Tu quis es?

En quel nom ? Que êtes-vous ?

Qu'il est beau, Mes frères, qu'il est touchant d'entendre l'Église, durant le saint temps de l'Avent, vêtue de ses ornements de deuil et de pénitence, adresser à ses enfants cette grande, cette importante demande : tu quis es? Qui êtes-vous ? Quelle est votre nature, quelle est votre origine ? Dans l'ordre de la nature, l'homme est un étrange mystère pour lui-même. Quelque soin qu'il prenne de s'étudier, de se connaître, de s'approfondir, il n'y réussit presque jamais ; et la question la plus difficile qu'on puisse lui faire, c'est de lui demander qui il est : tu quis es?

Mais à l'approche d'un des plus grands anniversaires du christianisme, l'homme apprend à se connaître comme chrétien. En considérant sa nature, par sa naissance toute miraculeuse, la religion l'ennoblit, le déifie. Et désormais, puisque Jésus-Christ a déifié l'homme chrétien, quand on demandera : quelle est donc cette grandeur que les plus grands rois admirent, devant laquelle les Clovis, les Charlemagne s'humilient noblement ?

Quelle est cette dignité qui reçoit les hommages de tout ce qu'il y a de plus auguste et de plus révéré sur la terre ? On répondra sans étonnement, sans hésitation : c'est la dignité du chrétien.

Le chrétien est homme ignorant, grossier, pauvre, rebut de la société ; la foi nous montre l'enfant de Dieu, le disciple, le membre de Jésus-Christ, le temple de l'Esprit Saint, l'illustre rejeton d'un sang royal, d'une nation sainte, d'un peuple d'acquisition, l'héritier de la gloire d'un Dieu, s'élevant comme chrétien au-dessus de toute grandeur humaine : major est qui in vobis est quam qui in mundo. Citez-moi roi, prince, empereur, ministre, ambassadeur, littérateur distingué, poète, philosophe, magistrat : tous ces titres pâlissent en présence de l'éminente dignité du chrétien. La foi imprime à nos âmes une dignité supérieure à toutes les dignités humaines. Le chrétien est plus grand que le monde. Enfants des hommes, la religion ne vient pas vous disputer vos honneurs, ainsi que cette espèce de philosophie turbulente qui avilit, qui dégrade, qui flétrit toute grandeur et toute majesté. Non, non, elle vient vous révéler vos nouveaux titres de gloire ; elle vient vous apprendre que vous êtes plus grands que vous ne paraissez aux yeux des hommes.

Le chrétien est plus grand que le monde, par sa condition, par son indépendance, par les biens qu'il possède, par sa vertu. Le chrétien est l'enfant de Dieu, créé à son image, racheté de son sang. Il est le temple de la divinité, le membre vivant de Jésus-Christ, le sanctuaire de l'Esprit Saint. La Providence veille sur lui, les Anges le gardent ; un cheveu ne tombe pas de sa tête sans la permission du Père céleste. Sa prière pénètre les cieux ; ses besoins sont pesés, ses soupirs, ses gémissements sont comptés ; ses aumônes, ses souffrances, ses larmes, si la grâce les sanctifie, deviennent un prix infini. Quand tout le reste de la nature lui semble infortuné, c'est alors qu'il est le plus grand. Le monde peut paraître grand par lui-même, mais que représente-t-il ? Lui-même. Qu'elle est belle, cette religion qui consacre l'indigence et la douleur, qui présente le malheureux non pas à notre simple commisération, à l'instar de la bienfaisance humaine, mais à notre respect, à notre amour et à notre admiration ! Qu'elle est sublime, cette religion qui, dans le pauvre, dans l'orphelin, nous fait découvrir un Dieu ! L'état du chrétien languit-il dans l'abandon et l'obscurité ? Non. Le chrétien n'est jamais isolé. Il appartient à une société de prix, de mérite et d'amour, qui l'unit à tout ce qu'il y a de juste et de vertueux sur la terre. Que dis-je ? Elle l'unit d'avance à la société céleste des Anges et des Saints qui environnent le trône de Dieu.

