Bonheur an Den just, Malheur ar bec'her

Sermon bilingue — breton du XIXe siècle / traduction française

ÉPIGRAPHE

Breton

Beatus vir qui non abiit in consilio impiorum et in via peccatorum non stetit. Eürus an den nan deus quet heuillet conseille an dut impi.

Français

Beatus vir qui non abiit in consilio impiorum et in via peccatorum non stetit. Heureux l’homme qui n’a pas suivi le conseil des gens impies.

I

Breton

Plijet gant Doue a alsye pebini achanoc'h en em adracy dezan e unan ar c'homzo consolant-ma deut ar Prophet David: Beatus vir qui etc. Berat am beus ar bonheur da non bas heuill ar c'honseillo pernicius ac imitan an exemple fall deus an dud impi ac os religion; nam beut jamas frequentet societeo dangeurus, na chelaouet comzo lous a dishonest, discouriou licencius contrall d'am religion santel; na non nac avaricius, na libertin, nac orgouillus, nae intemperant, ancuer guir accomplesset am beut lezen Doue; lezen a joa ac a satisfaction, lezen a beuc'h ac a bonheur. Chetua ar Jésus-Christ, ar beza souhaitet d'ac'h tout, deud a greit ma c'halon. Maiz, allas, cals en ho zoues, a nem dromp oclasy ar hrae precius-se, ha evit laret goël, cals ne c'hollont quet a hlesy dre ar moyenno recommandet evit quemet-se.

Français

Plaise à Dieu qu’il m’ait été permis que chacun de vous s’adresse à lui-même ces paroles consolantes venues du Prophète David : Beatus vir qui etc. J’ai le bonheur de ne pas avoir suivi les conseils pernicieux et de n’avoir pas imité l’exemple mauvais des gens impies et sans religion ; je n’ai jamais fréquenté de sociétés dangereuses, ni écouté de paroles sales et malhonnêtes, de discours licencieux contraires à ma religion sainte ; je n’ai été ni avaricieux, ni libertin, ni orgueilleux, ni intempérant, car j’ai véritablement accompli la loi de Dieu ; loi de joie et de satisfaction, loi de paix et de bonheur. Voilà, chrétiens, ce que je souhaite à vous tous, du plus profond de mon cœur. Mais, hélas, beaucoup parmi vous, nous nous trompons en cherchant ce précieux bonheur, et pour mieux dire, beaucoup ne peuvent pas le trouver par les moyens recommandés pour cela.

II

Breton

An oll a beez commançamant ar bed o deveus quemeret cals a fatig evit caout an trasor-se. Ar baganet para ne devoa clevet comz na demaus a Doue na demaus a religion, o deus diserret o buez en c'hlesy; ha gonde call a boan ac a reflexiono na deusp quet gallut sevel huel avoalich ho spered na o halon. Darn d'emeus ar guistanian a laca o furested o pratica ar vertuz ac o accomplissant guir-buez Doue: Darn all, muyoc'h coupabl evit ar baganet o deus lacait ac a laca hoz hirie, goude quen lies a instruction, o eurusted er blijadurezo criminel, o c'heuill o fassiono deregel. Evit ancouragi ar requenta ac evit desabusat ar re all, ac ober dezo clevet mouez Doue, pehini ne baoues a laret dezo: Praebe, fili mi, cor tuum mihi; ma buguel ro din da galon, a me as ranto eürus, a tiscowin dac'h quenta-benos an hini a bratie ar vertuz a ra eürust d'ar bed-man ac er bed all: a benos an hini a nem lero d'ar pec'het a ra malheurt er bed-man a er bed all. Dac'h Guir-Spered am beus hirie d'averes, ennocha lavan ma esperanç, sclaraet speredo ar re a so en ignorance, touched calono ar re a c'hoant ar vertuet ac a so malheurus avoalich evit refuz d'e heuil.

