Voilà, Mes frères, la grande raison que le Sauveur du monde nous donne pour ne pas nous inquiéter touchant les prérogatives, les honneurs et les biens de ce monde. Raison profonde, raison digne de fixer l'attention d'un chrétien. C'est que notre premier soin doit être de chercher le royaume de Dieu, de travailler pour l'éternité, de vivre dans la justice et dans l'innocence. Voilà le motif principal qui doit nous faire agir : l'affaire de notre salut : porro unum est necessarium. Pour entrer plus avant dans cette grande vérité, méditons ces paroles du grand Apôtre : chacun de nous présentera à Dieu son propre fardeau, unusquisque onus suum portabit ; chacun moissonnera ce qu'il aura semé, quæ enim seminaverit homo hæc et metet ; chacun de nous rendra à Dieu un compte exact de ses œuvres, unusquisque nostrum Deo rationem reddet. Quand nous paraîtrons devant le tribunal de la divine majesté, on confrontera nos œuvres avec les divins commandements. Que nous servira alors d'avoir vécu dans les délices et les plaisirs si nous avons oublié notre salut : quid enim prodest homini si mundum ? Rien au monde ne pourra nous indemniser de cette perte : aut quam dabit homo commutationem pro anima sua ? Mais, j'aime à le croire, nous connaissons tous l'importance de notre salut et l'obligation où nous sommes d'y travailler. Cependant que faisons-nous pour notre salut depuis le matin jusqu'au soir, du commencement jusqu'à la fin d'une année ? Nous languissons, nous sommes sans action et sans mouvement dans la voie de Dieu, et peut-être même hors de la voie de Dieu. Déchus de notre innocence première, il ne nous reste plus que la ressource des larmes et de la pénitence. Je viens donc aujourd'hui vous demander, au nom de Jésus-Christ même, si de bonne foi vous voulez vous sauver. Si tant est, car il faut vouloir notre salut, et il faut y travailler : et voilà un remède à la témérité et à la présomption de ceux qui, comptant sur la prédestination de Dieu, concluent que leur salut est en assurance, sans qu'ils se mettent en peine d'y travailler ; et puisqu'il suffit de le vouloir d'une manière forte et efficace, nous ne devons donc pas nous troubler, ni désespérer : et voilà un remède à la défiance et à la pusillanimité de ceux qui se persuadent qu'il n'y a point de salut pour eux et que ce serait en vain qu'ils y travailleraient. Deux écueils dont nous avons à nous préserver : la présomption et le désespoir.
Se confier en Dieu, mettre en lui toute son espérance, le regarder comme l'auteur, ou, comme parle l'Esprit Saint, comme le Dieu de son salut, Deus salutis meæ ; faire fond sur les mérites de Jésus-Christ et compter sur le bienfait de la rédemption : je puis tout en celui qui me fortifie, omnia possum in eo qui me confortat. Ce sont là des sentiments de piété que la religion nous inspire, que nous devons avoir dans le cœur, et qui s'accordent parfaitement avec toutes les règles de notre foi. Mais en demeurer absolument là, et se reposer du soin de son salut sur cette providence générale qui en conduit les ressorts et qui en ordonne les moyens, vivre en paix et sans inquiétude dans son péché, regarder son salut comme une affaire que Dieu ait prise entièrement sur lui, et dont il ne nous rendra pas responsables, c'est une présomption funeste pour le chrétien ; car ce Dieu plein de sagesse, ce Dieu tout-puissant qui nous a créés sans nous, ne nous sauvera jamais sans nous : qui fecit te sine te non salvabit te sine te. Il n'était pas nécessaire que nous vinssions en ce monde : le monde a été longtemps sans nous, et après nous, la succession de ses siècles ne manquera pas de subsister. Lorsque nous sommes venus au monde, il n'était pas nécessaire que nous fussions riches, puissants, savants ; mais étant venus au monde, étant nés dans l'Église de Jésus-Christ, devenus chrétiens, il est nécessaire que nous travaillions à notre salut : c'est notre affaire personnelle, notre affaire importante, notre affaire unique. Nous devons nous en occuper avec l'Apôtre saint Paul, d'avance et sans cesse, dans la crainte de ne nous occuper que de notre salut et d'être tranquilles dans tout le reste : rogamus autem vos, fratres, ut vestrum negotium agatis.
