Accipite Spiritum sanctum

Sermon bilingue sur le sacrement de la pénitence — breton du XIXe siècle / traduction française

Accipite Spiritum sanctum: quorum remiseritis Peccata, remittuntur eis et quorum retinueritis, retenta sunt.

Breton

Recevet ar Speret Santel, ar Pechejo o bezo effacet deoc'h gant an Doue, a vezo effacet ebars an Env; ac ar Pechejo n'o bezo quet effacet deoc'h gant an Doue, na veuront quet ive effacet ebarran Env. S. Joann. 20. 22.

Français

Recevez le Saint-Esprit, les péchés qui vous seront effacés par Dieu, seront effacés dans le Ciel ; et les péchés qui ne vous seront pas effacés par Dieu, ne seront pas non plus effacés dans le Ciel. S. Joann. 20. 22.

Breton

Petra are, Christenien, ar homzo a adressas on zalver Jésus-Christ d'e Ebestel, a dan oll Ministret a dlee bean o successeu-r ebarr ar lisen nevez. Tra ar homzo admirabl zo a roat d'ar Veleyen ar Pouvoir d'effacin ar bechejo: comzo puissant dre bere Jésus-Christ an deus laqueat entre daouarn un den ar blhouis rouanteliz an Env, evit e digueri d'ar re a vezo Disposet mad, ac o zeri d'ar bacherien paun na houlont na chench a vuez nac enem gonnertissan. Ar re a hanomp enam glorifi hoas Deus an hano caer a gristen, a da vezo bugaler d'an Ilis, a dle enem rejouissan o velet avoal d'o Ministret Jésus-Christ ar Pouvoir divin, d'o absolvin, d'o guelaat deus o hleñvejo spirituel, a d'o reconcilian gant o Doue. Piantom-si d'e Doue actiono a bras da vean establiset en Ilis un tribunal santel evit justification ar Pacher, a da vean groet d'ean eur gourhemen da donat da n'em voalet d'an Deroge bet ar malheur da vlessan e ine dre ar Pechet. Ar roue David, pa deuas a bassiono d'en em galon a da lasal anezan da antrean ennan e unan, a govessas e bechet gant cals a glachar, evit recet ar Pardon a zo prometet d'ar guir benitanted: Confitebor adversum me injustitiam meam Domino et tu remisisti impietatem Peccati mei. S. Aug. a got...

Français

Que sont-elles, chrétiens, les paroles qu’adressa notre sauveur Jésus-Christ à ses Apôtres, et à tous les Ministres qui devaient être ses successeurs dans la loi nouvelle. Ce sont les paroles admirables par lesquelles fut donné aux Prêtres le Pouvoir d’effacer les péchés : paroles puissantes par lesquelles Jésus-Christ a mis entre les mains d’un homme les clés du royaume du Ciel, pour l’ouvrir à ceux qui seront bien disposés, et le fermer aux pécheurs quand ils ne veulent ni changer de vie ni se convertir.

Ceux d’entre nous qui se glorifient encore du beau nom de chrétien, et qui seront enfants de l’Église, doivent se réjouir en voyant accordé à leurs Ministres par Jésus-Christ le Pouvoir divin de les absoudre, de les guérir de leurs maladies spirituelles, et de les réconcilier avec leur Dieu. Rendons à Dieu des actions de grâce pour avoir établi dans l’Église un tribunal saint pour la justification du Pécheur, et pour avoir fait à celui-ci un commandement de venir se montrer au Prêtre s'il a eu le malheur de blesser son âme par le Péché. Le roi David, quand ses passions vinrent à son cœur et le laissèrent rentrer en lui-même, confessa son péché avec beaucoup de douleur, pour recevoir le Pardon qui est promis aux vrais pénitents : Confitebor adversum me injustitiam meam Domino et tu remisisti impietatem Peccati mei. Saint Augustin a dit....

Breton

Pacherien, ni beus anezu imitet ar roue prophet en e bechet imitomp-ite anezan en e binigen, imitomp-ite anezan en e Gorision on beus hoant da vean Pardonet, a da gleve ar homzo consolant-man: Vade in pace; remittuntur tibi Peccata. Et au cauch, o bechejo a zo effacet. Mas seblant-e a ra benos darn a hanomp goude bean quitaet bent an Env, a collet graç Doue ens on offance, na houlent quen retorn, antren en ort e tilidiguez, a rante d'o ine, ar vuez, Pour te a quer Doue. Sarcourin a-ramp-kant ar bechet, anam livea a-ramp d'an oll viço evel tud hep fe, hep Doue, ep religion, mas na dosteomp quet d'an tribunal-santel d'eut ar binigen, pe d'o deamp mar tosteomp, es a bell amzer eur voes ar bloas, pe diou d'al muias: teun omp a ar deur pa e question da bui hi, mas leun omp a indifferance pa ve question da govessat on bechet, a d'an em reconcilian gant Doue. Negligeance pernicius-pahini na ell donet nemet deus on ignoranc dre na anaveomp quet avantages ar govision, pe deus ar corruption on halon, pahini na houlen quet bean da anaveout on situation duet en lakin enem. gad. Evit sclerigeni darn, a touch darn all, e tisconin d'ac'h ar avantages a deuner deus un govision groet mad; a baquen-m prisañ acindign-deu eur gristen, ac ar rasonio a empuch torduio a hanomp d'a gofessat.

Français

Pécheurs, nous avons imité le roi prophète dans son péché, imitons-le aussi dans sa pénitence, imitons-le dans sa Confession si nous avons envie d'être pardonnés, et d'entendre ces paroles consolantes : Vade in pace; remittuntur tibi Peccata. Allez en paix, vos péchés sont effacés. Mais il semble que certains d'entre nous, après avoir quitté le chemin du Ciel et perdu la grâce de Dieu par leurs offenses, ne veulent plus retourner, entrer à nouveau dans la pénitence, et rendre à leur âme la vie, pour laquelle Dieu les a créés. Nous succombons sous le péché, nous nous livrons à tous les vices comme des gens sans foi, sans Dieu, sans religion, mais nous ne nous approchons pas du tribunal sacré de la pénitence, ou si nous nous en approchons, ce n'est qu'après longtemps, une fois l'an, ou deux au plus : nous sommes pleins d'ardeur quand il s'agit de boire, mais nous sommes pleins d'indifférence quand il est question de confesser nos péchés et de nous réconcilier avec Dieu.

Négligence pernicieuse qui ne peut venir que de notre ignorance, parce que nous ne connaissons pas les avantages de la confession, ou de la corruption de notre cœur, lequel ne veut pas se reconnaître dans la situation où il s'est mis. Pour éclairer les uns, et toucher les autres, je vous montrerai les avantages que l'on retire d'une confession bien faite ; et combien est méprisable et indigne d'un chrétien la raison qui empêche plusieurs d'entre nous de se confesser.