Français

Tous, depuis le commencement du monde, ont pris beaucoup de peine pour trouver ce trésor. Les païens, qui n’avaient entendu parler ni de Dieu ni de religion, ont passé leur vie à le chercher ; et après beaucoup de peine et de réflexions, ils n’ont pu élever assez haut ni leur esprit ni leur cœur. Certains parmi les chrétiens mettent leur sagesse à pratiquer la vertu et à accomplir la véritable vie de Dieu : d’autres, bien plus coupables que les païens, ont placé et placent encore aujourd'hui, après tant d'instructions, leur bonheur dans les plaisirs criminels, en suivant leurs passions déréglées. Pour encourager les premiers et pour désabuser les autres, et leur faire entendre la voix de Dieu, laquelle ne cesse de leur dire : Praebe, fili mi, cor tuum mihi ; mon enfant donne-moi ton cœur, et moi je te rendrai heureux, je vous montrerai d’abord celui qui pratique la vertu et qui est heureux dans ce monde-ci et dans l’autre monde : et ensuite celui qui s’adonne au péché et qui est malheureux dans ce monde-ci et dans l’autre. À vous, chrétiens, j’ai aujourd'hui à parler, en vous je place mon espérance ; éclairez l'esprit de ceux qui sont dans l’ignorance, touchez les cœurs de ceux qui désirent la vertu et qui sont assez malheureux pour refuser de la suivre.

III

Breton

Jésus-Christ an deveus lavaret deomp: ma fauch a lezan guenach: pacem relinquo vobis pacem meam do vobis; mat evit caout ar beuc'h-ze pehini so draist da gompranason an den, eo ret d'eomp ober ar pez a houl Doue diguenomp: fac multa diligentibus legem tuam: accordet a vez d'ar re a gar ac a accomplis a lezan. Or, ha a qua dac a accompliss lezan Doue? Ari d'ell laret gant an Abostol Saint Paul: quis ergo nos separabit a caritate Christi: tribulatio, an angustia, an gladia? Piou a lamo diguenen carantez Doue? na reso nac an afflictiono, nac an displijadureze, nac ar persecutiono, nac ar maro memes. Chetua a ra bere eo bet dispositiono ar Saint; chetua a bera eo c'hoant dispositiono quen lies a den just bere a ved hont en hon touez; chetua a zo ar santimancho a ro d'an den ar beuc'h ag an eurusted er bed-man ac er bed all: En effet, bequen consolant nan deo quet evit an den just, gallout laret dezan e unan bevaus a labout non pas evit ar groudourien evit un momet, mas evit ar groud, evit eur mestre pehini an recompance eped an eternite. Doue, ar goillan d'ar san oll dadou a datho compt d'eut un desiriou, o n'eus mad a vezo serifet er bed-a-vuo, ne a recevo out recompanc cals muyoc'h precius evit oll vado, oll blijadurezo, oll honorio an Douar. An distera action graet en stad a hrac evit e c'hloar ac on santification a brocure deomp un bonheur pehini na vezo jamas troublet. Goulen a ra neubet evit rai cals, a lavar deomp Saint Chrysolog Parva petit maxima redditurus.

Français

Jésus-Christ nous a dit : je vous laisse ma paix : pacem relinquo vobis pacem meam do vobis ; mais pour avoir cette paix-là, laquelle dépasse la compréhension de l’homme, il nous faut faire ce que Dieu nous demande : fac multa diligentibus legem tuam : elle est accordée à ceux qui aiment et accomplissent la loi. Or, qui parmi vous accomplit la loi de Dieu ? On peut dire avec l’Apôtre Saint Paul : quis ergo nos separabit a caritate Christi: tribulatio, an angustia, an gladia? Qui nous enlèvera l’amour de Dieu ? Ce ne seront ni les afflictions, ni les déplaisirs, ni les persécutions, ni la mort même. Voilà quelles ont été les dispositions des Saints ; voilà quels sont les désirs et les dispositions de tant d’hommes justes qui sont ici parmi nous ; voilà quels sont les sentiments qui donnent à l’homme la paix et le bonheur dans ce monde-ci et dans l’autre : En effet, combien n'est-ce pas consolant pour l’homme juste de pouvoir se dire à lui-même qu'il vit et travaille non pas pour des créatures d’un moment, mais pour le Créateur, pour un maître qui le récompensera pendant l’éternité. Dieu, le meilleur de tous les pères, tiendra compte de vos désirs, et tout le bien qui sera fait dans cette vie recevra une récompense bien plus précieuse que tous les biens, tous les plaisirs, tous les honneurs de la Terre. La moindre action faite en état de grâce pour sa gloire et notre sanctification nous procure un bonheur qui ne sera jamais troublé. Il demande peu pour donner beaucoup, nous dit Saint Chrysologue : Parva petit maxima redditurus.