Dans les autres affaires les hommes peuvent bien nous aider, mais dans l'affaire du salut ils ne peuvent nous servir de rien sans notre coopération. Les saints peuvent bien nous aider à nous sanctifier ; mais tous les saints ensemble, toute l'Église avec ses pleurs, ses instructions, ses prières, ne sauront obtenir le salut d'un pécheur, s'il persévère, s'il s'obstine à demeurer dans la corruption du péché. C'est l'oracle de Jésus-Christ lui-même, qu'entendaient les Juifs qui se rappelaient avec tant de faste Abraham pour père : sa foi ne justifiera pas votre incrédulité, votre saint ne sanctifiera pas des enfants criminels ; ce n'est point par une sainteté étrangère que l'on entre dans le ciel, c'est par une sainteté personnelle. Les vierges sages et prudentes ne sauveront point les vierges téméraires et folles ; le serviteur fidèle qui, avec les cinq talents qu'il avait reçus, en avait gagné cinq autres pour son maître, ne rachètera jamais le serviteur négligent, qui, n'en ayant qu'un, l'a enfoui dans la terre : le serviteur fidèle a gagné pour lui seul, et ce sera aussi le serviteur fidèle qui sera seul récompensé, unusquisque propriam mercedem accipiet secundum suum laborem ; chacun portera son propre fardeau, unusquisque onus suum portabit ; chacun moissonnera dans l'éternité ce qu'il aura semé dans le temps, quæ enim seminaverit homo, hæc et metet. Celui qui sème dans la chair, c'est-à-dire celui qui ne fait que des actions charnelles et sensuelles, ne moissonnera que la mort et la corruption, de carne et metet corruptionem ; mais celui qui sème dans l'esprit, c'est-à-dire celui qui, par la grâce de l'Esprit Saint, fait des œuvres saintes, spirituelles et charitables, recueillera la vie éternelle, de spiritu metet vitam æternam.
Travaillons donc à assurer l'affaire de notre salut, puisqu'elle nous regarde personnellement et qu'elle intéresse chacun de nous en particulier. Attende tibi, o homo : pensons à nous-mêmes, et non pas aux biens, aux honneurs, aux plaisirs de la terre, mais aux biens du ciel, aux biens de l'éternité ; pensons à notre âme, qui est si précieuse aux yeux de Dieu : attende tibi, o homo, attende tibi. Que dire après cela de tant de chrétiens qui ont si peu d'intérêt pour leur salut, et qui ne pensent pas que, de quelque côté que nous le considérions, soit du côté de Dieu, soit du côté de l'homme, c'est l'affaire la plus importante ? Le péché du premier homme nous avait mérité un supplice éternel ; mais Dieu, riche en miséricorde, a donné son Fils unique pour nous racheter : sic Deus dilexit mundum ut Filium suum unigenitum daret. Notre salut lui a coûté plus que la création de l'univers. Quand il fut question de tirer le monde du néant, une parole lui suffit : dixit et facta sunt ; mais pour nous sauver, un Dieu s'humilie au point qu'un Dieu daigne se faire homme, et incarnatus est ; il vient dans la pauvreté, dans la bassesse, dans les tourments, dans les douleurs, pour nous faire comprendre l'importance qu'il attache à notre salut. Il y rapporte tous les soins de sa divine providence, tous les préceptes de son Évangile, tout le fruit de ses mystères, de son incarnation, de sa naissance, de sa mort, de sa résurrection, de son ascension. Car s'il est descendu du ciel, c'est pour notre salut, descendit de cælis ; et s'il est remonté au ciel, c'est pour nous préparer une place auprès de Dieu son Père, vado parare vobis locum. Dans toutes les circonstances de sa vie, notre salut a été sa grande, son unique affaire : il y a travaillé dans la crèche, sur la croix ; il y travaille dans le ciel ; que dirai-je de sa résidence sur nos autels ! Il y travaillera pour notre salut jusqu'à la fin des siècles, in sæcula sæculorum.
