Quel sublime langage, Mes frères, et qui a pu sans orgueil le faire entendre à toute la terre ? Qui a eu le droit de se rendre ce beau témoignage : Je suis la voie, la vérité, la vie ? Remontez à l'origine du monde, et de là, en descendant la longue chaîne des nations jusqu'à nous, vous ne trouverez qu'un seul personnage qui ait pu s'appeler, pour tous les temps comme pour tous les peuples, la voie, la vérité, la vie. Quel est-il ? C'est Jésus-Christ, notre Sauveur.
Ah, je prononce encore une fois ce nom qui nous est si cher ; je le prononce avec foi, avec espérance, avec amour : Jésus-Christ, Auteur et fondateur de l'Église catholique, apostolique et romaine.
Ouvrez devant vous la carte du monde et jetez-y un regard attentif. Vous verrez les enfants d'Adam se multiplier à l'infini et se répandre simultanément sur toute la surface de la terre. Leur destinée est-elle semblable ? Non. Les uns jouissent des bienfaits de la civilisation, les autres végètent dans la barbarie. Connaissez-vous la cause de cette différence ? Oui. Partout où vous trouverez une église, surmontée de la croix de Jésus-Christ, dites-vous hautement à vous-mêmes : ici, à l'abri de ce signe tutélaire, le peuple est doux, bon, heureux, sociable. Là, au contraire, où elle n'existe pas, le peuple est malheureux, triste, malheureusement barbare, à l'ombre de la mort. Quel spectacle ! Il erre dans ses forêts comme les bêtes sauvages ; il va à la chasse de ses semblables et s'en nourrit après les avoir égorgés ; il se prosterne devant des divinités ridicules. Jetez un coup d'œil sur toute l'Asie : elle est pétrifiée dans le moule du panthéisme, du fatalisme. Rien n'y est plus fréquent que l'infanticide, le parricide, le matricide et tous les crimes. Savez-vous pourquoi ? Non. C'est que ce peuple infortuné n'est point à l'ombre tutélaire de l'Église de Jésus-Christ. Aux portes même de l'Europe, sur les rives du Bosphore, le long de la Méditerranée, il existe des contrées qui ont un aspect sauvage. Autrefois elles ont applaudi à l'éloquence des Augustin, des Chrysostome ; mais aujourd'hui leurs habitants sont devenus des Turcs, des Bédouins. À la face du dix-neuvième siècle, ils sont dénaturés de tout, de tout : on achète la femme, et l'on trafique de l'homme absolument comme d'un animal. Voulez-vous en savoir la raison ? L'Église n'y existe plus. Elle n'y fait plus entendre ses divins enseignements, qui ont forcé l'admiration de ses ennemis.
Quelle est donc cette doctrine ? Vous connaissez cette doctrine qui a moralisé, civilisé, sanctifié le monde. Mais vous l'entendez toujours avec un nouveau plaisir. En voici quelques fragments : Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués, vous tous qui êtes dans la peine, et je vous soulagerai : venite ad me, omnes qui laboratis et onerati estis, et ego reficiam vos. Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes, car mon joug est suave et mon fardeau léger : discite a me, quia mitis sum et humilis corde, et invenietis requiem animabus vestris. Et ailleurs : bienheureux les pauvres de cœur, car le royaume des cieux est à eux : beati pauperes spiritu. Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés : beati qui lugent, quoniam consolabuntur. Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Bienheureux les miséricordieux, car il leur sera fait miséricorde : beati misericordes. Bienheureux ceux qui sont purs de cœur, car ils verront Dieu : beati mundo corde. Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux.
Voilà la route du bonheur. L'auriez-vous jamais crue ? C'est l'enseignement de l'Église. Tous remontent au ciel. Sortis de la main de Dieu, elle trace d'une main sûre, autour de la conscience humaine, le cercle de ses devoirs. Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces, et votre prochain comme vous-même pour l'amour de Dieu : diliges Dominum Deum tuum, etc. Vous ne prononcerez point de jurement. Souvenez-vous de sanctifier le jour du dimanche. Honorez votre père et votre mère. Gardez-vous d'attenter à la vie de votre prochain. Évitez la fornication et l'adultère. Évitez le vol, le faux témoignage, le mensonge, etc. Cette tendre mère va jusqu'à proposer au cœur de l'homme le cœur de Dieu pour mesure et pour modèle : soyez pleins de miséricorde, comme votre Père céleste est plein de miséricorde ; soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait : estote misericordes, sicut et Pater vester caelestis misericors est ; estote perfecti, sicut Pater vester caelestis perfectus est.