Breton

N'am bije da gomz ous tud malhourus avoalch et nach on an obligation en behini e omp da disclerian on pechejo da vinistret mar on deus hoant da vean salvet, e tiscoe-en dezo Jésus-Christ e unan o establissan an obligation-ze da bep Christen, quorum etc. Discve a raen dezo ar honset santel a deant o atañs Penos or govision a zo quen necessar d'ar becher, a ma eo ar sadiant dar re na deant quet bet hoas badëet. Discve a rajen dezo an oll abouu comançaman-t ar bed o subissan ar memes lazen. Ar rouanez, ar jugedi ar releyen a ounan o taposin o harade-erit enem voelhi en trub d'eur sacr Deus ar binigen ebarr un tribunal santel, an ini eta a bella deus ar govision, a bella deus ar vuez, ac areglij ar moyen unic a-thom-quetan da n'em zavvation. Mas tomb-d'ant an oust, bugalëet de Doue, en mesq bere e zo marteze unan benac ac areglij da dont da n'em reconcilian gant Doue er Sacremant a binigen. Prit o lacaat da sortial deus eun indifferanc quen criminel, enem bropasan da discoe penos ar govision, behini a zo establiset evit Justifian ar Becher ac ober d'ean antren en graç gant Doue, a zo eür deum d'assurance leun a dousder, ac a biodeun affel Prompt. Nan deus for pequemet a voign a quemem-p evit guelaet clevejo ar horf, alie ar voelaen a lerm diquener on nader, ac ar remijo rurian rentan deomp ar iechet, a deu d'on affloblissan: Mas ar bet a zo impossibl d'an den a zo facil da Doue, pehini aret gou on ine an Vat procuret deomp eur remed muoch Cret a buis-puissant evet an Dioue, ac ar remed-ze eo Sacremant ar binigen; goad Jésus-Christ pehini a zo appliquet deomp er sacremant-ze, a guella ar goulio ar muia mezus deus on ine. Aget luman, non solum salutis, sed honeste matris: Ebarr ar sacremant-man a recevomp ar fieur deus ar becher lous, behini a efface on bechejo Sanguis Jesu Christi emundat nos ab omni Peccato. Ar goad-ze a zo inutil d'ar re n'an deus quet offetiquet, ac evit on dud-ze na n deus quet a remission a bechejo. Mas ar re a govessa o fechejo gant an dispositiono necessar ar re-ze a techo vad d'et joan en amur deomp: mar confessomp on bechejo, eman Doue pehini a zo just a fidel, o accordo deomp-sar Pardon. Si confitemur Peccata nostra fidelis est Deus et Justus ut remittat nobis Peccata nostra. Sujet a consolation, er-domp-oll, a gouvilt on de-a commetet ar bechejo ar muia greüd, a de-uons d'o hovessaat gant eur guir gontrition, a int pardonet deomp ac a antreomp en graç gant Doue. Crassan prodig-u-m, a-bis-deu ar govision! Ea eut-monet an ine admun-soufabl a deus dre an nerz deus a gomzo an absolven, da dremmen deus ar brassan deul-an oll viluricu d'ar brassan deus an oll bonheurio; tremen a ra dud a dindan buissanç an Drouc Speret d'ar reng huel a Templer dad Speret et a rampr da Jésus-Christ da vugel da Doue. templum S. Speret Santel membra Christi filii Dei.

Français

Je n'aurais pas à parler à des gens assez malheureux pour ignorer l'obligation dans laquelle nous sommes de déclarer nos péchés aux ministres si nous avons envie d'être sauvés, si je leur montrais Jésus-Christ lui-même établissant cette obligation pour chaque chrétien, quorum etc. Je leur montrerais que le conseil saint les avertit que la confession est aussi nécessaire au pécheur qu'elle l'est pour ceux qui n'ont pas encore été baptisés. Je leur montrerais tous les âges depuis le commencement du monde se soumettant à la même loi. Les rois, les juges, les prêtres eux-mêmes s'abaissent pour tremper leur honneur dans le sang d'un Dieu de la pénitence dans un tribunal sacré ; celui-là donc qui s'éloigne de la confession, s'éloigne de la vie, et néglige le moyen unique pour son salut. Mais parlons à vous, enfants de Dieu, parmi lesquels il s'en trouve peut-être un qui néglige de venir se réconcilier avec Dieu au Sacrement de pénitence. Pour le sortir d'une indifférence aussi criminelle, je me propose de montrer comment la confession, laquelle est établie pour Justifier le Pécheur et le faire entrer en grâce avec Dieu, est une source d'assurance pleine de douceur, et un remède prompt.

Il n'y a rien que l'on ne fasse pour guérir les maladies du corps ; souvent le médecin déchire notre chair, et les remèdes amers que nous prenons pour recouvrer la santé achèvent de nous affaiblir. Mais ce qui est impossible à l'homme est facile à Dieu, lequel a voulu pour notre âme un Bien, nous procurant un remède bien plus sûr et puissant que celui des hommes, et ce remède est le Sacrement de pénitence ; le sang de Jésus-Christ qui nous est appliqué dans ce sacrement guérit les plaies les plus honteuses de notre âme. Aget lumen, non solum salutis, sed honeste matris : Dans ce sacrement nous recevons la purification du pécheur impur, laquelle efface nos péchés : Sanguis Jesu Christi emundat nos ab omni Peccato. Ce sang est inutile pour ceux qui ne s'en sont pas approchés, et pour ces gens-là il n'y a pas de rémission de péchés.

Mais ceux qui confessent leurs péchés avec les dispositions nécessaires, ceux-là trouveront de la joie en nous : si nous confessons nos péchés, Dieu qui est juste et fidèle nous accorde le Pardon. Si confitemur Peccata nostra fidelis est Deus et Justus ut remittat nobis Peccata nostra. Sujet de consolation pour nous tous, qui avons commis les péchés les plus graves, si nous venons les confesser avec une vraie contrition, ils nous sont pardonnés et nous entrons en grâce avec Dieu. Très grand prodige de la confession ! Oui, à ce moment l'âme admirable passe par la force des paroles de l'absolution, du plus grand de tous les malheurs au plus grand de tous les bonheurs ; elle passe de sous la puissance du Mauvais Esprit au rang élevé de Temple du Saint-Esprit et devient membre de Jésus-Christ, enfant de Dieu. Templum S. Speret Santel membra Christi filii Dei.

