Hoc est corpus meum

Sermon bilingue — breton du XIXe siècle / traduction française

ÉPIGRAPHE

Breton

Hoc est corpus meum, hic est sanguis meus novi testamenti qui pro multis effundetur in remissionem peccatorum. Heman eo ma horf, eman eo ma goad pehini a gontinuo da vezan skuillet evit remission ar béc’hejo.

Français

Hoc est corpus meum, hic est sanguis meus novi testamenti qui pro multis effundetur in remissionem peccatorum. Ceci est mon corps, ceci est mon sang du nouveau testament qui pour beaucoup sera versé pour la rémission des péchés. Voici mon corps, voici mon sang lequel continue d’être versé pour la rémission des péchés.

I

Breton

Peguen eürus na voe quet an dud pere a nevoe ar bonheur da velet Jésus-Christ, ac ar miraclou prodigus a operas! Gvelet a resont anezan o ressucitan ar re varo, o reun ar gvelet d’ar re dall, ar hleved d’ar re vouzar, ac o yac’hait deus an oll glenvéjo. Mæs bez’ azo hveit muioc’h admiral guelet a resont anezan o pardonin d’ar béc’herien, ac o sevel e voad mat ar groas evit o frenan a diguerin dezo rouantelez an env. Touchantan spectacl evit eur galon gristen! Mæs a nin anezan biscoas sonjet? Pe an on deus hoas armêmes bonheur: Jésus-Christ a zo presant voar on auterio, ac a ra voarneso ar brâstan deus a’i miraclo. Bemdeiz dre voez ar belec e teu deus a varo d’isquenn voarneso ac enem imolan evel ma’z eo sidiguez evel ma’z en em imolas voat ar haltas:

Français

Combien heureux ne furent pas les gens qui eurent le bonheur de voir Jésus-Christ, et les miracles prodigieux qu’il opéra ! Ils le virent ressuscitant les morts, rendant la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, et guérissant de toutes les maladies. Mais il y a encore plus admirable : ils le virent pardonnant aux pécheurs, et élevant son sang sur la croix pour les racheter et leur ouvrir le royaume du ciel. Touchant spectacle pour un cœur chrétien ! Mais y avons-nous jamais songé ? Pourtant nous avons encore le même bonheur : Jésus-Christ est présent sur nos autels, et y fait le plus grand de ses miracles. Chaque jour, par la voix du prêtre, il vient du haut descendre sur eux et s’immoler lui-même tout comme il s’immola sur le Calvaire : obedientia Deo voci hominis.

Est-ce que nous faisons attention à ce grand miracle ? Est-ce que nous venons par des sentiments d’amour remercier notre Sauveur de la grâce qu’il nous fait ? Il n’y a rien sur la terre de plus grand, de plus respectable et de plus imposant que le saint sacrifice de la messe, et pourtant d'y assister avec légèreté, avec irrévérence, sans respect, sans dévotion — si l'on excepte un petit nombre de chrétiens fidèles, qui connaissent l’excellence et la dignité du sacrifice dans lequel un Dieu s’immole pour notre salut ; qui y assiste comme il est dû ? Jésus-Christ est sur l’autel comme un juge sur son tribunal, pour prononcer ou retenir la mort contre tant de chrétiens qui n’ont pas pour ce mystère adorable la vénération et le respect qui est dû. Ils viennent à l’église comme les chrétiens fidèles et dévots, ils assistent au saint sacrifice, mais sans aucun fruit, parce qu’ils sont semblables aux juifs charnels qui n’avaient aucun goût pour ce qui regarde Dieu et leur salut. J’ai donc l’intention d’attaquer les grands abus que l’on commet chaque jour à l’égard du saint sacrifice de la messe, et de montrer premièrement les dispositions avec lesquelles nous devons y assister, deuxièmement les fautes que l’on commet en n’y assistant pas bien.

II

Breton

Aroc prescrivan d’ach ar reglenno a dleet da heuil evit cleret erfud un offeren, e tlean explican d’ach petra eo an offeren. An offeren eo Sacrifis Jésus-Christ a sacrifis an Ilis: Jésus-Christ en em offr voar an auterio da Zoue e Dad evidon-ni oll, acabalamour da ze e eo hanvet balec evit un eternite sacerdos in aeternum. Victim ar Sacrifis eo corf a goad Jésus-Christ. Ministret ar Sacrifis eo ar vêleyen, ac ar bobl gristen pehini an deus ar bonheur da assistan: ahane e concluan penos ar guellan façon da assistan en offeren eo da n’en unissan d’ar belec, d’ar pez a ra a d’ar pez a lar, d’en heuil bars en oll circonstances gant santimancho a fe ac a religion: evit se e ellomp distinguin en offeren teir farti: an ini quentan adalec commancement an offeren bete an offertoar en pehini e tleomp en em sellet evel kanchantet, bec a zo tennet deus ar gravetit deus o féc’hejo; an eil adalec an offertoar bete ar gonsecration en pehini e tleomp enem gonsideri evel voar ar boent da veza sacrifiet gant Jésus-Christ: an dervet adalec ar gonsecration bete ar gommunion, en pehini e tleomp ober on oll efforcho evit enem rintan dign deus ar graço a zo preparet deonp.

