieu, mais examinez bien, est capable de brûler dans le feu non pour un jour, un jour, une année, mais pendant une éternité. quis volait habitare de vobis etc.

Breton

Ac en a zo den en on touez pe autramant p-d a hanomp, Christ, a v... un deiz bean condoun-t da visquan e-barr ar flammo éternel quis habitabit ex vobis. Compropon-t-u-s, comre capabl da ob impression voar ar brassan pecher: qui non expergi-citur non dormit sed mortuus est. Doue a viséricord sauvet-et ac rou-a-d-u-r, na bermet-et quet enem goll ineo oc’h eus voat d-r-p evit o sauvetain! convertisset an-z-o, a g-v-p-e d-r-o-m-n-t quenach d’un b-r.

Français

Et y a-t-il un homme parmi nous ou plutôt combien d'entre nous, chrétiens, verront un jour être condamnés à demeurer dans les flammes éternelles quis habitabit ex vobis. ... comme capable de faire impression sur le plus grand pécheur : qui non expergi-citur non dormit sed mortuus est. Dieu de miséricorde sauvez votre créature, ne permettez pas que se perdent des âmes pour lesquelles vous avez versé votre sang pour les sauver ! Convertissez-les, et ... vers un bonheur.