Breton

AROC ar govision e vemp troublet, inquietet tourmantet gant ar remorso deus on honsianc pehini a gemes dindan an abitu-ze mezus. Pa n'on deus quet ar gourach da derrin, mas Pelon chan chamant-stontal deus an tribunal; ar peuc'h ac an Tranquillité a deu da Jean restabliset en on ine, a na sonjeomp quen nemet da rentin graç da Doue. Na laran netra, a quement n'o bezo quet santet, a mar d'oc'h sincet, a avoue-at benos n'an deus beuch ebet muioch calm, muioch dous, muioch santel evit an ini a efroutomp o sortial deus an tribunal santel deu ar binigen goude bean deport on bec-zad on pechejo. evel-se e teu Doue da recompance eur vicher-fidel, mams a-dale-et arb-d man. Sequer-bras eta n'an deo quet d'all diquer on dud a differ-amad-bell amzer da dostat ous Doue dre ar govision! Chetu aman hoant un amzer favorabl: ecce nunc tempus accept... misericord Doue n'an deus quet seouis ous o cortous, a zo hoas Prest d'o Justifian ebars an tribunal santel: tosteet eta dezo mar oc'haus hoant da recet ar vuez. Doue o invit dre ar Prophet Isaïe: Da'o bezo discheriet o bechejo da rentat Jésus-Christ enem tantet a soulaget; neuro-ze eprouset dre experienc pequen dous, pequen agreabl eo caret Doue ac e servichi: a possibl na ve quit o calon distag hoar deus ar bechet, quement se na dlo quet o bellat deus an tribunal santel deus ar binigen: recet a-reet enno vehon-taton touchant, an-so mad evit o sellaet deus an occasion: ministret Jésus-Christ a raio o oll efforto evit ober d'ach santout ar stad deus o ine, lacaat abano-ach da gaout ar bechet a da garet ar vertu, a goude marteze bean commancet o corision gant ena indifferanc vras, enam queffet touchet a-roc finissan. Santel oc'hous eur Soed-banac pequen dous eo evit on ine, diquener on halon da eur ho-e-vous charitabl goude bean bet er bechet epad pell amzer. Sel mui a differet da dostat d'ar govision sel mui enem lanten-y genet: on brassan plijadurez a zo troublet gant an displejuder ac ar chaquin: ar morso on honsianc Doue d'on liguat pe-den da reng deomp. Daus ar saucho en-one pere a negligéomp da effaçin dre ar binigen. Bean bepret languissant douquan bepret ennomp on unan eur drent behini na beur-d ous on tourmantin, deploraplan stad! Quemezomp un ne-bet courag eta, Christenien, a quemal-te dre interest evit on unan: tosta-omp d'ar sourcen selutar deus on e-l-idiguez. Eur vad n'on dezo triomphal deus on negligéance, eur voës n'on deso dapor-et ar baz-spiritus-re leun a loissiono ac a neinado eur voas n'on dezo disoloat da fil, en beironnach e vinstri ar govision deus on halon, douçan consolation a santcomp ennomp on unan! Na n'em quevet querr ar mo-ent-mi evel Daquest; disconquat a rear dous eur bechet lonner sehini abora bell amzer a lammet on honsianc; enem santout a rat evel resuscitiet on halon ac on honsianc a zo contant: Quement-se a zo eun effel prodigius deus ar Sacramant, pehini a efroud ar guir benitanted. O hui pacherien-bere a differ, n'om-pas ar-et deiz da guile, mas an-et bloas d'e guile, and govision necessar er-id-oc'h, pequen neubet a anaveet o bonheur; bequon dign oc'h a druez dar n'em briva dea o lachet deus eur consolation ac eur beuch quen dous! Mas an den a zo bet a viscoat e vrasan d'e-e-eut? Sibi adversarius.

Français

AVANT la confession, nous sommes troublés, inquiets, tourmentés par les remords de notre conscience laquelle gémit sous cette habitude honteuse. Quand nous n'avons pas le courage de rompre, mais fuyons le changement devant le tribunal ; la paix et la tranquillité viennent à nouveau s'établir dans notre âme, et nous ne songeons plus qu'à rendre grâce à Dieu. Je ne dis rien que vous n'ayez senti, et si vous êtes sincères, avouez qu'il n'y a pas de paix plus calme, plus douce, plus sainte que celle que nous éprouvons en sortant du tribunal sacré de la pénitence après avoir déposé notre fardeau de péchés. C'est ainsi que Dieu vient récompenser une œuvre fidèle, même dès ce monde-ci. Assurément donc, on ne peut pas dire des gens qu'ils attendent longtemps avant de s'approcher de Dieu par la confession ! Voici maintenant un temps favorable : ecce nunc tempus accept... la miséricorde de Dieu ne cesse pas de vous attendre, et est encore Prête à vous Justifier dans le tribunal sacré : approchez donc d'elle si vous avez envie de recevoir la vie.

Dieu vous invite par le Prophète Isaïe : que vos péchés soient effacés pour que Jésus-Christ soit honoré et soulagé ; alors vous éprouverez par expérience combien il est doux, combien il est agréable d'aimer Dieu et de le servir : et s'il est possible que votre cœur ne soit pas encore détaché du péché, cela ne doit pas vous éloigner du tribunal sacré de la pénitence : vous y recevrez des conseils touchants, assez bons pour vous éloigner de l'occasion : les ministres de Jésus-Christ feront tous leurs efforts pour vous faire sentir l'état de votre âme, vous amener à haïr le péché et à aimer la vertu, et après avoir peut-être commencé votre confession avec une grande indifférence, vous vous trouverez touché avant de finir. Seul Dieu sait combien il est doux pour notre âme, le soulagement de notre cœur devant un confesseur charitable après avoir été dans le péché pendant longtemps.

Plus vous différez de vous approcher de la confession, plus vous vous sentez gênés : notre plus grand plaisir est troublé par le déplaisir et le chagrin : le remords de notre conscience que Dieu a mis en nous pour nous rendre compte des taches en nous que nous négligeons d'effacer par la pénitence. Être toujours languissant, portant toujours en nous-mêmes un venin qui ne cesse de nous tourmenter, déplorable état ! Prenons un peu de courage donc, chrétiens, et agissons par intérêt pour nous-mêmes : approchons de la source salutaire de notre pénitence. Un avantage ne sortira pas triomphal de notre négligence ; une fois nous aurons apporté le remède spirituel plein de joies et de grâces ; une fois nous aurons découvert au fil du temps, en montrant à son ministre la confession de notre cœur, quelle douce consolation nous sentons en nous-mêmes !.

Ne nous comportons pas à ce moment comme Caïn ; on découvre alors une paix nouvelle qui depuis longtemps fuyait notre conscience ; on se sent comme ressuscité, notre cœur et notre conscience sont contents : cela est un effet prodigieux du Sacrement, lequel réjouit les vrais pénitents. Ô vous pécheurs qui différez, non pas d'un jour à l'autre, mais d'une année à l'autre, cette confession nécessaire pour vous, combien peu vous connaissez votre bonheur ; combien vous êtes dignes de pitié de vous priver par lâcheté d'une consolation et d'une paix aussi douces ! Mais l'homme a toujours été son plus grand ennemi : Sibi adversarius.