Français

Avant de vous prescrire les règles qu’il vous faut suivre pour entendre comme il faut une messe, je dois vous expliquer ce qu’est la messe. La messe est le sacrifice de Jésus-Christ et le sacrifice de l’Église : Jésus-Christ s’offre sur les autels à Dieu son Père pour nous tous, et à cause de cela il est nommé prêtre pour l’éternité sacerdos in aeternum. La victime du sacrifice est le corps et le sang de Jésus-Christ. Les ministres du sacrifice sont les prêtres, et le peuple chrétien qui a le bonheur d’y assister : de là je conclus que la meilleure façon d’assister à la messe est de s’unir au prêtre, à ce qu’il fait et à ce qu’il dit, de le suivre dans toutes les circonstances avec des sentiments de foi et de religion.

Pour cela nous pouvons distinguer dans la messe trois parties : la première depuis le commencement de la messe jusqu’à l’offertoire dans laquelle nous devons nous considérer comme des coupables, car nous sommes tirés de la gravité de nos péchés ; la deuxième depuis l’offertoire jusqu’à la consécration dans laquelle nous devons nous considérer comme étant sur le point d’être sacrifiés avec Jésus-Christ ; la troisième depuis la consécration jusqu’à la communion, dans laquelle nous devons faire tous nos efforts pour nous rendre dignes des grâces qui nous sont préparées.

III

Breton

Ac evit rintin ar virionezio-se d’ach muioc’h instructif a muioc’h sansibl a choissin deus an Aviel tri exempl pere a discoue d’ach penos e tleet assistan bars en offeren. (Publicain Carron ha le certenud). Pa antreet en Ilis evit clevet an offeren, o peet sonj deus an disposition en pehini e voa ar publican deus a pehini a coms an Aviel, pa n’em bresantas en templ evit adress da Zoue e beden, a consideritas bez’ a lare anean ebars an Aviel hervez Sant Luc. Chom a res en traou an Ilis, ep credin zevel e zaou lagad teursac an env; iquein a re a beutrin ous n’em laret Ma doue, o peat truez ouzin, rac un béc’her bras on: Domine, propitius esto mihi peccatori. Pell eo deus imitan ar spered fuz ac arrogan pere na grenont quet evit tostact ous Doue, evit tud pere n’o deus netra da reproch dezo, ac a neves ramplisset o oll devoiro a gristenien quasi gens quae justitiam fecerit. Redin a raed hontel penos e eo indign da baressin en presanc Doue. Abalamour da ze e n’em blac’ en traou an Ilis, leun a gonfession deus e béc’hejo na gred quet sevel e daoulagad teurs ac an Env: nolebat nec oculos ad caelum levare. Squein a ra voar e galon pehini a zo bet caous de béc’hat, ous n’em bedi Doue d’en pardonni a da gaout truez ontan: Deus propitius esto mihi peccatori. O peguen eürus na vijemp ma carfemp, antren ar hommancement deus an offeren, bars en santimancho-ze a binigen ac a gomponction. Pec’herien evel ma omp tout na glisquomp quet da n’on distinguin ebars an Ilis, mas antren a rajemp en santimancho a humilite ac a s’en en em bledi Doue da un daëro da bardonin deomp on offanço: Deus propitius esto mihi peccatori; a chetu ar pez a ra a disq deomp ar belec pa disquen ous troad an Auter o commanc an offeren; evit ober eur gorison en bresanc ar sant an aler ac an oll assistantet., Seblantout a ra bean carguit deus a béc’hejo ar gristenien pere a dle ober o gantan eur gorison deus o féc’hejo gant cals a humilite ac a gontrition. En em occupomp eta adalec commançamant an offeren bete ar gonsecration da houlun pardon ous Doue Deus propitius...

Français

Et pour rendre ces vérités pour vous plus instructives et plus sensibles, je choisirai dans l’Évangile trois exemples qui vous montrent comment vous devez assister à la messe (Le Publicain, le Larron et le Centurion). Quand vous entrez dans l’église pour entendre la messe, ayez souvenir de la disposition dans laquelle était le publicain dont parle l’Évangile, quand il se présenta dans le temple pour adresser à Dieu sa prière, et considérez ce que dit de lui l’Évangile selon Saint Luc. Il resta au bas de l’église, sans oser lever ses deux yeux vers le ciel ; il se frappait la poitrine en disant en lui-même : Mon Dieu, ayez pitié de moi, car je suis un grand pécheur : Domine, propitius esto mihi peccatori. Il est loin d’imiter l’esprit fier et arrogant de ceux qui ne tremblent pas pour s’approcher de Dieu, comme des gens qui n’ont rien à se reprocher, et qui auraient rempli tous leurs devoirs de chrétiens quasi gens quae justitiam fecerit. Il pensait au contraire qu’il était indigne de paraître en présence de Dieu. À cause de cela il se place au bas de l’église, plein de la confession de ses péchés il n’ose lever ses yeux vers le ciel : nolebat nec oculos ad caelum levare. Il frappe sur son cœur qui a été cause de son péché, en priant Dieu de le pardonner et d’avoir pitié de lui : Deus propitius esto mihi peccatori.

