Grâce de Dieu

Sermon bilingue — breton du XIXe siècle / traduction française

Breton

Bemdez e clesct coms en on amzer-man, a bemdéz e com­zomp de on unan diouart a Gracz Doue. Nitra a muioc'h commun evit ar homzo man: gant Gracz Doue e hig en lech man lec'h y: gant Gracz Doue e welin an dentez­arhoal; gant Gracz e rign Goelout dud ar bleat; gant Gracz Doue e pasin un deiz ma bugale; daved ac instruet ebarr ang religion; gant Gracz Doue e rign ma silvidigues. Moas sera eo ar HRAC d'us a behini an hano a zorte d'us a beno an oll, a behini a zo quen commun? Pe hini a gompren sera eo ar hrac? a bur a anat e natur e effejo, ac an uray a dléomp da ober d'ud un tresor quen precieul? Allas Ma Seigneur a ma hreur Gristey, danten­ament, pa o coelay quen indifferent a quen negligeant va der guartin da brofitay deus ar hrac-se evit o silvidiguez ac o eternité. Couscoude ar hrac ac ar profit deus ar hrac a zo necesser da bep un ac hanomp evit enem sauvetay.

Français

Chaque jour on entend parler à notre époque, et chaque jour nous nous parlons à nous-mêmes de la Grâce de Dieu. Rien n'est plus commun que ces paroles : avec la Grâce de Dieu j'irai en tel lieu ; avec la Grâce de Dieu je verrai demain ; avec la Grâce je ferai cela l'année prochaine ; avec la Grâce de Dieu j'élèverai mes enfants, ils seront instruits dans la religion ; avec la Grâce de Dieu je ferai mon salut.

Mais qu'est-ce que la Grâce dont le nom sort de la bouche de tous, qui est si commun ? Qui comprend ce qu'est la grâce ? Sa pure nature, ses effets, et l'usage que nous devons faire d'un trésor si précieux ? Hélas, mon Seigneur et mes frères chrétiens, j'en tremble quand je vous vois si indifférents et si négligents pour vous garder de profiter de cette grâce-là pour votre salut et votre éternité. Pourtant la grâce et le profit de la grâce sont nécessaires à chacun de nous pour se sauver.

Breton

Goelet an cruel un arme ennemi, eul soudart pehini n'an deus ary ebet evit enem difin. Benos gallout difen a raay mar de hoant e adversourien pera azo endro dezay da emet digantay?

Chetu are senos chomp en creis ar bed. Mean on deus en dro deomp adversourien puissant meurbet; An drouc speret handal ous eul leon furieul, a zo beprit en dro deomp o essa ober deomp couean er pec'het, o essa col on iné a rein dezi ar maro. Mean on deus beprit dindan on daoulagad exemplo fall pere n'an d'int profr nemet d'on holl; ar hic ac an drouc speret a ra deomp combacho violent meurbet. An criel a noll dangerus. Sa n'on deus nitra a hanomp on unan evit on douetay ac on hrenvast; penos gallout resistay penos gallout enem difin? Doue a offr deomp e assistanc, ac an assistanc-se a Doue, a zo hanvet Gracz Doue. Chetu aman exemplo deus ar doursionerz etc.

Français

Voyez une armée ennemie cruelle, un soldat qui n'a aucune arme pour se défendre. Comment pourra-t-il se défendre s'il a ses adversaires tout autour de lui pour lui enlever la vie ?

Voilà comment nous sommes au milieu du monde. Nous avons autour de nous des adversaires très puissants ; l'esprit malin, semblable à un lion furieux, est toujours autour de nous à essayer de nous faire tomber dans le péché, à essayer de perdre notre âme et de lui donner la mort. Nous avons toujours sous nos yeux des exemples mauvais qui ne sont propres qu'à nous perdre ; la chair et l'esprit malin nous livrent des combats très violents. Le péril est grand et dangereux. Puisque nous n'avons rien de nous-mêmes pour nous protéger et nous fortifier, comment pouvoir résister, comment pouvoir se défendre ? Dieu nous offre son assistance, et cette assistance de Dieu est appelée Grâce de Dieu. Voici ici des exemples des pécheurs etc.

Breton

Aboue pell amzer zo e profanet ac e blasphemet an hano santel a Doue, esi songeal e nem gorrigean. Ar e-d tud se n'aillet nemet enem goll. Couscoude Doue an deus hoant d'o sauvetay: ac evit o corrigay deus o blasphemo, e ra deoc'h cleset un instruction pehini a ra deoc'h goelet ar blasphem e-d un trig enorm. An instruction-se a zo eur hrac evidoc'h. Paret a ray ar memes tra da eur meriet. Meserien a ret wid quers en eil coste goude eguile ar zul, arg oel, ac un deus queit ama fadin ar hant Doue an deus digattet en herit birui deoc'h ar long da dont da gléret an instruction-man.