Breton

Cals a dud a gofessa, mas na santont quet tout ar honsolationo; abalamour na gofessant quet GANT an dispositiono necessar. Piunos a fel d'ac'h santout an effejo caer-ze hui bere na gofestaat quet tout o bechejo hui bere a gofessa ep quen a glachar da reanoffancet Doue hui bere a re eur govision etel neubet a-dra. Nan, nan an dud-ze na santont quen an effejo admirabl deus ar govision. Doue na accord quet e braç d'an dud-ze bere na n'em gofessaat nemet eur voe-d ar bloaz, a bere a ra quasi bepret corisiono Sacrileg; Doue na digor quet e tresorio d'an dud-se per mu-m gofessa muisoc'h dre quetion evit dre desir da vean Pardonet. Mas consultet an dud-ze bere a zo Christenien en gouirionez, a bere a fel dezo enam zavvation en amzer ma voalont cals enam goll, ac o laran-nt d'ach gant ar Prophet David: Venite, audite et narrabo vobis damp-cera a-dramen en on ine, ac a anaveet ar prodig-u-m celutant a ra Doue en on fad-ur? Venite, audite et narrabo quanta fecit animæ meæ. Retornomp out Doue en gouirionez ac on freneomp sequen bras differan-a zo ebre out christen gourbandant ac ar becher obstinet. Ia, en tribunal santel ene-u-pas Prodigo-bere a-ra seuill d'aize, bere a dor ar chadenno prizon on de-ho ebarr ar Pechet. Retornomp out Doue a greis on halon ac e santcomp eur beuch behini na eller quet da expriman. Quis expiaperat omnem santum. En tribunal-e quesset eur beuch behini na queter quet er bed. Consultet eur S. Aug. ac oll vënir benitanted ac e laroint d'ach penos an l-ib-u-e-r-sa guir deus o buez eo an ini en behini o deus caret Doue are hero e imito ar homzo consolant-man: Vade in Pace, remittuntur tibi Peccata tua. Et au cauch, o bechejo a zo effacet. Laret a raint d'ach penos a zo infiniment muia consolation o velet on bechejo o veza effacet, evit na zo ous o homette, nac en blejadure-o ar bed: Tantout a reat on dousder lagnan Doue on seuchin Doue jugum meum suave est, et onus meum leve.

Français

Beaucoup de gens se confessent, mais ne sentent pas toutes les consolations ; parce qu'ils ne se confessent pas AVEC les dispositions nécessaires. Comment voulez-vous sentir ces beaux effets, vous qui ne confessez pas tous vos péchés, vous qui vous confessez sans aucun chagrin d'avoir offensé Dieu, vous qui faites une confession avec si peu de chose. Non, non, ces gens-là ne sentent pas les effets admirables de la confession. Dieu n'accorde pas sa grâce à ces gens-là qui ne se confessent qu'une fois l'an, et qui font quasi toujours des confessions sacrilèges ; Dieu n'ouvre pas ses trésors aux gens qui se confessent plus par habitude que par désir d'être pardonnés.

Mais consultez ces gens qui sont chrétiens en vérité, et qui veulent leur salut dans un temps où l'on en voit beaucoup se perdre, ils vous diront avec le Prophète David : Venite, audite et narrabo vobis venez et je raconterai ce qui se passe dans notre âme, et connaissez le prodige salutaire que Dieu fait en notre faveur : Venite, audite et narrabo quanta fecit animæ meæ. Retournons vers Dieu en vérité et nous comprendrons quelle grande différence il y a entre un chrétien agissant et le pécheur obstiné. Oui, dans le tribunal sacré on voit des Prodiges qui se font, qui brisent les chaînes de la prison où l'on était dans le Péché. Retournons vers Dieu de tout notre cœur et nous sentirons une paix que l'on ne peut pas exprimer. Quis expiaperat omnem santum. Dans le tribunal se trouve une paix que l'on ne trouve pas dans le monde. Consultez un Saint Augustin et tous les vrais pénitents et ils vous diront que l'heure la plus vraie de leur vie est celle dans laquelle ils ont aimé Dieu et quand ils imitent ces paroles consolantes : Vade in Pace, remittuntur tibi Peccata tua. Allez en Paix, vos péchés vous sont remis. Ils vous diront qu'il y a infiniment plus de consolation à voir nos péchés être effacés, qu'il n'y en a à les commettre, ou dans les plaisirs du monde : vous sentirez la douceur de suivre Dieu : jugum meum suave est, et onus meum leve. Mon joug est doux et mon fardeau léger.

Breton

Ar govision a zo hoas eur remed Prompt ous clenvêjo on ine: On ine a zo evit clenvêjo ar horf, remejo pere goude cals a preparation na broduont effet ebet, se-alies-m-and na lerv-ig-ont nemet evit cresqui on hleñvete Mas n'an deo c-u-len deu ar Sacramant ar binigen establiset evit guelaet on ine. Doue na houlen diquen-e-omp evit on guelaet, evit on santifian nemet eur guir glachar a galon d'en bean offancet, eur declaration d'ar Peil un bechejo, eur bropas ferm da n'em pas torn quet dar bechet, a gant an dispositiono-ze e omp Pardonet en eur momet. Antret ac'h en tribunal criminel evit ar bublican ac asellan a-oc'h sortit justifiet a reconciliet gant Doue; antret oc'h ine lous a-oc'h, ac a oc'h sortit rentet-ta leun a vuez. Doue e unan an deus an Brometet d'ac'h: Prometet, am-ean, ma teuoat d'a dilesel ar bechet a d'en consacret, a bezo effacet d'ach, cam raccorit impur a d'imputate d'on Salver-Jésus-Christ: rac Doue na houlen quet maro ar becher, mas desirout a ra guelat anezan o quitaet on tent fall, ac o querr d-en bent a go-u-die d'an bet evit ma vezo aeternel-la-ment. Nolo mortem impii sed ut convertatur a vita sua mala et vivat. Posso e unan en lara deomp, pequan bras eta na dlo quet bean on bon-espanc Pel on deus prometet un Doue evit assurance deut a Pardon on deus hoant da obten. Mas na ver goulent d-ig-ant on-ter fetour benac, nemet an Declaration deus o bechet evit bean-la-ret ac ober annulli ar letane a vezo prononcet enep dezañ, na v-e-a-r criminel ebet a na houlente quet r-enon a buez dre ur sacrifie quen destet. Pa on dessant eur personnach buitta-benac nac a s-o-mission, nac a bean paea sacrifie nac a cha-g-n nac a formaliteo a zo ret da ramplissa evit antren en graç mad; mas asit antren gant honestas en ur an donat gant on Zalver ac on Doue, na renquer nemet enem adressa d'e vinu-u-ar d'ezo en condon-al-e-gad, ac al glachar en on halon, ac e omp Pardonet d'eur un instant. An nombre bras de o bechejo a beur-e-vamp enem santel coupabl a zo d-u-an absolut-d-effa-on goud Jésus-Christ. A chetu are excellanc ar religion-guist-en. Er r-e-lig-ion-all bep hep ar eur facon quen facil, quan tres a quen Prompt. Se-ill din belech nemet er religion gristen a quere eur fa-m-et quen crend; chetu are en ur bezo-d-ile on lacaet d'o haret mui-mur-mui, na ellet quet caret an-al-h'our religion behini e deus graço quen caer ac a ro deomp remejo quen douç a quen-l-iont evit on blesejo spirituel.