Oh combien heureux ne serions-nous pas si nous pouvions, en entrant au commencement de la messe, entrer dans ces sentiments de pénitence et de componction. Pécheurs comme nous sommes tous, ne cherchons pas à nous distinguer dans l’église, mais entrons dans les sentiments d’humilité et prions Dieu par nos larmes de pardonner nos offenses : Deus propitius esto mihi peccatori ; et voilà ce que nous montre le prêtre quand il descend au pied de l’autel en commençant la messe ; pour faire une oraison en présence du saint autel et de tous les assistants. Il semble être chargé des péchés des chrétiens qui doivent faire avec lui une oraison pour leurs péchés avec beaucoup d’humilité et de contrition. Occupons-nous donc depuis le commencement de la messe jusqu’à la consécration à demander pardon à Dieu : Deus propitius...

IV

Breton

Pa dar gonsecration ac an elevation en itonp ar lair deus crusifiet ous coste e Zalver. Consideromp petra santimancho mad a guemere in quichen Jésus-Christ. Stag eo ous ar groas a na chom gantan a-bez n’em d’e galon ac e deod. Gvelomp anean ous n’em raë an eil ac equile da Jésus-Christ. Consacrin a ra e galon Dre ar fe ac an esperanç; goulin a ra digantan gant un humilite vras eus e leac’ in e rouantelir. Consacrin a ra d’ean e deod ous n’em breblian e innoçanç ac e zantetiz: souffr a reomp justement a lae de gompegnon, mas Jésus-Christ a zo innoçent. En amzer ma teu ar re all da naich Jésus-Christ a Bubli Penos e voran ar Salver an douar; en amzer ma teu an dud d’en outrajin a da n’e phemun enep d’ean, e teu da ober e elogeou; en amzer ma teu e disqi-bien d’en abandonnin e teu da defin e gos. Na reit quet dan pre-mel quaran quent lies a serviver lieis deo: netra na zo mæsic’h capabl da douch calon un devot ad veb den d’aj. E crucifiet, surtouit pa en selled gant eur fe gvev. Quemit inin o deus santit ar santimancho-ze o deus graet cals a brogrejo er viritez. Eur gontemplation quen solutar a deus laqueit ar fo ed calon Sant Aug. Sant Bernard Sant Bonavantur quen lioas en oll pere anem hloufes o lavarit gant Sant Paul Penos na amzer nemet Jésus, a Jésus crucifiet: Non enim judicavi me scire aliquid inter vos, nisi Jesum Christum et hunc crucifixum., Ah peguen eürus na vijemp quet ma tougemp en amzer ar gonsecration da gonsiderin gant daoulagad ar fe, ar goliaon tuer deus a gorf sacré hon Salver er groas; a de sellet sosit entre an Env ac an douar evit on ritin d’ar béd d’on féc’hejo; neuse leun a gonfianç en e vadlez e larquemp in d’an dagnis o calon: ma Doue na anconait eur béc’her pehini a ret bemdeiz o coad voar an Auter; accorde d’in e grac’ ac me vlei en o rouantelez. Memento mei, domine. Neuse a seblanty deomp bean voar ar haltas en amzer ma voa crucifiet Jésus-Christ; neuse a béd fomp anean da tevel en on halon gantan bete an Env. Von stagan ive ous e groas gant affection e evit ar bed ac ar béc’het. Neuse e voemp da n’em humilian dirac un Doue pehini enem humile evidomp, a da n’en brosternin gant muioc’h a respect ane brasane Venite, Adoremus.

Français

Lors de la consécration et de l'élévation, imitons le larron crucifié aux côtés de son Sauveur. Considérons quels bons sentiments il prenait auprès de Jésus-Christ. Il est attaché à la croix et il ne lui reste plus que son cœur et sa langue. Voyons-le se sacrifiant l’un et l’autre à Jésus-Christ. Il consacre son cœur par la foi et l’espérance ; il lui demande avec une grande humilité une place dans son royaume. Il lui consacre sa langue en publiant son innocence et sa sainteté : nous souffrons justement, dit-il à son compagnon, mais Jésus-Christ est innocent. Au temps où tous les autres viennent renier Jésus-Christ et publier que le Sauveur de la terre est un imposteur ; au temps où les gens viennent l’outrager et blasphémer contre lui, il vient faire ses éloges ; au temps où ses disciples viennent l’abandonner il vient défendre sa cause.

Rien n’est plus capable de toucher le cœur d’un dévot... Christ crucifié, surtout quand on le regarde avec une foi vive. Combien sont ceux qui ont senti ces sentiments et ont fait beaucoup de progrès dans la vérité. Une contemplation si salutaire a mis le feu au cœur de Saint Augustin, Saint Bernard, Saint Bonaventure comme chez tous ceux qui s’oublient en disant avec Saint Paul qu’ils ne savent rien sinon Jésus, et Jésus crucifié : Non enim judicavi me scire aliquid inter vos, nisi Jesum Christum et hunc crucifixum.