Les distinctions de cette grandeur ne font que commencer ici-bas ; c'est dans le ciel qu'elles doivent s'achever. Tout ce qui n'est pas éternel est trop petit pour le cœur de l'homme : c'est Dieu qu'il faut à son âme ; c'est pour Dieu qu'il est créé, c'est pour Dieu qu'il doit vivre, c'est avec Dieu qu'il doit régner. La grandeur de Dieu pour principe, pour mesure l'infini, pour durée l'éternité.

Venez maintenant, philosophes, vous qui nous parlez de la dignité de l'homme : à quelle dignité ? Quoi ! vous lui donnez la poussière pour origine, la fatalité pour providence, le néant pour fin. Mais à son tour, la religion de mon Dieu, qui porte l'immortalité dans la nature, vient relever le prix de notre amour, de notre destinée ; elle vient répandre un charme inexprimable sur le monde, sur le sang et sur la société. Non seulement elle rapproche le ciel de la terre, elle est la chaîne mystérieuse qui descend du trône pour unir tous les hommes et les élever jusqu'à lui ; non seulement elle nous révèle sa gloire, mais partout un Dieu se fait homme, et parmi les hommes devient un Dieu. De là les prérogatives qui élèvent le chrétien au-dessus du monde.

Indépendance

Le chrétien est plus grand que le monde par son indépendance. L'indépendance est un sentiment glorieux, c'est un témoignage auguste de notre grandeur native, ce besoin de liberté qui tourmente le cœur de l'homme. Mais la liberté véritable est celle de l'âme. Partout où règnent les passions, je vois nécessairement l'esclavage. Le reste du monde n'est qu'une brillante servitude, dont on gémit sous les fers. Le monde ne saurait nous assujettir à sa loi ; il nous prépare son empire et son triomphe. Nos craintes, nos désirs, nos convoitises, nos passions, voilà nos véritables chaînes. Quel est donc l'homme véritablement libre ? C'est le chrétien, parce qu'il ne craint que Dieu, parce qu'il ne cherche que Dieu, parce qu'il ne fléchit que devant Dieu. Ainsi le grand saint Basile fit échouer la première puissance du monde devant la simplicité de sa foi.

Valens, empereur romain, sachant que l'évêque de Césarée était comme un mur imprenable contre lequel les efforts de l'hérésie arienne venaient échouer, et que saint Basile restait seul fidèle contre lui, entra dans la Cappadoce dans l'intention de perdre cet archevêque, dans lequel il trouvait plus de résistance à ses volontés que dans les autres prélats. Il fut cité à comparaître, et après quelques paroles insinuantes mais inutiles, on lui dit avec un ton de colère : comment osez-vous résister à la volonté de l'empereur ? Ne craignez-vous donc pas de ressentir les effets de sa puissance sur vos biens ? À quoi Basile répondit : quel est donc cet empereur ? La confiscation des biens ne saurait m'épouvanter ; celui qui n'a rien est à couvert de la confiscation. Je n'ai que quelques livres et les haillons que je porte ; je ne pense pas que vous soyez jaloux de me les enlever. Quant à l'exil, je ne m'en ferai pas faute de m'y condamner : la terre entière est au Seigneur, et c'est le ciel qui est ma véritable patrie : Domini est terra et plenitudo ejus. Je ne crains pas les tourments ; mon corps est si faible, si maigre et si débile qu'il ne pourrait les souffrir longtemps : le premier coup terminerait ma vie et mes peines. Je ne crains qu'une chose, la mort, qui doit me réunir à mon Créateur. Personne ne me parla jamais de la sorte ; vous n'avez donc jamais vu d'évêque. Dans les circonstances ordinaires, nous autres chrétiens sommes les plus doux et les plus soumis de tous les hommes, particulièrement envers ceux qui sont revêtus de la puissance.

Mais quand il s'agit de la religion, nous n'envisageons que Dieu. Je vous donne jusqu'à demain pour délibérer sur le parti que vous avez à prendre, lui dit l'empereur. Ce délai est inutile, dit saint Basile ; je serai demain tel que je suis aujourd'hui.

C'est ainsi que ce grand archevêque triompha des puissances persécutrices, et prouva aux siècles futurs que l'homme vraiment indépendant est celui qui ne craint que Dieu et qui ne fléchit que devant Dieu.

