Fecit mihi magna qui potens est

Sermon bilingue — breton du XIXe siècle / traduction française

Breton

Fecit mihi magna qui potens est. Luc 1. An ini a zo oll buissant an deus operet emon prodiyo bras meurbed.

Français

Fecit mihi magna qui potens est. Luc 1. Celui qui est tout-puissant a opéré en moi des prodiges très grands.

Breton

Netra a vioic’h agreabl evit an hano a Vari, an hano Doue deus as crouadurez privilegiet za pehini dreist d’an oll guerhesset an deus maritet dre a vertus eclatant sclerigeni an oll nationo; dre ar vertu deus as speret zantel, eun d’ar bed eur crouet aceud Doue; eur Salver d’ar Christ, a imploro e protection ac an dego evit as Mess ar respet a zo dleet dean; eur jug a deut barnet redoutabl d’ar re a vezo temereri avoalic’h evit a inconait, a neglijea da renta da Jésus-Christ an obeissanc a dleont dean. Netra a vioic’h consolant evit an hano a Vari; rac Mari a zo mam da Doue, mas ise bean e mam d’ar gristenien. Mam eo d’un Doue pehini an deus daurteet dre garantez evidomp, quemet eur horf ac un ine evel pebini ahanomp, quenel er bavurantez, bevan soumit ac obeissant d’ar verches zantel subditus illis, soufr evidomp an tourmancho ar muia terrubl ac ar maro ar muia cruel. O ma Jesus! consultet as profetio, pe evit laret gwell, consultet o calon; clesquet hoar out voyon benac da disco e madelez ac e garantez evidomp. Ah quemet-se ve impossibl, ac an den na nell esperi muioc’h. Couscoude, chrétiens, Frères. Calon Jésus-Christ a zo hoas muioc’h carantezus: aroc mervel voar ar groas a ro deomp e vam evit on mam, on sicour, on patron on advocades. Mulier, ecce filius tuus. Enem represantomp, eta chrétiens, ar Rouanez puissant-ze areet e barz en lut entu deo de it muian caret, o teurel voarnazan eur lagad a visericord, o sasel leurre a Jésus-Christ an dirrech an davuarn zantel-ze bars andend an douguet epad pel amzer, ac o presanti dezan ar horf virginal-ze pehini eo bet renformet epad nao mis. Sellonp anezi o consuri anean dre an oll bug e deus de garantez, da gavout bued ous at vugale a deut larel voar an douar, ac o adress dezan ar homzo touchant man: ecce ego et pueri mei quos dedit mihi Dominus. Ma map, chetu me eno presanc ac as vugale ocheus roet din aroc mervel voar ar groas. O consurin a ran dre an hano a Vari amous evidoc’h, o lezet truez outaz, eur bugel ac en a el refus netra da bedennno quan touchant d’eur vam pehini a goulen grac digantan evit chrétiens, pere an deus adoptet evel breudeur ou n’em rac dezo Mari evit mam. Nan, nan, chrétiens, na nall quet bean refuset non patitur genitrix repulsam. Jésus-Christ a zo nem angaget da accordin dezi e goulen. Placet an deus anezi voar un tron a hloar en env, ac an deus lavaret dezi: pete, mater mea, goulennet ma mam; impossibl eo din distrein ma daoulagad divoarnoch, a divoar o pugale: neque enim fas est ut avertam faciem meam. Mari eta chrétiens, a zo mam da Doue a dre ar galite ze tleomp dez hano a reconnaissanc, Mari a zo ive on mam, ac evelse e tleomp e fidi, e respecte a lacat enni on honfianc.

Français

Rien ne sera plus agréable que le nom de Marie, le nom que Dieu a donné à sa créature privilégiée, laquelle, au-dessus de toutes les vierges, a mérité par ses vertus éclatantes d'éclairer toutes les nations ; par la vertu du Saint-Esprit, [donnant] au monde un enfant selon Dieu ; un Sauveur pour les chrétiens, qui imploreront sa protection et lui rendront pour la Messe le respect qui lui est dû ; un juge qui viendra juger, redoutable pour ceux qui seront assez téméraires pour le méconnaître, et négligeront de rendre à Jésus-Christ l'obéissance qu'ils lui doivent. Rien ne sera plus consolant que le nom de Marie ; car Marie est mère de Dieu, mais elle est aussi la mère des chrétiens. Elle est mère d'un Dieu qui a daigné par amour pour nous, [prendre] un corps et une âme comme chacun de nous, naître dans la pauvreté, vivre soumis et obéissant à la sainte vierge subditus illis, souffrir pour nous les tourments les plus terribles et la mort la plus cruelle. Ô mon Jésus ! consultez les prophéties, ou pour mieux dire, consultez votre cœur ; cherchez s'il y a quelque voie pour montrer sa bonté et son amour pour nous. Ah, cela serait impossible, et l'homme ne peut espérer davantage. Cependant, chrétiens, Frères. Le cœur de Jésus-Christ est encore plus aimant : avant de mourir sur la croix il nous donne sa mère pour notre mère, notre secours, notre patronne, notre avocate. Mulier, ecce filius tuus. Représentons-nous donc, chrétiens, cette Reine puissante assise dans le ciel au côté droit de ce qu'elle a le plus aimé, jetant sur lui un regard de miséricorde, saisissant les mains de Jésus-Christ, ces mains saintes qui l'ont portée pendant longtemps, et lui présentant ce corps virginal qui l'a renfermé pendant neuf mois. Regardons-la le conjurant par tout le feu qu'elle a de l'amour, d'avoir pitié de ses enfants qui sont venus sur la terre, et lui adressant ces paroles touchantes : ecce ego et pueri mei quos dedit mihi Dominus. Mon fils, me voici en présence avec les enfants que vous m'avez donnés avant de mourir sur la croix. Je vous conjure par le nom de Marie que j'ai pour vous, ayez pitié d'eux, un enfant qui ne peut rien refuser à des prières si touchantes d'une mère qui lui demande grâce pour les chrétiens, lesquels il a adoptés comme frères et leur a donné Marie pour mère. Non, non, chrétiens, elle ne peut être refusée non patitur genitrix repulsam. Jésus-Christ s'est engagé à lui accorder sa demande. Il l'a placée sur un trône de gloire dans le ciel, et lui a dit : pete, mater mea, demandez ma mère ; il m'est impossible de détourner mes yeux de vous, et de vos enfants : neque enim fas est ut avertam faciem meam. Marie donc chrétiens, est mère de Dieu et par cette qualité nous lui devons honneur et reconnaissance, Marie est aussi notre mère, et ainsi nous devons nous fier à elle, la respecter et mettre en elle notre confiance.