Ah combien heureux ne serions-nous pas si nous parvenions au temps de la consécration à considérer avec les yeux de la foi, les plaies sacrées du corps sacré de notre Sauveur sur la croix ; et à le regarder suspendu entre le ciel et la terre pour nous racheter du monde et de nos péchés ; alors plein de confiance en sa bonté nous dirions dans l’agonie de notre cœur : mon Dieu n'oubliez pas un pécheur lequel répand chaque jour son sang sur l’autel ; accordez-moi sa grâce et recevez-moi dans votre royaume : Memento mei, domine. Alors il nous semblera être sur le Calvaire au temps où fut crucifié Jésus-Christ ; alors nous le prierons de descendre dans notre cœur avec lui jusqu’au ciel. Nous voulons nous attacher aussi à sa croix avec affection pour le monde et le péché. Alors nous devrons nous humilier devant un Dieu qui s’humilie pour nous, et nous prosterner avec plus de respect en sa présence : Venite, Adoremus.

V

Breton

Setu suget a reflexion a n’em bresant d’on spered etre ar gonsecration ac ar gommunion; en amzer-man on d’alter Jésus-Christ reellamant presant voar an Auter: e voa d’ar rered toar an Auter evit purifian on conscientio. Costaomp eta tout ni pere a zo carguet a béc’hejo, a pere a deis terrin ar chadenno deus on esclatag. Eur Banach deus a voad Jésus-Christ a buffe evit on Purifian, mas evit se e renquomp tostait evel ar lentiv-deus an Aviel, gant eur galon glac’harit ac humilit. Enem gomportin en Ilis gant eur recueillamant ac eur respect vras meurbet: laret it gant ar belek a galon ac en gourin penos e omp indign da n’em brosternin a da baressin en e bresanç gordema eo disquennat voar an Auter dre vertu ar homso sacr obediente Deo voci hominis: laret deon penos e veat oomp hoas neubitoc’h en reut on on halon: Domine non sum dignus etc.,

Français

Voici le sujet de réflexion qui se présente à notre esprit entre la consécration et la communion ; en ce temps nous adorons Jésus-Christ réellement présent sur l’autel : il est à la porte de l’autel pour purifier nos consciences. Approchons donc tous nous qui sommes chargés de péchés, et qui désirons briser les chaînes de notre esclavage. Une goutte du sang de Jésus-Christ suffirait pour nous purifier, mais pour cela il nous faut approcher comme le centurion de l’Évangile, avec un cœur affligé et humble. Se comporter dans l’église avec un recueillement et un très grand respect : dites avec le prêtre de cœur et en criant que nous sommes indignes de nous prosterner et de paraître en sa présence puisqu’il est descendu sur l’autel par la vertu des paroles sacrées : obedientia Deo voci hominis : dites-lui que nous sommes encore moins dans le fond de notre cœur : Domine non sum dignus etc..

VI

Breton

Chetu are ar reflexiono santel a tlefe on occupin epad an offeren. Ama vijemp fidel d’ar pratig-man non distija quet da hirtondou voad an neubit a froues a dennomp deus ar Sacrifis santel; mas an negligeanç ac an indifferanç an deus cals ac hanomp evit ar myster bras-se: dont a rajomp dean gant ma carfemp fe chissan benos un offeren a rent muioc’h a hloar da Doue evit an oll dud ac an oll æls assembles dre an actiono ar muian zantel. Penos un offeren a zo muioc’h agreabl da Doue, a muioc’h bras voaran, evit oll souffrançou ar Varzarien, oll tatuio ar zant. Peguen bras na ve quet on hast ac on anpressamanc da assistan enni pa gveomp enni eur voÿen quen exellent evit glorifian Doue a d’obten ar pardon deus on béc’hejo: assistan a rajomp quen lies a voe a ma ellonp, e tleonmp neuse d’en enem assistan enni gant an dispositiono en on deus expliquat e cafemp enni eur sourç a gonsolation voar an douar ac eur sour an eürusdet dezel ar bed all - Mas Ar Sacrifis santel deus an offeren a zo eur representation deus a bassion ac a varo on Zalver Jésus-Christ., Abalamour da ze an deus recommandet en celebrin abalamour dezan ac en maman anezan quen lies gveas a ma vijai celebrat: haec facite in meam commemorationem. Mæs quita ma teuonmp da renovellin ous an auter ar Sacrifis o operas Jésus-Christ voar ar haltas en amzer ma teuonmp da lafait d’endal daoulagad ar gristenien Passion a souffranço un doue. Cals anezan ne dint quet da renovellen crim ar judevien ac ar vourrevien o dervoa staquet anezan ous ar groas. Bet anatet a n’in a zo deus a nombr ar re a deu en eur façon quen barbar da deshonorin on mysterio santel a redoutabl, remercomp penos en mesq ar re a insultas Jésus-Christ hay ous ar groas a voa tri sort tud: darn a dremen dirac ar groas ep enem arretin ac ep antren en santimancho a hlac’har ac a gomponction; cals muioc’h sansibl evit ar vein ac an douar pere a nem digourant annonc maro o Chrouer: praetereuntes. Darn a dostae evit gvelet souffranço Salver ar bed a bean testo deus e bassion, mas na rent quent d’e nemit dre zantimancho fall ac enten insulten: illudentes. Darn all na n’em gontantant quet d’en insulten, dont a rent da brononç mil blasphem a mil imprecation enep d’o Chrouer ac en fin a durent e dauf ar maro evel blasfemantes. Gvelonp dre gonder an tri sort tud-ze ar profanationo a gommeter quen lies a voe ar Sacrifis santel deus an offeren, ac a beren marteze a omp n’in on vian enem rentat alc’hupabl: praetereuntes. Ama nochu quet deus an dud-ze pere epad ar Sacrifis santel a dret Jésus-Christ gant mepris ac indifferanç., Na gumranqu’et deus an dud-ze pere na gommuniont nemit eur voe ar bloas, a pere na gommuniont quemit marna deujon quet on mam santel an Ilis d’o ober dezo deus a quemet-ze un obligation ac un obligation a gonscianç. Na gomsan nemit deus ar Sacrifis santel deus an offeren, na a den a negliga assistan enni, nac a den a neglig da glevet an offeren ar Zul ac ar gouel, ar a deu dre ans da n’em rintin on uilet ar public; nac a den a neglig epad meud ad du lie d’assistten en offeren en e Ilis Parous, nonobstant d’a intention an Ilis. Credin a red bean santifiat ar Zul ous n’em gledet un offeren a voe val, ac a dremonit ar rest deus an deiz santel ep songeal en Doue, ous n’em divertissan, ep ous n’em occupin deus a Doue nac an douar. A hoas pa deuonmp d’an offeren, penos e assistomp enni? Na ve quet quentic’h commançet na garonmp e se achu? Laret a raemp ous an auter ar boan muian deligeant. Mas da hanamon de voac’h a se evit bedin gant attention epad an neubit a amzer a dremenonp en Ilis, mas ar hontal a arru ar darn mui anan: bresant gant neubit a recueillamant, evel nonpas laret gant un ar dissipat a la dalid. Gallout a rae Jésus-Christ adress deomp ar reproch a reas d’ar judevien pere a dree d’a adress dean tedenno a hano, mas deus a leva ar galon a voa pell diontan: populus hic de seblantout a ra e lesomp evit enem recran, gant ar memes dissipation a douquemf deus barte a blisadur; seblantout a ra na grefont quet en bresanç reel Jésus-Christ ac are un Doue a tiansfousonmp.