Français

La confession est encore un remède Prompt aux maladies de notre âme : notre âme est comme pour les maladies du corps, des remèdes qui après beaucoup de préparation ne produisent aucun effet, souvent même ils ne servent qu'à augmenter notre maladie. Mais il n'en est pas de même du Sacrement de pénitence établi pour guérir notre âme. Dieu ne nous demande pas pour nous guérir, pour nous sanctifier, autre chose qu'un vrai chagrin de cœur de l'avoir offensé, une déclaration de ses péchés au Prêtre, un propos ferme de ne plus retourner au péché, et avec ces dispositions nous sommes Pardonnés en un moment. Entrez dans le tribunal criminel comme le publicain et vous en sortirez justifié et réconcilié avec Dieu ; entrez l'âme sale et vous en sortirez rendue pleine de vie. Dieu lui-même nous l'a Promis : Promis, dis-je, que si vous venez délaisser le péché et vous consacrer, il vous sera effacé, car l'impureté est imputée à notre Sauveur Jésus-Christ : car Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais désire le voir quitter son mauvais chemin, et marcher dans le chemin de Dieu pour qu'il soit sauvé éternellement. Nolo mortem impii sed ut convertatur a vita sua mala et vivat. Puisqu'il nous le dit lui-même, combien ne doit pas être grande notre espérance puisque Dieu nous a promis l'assurance du Pardon que nous voulons obtenir.

Breton

Français

Mais nous ne demanderions pas à quelque personne, rien d'autre que la Déclaration de son péché pour être déclaré et faire annuler la sentence qui serait prononcée contre lui, il n'y aurait aucun criminel qui ne voudrait pas renoncer à sa vie par un sacrifice si aisé. Quand nous offensons un personnage quelconque par soumission, ou par payer un sacrifice ou par chagrin ou par formalités qu'il faut remplir pour entrer en grâce ; mais pour entrer avec honnêteté dans une réconciliation avec notre Sauveur et notre Dieu, il ne faut que s'adresser à ses ministres pour leur faire confiance, et avec du chagrin dans notre cœur, nous sommes Pardonnés dans un instant. Le nombre grand de nos péchés dont nous nous sentons coupables est absolument effacé par le sang de Jésus-Christ. Et voilà l'excellence de la religion chrétienne. Dans aucune autre religion cela ne se fait d'une façon aussi facile, aussi sûre et aussi Prompte. Cherchez donc n'importe où sauf dans la religion chrétienne quelque chose d'aussi grand ; voilà ce qui doit nous porter à l'aimer de plus en plus, on ne peut pas ne pas aimer notre religion laquelle a des grâces si belles et nous donne des remèdes si doux et si prompts pour nos blessures spirituelles.

Breton

Reflechissomp eta tout on asansap admirabl Deus a sacremant ar binigen; a mad tantomp eur asurance ben-ent cotessat on bechejo, sonjeomp ar fud penos eo on orgouil a zo caus Deus a zo o de-u-si-mar negligeomp da gofessat on bechejo a varseomp en on fechet, e vemp-comp-on-tol tud repro-v-set. In Peccato vestro moriemini. Sel mui a veite-omp Deus ar govision a deus on sacremant-cho, sel mui a boan on deust o tostaat goude-se, differant deus bloaz ar ar bloaz voarlech. Differomp hoas, a de-u-fors differin e unan am-ser-at-stert a d-on on h-on-dri-dar be-d, brassan malheur d'ar hontrel enem brisantet da govessat en amzer-fixed, ar graço a recevet, ar l-is-ourio argonsiolat-man a vefet a govision, a-rent-o aneze agreabl d'ac'h, a brassan malheur a affa-ar-rent gant un ine christen a ve da vean. Cretet Doue eur braç a behen a anas ar briz. Guelet on deus Achab ar roue ar muian-impie a voe biscoat, o avouin e bechet, a cavout quere a glachar d'en bean commetet guellet on deus anezan oud-nem humilian dindan dorn puissant an Autro Doue a-ou-rrate e justic; Gu-f-f-el a lar Doue da Eli goelet o cheus Achab. Ia, eme ar Prophet goelet am-eus an ennemie Deus o hano santel, goelet am eus an den-ze behini an deus discarret o Auterio lacaet d'ar maro quen lid-a zant, goelet am eus ar roue impur-ze humiliet en o bresanc: Nonne vidisti humiliatum Achab coram me? Changet eo r-ian deus ar mames-ini; goelet a ran ancen g-loet-ar-un-pot-er-ping-en, ma-v-o-u-m e bechet-te-ous on goelan, Jerusalem, te pehini a-v-ar-a-bant donet d'on-bell amzer Deus da imitan Achab, deuse-de da anavout dre experienc ar avantages admirabl ar govision. Christenien mad. hui-bere an e-u-l-zoet Doue quan bias a d'of mortel, beu-a-ello o toclaat, mar refuset ar remed unic a ell run dac'h ar iechet: Quis medebitur tui? Panos e affet ober o silvidiguez mar refuset da sacissan ar slanquen gant on l-i-n-u o ellet enem sauvetein; Penos e ellet caout esperanc, mar j-u-llaet Deus un govision behini eo an dr-e behini e antre-r en Env? etc.

Français

Réfléchissons donc à tout cet ensemble admirable du sacrement de la pénitence ; et si nous sentons une assurance de confesser nos péchés, songeons au fait que c'est notre orgueil qui est cause que si nous négligeons de confesser nos péchés et persistons dans notre péché, nous serons tous des réprouvés. In Peccato vestro moriemini. Plus nous nous éloignons de la confession et de nos sacrements, plus nous avons de peine à nous approcher ensuite, différant d'année en année. Différons encore, et la mort viendra au moment le plus difficile nous prendre dans le monde, le plus grand malheur ; au contraire en nous présentant à confesser au temps fixé, les grâces que vous recevez, les paroles consolantes que vous entendrez à la confession, rendront celle-ci agréable pour vous, et le plus grand malheur qui pourrait arriver à une âme chrétienne serait de l'éviter. Croyez en Dieu et sa grâce, laquelle en est le prix. Nous avons vu Achab le roi le plus impie qui fut jamais, avouant son péché, et trouvant de la douleur de l'avoir commis, nous l'avons vu s'humiliant sous la main puissante du Seigneur Dieu qui arrêta sa justice ; voyez ce que Dieu dit à Élie : as-tu vu Achab ? Oui, dit le Prophète, j'ai vu l'ennemi de votre nom sacré, j'ai vu cet homme qui a renversé vos Autels et mis à mort vos serviteurs, j'ai vu ce roi impur humilié en votre présence : Nonne vidisti humiliatum Achab coram me?.

Il a changé comme le même ; je vois un pécheur en pénitence, avouant son péché dans les pleurs, Jérusalem, toi qui avais tardé longtemps à imiter Achab, viens maintenant connaître par expérience les avantages admirables de la confession. Bons chrétiens, vous qui avez offensé Dieu par un péché mortel, vous irez vous-même, si vous refusez le remède unique qui peut vous rendre la santé : Quis medebitur tui? Comment pouvez-vous faire votre salut si vous refusez de saisir la planche par laquelle vous pouvez vous sauver ; comment pouvez-vous avoir espoir, si vous rejetez une confession laquelle est la porte par laquelle on entre au Ciel ? etc..