Breton

Guerhes sacr, netra na charm mui ma halon evit pa ell comz deus o cloar, d’eur o crandeuris deus o carantez evidomp; mad ise na lacu ahanon muioc’h genel, pa sonjan nan don quet capabl da ober evel ma eo dleet: roet eta nerz d’am homzo, ac inspirit d’ar re a zo aman presant cals a respet ac a gonsianc en eur vam quen tendr. 1° Tera disq ar fe deus a Vari? Ar fe a disq deonp penos dre vertu ar speret santel eo bet concevet en a antraillo chart un ini a oa destinel a dout eternite evit on prena, a diguerri deonp rouanteles an env. Mari a zo mam da Jesus: de qua natus est Jesus qui vocatur Christus. Mari a zo mam da Doue a par consequant eo zavet dreist d’an oll crouadurien, dreist d’an oll sant, dreist d’an aelez mames. Mari a zo mam da Jésus-Christ de qua natus est Jesus: hi eta an deus drout d’ar bed eur liberateur: deus e goad eo eta formet ar goad sacr-ze pehini a zo bet scuillit evidonp; dezi a lleonp eta on zalver. Paquan bras na dleo quet bean on reconnaissanc evit goude end mad quen precius! Mari eo mam da Doue: De qua etc. bean eo eta templ ar speret zantel, rouanez an env ac an douar, an objet deus a veneration ar sant ac an aelez, an objet a complaisance an ini a zo oll buissant. Na deonp eta alies on voeio touse ar eur guerhes carguet a faveurio an env: padonp anezi da accomplissa an oudray deus commancet evidonp: de brocuri deonp dre e intercession ar grac de brofita deus an incarnation a deus a redemption. Adressonp dezalies ar homzo caer man bars a zo appliquet dezi gant an ilis. Sancta Maria Mater Dei ora pro nobis peccatoribus: Santes Mari mam Doue, pedet evidonp pec’herien: Seden sublim pehini our n’em rappellin dezi e dignite ac e grandeur a zo capabl da touch e halon evidonp.

Français

Vierge sacrée, rien ne charme plus mon cœur que quand je peux parler de votre gloire, de vos grandeurs et de votre amour pour nous ; mais cela ne me rend pas plus fier, quand je pense que je ne suis pas capable de faire comme il est dû : donnez donc de la force à mes paroles, et inspirez à ceux qui sont présents ici beaucoup de respect et de confiance en une mère si tendre. 1° Que nous enseigne la foi sur Marie ? La foi nous enseigne que par la vertu du Saint-Esprit a été conçu dans ses entrailles chastes celui qui était destiné de toute éternité pour nous racheter, et nous ouvrir le royaume du ciel. Marie est mère de Jésus : de qua natus est Jesus qui vocatur Christus. Marie est mère de Dieu et par conséquent elle est élevée au-dessus de toutes les créatures, au-dessus de tous les saints, au-dessus des anges eux-mêmes. Marie est mère de Jésus-Christ de qua natus est Jesus : elle a donc donné au monde un libérateur : de son sang est donc formé ce sang sacré qui a été versé pour nous ; c'est à elle que nous devons notre sauveur. Combien grande ne doit pas être notre reconnaissance pour un bien si précieux ! Marie est mère de Dieu : De qua etc. elle est donc le temple du Saint-Esprit, reine du ciel et de la terre, l'objet de la vénération des saints et des anges, l'objet de la complaisance de celui qui est tout-puissant. Portons donc souvent nos vœux vers une vierge chargée des faveurs du ciel : prions-la d'accomplir l'ouvrage commencé pour nous : de nous procurer par son intercession la grâce de profiter de l'incarnation et de la rédemption. Adressons-lui souvent ces belles paroles qui lui sont appliquées par l'Église. Sancta Maria Mater Dei ora pro nobis peccatoribus : Sainte Marie mère de Dieu, priez pour nous pécheurs : cette demande sublime laquelle en lui rappelant sa dignité et sa grandeur est capable de toucher son cœur pour nous.