L'importance et l'utilité de la religion, qui ne furent jamais sérieusement contestées, sont aujourd'hui hautement proclamées par tout le monde. Aucun âge ne les sentit mieux que le nôtre. Voyez si magnifique et pourtant si vrai que l'on fait du christianisme parmi les esprits graves, parmi les hommes qui réfléchissent. Il n'est pas un seul au 19e siècle qui ne confesse cette vérité, flambeau de l'esprit éclairé de la raison. Grâce aux nobles et larges vues que le christianisme a fait jaillir dans les intelligences, grâce aux principes seuls vraiment humanitaires qu'il fait briller à tous les regards, comme des phares étincelants, destinés à diriger sur la mer orageuse de ce monde les individus et la société, chacun admet aujourd'hui comme des faits désormais incontestables, que l'humanité tire d'une même origine, douée d'une nature identique, est appelée à une fin commune. Que Dieu en les chassant du Paradis terrestre dans cette vallée de larmes, ne les a ni abandonnés aux caprices du hasard, ni livrés aux jeux sanglants de la fortune.
Que Dieu marche à travers les temps et les soumet à des lois générales qui, pour être trop souvent méconnues, n'en président pas moins à son développement et à toutes les évolutions. C'est ainsi qu'aux yeux de la raison éclairée des lumières de la révélation, le christianisme a acquis une grandeur, une dignité, une valeur que ne soupçonnaient pourtant pas les génies les plus vastes et les plus hauts du paganisme.
Ajoutez à cela que dans l'état actuel de la société, état dont nul esprit ne saurait être parfaitement satisfait, et que tous s'accordent à regarder comme une simple transition, une marche longue et plus ou moins laborieuse, et dont la société se réfugie dans l'avenir pour y chercher l'espoir moral, que nous pouvons croire à jamais perdus, si nous n'avions une entière foi à la providence, qui ne laisse rien au hasard. De là le besoin de fusion, d'union lente. Cette nécessité si unanimement avouée appréhende comment il faut transformer le présent dont on n'est pas satisfait ainsi que l'on espère et après lequel on soupire.
Mais pour que le christianisme puisse produire les inappréciables résultats qu'on en attend, pour qu'il soit le sel, le ciment de la société et l'arbitre des devoirs de l'homme et de ses destins, pour qu'il se dresse devant nous comme un phare éclatant et vrai sur la route qui doit, par le calme ou par la tempête, nous conduire sans naufrage au terme où nous appellent nos glorieuses destinées — il faut certaines conditions, il faut ce caractère qui doit nous distinguer dans le Christ.
Aux yeux du christianisme, la vérité éternelle comme Dieu dont elle émane ne dépend ni du temps ni de l'espace. Les vertus ou les fautes des hommes ne sauraient rien contre elle : comme le rocher elle se tient debout au milieu des naufrages, et sauve ceux qui se confient à elle. Le Christ condamne tout ce que le bon sens et l'esprit honorent. Quelque sort qu'il rencontre le bien ou le mal, il les signale tous deux d'un même amour, d'une même hauteur, sans varier. Il gémit quand les premières qualités sont ternies par des fautes et se réjouit lorsque dans les plus grands coupables il entrevoit quelque chose d'honnête, de bon, de vrai, de sage. Si le crime triomphe souvent avec autant d'éclat que l'honneur, si la vertu est écrasée et foulée aux pieds, elle trouve sa récompense dans le ciel et vous impose l'admiration, l'envie de l'imiter, admirablement humble et impartial quand il s'agit de courage.
Quand nous voyons la bassesse et le sanguinaire orgueil d'acteurs hautement abîmés dans les infâmes délires du sérail, et dont la plupart ne semblent dignes que pour égayer les esprits, et bientôt tomber sous le cimeterre des janissaires : quand on examine l'influence des impressions douloureuses déposées dans l'âme par les événements accomplis sur les têtes qui souillent successivement le trône et le coran, on dirait une terre maudite, qui ne laisse de restes aux habitants que pour les vouer à l'horreur et au crime, à l'opprobre et à la misère. C'est alors qu'on se félicite d'être né dans une patrie plus heureuse, d'avoir été bercé aux chants d'une religion pure et de vivre au sein d'une civilisation fille du Christ.
De quel éclat et brillante auréole le Christ n'entourera-t-il pas les fronts radieux de Clovis, de saint Louis.
Pendant que l'incrédulité démontre la fécondité de son principe en mauvaises œuvres, le Christ travaille à éteindre le mal que produit la raison humaine abandonnée à elle-même. Il donne à notre belle France une grande page de plus dans l'histoire de sa foi catholique : entre les mains que la Providence choisit dans les mauvaises heures pour consoler ses enfants demeurés fidèles, on compte le Christ qui, d'une main brisant l'idole de la fausse science, nous montre de l'autre que sa vertu seule nous donne la solution de toutes les grandes destinées humaines, et fait entendre sa voix au petit, pour rappeler aux jeunes et aux vieux, aux grands et aux petits, que hors de l'Église il n'y a point de salut, et que hors de la tradition catholique il n'y a point de vérité complète. En belle, sainte et bienfaisante mère, elle veille maintenant sur ses enfants.