IV

Breton

Mais a lerset d'in, an dud just o deus da soufr alies colle clanvejo, persecutiono, an lech a ra a velomp o heuil o fassiono a so cals muyoc'h eürus. O caecitas hominum: o dall diguer deplorabl: o bad malheurus, chetua a zo da langach corrompet, mas bequan desferant eo d'in hont Jésus-Christ: Beati pauperes, quoniam ipsorum est regnum caelorum: eürus ar re baouri, a laz deomp an Aviel, rac oute eo hupparchant rouantelez an Eut; Beati qui lugent quoniam ipsi consolabuntur: eürus ar re a voel, rac bezan voint consolet. Beati qui persecutionem patiuntur: eürus ar re a soufr persecution. Gaudete et exultate quoniam merces vestra copiosa est in caelis, en em gosolet, o recompanc a zo bras en Eut.

Français

Mais vous me direz, les hommes justes ont souvent à souffrir des pertes, des maladies, des persécutions, au lieu que nous voyons ceux qui suivent leurs passions être beaucoup plus heureux. O caecitas hominum : ô aveuglement déplorable : ô mauvaise habitude, voilà votre langage corrompu, mais combien est différent celui de Jésus-Christ : Beati pauperes, quoniam ipsorum est regnum caelorum : heureux les pauvres, nous dit l’Évangile, car à eux appartient le royaume du Seigneur ; Beati qui lugent quoniam ipsi consolabuntur : heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Beati qui persecutionem patiuntur : heureux ceux qui souffrent la persécution. Gaudete et exultate quoniam merces vestra copiosa est in caelis, réjouissez-vous, votre récompense est grande dans le Seigneur.

V

Breton

O bed malheurus, ah te a vezo hoas tisantel a voalich evit hentel eürus ar re a hont Jésus-Christ malheurus a malheurus ar re a hont eurust! Pequet ell-se, Croas, gant Jésus-Christ da hendel survel ar re a soufr ar baourantez ac as hollo evitan. Da biou a adrestat ho quenta e doctrin? Dar beaurien: pauperes evangelizantur. Doue a invitas d'en heuil infirmos, egenos; tud kanc a infirm: a mat nan beus laret avoalich, chelaouit ar maledictiono an deus lancet enep dar re binisic: Vae vobis divitibus! Malheur dac'h, tud pantic, bere a neut o consolation er bed-man: Vae vobis qui ridetis! Goad o puer e oc'h er joa, mal dont a rai amzer an dueti d'euez: o bequen difficil eo dar re a gar an archant antren er rouantelez an Eut! D'ober conclusion tennan deud ar c'homzo ze: Saint Jacques en desq deomp: Deus elegit pauperes in hoc mundo divites in fide et heredes regni. Doue an deus choaset ar beaurien evit rein dezo ar fe, ac o hober heritourien deus ar rouantelez an Eut. Ha hirie, c'hui a d'ho dashanore a vo hantel malheurus, ha re indignite! En em gosolet eta tud just bere a veter baourantez d'ar bed a dremeno gant e gomzo trompllus, ma Doue so eternel.