Ar hrac eo, ac eur hrac caër, profitet d'ud anezi. Ar mamestra a lara-y d'o' real abalamour d'an impureté, d'ar gassoni, d'ar vengeanc, d'an inustis, d'ar sacrilegès. Quen lied a instruction a glét, ac a sclérigen a hano-ch var ar greseted deus o pec'hejo, a zo quen lied a hrac a zo d'ach Doue.

Français

Depuis longtemps vous profanez et vous blasphémez le saint nom de Dieu, sans songer à vous corriger. Ces gens-là ne pourraient que se perdre. Pourtant Dieu a envie de les sauver : et pour les corriger de leurs blasphèmes, il vous fait entendre une instruction qui vous fait voir que le blasphème est un crime énorme. Cette instruction est une grâce pour vous. Il en paraîtra de même pour les pécheurs. Vous mettez de l'empressement pour aller d'un côté puis de l'autre le dimanche, les jours de fête, et l'un de ces temps-là Dieu a mis en votre cœur le désir de venir entendre cette instruction.

C'est la grâce, et une belle grâce, profitez-en. La même chose, je le dirai aux autres à propos de l'impureté, de la haine, de la vengeance, de l'injustice, du sacrilège. Autant d'instructions que vous entendez, et de lumières que vous avez sur la gravité de vos péchés, sont autant de grâces que Dieu vous donne.

Breton

Ar pec'her bras-se a zo test d'us a varo subit eur pec'her all quen bras e in. Ar maro subit se a zo marteze eur binition evit an iné maro; evit ar ra rest e zo eur hrac; Doue a zeiblant laret d'azo: eur memès malheur a zo reservel d'ach un deiz; na n'em esposet quet da versel ebarr eno pec'het. Ar holl d'ud on mado, eur hleñvet, eur galonni, a zo aliet graco d'irae daoulagad an Autro Seigneur Doue, a moyenno puissant a gontirion. Avel an exempl vad a ra culs a impression voar an dud, Doue a gontirtis aut pecher an areet d'u e dizurz ac e scandalio, vitessa dre e gontirron, contirtissan tude a becherien all pere eny roc var memes disurz. Ar hrac eta a zo eul loyen puissant a ro Doue d'an dén evit en noud da evitay ar pec'het, merrit sortial deus anezan.

Français

Ce grand pécheur-là est témoin de la mort subite d'un autre pécheur aussi grand que lui. Cette mort subite est peut-être une punition pour l'âme morte ; pour celui qui reste, c'est une grâce ; Dieu semble lui dire : un même malheur vous est réservé un jour ; ne vous exposez pas à mourir dans votre péché. La perte de nos biens, une maladie, un chagrin, sont souvent des grâces pour ouvrir les yeux devant le Seigneur Dieu, des moyens puissants de contrition. Comme le bon exemple fait beaucoup d'impression sur les gens, Dieu convertit un pécheur arrêté dans son désordre et ses scandales, souvent par sa contrition, convertissant d'autres pécheurs qui étaient auparavant dans le même désordre. La grâce est donc un lien puissant que Dieu donne à l'homme pour l'aider à éviter le péché, afin de sortir de celui-ci.

Breton

Doue a ro an avantay se d'ay oll, mal-allal; an oll na brofitont quet d'ud anezan. Deus a daou dén cla-v unan a heuil coentent coentariso ar medecin, un all na ra nitra; unan a quemer ar reméjo a gontirry d'ean, un all na ra quet; unan a zo goelact, ac un all a zo maro. Chetu are senos e ellomp compren penos d'ud a daou becher pere a recev ar mêmès instructions, unan a d'a d'enem gon­tirtissan, ac un all na ra quet, dont a ra memes da ning galedin ebarr en e bec'het. Unan deus aneze a brofit d'ud ar hrac hag vit un instruction, un all na ra quet.

Français

Dieu donne cet avantage à tous, hélas ; tous n'en profitent pas. De deux hommes malades, l'un suit les conseils du médecin, un autre ne fait rien ; l'un prend les remèdes qui lui sont ordonnés, un autre ne le fait pas ; l'un est guéri, et un autre est mort. Voici comment nous pouvons comprendre comment de deux pécheurs qui reçoivent les mêmes instructions, l'un va se convertir, et un autre ne le fait pas, en vient même à s'endurcir dans son péché. L'un d'eux profite de la grâce par une instruction, l'autre ne le fait pas.