L'institution divine d'un jour de repos est l'histoire de toutes les sociétés modernes civilisées par le christianisme et cette loi du Dimanche. Retrancher le Dimanche à l'action du christianisme eût été nulle : ce qui a fait dire que si l'observation du Dimanche n'était qu'une institution humaine, il faudrait la regarder comme la meilleure méthode qu'on eût pu inventer pour attacher les hommes.
Je vois le vaste rang autour de la chaire sacrée : quelle autorité n'aura pas sur lui par son caractère, ses vertus, sa sollicitude envers les malheureux — par son âge — quelle autorité n'aura pas le Pasteur du troupeau ? Peut-être la réunion de la plupart de ceux qui l'écoutent n'est-elle rien au milieu de ses serviteurs. Dans les paroles qui sortent de sa bouche, chacun trouve l'enseignement qui lui convient. Là toutes les vices sont combattus et toutes les vertus enseignées. Le pauvre apprend à être résigné, et le riche compatissant, le vieillard à sanctifier les restes d'une vie qui lui échappe, le jeune homme à se défier des illusions de son âge. Si on l'en croit, on chérit ce qui est bon, ce qui est honnête, et on enseigne la vertu à des enfants dociles et respectueux.
À ces heureux résultats de l'observation du divin précepte, opposez les désordres qui proviennent de la violation de cette sainte loi.
| Thème du sermon | Citations latines, références et traduction |
|---|---|
| Sur la Persévérance |
Matth. X. 22 —
Qui autem perseveraverit usque in finem, hic salvus erit.
« Mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. »
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| Sur la Pénitence |
Matth. III. 2-3 —
Poenitentiam agite : appropinquavit enim regnum caelorum. Vox clamantis in deserto…
« Faites pénitence, car le royaume des cieux est proche. Voix de celui qui crie dans le désert… »
Luc. III. 7-11 —
Genimina viperarum, quis ostendit vobis fugere a ventura ira…
« Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?… »
S. Paul, Rom. II. 4-6 —
An divitias bonitatis… Thesaurizas tibi iram in die irae…
« Ou méprises-tu les richesses de sa bonté ?… Tu thésaurises pour toi une colère au jour de la colère… »
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| Sur la Prière |
Matth. XV. 25-28 —
Tunc respondens Jesus ait illi : O mulier, magna est fides tua, fiat tibi sicut vis.
« Alors Jésus répondant lui dit : Ô femme, grande est ta foi ; qu'il te soit fait comme tu veux. »
Marc. IX. 28 —
Hoc genus in nullo potest exire, nisi in oratione et jejunio.
« Cette espèce ne peut sortir que par la prière et le jeûne. »
Marc. XI. 22-26 —
Et cum stabitis ad orandum, dimittite si quid habetis adversus aliquem…
« Et quand vous vous mettrez à prier, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez-lui… »
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| Sur le Jugement général |
Matth. VII. 22-23 —
Multi dicent mihi in illa die : Domine, Domine, nonne in nomine tuo prophetavimus ?… Et tunc confitebor illis quia nunquam novi vos ; discedite a me qui operamini iniquitatem.
« Beaucoup me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé en ton nom ?… Et alors je leur déclarerai : Je ne vous ai jamais connus ; éloignez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. »
Matth. XIII. 49-50 —
Exibunt angeli et separabunt malos de medio justorum et mittent eos…
« Les anges sortiront et sépareront les méchants du milieu des justes et les jetteront… »
Matth. XXV. 34-41 —
Venite benedicti… Esurivi et… Discedite a me…
« Venez, les bénis de mon Père… J'ai eu faim… Éloignez-vous de moi… »
S. Paul, Rom. II. 9-10 —
Tribulatio et angustia in omnem animam operantis malum.
« Tribulation et angoisse sur toute âme qui fait le mal. »
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| Sur la Mort |
Eccli. I. 1. 8 —
O mors, quam amara est memoria tua homini pacem habenti in substantia sua.
« Ô mort, que ton souvenir est amer pour l'homme qui vit en paix au milieu de ses richesses. »
Ps. 48 —
Quoniam cum interierit non sumet omnia.
« Car lorsqu'il mourra, il n'emportera rien avec lui. » — Quand l'âme se séparera du corps, elle changera bien de sentiments.
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| Sur la Communion |
Matth. XXV. 1-12 —
Ecce sponsus venit, exite obviam ei.
« Voici l'époux qui vient, allez à sa rencontre. »
Luc. II. 29-32 —
Nunc dimittis servum tuum, Domine…
« Maintenant, ô Seigneur, laisse aller ton serviteur en paix… »
Luc. IV. 4 —
Non in solo pane vivit homo, sed in omni verbo quod procedit de ore Dei.