Français

Voilà les saintes réflexions qui devraient nous occuper pendant la messe. Si nous étions fidèles à cette pratique, nous n’aurions pas à nous plaindre du peu de fruit que nous tirons du saint sacrifice ; mais la négligence et l’indifférence qu’ont beaucoup d’entre nous pour ce grand mystère nous nuisent : nous y viendrions si nous savions qu’une messe rend plus de gloire à Dieu que tous les hommes et tous les anges assemblés par leurs actions les plus saintes. Qu’une messe est plus agréable à Dieu, et plus grande devant lui, que toutes les souffrances des martyrs, tous les travaux des saints. Combien grande ne serait pas notre hâte et notre empressement à y assister quand nous voyons en elle un moyen si excellent pour glorifier Dieu et pour obtenir le pardon de nos péchés : nous y assisterions aussi souvent que nous le pourrions, nous devrions alors y assister avec les dispositions que j’ai expliquées et nous y trouverions une source de consolation sur la terre et une source de bonheur dans l’autre monde.

Mais le saint sacrifice de la messe est une représentation de la passion et de la mort de notre Sauveur Jésus-Christ. C’est pour cela qu’il a recommandé de le célébrer en mémoire de lui aussi souvent qu’il serait célébré : haec facite in meam commemorationem. Mais au lieu de venir renouveler sur l’autel le sacrifice qu’opéra Jésus-Christ sur le Calvaire au temps où nous venons mettre sous les yeux des chrétiens la Passion et les souffrances d’un Dieu, beaucoup d’entre eux ne sont-ils pas là pour renouveler le crime des juifs et des bourreaux qui l’avaient attaché sur la croix ?

Maudit soit celui qui est du nombre de ceux qui viennent d’une façon si barbare déshonorer nos mystères saints et redoutables. Remarquons que parmi ceux qui insultèrent Jésus-Christ sur la croix il y avait trois sortes de gens : les uns passent devant la croix sans s’arrêter et sans entrer dans des sentiments de douleur et de componction ; beaucoup plus insensibles que les pierres et la terre qui se fendirent à l’annonce de la mort de leur Créateur : praetereuntes. D’autres s’approchent pour voir les souffrances du Sauveur du monde et être témoins de sa passion, mais ils n’y viennent que par des sentiments mauvais et pour l’insulter : illudentes. D’autres encore ne se contentent pas de l’insulter, ils viennent prononcer mille blasphèmes et mille imprécations contre leur Créateur et à la fin ils lui donnent la mort : blasphemantes.

Voyons par comparaison ces trois sortes de gens et les profanations que l’on commet si souvent au saint sacrifice de la messe, et dont peut-être nous nous sommes nous-mêmes rendus coupables : praetereuntes. Ici je ne parle que de ces gens qui pendant le saint sacrifice traitent Jésus-Christ avec mépris et indifférence. Ne comprenez-vous pas ces gens qui ne communient qu’une fois l’an, et qui ne communient que parce que notre sainte mère l’Église leur en fait une obligation et une obligation de conscience. Je ne parle que du saint sacrifice de la messe, de l'homme qui néglige d’y assister, et de l'homme qui néglige d’entendre la messe le dimanche et le jour de fête, ou qui vient par hasard se rendre au milieu du public ; et de l'homme qui néglige d’assister à la messe dans son église paroissiale, nonobstant l’intention de l’Église.