Oui, celui-là est véritablement chrétien, celui-là est plus grand que le monde, dont le cœur reprend à son compte ce généreux défi du grand Apôtre : qui me séparera de l'amour de Jésus-Christ ? La persécution, ou le glaive, la vie ou la mort, les principautés ou les puissances ? Non, rien ne saurait me séparer de l'amour de Jésus-Christ.

Le chrétien est plus grand que le monde par les biens dont il jouit. Seul il possède les biens véritables, et le monde ne saurait les lui ravir : quaerite primum regnum Dei et justitiam ejus, et haec omnia adjicientur vobis — cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît. Telles sont les promesses de la foi, qui rassemblent à la fois celles de la vie présente et un trésor dans le ciel, où la rouille et les voleurs ne sauraient pénétrer. L'homme ainsi enrichi ne s'attriste de rien. Le cœur chrétien ne se tourmente ni pour l'or, ni pour l'argent : vous savez où sont tous mes biens. Le chrétien, éclairé de la foi, mesure sa richesse sur l'abondance des grâces qu'il reçoit d'en haut, sur son détachement des biens du monde, sur sa conformité et sa ressemblance avec Jésus-Christ. Biens célestes, heureux trésor, qu'il emporte dans son exil lointain ! Il laissera sur le rivage de vains titres, de frivoles honneurs, des biens périssables ; mais les véritables biens le suivront partout, dans sa cabane, sur une terre étrangère, dans l'exil, et l'accompagneront au-delà de la mort. Errant de contrée en contrée, de royaume en royaume, abandonné de ses parents, abandonné de ses amis, abandonné à sa seule providence, il est consolé ; à l'ombre de ses ailes, son cœur est plein d'espérance jusqu'à ce que l'iniquité soit passée : donec transeat iniquitas.

Mais contemplez le juste dans la sombre solitude des cachots. La religion veille à ses côtés : d'une main, elle essuie ses larmes, ôte le voile qui couvre ses yeux ; de l'autre, elle lui montre les biens qui lui sont réservés dans le ciel. Cette même religion fait naître la paix du cœur dans cet océan inépuisable ; elle lui fait goûter une joie divine, avant-goût des joies éternelles. Son corps est entre les mains des méchants, mais son âme est supérieure à leur puissance. Ils peuvent l'immoler, ils ne pourront jamais lui faire trahir sa foi.

Ô qu'ils sont donc désirables, les biens de l'éternité ! Oui, cette gloire, ce vain éclat dont le monde vous environne, ne tarderont pas à disparaître ; la mort vous les ravira bientôt, et il ne vous restera d'autres biens que votre foi, vos bonnes œuvres et les vertus que vous aurez pratiquées. Voilà les seuls trésors qui vous suivront dans la maison de votre éternité.

Enfin, le chrétien est plus grand que le monde par la vertu. L'incrédulité méprise les vertus chrétiennes. Du fond de l'abîme de corruption où elle nous a précipités, une fausse sagesse, qui déchaîne toutes les passions, fait à la religion le reproche de retenir les âmes, de les dégrader, de rendre l'homme inutile à ses semblables. Dans cette foule de héros et de sages formés par l'Évangile, qui choisirons-nous pour la confondre ?

Voici le grand Apôtre, dont le cœur, plus grand que le monde, plus élevé que les cieux, était le sanctuaire des plus héroïques vertus. Embrasé de l'amour de la vérité, il ne se borne pas, comme les sages de l'ancienne Grèce, à l'expliquer à quelques disciples réunis ; il court la répandre par toute la terre. Depuis Jérusalem jusqu'au sein de l'Espagne, et au pied du Capitole, chargé de fers, il fait trembler le magistrat romain sur son tribunal en lui annonçant le jugement de Dieu. Ô roi, disait-il à Agrippa, excepté ces chaînes, plût à Dieu que vous fussiez aussi heureux que je le suis ! Voilà le véritable sage. Dévoué à la vérité, il l'annonce par sa prédication solennelle, il la prouve par ses vertus, et il ne refuse pas de la sceller de son sang. Ne demandons rien de pareil à la sagesse humaine ; qu'elle se taise, qu'elle humilie son front superbe dans la poussière. Ce n'est pas à un Apôtre qu'il faut comparer le sage mondain.