Breton

Man bije ar christen conservet ar braç a n-a-u-o-rece-e-t-o-u e Vadan-t, na voys quet necessar instituin un Sacremant evit effacin ar bechejo. Mas Doue pehini a anave faillet an den, an deus instituet ur sacremant evit rein ar vuez d'ar re e deyo collet dre ar bechet: ac Sacremant ar go-ar-binigen Deur a behini ar govision a zo eur parti essentiel. Ass r-ous-m-e-m-re-m dar Veleyen ar Pouvoir d'a effacin ar bechejo an dud-ze lacaat ar gristenien en obligation da dont da d-isclëer dezo o pechejo. Causo-u-de nanobstant d'on obligation-ze imposet d'on gristenien gant Jésus-Christ, e velet cals o bellat deus ar govision pe dre diffidanc deus ar ho-ve-z-ou-r, pe dre aon, pe dre vaz. Ma-omp o det-abusi deud-eunes-rent querr brad.

Français

Si le chrétien avait conservé la grâce reçue à son Baptême, il ne serait pas nécessaire d'instituer un Sacrement pour effacer les péchés. Mais Dieu qui connaît la faiblesse de l'homme, a institué un Sacrement pour rendre la vie à ceux qui l'auraient perdue par le péché : et le Sacrement de pénitence duquel la confession est une partie essentielle. En donnant aux Prêtres le Pouvoir d'effacer les péchés, il a mis les chrétiens dans l'obligation de venir leur déclarer leurs péchés. Malgré cette obligation imposée aux chrétiens par Jésus-Christ, vous en voyez beaucoup s'éloigner de la confession soit par défiance envers le confesseur, soit par peur, soit par honte. Nous sommes abusés si nous pensons ainsi.

Breton

Darn a bella deus ar govision gant aon rac ar ho-ve-zour: mas voat-bera e co fondet an aon-ze; a dous o de-u-na douse-ar ho-ve-zour da re-ve-lin ar pez o de-o-lar-et er govision: mas ac ignorin a reont e sent ebarr un tribunal santel e t-ol-ho-n plac Jésus-Christ, a len-os eo Da Jésus-Christ e unan a-r-e-ont o hovession. Enem rassuront eta voar ar brent-se, a sonjeont penos ar be-r a deposont en treid ar belec er govision, a-zo muioc'h ignor-ant-ad-l'ei-nan Deus bet biscoat anaveut: illud quod scit cons-i-un-t-i-u-m-tiu-m Deo, minus suo quam illud quod nescit. Il ne peut rien a-ra-e-choas et-e-it cotessant gant groen un am-p-e-r-u-d d'un cel-ant an am-p-e-r-u-d impi-man a-f-e-l-led-vezen forci ar sant da revelin dezan corë-sion a-bried, Mas ar ze ous-en menac d'un ar maro mas na n'em renty-quet d'e desir. Mas ar Sant-man a voe goel gantan touff ar maro, evit laret an disteran geir deus a govision an am-p-e-r-u-d. Goelel a-ret eta Christenien, sequen fal fondet eo an excus man. Sel-et-i-g-ant ar belec-ite... Cals all deus voan da vean anaveut gant o ho-v-e-z-ou-r-gant aon da vean me-pres-et gantan. Goel eo ganter continuin da querr-et en aut a gonda d'an ifern, languissan bar-r-Pechet, evit na ve co-ras-et o fechejo d'un den, foibl evit-e, pehini aloch o mepre-san, a ad-m-iro o hourach ac o fe; pehini a n-ar-o truez oute ac a ass-as o-r-e-ou-d da darre ar chadenno o delie barr ar bechet. Ar sort tud-ze a gar-e-cut-eur ho-ve-zour behini a w-e-l-fe, a na vele quet, behini a gl-i-s-e-a negligee quet, abalamour n'o de-u-t quet an desir d'ar-da n'em gonnertessan. Videntes videant, et non videant, et audient... audiant et non intelligant.

Français

Certains s'éloignent de la confession par peur du confesseur : mais voyez sur quoi est fondée cette peur ; certains craignent que le confesseur ne révèle ce qu'ils ont dit en confession : mais ils ignorent qu'il se tient dans un tribunal sacré à la place de Jésus-Christ, et que c'est à Jésus-Christ lui-même qu'ils font leur confession. Qu'ils se rassurent donc sur ce point, et songent que ce qu'ils déposent aux pieds du prêtre en confession, est plus ignoré que tout ce qui a jamais été connu : illud quod scit cons-i-un-t-i-u-m-tiu-m Deo, minus suo quam illud quod nescit. Il ne peut rien révéler, même sous la menace de mort. Nous avons l'exemple d'un saint (Saint Jean Népomucène) face à un empereur impie ; cet empereur impie voulait forcer le saint à lui révéler la confession de son épouse, le menaçant de mort s'il ne se rendait pas à son désir. Mais ce Saint aima mieux subir la mort que de dire le moindre mot de la confession de l'impératrice. Vous voyez donc chrétiens, combien est mal fondée cette excuse. Voyez le prêtre....

Beaucoup d'autres craignent d'être connus de leur confesseur de peur d'être méprisés par lui. Ils préfèrent continuer à marcher dans la voie qui conduit à l'enfer, languissant dans le Péché, plutôt que de confesser leurs péchés à un homme, faible comme eux, lequel au lieu de les mépriser, admirera leur courage et leur foi ; lequel aura pitié d'eux et les aidera à briser les chaînes qui les liaient au péché. Ces sortes de gens voudraient un confesseur qui verrait et ne verrait pas, qui écouterait et ne comprendrait pas, parce qu'ils n'ont pas le désir de se convertir. Videntes videant, et non videant, et audient... audiant et non intelligant..

Breton

Ar corruption ac an disposition fal deus ar galon d'am-puch cals da govessat evel ma eo dloet ac a bella cals deus ar govision. Mas gran eur govision-mad a sincer, a laro on em-p-r-u-d-e, eur govision-bra-el Deus an oll disurzo deus ma buez am bezo cals a binigen cals a mortificationo da ober; renquet a-ren quitaat an occasiono deus ar bechet, an assambleo criminel, ar hom-pa-gnonezo fall, renquet a-rin quitaat eur bassion-one behini e-o hoas-stay-mu-halon. Mar explican, eme un den medisant, an oll drouc am beus groet dre reand-fall, mar explican ar bue-ho sun-e-l deus ma halon-m-e-a vezo ordrenet din anem distari, a vin obliget d'an em humilian a da houlen pardon digant an ini am beus offancet, a da reparin an tort am beus groet d'e reputation; am orquil na bermette quet din ober quement-se. Mar disclëerian, eme un usurier, ar gaou am eus groet dre ma n-e-ssan, e vin obliget da restituin ar sommeo bras am eus quemeret digantan. Vera-u-ze-rent evitan quemet-se; tadel a rer voar ar bechejo-bere ac a tromper etalse ar ho-ve-zour. Pera a arru deus aque-met-se; insultin a-rar ar minister santel un Doue confiet deomp d'e Jésus-Christ, decrian a ra ar Vel-u-y-en. Sonj-e-a-ra-t a-gant-t-a-son, a sel-et tud-ar, tud impudie leun-scandal-d-e dre o homzo, usurur-er, o asain ous an tribunal-santel: Mez-Doue, am-u-rest-a-ist an dud impie-ze, a na vezo quet r-o-urn-omp bar-r Deus tromplet, mas tourner a-ret coun d-o-anganç. Palse e-tou quan lies a gristen da n'em goll dre govisiono groet fal, lost-a-et a reont da rece-o Doue en eur galon souillet gant ar bechet, en eur galon leun a buidir-ut ac a louss-o-ni Quoniam accessisti maligne ad Dominum et cor tuum Plenum est dolo et fallacia. Couscoude e-re-com-man-d-at deomp enem-e-pro-u-ei a-roc carout un har-da dostat d'ar gom-m-u-nion dindan boan a-v-e-p-r-i-ac a eva on h-on-d-a-o-nation b-r-o-bet-de. Qui manducat et bibit ind... Erit reus a zo daonet an den-ze ar v-r-o-ic-ze! Covessal a rent evel ar real en amzer bar-g en amzer an adoration, a mar-t-e-a-li-es-so-c'h; a couscoude goude o maro e int couet en If-ern Jera a zo cos da eur malheur quen terribl? Al-l-u-r an disposition fall gant behini e int tostaet d'o Sacramant.