On croit avoir sanctifié le dimanche en ayant entendu une messe quelconque, et on passe le reste de la sainte journée sans songer à Dieu, en se divertissant, sans s’occuper de Dieu ni du ciel. Et encore quand nous venons à la messe, comment y assistons-nous ? N’est-elle pas à peine commencée que nous souhaitons qu’elle soit finie ? Nous faisons à l’autel la peine la plus grande. Nous manquons de foi pour prier avec attention pendant le peu de temps que nous passons dans l’église, mais le contraire arrive à la plupart : présents avec peu de recueillement, comme pour ne pas dire avec un air dissipé. Jésus-Christ pourrait nous adresser le reproche qu’il fit aux juifs qui venaient lui adresser des prières des lèvres, mais dont le cœur était loin de lui : populus hic... il semble que nous les laissons pour nous récréer, avec la même dissipation que nous portons aux plaisirs ; il semble que nous ne croyons pas à la présence réelle de Jésus-Christ et que c’est un Dieu que nous offensons.

VII

Breton

An dleer a antren an auter gant respect, ac en adon and n’em quenan, a nin en amzer ma teu da n’em sacrifian evidonp a deu d’en allë nonpas gant indifferanç, praetereuntes, mad it gant mepris. Illudentes. I’ngoulen a ran diguenach, ac en n’an deo quet esto ar goaf a se o clevet an offeren evel ma ra cals a gristenien? Dont a reont d’an Ilis mas evit vera? Man deo quet laret e ount deut o unan evit guelet a bean guelet evit hoarrin a couseal ep necesite, sellet dion a dre ac a vevel voat eur blae public. Couscoude peguen bras d’e blaje quet on respect bars en Ilis pehini sant Sant Chrys. a zo ur barados, an auter ous pehini e celebrer ar Sacrifis santel eo ar haltas voar pehini eo marteze Jésus-Christ. Pa gommanç an offeren an Env a deu da diguerrin evel beach all d’ar Sant Jona Jésus-Christ a disquen evit bean immolet evidonp: adorin a redoonp epad an offeren Jésus-Christ hay ous al groas, o offr evidomp da Doue e Dad e gorf ac e voad preciüs. Pa lartas voar ar groas an eol a refus e sclerigen, an douar a quenas, ar vein a fraillas, ar beio a digorras na rezonemit ar quisten a n’zo insansibl ar chconfusion pehini d’a assisttan de varo Jésus-Christ, ar Sacrifis santel deus an offeren. Pera, a ra quen lioas a gristen insansibl a dessipet pere a zo ocupet a sellet endro dezo, a na quemeront interet ebet d’ar pez a dremon voar an auter. Oh, evidomp e tue! un Doue da n’em immolin evidonp eo scuillet e voad voar an auter, a hoas n’an donmp quet touchit a trosternit gant respect en bresanç on Doue! Son der eur hrac’ benac d’o houlan digant un Prinç deus an douar na ellonp quet difac dre m’er respect n’as abaellh, douscaoude n’an deo nemit veldoch, a pa deut d’an templ santel evit assistan d’ar brassan deus on mysterio, evit goulenaus Doue ar brassan deur an oll hrac, da laret o silvidiguez ac ar pardon deus o féc’hejo, o cheüs un ar s’an ac indifferant., Seblantin aret laraout hoant de veprisan, ous en n’em paressin gant un d’fret ac arrogant dirac un tron deus e fafeste: a hini a alf ober ouspen eil meprisan Jésus-Christ Illudentes ac ar ber a rent abans’h hoas muioc’h criminel eo abalamour ma teuonmp dre on irrevérance da blasphemi e hano santel a da lafait ar real denobet.

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Le devoir est d’entrer à l’autel avec respect, et dans l’adoration de s’y agenouiller, et nous au temps où il vient se sacrifier pour nous, nous venons là non pas avec indifférence, praetereuntes, mais avec mépris : illudentes. Je vous demande, n’est-ce pas la vérité que d’entendre la messe comme le font beaucoup de chrétiens ? Ils viennent à l’église mais pour quoi faire ? Ne peut-on pas dire qu’ils sont venus eux-mêmes pour voir et être vus, pour rire et causer sans nécessité, regardant deçà et delà comme sur une place publique. Pourtant combien grand ne devrait pas être notre respect dans l’église laquelle, dit Saint Chrysostome, est un paradis, l'autel sur lequel est célébré le saint sacrifice est le Calvaire sur lequel est présent Jésus-Christ.

Quand commence la messe le ciel vient s’ouvrir comme autrefois pour Saint Jean : Jésus-Christ descend pour être immolé pour nous : nous devons adorer pendant la messe Jésus-Christ sur la croix, offrant pour nous à Dieu son Père son corps et son sang précieux. Quand il était sur la croix le soleil refusa sa lumière, la terre trembla, les pierres se fendirent, les tombeaux s’ouvrirent : mais seulement le chrétien est insensible à la confusion d'assister à la mort de Jésus-Christ, au saint sacrifice de la messe. Quoi, il y a tant de chrétiens insensibles et dissipés qui sont occupés à regarder autour d’eux, et qui ne prennent aucun intérêt à ce qui se passe sur l’autel. Oh, pour nous il vient ! Un Dieu s’immoler pour nous, son sang est versé sur l’autel, et encore nous ne sommes pas touchés et prosternés avec respect en présence de notre Dieu !