Breton

Cavant a ray var e-d goele a souffranc, eul malheureul pehini an deus toiret un axel benci, da autramant an dén eut hlévet dangerul, en eur façoy na ell na bale, na ober usay deus e limpho. Angageay a ran anezon da nem ober douqueuy da eur certen plac, pelec'h e cava un dén savant meurbet, a capabl da rein deza-y ar iehet. Refus a ra da heuil an avis a roan dean, dre ma eo emean quasi impossibl deza-y beay ar frajo d'ud ar vony an deus da ober evit emy rentryn quel-hu-en den intendet. Enem propos a ran da beay ar frajo ac e refus houl. Da biou ar faut, mar d'u da vervel? Dean, a dean e unan.

Français

On trouverait sur son lit de souffrance un malheureux qui s'est cassé une jambe ou un bras, ou bien un homme atteint d'une maladie dangereuse, d'une telle façon qu'il ne peut ni marcher, ni faire usage de ses membres. Je l'engage à se faire conduire à un certain endroit, où il trouvera un homme très savant, capable de lui rendre la santé. Il refuse de suivre l'avis que je lui donne, parce qu'il dit qu'il lui est quasi impossible de payer les frais du voyage qu'il a à faire pour s'y rendre chez cet homme compétent. Je me propose de payer les frais et il refuse encore. À qui la faute s'il vient à mourir ? À lui, et à lui seul.

Breton

Orelse ide Doue an-v truez out ar malheureul becher pehini a zo aboue pell amzer en laco d'an drouc speret. Desirout a ra goeluact e iné a chetu are evit cora e lud dias made­cinet; da laret eo, Pridiuatoret evit instruig a touch e galon; ministret evit discargay e gonsianc d'ud e bec'hejo. Moel inutil eo; na houlon quet o chelao, na houlon quet tostaet dezo.

Français

Ainsi Dieu a pitié du malheureux pécheur qui est depuis longtemps dans les filets de l'esprit malin. Il désire guérir son âme et voici pour cela qu'il lui donne des médecins ; c'est-à-dire des Prédicateurs pour l'instruire et toucher son cœur ; des ministres pour décharger sa conscience de ses péchés. Mais c'est inutile ; il ne veut pas les écouter, il ne veut pas s'approcher d'eux.

Breton

Sellet an den Jaouanc Sortiet deus ar batesid, bean a zo eur bla-s on deuer. Ancouaat an deus e gatechis, da evit laret guel, n'an deussan jamis gouteet. Al en a quemer ar royen da disquig ar bes na­varquet. Voar ar lun e oe obliget da labourat evit betay: a quement-se zo just. Na gomanquet aman d'us a bê a dremen epad an deiz voar ar lubaud, surtout pa maint assemblet daou ha tri, na gomranquet d'ud ar leodouet, d'ud ar loussonio, na gomranquet d'ud an offrand d'us ar labour da Doue, na deus ar beder nos en nos ac ar mintin. Ar graco se tout a zo laqueet a gosté, surtout na de hoant da garant eur certen ton barr-e-d bad. Mead comsomp. Teulamant d'ud un deiz consacret d'an Autro Doue d'a d'e-d af graguè offrandan en davez-se. Sellet an dén yaouanc-se pa sa las ar zul. An en a deus d'an ofern bred evit cleset an instruction a ra dean e bástor pe e relai-y? Allas nan: pelec'h ha eta? Ar blaç se na deon quet hanvet cleast en templ santel mont a reont tudo a mano, dlei'h moc'haud desquit dezo mont.

Français

Regardez le jeune homme. Sorti du baptême, il a vingt ans. Il a oublié son catéchisme, ou pour mieux dire, il ne l'a jamais goûté. Il prend le chemin pour apprendre le mal au lieu du bien. Le lundi il est obligé de travailler pour vivre : et cela est juste. On ne manque pas ici de parler de ce qui se passe pendant la journée sur le lieu de travail, surtout quand ils sont assemblés deux ou trois, on ne manque pas de jurons, de paroles sales, on ne manque pas d'offenser Dieu par le travail, ni par la prière soir et matin. Toutes ces grâces sont mises de côté, surtout quand on n'a pas envie de se corriger d'une certaine mauvaise habitude.

Parlons encore. Habituellement, un jour consacré au Seigneur Dieu, on doit lui offrir ses actions. Regardez ce jeune homme quand vient le dimanche. Est-il allé à la grand-messe pour entendre l'instruction que lui donne son pasteur ou son remplaçant ? Hélas non : où va-t-il donc ? Ces places-là ne sont pas appelées pour être entendues dans le temple saint ; ils vont tous ensemble, là où l'on apprend à mal faire.