Lui opposerons-nous un simple prêtre, un Vincent de Paul, qui seul a fait plus de bien aux hommes que tous les philosophes réunis n'en ont jamais imaginé ? Sans nom, sans fortune, sans autre prestige que celui que donne l'éclat d'une grande sainteté et d'une charité sans bornes, il se place si haut dans l'opinion publique que de nos jours encore son nom est prononcé avec plus d'enthousiasme et de reconnaissance que les noms de ceux qui ont fait verser des flots de sang pour mille et mille fois cueillir des lauriers. Vivant monument de son zèle, il a soulagé la plus nombreuse part de l'humanité souffrante : les pauvres, les malheureux, les délaissés, les malades. En fondant l'ordre des sœurs de la Charité, saint Vincent de Paul n'avait sans doute pas prévu que ces filles admirables, ces héroïnes de la charité, feraient un jour la conquête d'une grande partie de l'Europe. Il n'a peut-être pas prévu qu'elles iraient s'établir au milieu de nations rivales de cette France où elles avaient pris naissance, y portant cet esprit d'abnégation qui les rend si chères partout où elles se présentent.

Le saint n'a pas prévu que cette Allemagne, si longtemps en guerre avec la France, dût lui emprunter un jour une institution destinée à cicatriser les plaies profondes que lui firent nos discordes, par un immortel amour de Jésus-Christ. Ne dirait-on pas avec vérité que notre grand Apôtre de la charité est chargé d'acquitter la dette que la France contracta envers l'Allemagne en y entretenant si longtemps le feu de la guerre, en la ravageant si longtemps par ses armées ? C'était là une pensée trop noble pour qu'un sentiment d'orgueil national vienne en diminuer la portée ; et je ne suis pas moins étonné des progrès que fait partout cet ordre admirable. Graz, Munich, Dresde, toutes les villes de la Bavière possèdent dans leurs murs les filles de saint Vincent. Qu'on dise après cela que la vertu rétrécit l'esprit de l'homme et le rend inutile à ses semblables. Non, non, le contraire est vrai. Et jamais la philanthropie humaine n'a conçu de si grandes choses.

Aussi s'empresse-t-on encore aujourd'hui, près de son tombeau, de lui dresser des hommages ; aussi l'honore-t-on en rendant à sa mémoire un juste tribut de reconnaissance. Une œuvre nouvelle vient encore reconnaître en lui l'Apôtre de l'humanité : le 26 novembre dernier (1821), une commission spéciale a été instituée, sous la présidence de Monsieur le Préfet des Landes, dans le but d'élever un monument à la mémoire de saint Vincent de Paul, sur le lieu même de sa naissance. L'acquisition du terrain nécessaire a été décidée ; ainsi la pauvre maison où naquit saint Vincent, la modeste chapelle qui porte son nom, l'arbre qui ombrageait son enfance, seront préservés de l'oubli, et un monument de reconnaissance s'élèvera autour d'eux. C'est ainsi que la vertu agrandit l'homme et force l'hommage du monde, même après sa mort.

Non, non, n'opposons point le grand Vincent de Paul à la sagesse humaine : la victoire serait trop facile. Que lui opposerons-nous donc ? Choisissons ce qu'il y a de plus humble, de plus faible en apparence : une de ces humbles servantes des pauvres, telles que la charité les forme tous les jours sous nos yeux. Philosophie humaine, déployez votre éloquence, essayez d'en former une seule. Quel prix lui offrirez-vous ? Des richesses ? Elle les méprise. Des plaisirs ? Elle les redoute. Le repos, les commodités de la vie ? Ce sont des travaux qu'elle vous demande ; sa consolation est d'y naître, son espérance d'y mourir. Lui offrirez-vous la gloire, l'honneur du monde ? Mais le parfum de la charité est d'être toujours humble. Le détachement de soi, l'amour sans bornes pour Dieu, voilà ce qui imprime à l'âme du chrétien une grandeur que rien dans le monde ne saurait égaler : major est qui in vobis est quam qui in mundo. Quand vous désirez la réussite de quelque projet, quand vous sollicitez quelque faveur du ciel, à qui vous adressez-vous, pour toucher enfin le cœur de Dieu ? Quand vous avez un dépôt précieux, à qui le confiez-vous ?