Si l’on a quelque grâce à demander à un prince de la terre nous ne pouvons le faire par manque de respect, pourtant il n’est qu’un homme comme vous, et quand vous venez au saint temple pour assister au plus grand de nos mystères, pour demander à Dieu la plus grande de toutes les grâces, c’est-à-dire votre salut et le pardon de vos péchés, vous avez un air indifférent. Il semble dire que vous voulez le mépriser, en paraissant avec un air fier et arrogant devant un trône de sa majesté : qui pourrait faire plus sinon mépriser Jésus-Christ : illudentes ; et ce qui rend la chose encore plus criminelle c’est parce que nous venons par notre irrévérence blasphémer son saint nom.

VIII

Breton

Blasphemantes. Ia, pa deuonp da assistan d’ar Sacrifis santel deus an offeren ep an devotion necesser e teuonp da blasphemi a da outrajin Jésus-Christ, bete voar an auter deut d’e sacrifis. Pa deuer d’on insulten voar on hent, e souffreonp marteze ar vera dezo lavar masta deuer d’on tousee a d’on insulti bete en on ty, quemet-ze zo un affront a na ellonp quet da supportin. Setu d’isoan eta evit on salver adorabl da n’em velet outragit bete voaran tron deus e garantez, drec’ut trit vovas, gant tud prouas indign. Penos e tretat fero an ardisson da baressan dirac tribunal Jésus-Christ goud’ en bedan tratet en eur façon quen indign epud o buez. Gva fronte te sister ad tribunal Jésus-Christ! Cholaouel d’e inditot ar reproch a ra Doue d’ach dre ar Prophet Jeremi: Quid est quod dilectus meus in domo mea fuit scelera multa. Pera zo ca malen ar hristien da behini am eus raet quen lud (ait deus ma harantez), d’an offansi quen alies bete ous tuch ma auterio, en amzer ma on zacrifian evit e silvidiguez. Remercomp er vad ar querio-man scelera multa; enem rentin a reop ud an offeren caupabl a raus a béc’hat. Como, ar béc’herien a dech goulen ous Doue ar hrac’ deus o gonversion, a laca on n’eztig bep sort moÿenno evit en offançin, a lauit ar graço a voa preparit deun da servijant evit o gandaonation., En elisse façon ma elles laret gant ar roue prophet: quanta malignatus est inimicus in Sancto. Clair gant ar roue prophet man, ar en amzer ar Sacrifis e teuonp d’a scandalisan en templ santel-man, ac en amzer ar Sacrifis e teuonp da scandalisan ar real dre on irrevérance ac ar fason indeçant en pehini e saus-comp en Ilis: deus on offerio tanporel, da glasq durrayen benac da goll on ennemit ac ar re o deus graet un drouc benac deomp, eloc’h dont da bedin evite, evel ma ra christenien pere a desir o silvidiguez. Biou an eur guir a alfe contan ar fauchou a gommeter en offeren! Biou a alfe contan ar béc’hejo a bere e omp ni on unan rentet caupabl epad ar Sacrifis santel. Sant Jean d’Avila o clert maro eur balec pehini a voa nete ordinit, a houlenas ac en anderoa laret an offeren: respontat a voe dean penos an devoa laret unan hepquen. Seture cont, em e’arzant, an derv da rentan da Jésus-Christ pehini en deus an groet vinists vit ar Sacrifis, auquet un deus bet an honor da celebrin eur voës. Setore cont na devo quet ite da rentan quen lias a gristen, pere a boue 20, 30, 40 vloas ma assistont en offeren, n’o deus james assistet enni evel ma eo dleet. Ma carfemp songeal benos on silvidiguez a depant marte deus ar fason en pehini on deus assistet en offeren, na rangferf quet da houlun pardon ous Doue deus on negligeanç tremenet a da chang’ a da gondu evit an amzer da dont. Na daufamp quet d’a lemel digant Doue dre on neubet a religion a gloas a zo dleet deza dre ar Sacrifis santel! Dleait a reomp da Doue teir victim epad an offeren. On horf, on spered, on halon: on horf a dle henourin Jésus-Christ dre eur vodesti leun a respect ac a religion; quen lies gveas a mon deus manquet d’ar vodesti-se on deus refuset da Zoue unan deus ar victimio a dleomp deza; enem gavrigont eta deus on irreverance pere a displey da Doue o dio haben rapinam in holocausto., Nan deo quet assalc’h deomp bean presant a gorf et Sacrifis santel deus an offeren, ret eo deomp bean presant a spered. An ini a glev an offeren gant distraction volontar ep songeal nac en Doue, nav en e silvidiguez, a reomp da Doue un ensur vras meurbet. Mæs ar victim ar muian agreabl da Doue eo on halon. Mæs mar deu on galon da ober e oll efforcho epad an offeren, d’un enem gonsumin a da n’em enbranningant an tan deus a garantez Doue mærs chom don ac indifferant evit Doue, mar conserr attachamant ac affection evit ar béc’het, allas e teu da visehan ad souran d’on argraço a da rentan en uillel vite maro a passion un Doue. Antreomp eta enonp on unan, a changeomp o santimancho pa deuonp d’un offeren. Allas marteze n’on deus jamas assistet enni evel ma eo dleet: iquemeromp eta ar resolution da assistan enni en amzer da dont gant eur devotion, eur recueillamant, eur respect ac eur vodesti capabl da efaca o, a neubet fe a’i religion. Deuonp d’an offeren gant eur spered a binigen, evit ein ar maro d’ar béc’het, d’on passiono, d’on inclinations fall, evit enam gonsacren enteramannt da Jésus-Christ evit m’on devo un deiz ar gonsolation da bean gantan epad un eternite Amen.