Français

Ô monde malheureux, ah tu seras encore assez impie pour appeler heureux ceux que Jésus-Christ appelle malheureux et malheureux ceux qu'il appelle heureux ! Pourquoi cela, sinon parce que les chrétiens, avec Jésus-Christ, sont conduits à suivre ceux qui souffrent la pauvreté et les pertes pour lui. À qui a-t-il adressé en premier sa doctrine ? Aux pauvres : pauperes evangelizantur. Dieu a invité à le suivre les infirmes, les nécessiteux ; gens humbles et infirmes : et comme il n’en a pas assez dit, écoutez les malédictions qu’il a lancées contre les riches : Vae vobis divitibus! Malheur à vous, gens au ventre plein, qui avez votre consolation dans ce monde-ci : Vae vobis qui ridetis! Tant que vous vivez dans la joie, le malheur viendra au temps de la détresse : oh combien il est difficile à ceux qui aiment l’argent d’entrer dans le royaume du Seigneur ! Pour tirer une conclusion de ces paroles : Saint Jacques nous enseigne : Deus elegit pauperes in hoc mundo divites in fide et heredes regni. Dieu a choisi les pauvres pour leur donner la foi, et pour les faire héritiers du royaume du Seigneur. Et aujourd'hui, vous qui les déshonorez et les appelez malheureux, quelle indignité ! Consolez-vous donc, hommes justes qui êtes dans la pauvreté de ce monde qui passera avec ses paroles trompeuses, car Dieu est éternel.

VI

Breton

Ar blenarjo ac ar persecutiono pell dous ranti an den just malheurus, a zo entan eut sujet a joa ac a gontantamant, abalamour m'en rontont muyoc'h hanvall oud Jésus-Christ a man int eut marq certen deus a sibidiguez mad a o liffs gant so a resignation. En effet, en creis a boannio ac as afflictiono e tot o daoulagat ront ar Groas, ac a lasa dezan e unan; nan allan quet an em glori, Doue an deus soufret ar maro erdon me, a ma na elli soufr netra evit e garantez? Man, diriga bedet ma Salver ahanon d'er sicour da douguen e Groas da Gened-Calvar; hebaz henout, bebaz consolation, pebez hrac! Eb bien, hirie a ra din al mamed henout, beden ra hanon da douguen eun tam deud e Groas, oud an em souffr gant patiantet ar blenjet, ar boan a digas d'in. A bossibl a vez deomp-ni en refuz; nan, nan, laren dezo gant ar Prophet: Paratum cor meum Deus, Paratum est meum. Ma halon a so disposet da ober ar bez a houlensit diguenen: Domine, quid me vis facere? Ma Doue, petra e houlennit da diguenen d'in? Si quis vult venire post me, tollat crucem suam. An hini an deveus hoant d'am heuil en lerc'h Jésus-Christ, a d'e douguen e Groas: car en an deveus soufret quement evit antren en e c'hloar, ac an den a rence ite souffr evellan, mas fell dezan bezan salvet.

Français

Les peines et les persécutions, loin de rendre l’homme juste malheureux, sont au contraire sujet de joie et de contentement, parce qu’elles le rendent plus semblable à Jésus-Christ et qu'elles sont pour eux une marque certaine de la bonté de Dieu s’ils les portent avec résignation. En effet, au milieu des peines et des afflictions, ils tournent leurs regards vers la Croix, et se disent à eux-mêmes : je ne peux pas me glorifier, Dieu a souffert la mort pour moi, et moi je ne pourrais rien souffrir pour son amour ? Mon Sauveur m'a invité à l'aider à porter sa Croix jusqu’au Calvaire ; quelle union, quelle consolation, quelle grâce ! Eh bien, aujourd'hui il me fait le même honneur, il m'invite à porter un peu de sa Croix, en endurant avec patience les peines qu’il m'envoie. Est-il possible que nous refusions ; non, non, disons-lui avec le Prophète : Paratum cor meum Deus, Paratum est meum. Mon cœur est disposé à faire ce que vous demandez de moi : Domine, quid me vis facere? Mon Dieu, que demandez-vous de moi ? Si quis vult venire post me, tollat crucem suam. Celui qui a le désir de suivre Jésus-Christ doit porter sa Croix : car lui a tant souffert pour entrer dans sa gloire, et l'homme doit aussi souffrir comme lui, s'il veut être sauvé.