Voilà l'Église ! Voilà quelques lambeaux de son enseignement. Et avec ce noble et sublime langage, elle a brillé et elle brille encore de tout son éclat sur le monde, pour le diriger, le sauver, le sanctifier. Le testament de Jésus-Christ dans une main, et l'histoire des nations dans l'autre, cette bonne mère vous présente les droits qu'elle a acquis à votre respect et à votre affection. Elle envoie des Apôtres sur toute la surface de la terre. Pour cela, un seul mot lui suffit : allez (ite). Et ces Apôtres vont ; et ces Apôtres abandonnent la vie de famille, leurs biens, leurs parents, leurs amis. Et où vont-ils ? Docete omnes gentes. Ils vont enseigner toutes les nations. Ils vont, pour me servir du langage du jour, civiliser les nations.
Mais entendons-nous sur le mot civiliser. Voulez-vous dire que le prêtre a pour mission de développer certains instincts de l'homme ? De lui apprendre à désirer les douceurs du luxe, de lui apprendre les moyens de s'enrichir, d'être estimé, d'être honoré, de jouir de la vie pour la satisfaction des sens ? Non. Non. Voulons-nous, de toute l'énergie de notre âme, donner à ce mot son sens véritable, son sens divin ? À savoir : la culture du cœur autant que celle de l'esprit ; le développement des bons sentiments, des bonnes dispositions ; le développement des vertus qui soutiennent l'homme dans les épreuves de la vie, la foi, la résignation, la patience, la charité. D'accord sur ce point : voilà la véritable civilisation, celle qui fait des peuples heureux, puissants, forts, respectant les droits de Dieu, les droits de l'homme, les droits de la société. Telle est la mission de l'Église, mission qu'elle a scrupuleusement remplie pendant les dix-huit siècles de christianisme qui ont passé sur le monde.
Les gouvernements humains sont chargés d'intérêts bien précieux : la vie, la fortune des citoyens, la gloire, la prospérité de l'État leur sont confiées. Ces soins demandent toute leur vigilance, toute leur sollicitude, tout leur dévouement. Un gouvernement qui permettrait le vol, l'assassinat, la chute du commerce, le scandale, la ruine de l'État, serait un gouvernement indigne de la confiance, indigne de la haute magistrature dont il est investi. Cependant la vie matérielle, la fortune, la gloire n'ont qu'une durée éphémère, et s'éclipsent avec l'homme le jour où il descend dans la tombe. Les intérêts de l'Église ont une autre durée. Le temps ne les mesure pas. Le tombeau ne les limite pas. La vie qu'elle protège est sans fin ; les richesses qu'elle dispense sont impérissables.
Mille et mille révolutions ont fait le tour du monde, et dans la véhémence de leur course, elles ont renversé des trônes, brisé des couronnes, détruit, démoli, aboli des comptoirs. Tout a été renversé, tout a été bouleversé. L'Église, et l'Église seule, est restée debout. En France, vous avez vu des ruines s'amonceler sur des ruines, et sur ces ruines encore des ruines. Vous avez vu des débris de royauté, de république, de consulat, d'Empire, de magistrature, de législature, de littérature. Et sur toutes ces ruines surgissait intacte, inébranlable, triomphante, l'Église de Jésus-Christ. Cela vous étonne, Mes frères ? Le contraire m'étonnerait. La main de Dieu est là. Oui, changez la face du monde autant qu'il vous plaira, donnez un libre essor au génie des innovations, élevez, bâtissez, refaites vos lois, refaites vos sanctuaires, refaites vos magistratures, votre littérature : l'Église a des assurances contre tous les dangers. Cependant elle n'a ni canons, ni baïonnettes, ni soldats ; elle n'a d'autre rempart que la foi, son cœur de mère, ses prières, ses lamentations vers le ciel. Et voilà dix-huit siècles qu'elle est toujours triomphante. Ô profondeur incompréhensible des trésors de la puissance de Dieu ! O altitudo!
Ô Église de Jésus-Christ, comme vous brillez dans tant d'unité ! Ô homme, qui que tu sois, arrête-toi, et considère ce panorama de puissance et de prodige. Qu'un homme, pendant quarante ans, dirige à son gré, je ne dis pas une, je ne dis pas deux nations, mais les vagues écumantes de la mer, à l'instant vous direz : une puissance divine l'anime, le soutient. Eh bien ! Voyez un vieillard, un vénérable vieillard, assis sur le rocher des âges, sur la chaire de saint Pierre : voilà qu'il dirige les consciences, voilà qu'il dirige les intelligences, dont le gouvernement est mille fois plus difficile que la direction des vagues de la mer. Il commande, et on obéit. Il défend, et on obéit. Il se tait, et on l'environne de respect, de vénération. Chef de l'Église, il ne craint rien pour lui-même, il a des promesses d'immortalité. Ceux qui l'ont persécuté ont disparu ; ceux qui le persécuteront disparaîtront à leur tour. Et seul il restera pour les bénir et pour sauver le monde.