Français

Blasphemantes. Oui, quand nous venons assister au saint sacrifice de la messe sans la dévotion nécessaire nous venons blasphémer et outrager Jésus-Christ, jusqu’auprès de l’autel où il se sacrifie. Quand on vient nous insulter sur notre chemin, nous souffrons peut-être, mais si l’on vient nous insulter jusque dans notre maison, cela est un affront que nous ne pouvons pas supporter. Voilà l’affliction pour notre Sauveur adorable de se voir outragé jusque sur le trône de son amour, par des gens fiers et indignes. Comment traiterez-vous de paraître devant le tribunal de Jésus-Christ après l’avoir traité d’une façon si indigne pendant votre vie. Quel front présenterez-vous au tribunal de Jésus-Christ !

Écoutez le reproche que vous fait Dieu par le prophète Jérémie : Quid est quod dilectus meus in domo mea fuit scelera multa. Pourquoi mon aimé (à qui j’ai fait tant de bien par mon amour) vient-il me causer du mal, m’offenser si souvent jusque sur mes autels, au temps où je me sacrifie pour son salut. Remarquons bien ces paroles scelera multa ; nous nous rendons par la messe coupables de tant de péchés. Comment, les pécheurs qui viennent demander à Dieu la grâce de leur conversion, mettent en œuvre toutes sortes de moyens pour l’offenser, et font que les grâces qui leur étaient préparées servent pour leur condamnation. De cette façon l’on peut dire avec le roi prophète : quanta malignatus est inimicus in Sancto.

Il est clair que, au temps du sacrifice nous venons scandaliser dans ce saint temple par notre irrévérence et la façon indécente avec laquelle nous nous comportons dans l’église. Qui en vérité pourrait compter les fautes que l’on commet à la messe ! Qui pourrait compter les péchés dont nous nous sommes nous-mêmes rendus coupables pendant le saint sacrifice. Saint Jean d’Avila, voyant mourir un prêtre qui venait d’être ordonné, demanda s’il avait dit la messe : on lui répondit qu’il n’en avait dit qu’une seule. Voilà un compte, dit-il en frémissant, à rendre à Jésus-Christ qui nous a fait ministres du sacrifice, après n’avoir eu l’honneur de célébrer qu’une seule fois. Voilà un compte qu’il n’aura pas à rendre à tant de chrétiens, qui depuis 20, 30, 40 ans qu’ils assistent à la messe, n’y ont jamais assisté comme il est dû.

Si nous voulions songer que notre salut dépend peut-être de la façon dont nous avons assisté à la messe, nous ne manquerions pas de demander pardon à Dieu de notre négligence passée et de changer notre conduite pour le temps à venir. Ne parvenons pas à enlever à Dieu par notre manque de religion la gloire qui lui est due par le saint sacrifice ! Nous devons à Dieu trois victimes pendant la messe : notre corps, notre esprit, notre cœur. Notre corps doit honorer Jésus-Christ par une modestie pleine de respect et de religion ; chaque fois que nous avons manqué à cette modestie nous avons refusé à Dieu l’une des victimes que nous lui devons ; corrigeons donc notre irrévérence qui déplaît à Dieu : rapinam in holocausto.

Il ne suffit pas d’être présent de corps au saint sacrifice de la messe, il faut y être présent d’esprit. Celui qui entend la messe avec distraction volontaire sans songer ni à Dieu, ni à son salut, fait à Dieu une insulte très grande. Mais la victime la plus agréable à Dieu est notre cœur. Mais si notre cœur doit faire tous ses efforts pendant la messe pour se consumer et s’embraser par le feu de l’amour de Dieu, s'il reste froid et indifférent pour Dieu, s’il conserve attachement et affection pour le péché, hélas il vient se vider au sort de nos grâces et rendre vaine pour lui la mort et la passion d’un Dieu.

Entrons donc en nous-mêmes, et changeons nos sentiments quand nous venons à une messe. Hélas peut-être n’y avons-nous jamais assisté comme il est dû : prenons donc la résolution d’y assister à l’avenir avec une dévotion, un recueillement, un respect et une modestie capables d’effacer notre peu de foi et de religion. Venons à la messe avec un esprit de pénitence, pour mettre à mort le péché, nos passions, nos inclinations mauvaises, pour nous consacrer entièrement à Jésus-Christ afin que nous ayons un jour la consolation d’être avec lui pendant une éternité. Amen