Breton

Gouveet a reont cals a drao. Maon oc'heus; gouveet a reont ober heur d'ud ol hostelèri Goloet a bê sort boisson; gouveet a ront blasphemi an hano santel a Doue, profanay ar zul ai ar goel-bed; a cals a drao all. Ja tredoal-h, eo, a dion benac na veguent contant a quement-se; na veguent raisonnabl. Ja, en heur-man mam-e-d, et veur d'ac benva-v d'izurz ma e queltet o bugalé; et gouaguer na queltet o priéjou. Orelse e reprisant graco Doue ac e mistructionio.

Français

Ils y apprennent beaucoup de choses. Vous le savez ; ils apprennent à honorer toutes les hôtelleries. Remplis de toutes sortes de boissons ; ils apprennent à blasphémer le saint nom de Dieu, à profaner le dimanche et les jours de fête, et beaucoup d'autres choses.

Oui assurément, si on n'était pas content de tout cela, on ne serait pas raisonnable. Oui, en cette heure-ci, pères et mères, vous voyez le désordre où vous laissez vos enfants ; et épouses, le désordre où vous laissez vos époux. Ainsi ils méprisent les grâces de Dieu et ses instructions.

Breton

Couscoude N'an deo quet avoalich deomp recet graco digant Doue ret eo deomp profitan d'ud aneze mar non deus quet a hoant da n'em esposay d'o holl evit beprit. Un d'oulle d'ud da an-v-el paourantéz un tud a famill bean aneus ar vadèl d'o gant deay ar xeurion a béré aneul ezom. An tud a famill-se na houlon quet o recet. Setu re affront a ra d'ar roue; a betore hardis­quez deus e burt? Ma tue goude an tad a famill-ze da houl-u ar xeuria­aneus refuset, ac en a deue ar roue voanoudig d'ean? Doue na de quet nebeutoc'h sensibil pa voelo ar pec'her o veprisan ar graco a ro dean evit sortial deus ar pec'het.

Français

Cependant, il ne nous suffit pas de recevoir des grâces de la part de Dieu, il nous faut en profiter si nous n'avons pas envie de nous exposer à nous perdre pour toujours. Un jour, apprenant la pauvreté d'une famille, un roi a la bonté de leur envoyer des secours dont ils ont besoin. Les gens de cette famille ne veulent pas les recevoir. Quel affront fait-il au roi ; et quelle hardiesse de sa part ? Si ce père de famille vient ensuite à demander les secours qu'il a refusés, le roi sera-t-il sensible envers lui ? Dieu n'est pas moins sensible quand il voit le pécheur mépriser les grâces qu'il lui donne pour sortir du péché.

Breton

Doue a accord e hrac-v d'ar re o respet ac a brofit deus aneze; mes ne refus-y a ra d'ar re o meprisal. Ahano e comprenay facilamant perac an Doue a gontine a leodouet ac a blasphemo, compren a ran perac an dén se pehini a brofan an deiz santel d'ud ar zul a gontine e brofanationo. An ivier a gontine da evay; un dén impudic a gontine a vuaz a d'izurzo. Perac? Doue d'e-d hrac-v an deus assael o hontirtissan ac ober d'e-d ditez-el ar pec'het; no deussan gouteet. O hontul mepriset o deud Gracz Doue pere dre binition a zo breman lemit diganté. A chetu d'e-d perac a conti­nuont o d'izurzo, ac e reont crenay gant aon na d'arent barr en offrec'het.

Français

Dieu accorde sa grâce à ceux qui la respectent et en profitent ; mais il la refuse à ceux qui la méprisent. De là on comprend facilement pourquoi l'homme continue ses jurons et ses blasphèmes, on comprend pourquoi cet homme qui profane le saint jour du dimanche continue ses profanations. L'ivrogne continue de boire ; un homme impudique continue ses habitudes et ses désordres. Pourquoi ? Dieu par sa grâce a essayé de les convertir et de leur faire détester le péché ; ils ne l'ont pas goûté. Ils ont méprisé les Grâces de Dieu qui, par punition, leur sont maintenant retirées. Et voilà pourquoi ils continuent leurs désordres, et qu'ils tremblent de peur de tomber dans l'enfer.