Aussi voyez la multiplicité de ses services : suivons-la à l'œuvre. Pourriez-vous me montrer un coin de terre où sa sollicitude maternelle n'ait pas planté une croix, bâti une église, une chapelle, un oratoire, érigé des autels, une chaire de religion ? Tous ses intérêts sont les intérêts spirituels de ses enfants : il s'agit de les diriger le long du sentier de la vie, de les soutenir et de leur faire espérer le ciel, de leur prodiguer des consolations dans leurs peines, des encouragements dans leurs douleurs, de l'espoir dans leurs ténèbres. Elle n'ignore pas ce qu'est notre cœur, notre âme. Aussi vous suit-elle dans vos occupations, dans les hôpitaux, dans les hospices, dans l'atelier, dans les prisons, dans les champs, sous la mansarde, dans les chaumières, partout où l'on souffre. Ah, c'est que l'Église veut entendre non seulement nos vertus, nos joies, mais toutes les tribulations, toutes les plaintes, toutes les larmes. Les malades, les infirmes, les vieillards, les pauvres femmes, les pauvres enfants, les pauvres ouvriers, voilà son domaine.
Les gouvernements humains sont chargés d'intérêts bien précieux. La vie, la fortune des citoyens, la gloire, la prospérité du peuple leur sont confiées. Ces soins demandent toute leur vigilance, toute leur sollicitude, tout leur dévouement. Un gouvernement qui permettrait le vol, l'assassinat, la chute du commerce, le scandale, la ruine de l'État, serait un gouvernement indigne de la confiance, indigne de la haute magistrature dont il est investi. Cependant la vie matérielle, la fortune, la gloire n'ont qu'une durée éphémère et s'éclipsent avec l'homme le jour où il descend dans la tombe. Les intérêts de l'Église ont une autre durée. Le temps ne les mesure pas. Le tombeau ne les limite pas. La vie qu'elle doit protéger est sans fin, la lumière qu'elle doit répandre est impérissable, la gloire qu'elle doit conserver est sans fin.
Mille et mille révolutions ont fait le tour du monde, et dans la véhémence de leur course, elles ont renversé des trônes, brisé des couronnes, détruit, démoli, aboli des comptoirs. Tout a été renversé, tout a été bouleversé. L'Église, et l'Église seule, est restée debout. En France, vous avez vu des ruines s'amonceler sur des ruines, et au milieu de ces ruines amoncelées, l'Église de Jésus-Christ intacte, inébranlable. Cela vous étonne, Mes frères ? Le contraire m'étonnerait. La main de Dieu est là. Oui, changez la face du monde autant qu'il vous plaira ; donnez un libre essor au génie des innovations, détruisez, bâtissez, abaissez les grands, refaites vos lois, refaites vos sanctuaires. L'Église a des assurances contre tout ce qui se passe. Cependant elle n'a ni canons, ni baïonnettes, ni soldats. Elle n'a d'autre rempart que sa foi, son cœur de mère, ses prières, ses lamentations vers le ciel. Et voilà dix-huit siècles qu'elle est toujours triomphante.
Qu'un homme, pendant quarante ans, dirige à son gré je ne dis pas une nation, mais les vagues écumantes de la mer, vous direz : une puissance divine l'anime, le soutient. Eh bien ! Voyez un vieillard, un vénérable vieillard, voyez-le assis sur le rocher des âges. De là, il dirige les consciences, il dirige les intelligences, dont le gouvernement est mille fois plus difficile que la direction des vagues de la mer. Il commande, on obéit. Il défend, on obéit. Il se tait, et on l'environne de respect, de vénération. Chef de l'Église, il ne craint rien pour lui-même, il a des promesses d'immortalité. Ceux qui l'ont persécuté ont disparu, ceux qui le persécuteront disparaîtront à leur tour. Seul il restera pour le bonheur et pour sauver le monde, et rien ne pourra l'ébranler.
Elle se trouve ici en présence du double fléau qui nous menace ; elle se trouvait impuissante à contenir ce monde que dévoraient les haines, et à repousser ceux qui voulaient lui porter le dernier coup, qui voulaient creuser son tombeau et renverser les murs de nos maisons, de nos palais. Un empereur dont la foudre menaçait les sceptres, un homme dont la main touchait tous les empires : l'Église, cette bonne mère, lui prêta la main, et le monde fut sauvé. C'est avec ces souvenirs que la société se montre reconnaissante : les rois et les peuples lui doivent honneur, respect, vénération. Elle ouvre les bras de son cœur pour nous recevoir.