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La corruption et la mauvaise disposition du cœur empêchent beaucoup de se confesser comme il se doit et éloignent beaucoup de la confession. Mais faire une confession honnête et sincère, dira l'un, une confession complète de tous les désordres de ma vie me demandera beaucoup de pénitence et beaucoup de mortifications ; je devrai quitter les occasions de péché, les assemblées criminelles, les mauvaises compagnies, je devrai quitter une passion qui est encore si chère à mon cœur. Si j'explique, dit un médisant, tout le mal que j'ai fait par mauvaise langue, si j'explique les secrets de mon cœur, il me sera ordonné de m'en détacher, et je serai obligé de m'humilier et de demander pardon à celui que j'ai offensé, et de réparer le tort que j'ai fait à sa réputation ; mon orgueil ne me permet pas de faire cela.

Si je déclare, dit un usurier, le tort que j'ai fait à mon prochain, je serai obligé de restituer les sommes importantes que j'ai prises. Voilà ce qui en éloigne beaucoup ; on se tait sur les péchés et on trompe ainsi le confesseur. Qu'arrive-t-il alors ; on insulte le ministère sacré qu'un Dieu a confié à Jésus-Christ, on décrie les Prêtres. On voit des gens, des gens impudiques pleins de scandale par leurs paroles, des usuriers, s'essayer au tribunal sacré : mon Dieu, quel mépris de ces gens impies, et ils ne croient pas que Dieu sera trompé, mais il tournera tout à leur confusion. Voilà comment tant de chrétiens se perdent par des confessions mal faites, ils osent recevoir Dieu dans un cœur souillé par le péché, dans un cœur plein de ruse et de saleté : Quoniam accessisti maligne ad Dominum et cor tuum Plenum est dolo et fallacia..

Pourtant il nous est recommandé de nous éprouver avant de manger le pain de vie, sous peine d'être méprisés et de boire notre propre condamnation. Qui manducat et bibit ind... Erit reus il est damné cet homme-là ! Ils se confessent comme les autres au temps du pardon, au temps de l'adoration, et peut-être même plus souvent ; et pourtant après leur mort ils tombent en Enfer. Quelle est la cause d'un malheur si terrible ? Simplement la mauvaise disposition avec laquelle ils se sont approchés du Sacrement.

Breton

Nec'h lostaet gant eur galon-b-r-a-net a bep po-el-et, a int lostait gant eur galon leun a hypocrisi, eur galon leun a dromplerez accessisti maligne ad dominum. Chetu are me-m-b-h' arber a vezo marteze un de-r cat-deus o daonation: impar-m-el eo dac'h am-puch da n'em goll ma na got to-it-et quet da gofessat, a mar na gofessat quel oll bechejo: si non confessus, labor... in confessione damnabis.

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Ils se sont approchés avec un cœur souillé par le péché, ils se sont approchés avec un cœur plein d'hypocrisie, un cœur plein de tromperie. accessisti maligne ad dominum. Voilà ce qui sera peut-être la cause de leur damnation : il est impossible de ne pas se perdre si on ne se résout pas à se confesser, et si l'on ne confesse pas tous ses péchés : si non confessus, labor... in confessione damnabis..

Breton

AR VEZ eo an drede-excus a behini enem servicher evit bellaat deus ar govision pe evit coach eur pechet benac. Doue evit on am-p-ach da bechi an deus staquet ar vez ac ar gonfusion ous ar bechet, ac evit da disclëer on h-r-m-o, an deus staquet ous ar govision ar go-n-f-anc ac on silidiguez. Pudorem et verecundiam Deus dedit Peccato, et confessioni fiduciam. Mas Secra a-ra an Drouc Speret evit en em opposi d'an dessan a guile-z Doue en on quever, ober a ra deomp goelet ar bechet evel neubet a-tra, evel eur fo-e-bless Pardonabl, ac ober a ra deomp sellet ar govision evel un dra mezus. Seculo fiduciam trabit, et confessioni pudorem. Pa ve question da n'em bechi, da gommete eur bechet scandalus benac, na deomp sellet quement se evel fragilite-dene a bera n'em gofessomp: Mas pa ve question da govessat ar vez da disolo dar belec mil a mil turpitud a am-puch mad a dud da dostat. Chetu are, ar rasonio faus deus empuchit cals a hanoc'h da disolo d'ar belec, ar songasonio fall, ac an de-zi-r-io criminel deus o calon. Vr-al-se clech desolo o clëet d'ar on o Doue bet digant Doue ar voar d'o coalaat, e-leu-t d'a n'em goll dre ar vez da govessat o Pechejo. Pudor is magis memores quam salutis cum erubescentia sua pereunt.

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LA HONTE est la troisième excuse dont on se sert pour s'éloigner de la confession ou pour cacher quelque péché. Dieu, pour nous empêcher de pécher, a attaché la honte et la confusion au péché, et pour déclarer nos crimes, il a attaché à la confession la confiance et notre salut. Pudorem et verecundiam Deus dedit Peccato, et confessioni fiduciam. Mais voyez ce que fait le Mauvais Esprit pour s'opposer au dessein de la bonté de Dieu à notre égard, il nous fait voir le péché comme peu de chose, comme une faiblesse Pardonnable, et il nous fait regarder la confession comme une chose honteuse. Seculo fiduciam trabit, et confessioni pudorem. Quand il est question de pécher, de commettre quelque péché scandaleux, nous ne regardons pas cela comme une fragilité humaine pour laquelle nous devrions nous confesser : Mais quand il est question de confesser, la honte de dévoiler au prêtre mille et mille turpitudes empêche beaucoup de gens de s'approcher.

Voilà les raisons fausses qui empêchent beaucoup d'entre vous de dévoiler au prêtre les pensées mauvaises et les désirs criminels de votre cœur. Au lieu de dévoiler vos plaies à votre Dieu pour qu'il vous guérisse, vous allez vous perdre par la honte de confesser vos Péchés. Pudor is magis memores quam salutis cum erubescentia sua pereunt..