Sera-ce donc en vain qu'un Dieu aura souffert, qu'un Dieu aura versé son sang pour nous ? Non ! Notre salut a coûté trop cher à notre Sauveur ; notre salut est trop important dans ses effets. L'affaire de notre salut concerne l'éternité, et les autres affaires ne concernent que le temps. Biens, richesses, honneurs, plaisirs, tout passe en un instant. L'Évangile nous trace, d'un côté, les délices du paradis, et de l'autre, les supplices. Enfin, pour nous montrer l'importance de notre salut, jetons ici un compte avec nous-mêmes, sous les yeux de notre Dieu. Produisons notre livre de vie, et dans ce livre de vie, ou plutôt dans ce livre de jugement et de mort, nous verrons avec étonnement que, depuis le moment de notre naissance jusqu'à ce moment, nous n'avons peut-être pas consacré huit jours à notre salut. Nous verrons que pendant des années entières nous n'avons pas fait d'œuvres bonnes et de caractère à assurer le poids du sanctuaire dans la balance du jugement. Repassons donc, dans l'amertume de notre cœur, les années perdues pour le ciel, et après avoir reconnu, à l'exemple d'un Dieu, l'obligation de travailler à notre salut, voyons combien on doit éviter la défiance et le désespoir en y travaillant.
C'est une maxime fondée sur toutes les règles de la sagesse qu'en matière de délibération il faut toujours commencer par ce qu'il y a de sûr et d'évident, pour se déterminer ensuite sur les points douteux et obscurs. Or, dans le mystère de notre prédestination, considéré par rapport à nous, il y a quelque chose d'incertain et quelque chose d'assuré, quelque chose d'évident et quelque chose de caché. Ce qu'il y a d'évident et d'assuré, c'est que Dieu, de quelque manière qu'il prédestine les hommes, est un Dieu de miséricorde et de bonté ; et que si jamais nous sommes réprouvés, ce sera parce que nous n'aurons pas voulu coopérer à notre salut, et que nous aurons abusé des moyens et des secours qu'il nous fournit tous les jours. Principe indubitable dans la religion, et que nous comprenons sans peine. Mais ce qu'il y a d'incertain et de caché, c'est la manière dont Dieu a prédestiné les hommes. Or, ce qui nous trouble dans ce profond mystère est ce que nous n'y comprenons pas ; au contraire, ce que nous y comprenons a une vertu admirable pour nous consoler, pour nous fortifier et dissiper les nuages qui s'élèvent dans nos esprits : la bonté de Dieu d'un côté, et notre liberté de l'autre ; la bonté de Dieu, dans l'offre que le Sauveur du monde nous fait dans l'Évangile de nous rendre à la santé ; et notre liberté, dans la condition qu'il y ajoute, en nous demandant si nous voulons être guéris, vis sanus fieri : deux motifs propres à nous relever de notre découragement et à nous faire sortir de notre indifférence.