Breton

Chetu eur braw-ey: Pec'herien, aboue pell amzer zo, Doue o cals; aboue pell amzer zo Doue a harter deoc'h o d'itruit; bedin a ra ahanoc'h, gortos a ra ahanoc'h da n'em gontirtissan. Saquat a ra en usay an oll moyenno: ober a ra promesse-v abes a ramenant; laresting a ra atavy-v, ignesy a ra goegoall; coll d'imarche zo inultil. Ar pec'her na chuncho quet.

Français

Voici un avertissement : Pécheurs, depuis longtemps Dieu vous appelle ; depuis longtemps Dieu vous exhorte à vous instruire ; il vous prie, il vous attend pour vous convertir. Il met en usage tous les moyens : il fait des promesses, il menace ; le temps passe inutilement. Le pécheur ne changera pas.

Breton

Doue evit on bunitissan, a lemmo digantay e hrac-v evit o accordin d'ar re all. Vetra a muioc'h just. Esaü a voa cossoc'h evit e vreur Jacob, ac abalamour da ze e tlee recet benediction e dad Isaac. Mes Esaü a repris benediction e dad; ac eo roit da Jacob. Ha re Desseignon Doue an aviel a dlee dre preferanc bean preseguet d'ud-h habitantet a Jude; na n'em rentont quet dign deus ar hrac-se, ac eo breséguet d'an idolabret. Judas a voa Apostol; goerray tratissay ret e Seigneur ac e vo choasel Mathias en e blaç. Mar na brofitet quet deus ar graco a ro Doue deoc'h bemdez, e vouint lemit digan-ac'hanoc'h evit bean roit d'ud all behini a rai goelloch usay deus aneze. Colomp sclérigen voar ar wirioné-man; important zo meurbet.

Français

Dieu, pour vous punir, retirera ses grâces pour les accorder à d'autres. Rien de plus juste. Ésaü était plus âgé que son frère Jacob, et pour cela il devait recevoir la bénédiction de son père Isaac. Mais Ésaü méprisa la bénédiction de son père ; et elle fut donnée à Jacob. Selon le dessein de Dieu, l'Évangile devait par préférence être prêché aux habitants de Judée ; ils ne se rendirent pas dignes de cette grâce, et il fut prêché aux idolâtres. Judas était Apôtre ; il trahit son Seigneur et Mathias fut choisi à sa place. Si vous ne profitez pas des grâces que Dieu vous donne chaque jour, elles vous seront retirées pour être données à un autre qui en fera un meilleur usage. Prenons la lumière sur cette vérité ; elle est très importante.

Breton

Un den pinvic a buissant d'ud ar bed a zo d'ouguet da rean carantel en quenter ar beoryien. Consideray a ra gant attention, bequemet an deus a dado, a bequemet an deus ezom evit betay ested hov-ar ar bed. Ar rest a zo distribuet var beoryien. Chous ara en toues ar beoryien ar re o deus ar muia-v a ezom; ober ara couscoude attention d'o honden. Disquig a ra penos unay deus ar re an deus choaset evit ober dezo ar charité, a ra un usag-fall d'ud un alusen a ra dean. Coll ara e gonfianc; coll a ra-ite an alusen caer a receve d'ud ar blavez. An den pinvic a glascous caout all evit rein d'ean er bez a roe d'eguile pehini dre e gondu fall a zo enem rentet indign.

Orelse ide, mar neglyget gracz Doue, mar enem rentet indign deus aneze, e vouint lemit digan-ac'hanoc'h a roit d'ud all pehini a brofito deus aneze. Manone a raio de d'izurzo, reparin a raio e scandalio, condun a raio eur vuit gristey, ac e recevo un deiz ebarr en Cert, ar recompanç o deus mepriset.

Français

Un homme riche et puissant dans le monde est porté à faire la charité envers les pauvres. Il considère avec attention combien il a de biens, et combien il a besoin pour entretenir son état dans le monde. Le reste est distribué aux pauvres. Il choisit parmi les pauvres ceux qui ont le plus de besoins ; il fait cependant attention à leur conduite. Il apprend que l'un de ceux qu'il a choisis pour lui faire la charité fait un mauvais usage de l'aumône qu'il lui donne. Il perd sa confiance ; il lui retire l'aumône généreuse qu'il recevait chaque année. L'homme riche en cherche un autre pour lui donner ce qu'il donnait à l'autre qui, par sa mauvaise conduite, s'est rendu indigne.

Ainsi donc, si vous négligez la grâce de Dieu, si vous vous rendez indignes d'elle, elle vous sera retirée et donnée à un autre qui en profitera. Celui-là détestera ses désordres, réparera ses scandales, mènera une vie chrétienne, et recevra un jour dans le Ciel la récompense que les autres ont méprisée.