« L'homme ne vit pas de pain seul, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
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| Sur le Péché et ses effets |
Matth. XV. 19 —
De corde exeunt cogitationes malae, homicidia, adulteria…
« Car c'est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères… »
Daniel. IX. 4-6 —
Peccavimus… exaudi, Domine, placare…
« Nous avons péché… Exauce, Seigneur, apaise-toi… »
S. Paul, Rom. VI. 2-3 —
Qui enim mortui sumus peccato…
« Car nous qui sommes morts au péché… »
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| Sur la Rechute |
Matth. XII. 43-45 —
Cum autem immundus spiritus exierit… tunc vadit, et assumit septem nequiores se, et intrantes habitant ibi : et fiunt novissima…
« Lorsque l'esprit impur est sorti… il s'en va et prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui, ils entrent et s'y établissent : et la dernière condition de cet homme est pire que la première… »
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| Sur le Délai de la Pénitence |
Matth. XXIV. 42-43 —
Vigilate ergo, quia nescitis qua hora Dominus vester venturus sit…
« Veillez donc, car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur viendra… »
Matth. XXIV. 48-51 —
Si autem dixerit malus servus ille in corde suo : moram facit dominus meus venire…
« Mais si ce mauvais serviteur dit en son cœur : Mon maître tarde à venir… »
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| Sur la Mort et la Passion de Jésus-Christ |
Matth. XXVI–XXVII
Récit de la Passion selon saint Matthieu.
S. Paul, Rom. VII. 1 / c. III
Doctrine sur la mort au péché et la vie en Jésus-Christ.
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| Sur l'Enfer |
Matth. VIII. 11-12 —
Dico autem vobis, quod multi ab Oriente et Occidente venient, et recumbent… filii autem regni ejicientur in tenebras exteriores ; ibi erit fletus et stridor dentium.
« Or, je vous dis que beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident et seront à table… mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : il y aura là des pleurs et des grincements de dents. »
Matth. XIII. 30 —
Colligite primum zizania et alligate ea in fasciculos ad comburendum.
« Ramassez d'abord l'ivraie et liez-la en bottes pour la brûler. »
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| Sur l'Orgueil |
Matth. XI. 29 —
Discite a me quia mitis sum et humilis corde, et invenietis requiem animabus vestris.
« Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. »
Matth. XVIII. 3-4 —
Nisi conversi fueritis et efficiamini sicut parvuli non intrabitis in regno caelorum…
« Si vous ne vous convertissez et ne devenez comme des enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux… »
Matth. XXIII. 12 —
Qui autem se exaltaverit humiliabitur, et qui se humiliaverit exaltabitur.
« Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé. »
Marc. IX. 35 —
Si quis vult primus esse, erit omnium novissimus et omnium minister.
« Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Luc. I. 51-52 —
Dispersit superbos mente cordis sui ; Deposuit potentes de sede…
« Il a dispersé les superbes dans les pensées de leur cœur ; il a renversé les puissants de leur trône… »
S. Paul, Rom. III. 9-18 —
Omnes sub peccato.
« Tous sont sous l'emprise du péché. »
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| Sur le Jugement téméraire |
Matth. VII. 1-3 —
Nolite judicare et non judicabimini. In quo enim judicaveritis…
« Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car du jugement dont vous jugez… »
Marc. IV. 24 —
In qua enim mensura mensi fueritis, remetietur vobis et adjicietur vobis.
« Car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis, et on y ajoutera pour vous. »
Luc. VI. 37 —
Hypocrita, ejice primum trabem de oculo tuo, et tunc perspicies ut educas…
« Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter… »
S. Paul, Rom. II
Sur l'inexcusabilité du jugement téméraire.
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| Sur les Bonnes Œuvres en général |
Matth. V. 7 —
Beati misericordes : quoniam ipsi misericordiam consequentur.
« Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. »
Matth. VI. 1 —
Attendite ne justitiam vestram faciatis coram hominibus, ut videamini ab eis ; alioquin mercedem non habebitis apud Patrem vestrum qui in caelis est…
« Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus ; autrement vous n'en aurez pas la récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux… »
Matth. VII. 17-20 —
Sic omnis arbor bona bonos fructus facit, mala autem arbor malos…
« Ainsi tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits… »
Matth. XIX. 21 —
Si vis perfectus esse ; vade, vende quae habes, et da pauperibus, et habebis thesaurum in caelo ; et veni.
« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens. »
Marc. III. 35 —
Qui enim fecerit voluntatem Dei, hic frater meus, et soror mea, et mater est.
« Car quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère. »
Marc. IX. 40 —
Quisquis enim dederit vobis potum calicem aquae in nomine meo…
« Car quiconque vous donnera à boire un verre d'eau en mon nom… »
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