Il ne nous appartient pas d'examiner les mesures que Dieu a prises dans la disposition de notre salut ; mais nous savons que Dieu est bon, et que ce mystère de la prédestination est souverainement le mystère de sa miséricorde. Je sais, et c'est ce qui doit faire ma plus solide consolation, qu'en vertu de ce mystère mon salut est entre les mains de mon Dieu. C'était le sentiment du grand Apôtre : scio cui credidi — je sais, dit-il, quel est celui à qui j'ai confié mon dépôt ; c'est au Dieu de mon salut, Deus salutis meæ ; je suis sûr de sa bonté, de sa fidélité, de sa puissance, et certus sum quia potens est ; l'assurance que la foi me donne de tous ces attributs de Dieu est ce qui m'encourage et ce qui m'anime : c'est ce qui a soutenu la ferveur et le zèle de ces bienheureux qui règnent maintenant dans le ciel et qui ont sanctifié la terre par leurs vertus ; ils étaient sûrs du Dieu qu'ils servaient et des biens qu'ils en attendaient. Or, nous avons l'honneur de servir le même Dieu que les saints ont servi sur la terre, et qui fait leur récompense. Et la première règle que l'Esprit nous donne, c'est d'avoir toujours des sentiments avantageux de la bonté de Dieu : sentite de Domino in bonitate.
Ce mystère de la prédestination de Dieu, bien loin d'avoir de quoi nous troubler, doit au contraire nous consoler ; et pour en être persuadés, rappelons-nous que c'est le mystère de cette charité éternelle dont Dieu nous a aimés, in charitate perpetua dilexi te. Je puis donc admirer cet incompréhensible mystère, et m'écrier avec l'Apôtre : o altitudo ! Ô profondeur, ô abîme, qui, loin de me décourager, doit au contraire me consoler, car l'Apôtre nous assure que c'est un abîme de trésors et de richesses : o altitudo divitiarum. C'était aussi sur ce fondement, sur cet abîme de trésors et de richesses, que l'Apôtre saint Pierre apprenait aux fidèles à établir la paix de leurs âmes : omnem sollicitudinem vestram projicientes in eum. Déchargez-vous, Mes frères, de toutes ces inquiétudes qui viennent vous abattre et vous troubler, sur votre Dieu qui vous chérit en père, et qui daigne prendre soin de ses enfants. Notre salut est entre ses mains. Nous pouvons lui dire avec le Roi-Prophète : in manibus tuis sortes meæ — oui, Seigneur, mon éternité et ma destinée sont entre vos mains ! Quelle pensée plus douce pour un chrétien que de considérer Dieu comme le gardien et le dépositaire de son salut, Deus salutis meæ ? Quelle pensée plus douce pour le pécheur le plus invétéré dans ses désordres, quel fonds d'espérance plus assuré, que cette réflexion, qu'il peut avoir : mon salut est encore dans les mains de Dieu, in manibus tuis sortes meæ ? Et si les impies veulent nous rendre témoignage de ce qui se passe dans leur cœur, ils seront obligés de reconnaître et de confesser que le dernier pas qui les conduit à l'endurcissement est de penser qu'il n'y a plus pour eux d'envie de salut, et qu'il leur serait inutile de vouloir l'y chercher.
Mais enfin, me direz-vous, les saints ont tremblé en considérant ce mystère ; et si ce mystère a fait trembler les saints, pourquoi ne pourrait-il pas faire trembler les pécheurs ? J'en conviens, les saints ont tremblé à la vue de ce mystère ; mais ils n'ont tremblé que parce qu'ils savaient que ce mystère, outre la dépendance qu'il a de Dieu, avait encore un enchaînement nécessaire avec notre liberté, et qu'ils regardaient leur liberté comme la source de tous les dérèglements. Or, puisque notre salut dépend de notre liberté, il s'ensuit que si nous nous perdons, ce ne sera que parce que nous le voulons. Car, sous la menace que Dieu fait aux impies dans l'Écriture : vocavi et renuistis, ego quoque in interitu vestro ridebo. Je vous ai appelés, nous dit-il, et vous n'avez pas voulu venir à moi ; vous n'avez pas voulu efficacement, vous ne l'avez pas voulu de la manière dont vous aviez coutume de vouloir les autres choses, quand vous les vouliez de bonne foi. Si, pour devenir puissants et riches, nous n'avions qu'à le vouloir, que pourrions-nous espérer de l'avenir ? Cessons donc de nous plaindre dans un point où l'on ne demande de nous qu'un simple vouloir : ubi velle labor est, ubi velle satis est.