Breton

Goel eo quena-e-h-e-ta, bean ennem-da lau-se-v-it-u-ret evitan an ifern ac oll supplice ous n'em be-u Doue o pechejo ous govision-tad: Seblantout a raenen quere muioch a-u-re-it a-t-r-ai-na voar o l-e-ch chadenno me-zu-r-an d-u-e-m-speret, evit ous o zerri; ac-o-u-l-e-l-e-s-o-t-o in. Da languir a da-ver-tel ebarr ar bechet, ma ve question deus a Pechet, no be quet a-t-a-z-o tisolo eur h-ent d'ar mede-u-n; mas pa ve question deus a vuez on ine, deus eur vuez-aeternel, e ve mar ous on rein da anavout d'un den behini a delih h-l-ue Jésus-Christ, a behini a-u-zo dent o confion-ert o consolin. Nag-e-det-quit t-art d'ar belec ar vez n'o heus quet bet a doan o commetin er b-u-s-an-c Doue mar dec'h cavaut mar deus ar bechet-ze, a t-h-u-h-h-u-m bet mar on deus en commete a-n-o-m-p-us aun-er-la-t-et-a-r-el Mez en nachut er govision; ar maro a arruo pa lon-gu-el-m-u-l-i-t-an ac e renquet covessat ar bechet-ze de r-e-r-de-r-be-r-r-e-prouset. Bean o beus da choas, sa da gofesset o pechejo en tribunal santel deu ar binigen, pe da goan tre Dao-un Doue irritet, a da det-e-e-f-u-d eur-e-u-st-e-r-u-i-le. Disphet-deut o fraylite, arm-e-a-r armu-a no vezo-guet muioch a goura-h da govessat na da disclëer ar bechet on beus coach-et ac o m-e-s-o-u-r aboue pell amzer: An Doue Speret pehini an deus ser-v-it o queno d'ach evit o am-pach da govessat on bechet, na tanque quet ar momet deut d'o Daob-l-l-o-le efforcho evit o l-a-e-l da revel gant ar bechet de var-o-i-on-se Chetu aman-p-r-e-n-t-e-u-l f-r-u-f-p-a-n-t d'un ar vez au-ran-c. S. Aug. 192. Suet. de riligous.

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Il vaut mieux pourtant subir ici-bas devant Dieu l'humiliation pour ses péchés par la confession : il semble qu'on préfère traîner avec soi les chaînes honteuses du démon plutôt que de les briser. On languit et on se meurt dans le péché, s'il était question d'un péché contre le corps, on n'aurait pas honte de dévoiler ses plaies à un médecin ; mais quand il est question de la vie de notre âme, d'une vie éternelle, on a peur de se faire connaître d'un homme qui détient les clés de Jésus-Christ, et qui a été mis là pour nous aider et nous consoler. N'ayez donc pas honte devant le prêtre puisque vous n'avez pas eu de peur de commettre le péché sous le regard de Dieu ; si vous avez honte de confesser ce péché, vous n'échapperez pas à la honte éternelle lors de la confession au moment de la mort. Vous avez à choisir, soit de confesser vos péchés dans le tribunal sacré de la pénitence, soit d'aller devant un Dieu irrité. Dépouillez-vous de votre fragilité, armez-vous de courage pour confesser et dévoiler le péché que vous avez caché par honte depuis longtemps. Le Mauvais Esprit qui a fermé votre bouche pour vous empêcher de confesser votre péché, ne manquera pas au moment de votre mort de faire tous ses efforts pour vous faire périr avec vos péchés. Voici un exemple frappant sur la honte. S. Aug. 192. Suet. de riligous..

Breton

N'am beus quet er-om da ajou-tin netra d'an exempl-man evit o edification: en deeo a dle comz er-id-om-p-ac'h-et eur recit quen effrayant. Antreomp da ennom-on unan a goelomp ac en non deus quet en sous on honsianc eur bechet benac pehini n'on deus quet credet outat d'on h-o-v-e-z-ou-r; hu mar on deus bet ar malheur-ze, ha mar on deus neglijat da n'em gofessat aboue pell amzer, deomp da n'em de-r-el ous treit ar belec evit avouin outan on neubet a fe ac o yarantes evit Doue. Mon-d-ig-s-que-ent-u-interit evit on ine ac on demerit on horf, ac evit d-lig-e-t d'ar bed, na les-e-mp quet aneze en stad a ve-o-e-f-u-d quet amzer. Gaulon-omp diquenn-f-on unan ac on n'on deus quet ur govision benac da reparin; a nin a-gare mavel aroc bean deport on bechejo ous treit Jésus-Christ, evit o goelhi gant a road; nin a-gare marvel aroc bean reparat ar govisiono fall on de-ud groet e-f-u-d on b-e-u-z; nan na garen-p; commanç-omp eta da reparin ar fa-u-h-o deus on buez trem-m-e-t. Exposomp da Jésus-Christ on stad deplorabl; leromp dezañ penos on ine a zo languissant aboue 10, 20-it-bloaz, a-pen-al-eo nin eo ar Paralitig deus a behini comzan. A-vil trugare-c-u-on-f-anean da vean roet deomp eur moyen quen tu-d, quen bed a quon facil ac ar govision da n'em reconcilian gantan a da obten ar Pardon. On in-s-e-t-a on hlas-q a ra; lurus mar chellaoump e voiz, mar heuliomp e atijo mad, mar antreomp en fond on halon evit disolo de-u-n on goulio, evit contun-g-ou-d-r-e-en-lauantel-ez.

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Je n'ai rien à ajouter à cet exemple pour votre édification : car il doit parler pour vous, un récit aussi effrayant. Rentrons en nous-mêmes et voyons si nous n'avons pas sur notre conscience quelque péché que nous n'avons pas osé dire à notre confesseur ; si nous avons eu ce malheur-là, ou si nous avons négligé de nous confesser depuis longtemps, jetons-nous aux pieds du prêtre pour lui avouer notre manque de foi et de charité envers Dieu. Agissons par intérêt pour notre âme et méprisons notre corps, et pour le bien du monde, ne les laissons pas dans cet état. Examinons-nous nous-mêmes si nous n'avons pas quelque confession à réparer ; et nous, nous voudrions mourir avant d'avoir déposé nos péchés aux pieds de Jésus-Christ pour les laver avec son sang ; nous voudrions mourir avant d'avoir réparé les confessions mal faites pendant notre vie ; non nous ne le voudrions pas ; commençons donc par réparer les fautes de notre vie passée.

Exposons à Jésus-Christ notre état déplorable ; disons-lui que notre âme est languissante depuis 10, 20 ans, car nous sommes le Paralytique dont je parle. Mille mercis à Dieu de nous avoir donné un moyen aussi sûr, aussi bon et aussi facile que la confession pour nous réconcilier avec lui et pour obtenir le Pardon. Notre âme le cherche ; heureux si nous écoutons sa voix, si nous suivons ses bonnes inspirations, si nous entrons au fond de notre cœur pour lui dévoiler nos plaies, pour continuer vers la sainteté