Aussi le plus saint de nos rois plaçait-il le titre de chrétien au-dessus de tous les titres qui embellissaient son diadème. Sa couronne, sa naissance, son courage, le sang qui coulait dans ses veines, rien ne le faisait paraître plus grand dans les fers qu'il ne l'avait été sur le trône de ses pères ; si la majesté de la vertu fit tomber à ses pieds les peuples les plus barbares, s'il devint l'arbitre de ses ennemis, l'amour de ses sujets, l'admiration du monde, c'est parce qu'il fut parfaitement chrétien. Il n'est point d'infortune que la foi ne sache ennoblir, comme il n'est pas de grandeur qu'elle ne sache relever et élever davantage : dans le monarque, dans le captif, dans le vainqueur, dans l'humilié, dans l'homme, dans le héros, le christianisme se trouve plus grand que le monde.

Oui, la religion a enfanté, enfante tous les jours et enfantera jusqu'à la fin des temps des hommes éminemment utiles à la société. Vous citerai-je encore, en finissant, l'humilité d'une grande âme qui est cent fois le jour bénie, dans notre contrée, par la bouche de plus de quarante mille enfants ? Ce n'est pas assez : son ardente charité, trop resserrée dans les bornes étroites de cette province, de cette Bretagne, a franchi même les limites de notre France. Elle est allée chercher un asile dans les îles de l'Amérique, dans les sables brûlants de l'Afrique, dans le Sénégal, dans les Antilles, dans l'Océan. Tant est puissante l'influence de la foi : loin de rétrécir les âmes, elle agrandit tout ce qu'elle touche ; elle seule, selon la sagesse humaine, peut dilater la charité au-delà même de la mort. Elle seule peut donner au dévouement ce caractère de sainteté qui fait le christianisme, et cette force qui fait les héros.

Nous ne sommes pas destinés à jouer dans le monde catholique un rôle aussi grand que les saints et les éminents personnages dont je vous ai parlé ; mais après avoir reconnu l'excellence de notre dignité, honorons-la par la sainteté de notre vie, afin de mériter la couronne d'immortalité.

Voilà, en quelques mots, un faible aperçu de la dignité du chrétien. Elle a été solennellement consacrée sur le Calvaire, il y a dix-huit siècles. De là, elle est descendue dans les catacombes, pour en sortir victorieuse et triomphante. Le christianisme proclama, non seulement par la voix de Jésus-Christ et de ses ministres, mais aussi par celle des peuples et des nations, les caractères de cette grande dignité. Honorons-la, depuis la croix de Jésus-Christ jusqu'à ce trône… Que nous fassions tout pour cette dignité.

✠ ✠ ✠

Fragments et notes complémentaires

Ces Églises sont sorties de Jérusalem pieds nus et demandant l'aumône ; elles ne l'ont point oublié.

Mais Jésus-Christ a dit : beati qui lugent quoniam consolabuntur ; beati qui persecutionem patiuntur propter justitiam — heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés ; heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice.

Le jour où l'auteur du monde, ceignant humblement les reins d'un linge de service, lava les pieds de douze hommes du peuple qu'il avait choisis pour changer la face du monde, et leur déclara qu'il était venu pour servir et non pour être servi, ce jour-là l'humilité chrétienne fut inaugurée sur la terre. Elles n'en ont pas perdu le souvenir.

Si je ne craignais d'offenser l'humilité des personnes qui m'écoutent, nous choisirions ce qu'il y a de plus simple en apparence, une de ces humbles servantes des pauvres, telles que la charité les forme tous les jours sous nos yeux.

J'en prendrais l'exemple en toute simplicité, et je vous dirais, Mes frères, ce que le bon Dieu dit à Moïse : ôte tes sandales, car elle est sainte, la terre sur laquelle tu marches : locus in quo stas terra sancta est. Elle est sanctifiée par les personnes qui la foulent aux pieds.