Voilà par où Dieu confondra tous ces honteux indifférents, ces honteux relâchements dont la défiance et le désespoir sont le principe. Car il nous déclare en mille endroits de l'Écriture, et dans les termes les plus formels, qu'il ne veut que notre salut : qui vult omnes homines salvos fieri ; et en mille autres endroits, il nous reproche, dans les mêmes termes, que nous ne le voulons pas : quoties volui congregare filios tuos, et noluisti ! Cependant nous tâchons de nous persuader que nous le voulons ; mais à quoi se réduit ce faible vouloir ? À une négligence presque absolue de tout ce qui regarde le salut. Et il sera vrai de dire que notre perte viendra de nous : perditio tua, Israël. Car la vie présente est la voie du salut, et tandis que nous sommes dans la voie, nous pouvons arriver au terme, puisque nous avons toujours les moyens nécessaires pour y parvenir, et que nous n'avons qu'à le vouloir, et à le vouloir efficacement. Autrement, pourquoi Dieu nous demanderait-il si nous voulons être sauvés, vis sanus fieri ? David devint à la fois coupable d'un meurtre et d'un adultère, et cependant il ne perdit pas toute espérance. Avant son péché, il appelait Dieu seulement son souverain et son roi, rex meus et Deus meus ; après son péché, il lui parle d'une manière plus tendre : mon Dieu et ma miséricorde, Deus meus, misericordia mea. Nom de consolation et de confiance, nom qui ne permet à personne de se défier jamais de son Dieu : o nomen sub quo nemini fas est desperare !
Hodie si vocem ejus audieritis, nolite obdurare corda vestra. Si nous avons entendu aujourd'hui la vérité de ce que je viens de vous annoncer, et la parole de Dieu, n'endurcissons pas nos cœurs, nolite obdurare. Prenons la résolution de travailler dès aujourd'hui à notre salut avec plus de zèle et de ferveur, avec crainte et tremblement, cum metu et tremore ; mais que cette crainte soit accompagnée de la confiance en Dieu, spes mea ab uberibus matris meæ. Craignons sa justice, mais en même temps espérons dans sa miséricorde. Du trône de sa bonté, il nous appelle vers lui, venite, filii. Et que veut-il nous apprendre ? Il veut nous enseigner la voie du salut, l'amour et la crainte de Dieu, amorem Domini docebo vos. C'est la science du chrétien ; car que lui servira d'avoir eu toutes les autres sciences, s'il a ignoré la science du salut ; que lui servira d'avoir gagné l'univers, s'il vient à perdre son âme, quid prodest homini ? Et qui pourra l'indemniser d'une aussi grande perte, aut quam commutationem dabit pro anima sua ?
Tandis que nous sommes encore dans le temps de la miséricorde, empressons-nous d'effacer nos péchés par une sincère pénitence, dum adhuc in sæculo es, festina agere pœnitentiam. Ne nous lassons point de faire de bonnes œuvres, semons-les abondamment ; et lorsque la saison de la moisson sera venue, nous en recueillerons les fruits durant l'éternité, tempore enim suo metemus non deficientes. Craignons Dieu, observons ses divins commandements, évitons le mal et faisons le bien, declina a malo et fac bonum. Jetons les yeux sur cette nuée de témoins qui ont arrosé l'Église de leur sang, qui ont acheté les biens du ciel par une infinité de maux et de supplices, et qui, ayant été fragiles comme nous, ont, avec le secours de la grâce, triomphé de tous les obstacles qui s'opposaient à leur salut, tantam habentes impositam nubem testium. Seigneur, j'ai considéré les trésors de votre miséricorde et de votre justice ; j'ai vu le bonheur des élus et le malheur des réprouvés : jusqu'ici j'ai eu le malheur de m'endormir sur le bord de l'abîme ; mais désormais ma résolution est prise : je veux vous aimer et vous servir dans le temps, afin d'avoir le bonheur de vous posséder durant l'éternité.