VII

Breton

Nan em dromplomp quet Christ, as ro a red ebed er blijadurezo, a na eprouvont nac affliction na clenver er bed a soufro er bed; an den na vezo bet purget hoas an Douar gant an adfertie a vezo punisset er bed all gant tan an eternite. Abalamour da ze querd servicherien Doue bell dous bezan en beuc'h en amzer ar prosperite, a glasc ar souffranço ac ar c'hroajo evel moyenno d'an em sauvatei. Bemdeiz a hadressant da Doue ar beden-man, gant Saint Augustin hic ure, hic seca, modo in aeternum parcas; Digassit d'in afflictiono a boannio mas asperget ahanon en ternite. Prast int da souffr tout, evit gounit an eternite eürus-ze. A ma-Christ, nin bere so test deus o hrac'h, hant a be goude a referomp c'hoas da labourat out an End: re on deut graet evit an douar; ah na galedomp hon c'halono: chelaoump ar Sant a laret deomp deud an Eut: o bequen lurus oc'h rous an douar da allant gounit er bed amzer ar bonheur a behini a jouissomp i d'en hon herent, hon amiet na baouront ho rapete deomp deud a greit an affein: o pequen eurust oc'h da allant gounit an Eut pehini on de sut collet: o mon dirige an amzer a so accordet dac'h: ha o bede a nomp, n'en collet quet, profitet anezon queit ma elet en ober, berat furoch evit on-ni. Collet on-ni, a collet evit eur jamas.

Français

Ne nous trompons pas chrétiens, ceux qui vivent dans les plaisirs, et qui n'éprouvent ni affliction ni maladie dans le monde souffriront dans l’autre ; l’homme qui n'aura pas été purgé ici sur Terre par l'adversité sera puni dans l’autre monde par le feu de l’éternité. C’est pour cela que les serviteurs de Dieu, loin d'être en paix au temps de la prospérité, cherchent les souffrances et les croix comme des moyens de se sauver. Chaque jour ils adressent à Dieu cette prière, avec Saint Augustin : hic ure, hic seca, modo in aeternum parcas ; envoyez-moi des afflictions et des peines ici mais épargnez-moi dans l’éternité. Ils sont prêts à tout souffrir, pour gagner cette éternité heureuse. Et nous chrétiens, nous qui sommes témoins de sa grâce, combien de temps allons-nous encore différer de travailler pour la Fin : nous avons trop fait pour la terre ; ah n’endurcissons pas nos cœurs : écoutons le Saint nous dire du haut du Seigneur : oh combien vous êtes heureux sur la terre de pouvoir gagner dans le temps le bonheur dont jouissent ici nos parents, nos amis qui ne cessent de nous le répéter du fond de l'abîme : oh combien vous êtes heureux de pouvoir gagner le Seigneur que nous avons nous-mêmes perdu : oh utilisez bien le temps qui vous est accordé : et ô vous qui m’entendez, ne le perdez pas, profitez-en tant que vous pouvez le faire, soyez plus sages que nous. Nous sommes perdus, et perdus pour toujours.

VIII

Breton

Eurusted an den just a gresc mui ouz mui ha voel tostnet an hent d'eur d'eternite goület a ra gant joa arriel ar momet deut e varo! Ar sonj d'emaut ar vertuyo bera an de out pratiquet epad e vuez, a ra oll gontantamant. Quittaet a ra gant joa an treo pera a all da veran possedet er bed; nan deus quan esperanç nemed re eurvro mad: Pequen biaut eo dirac e daoulagat an afflictiono, ar blenarjo, ad c'hollo bera an deus soufret gant patiantet a evit Doue; ar pinigenou, ar yuniou, ar mortificationo bera an deus pratiquet. Naure a anav mui ouz mui ar briz deut ar baourantez, deut an humiliationo, ar briz da vezan assistet en offarn ac en oll officiou, non pas evel an darn vyea dre gustum a dre amourd rafre, mas gant eur spered a fe ac a religion. Pec'herien, c'hui bere a zo hirie quen arrayon c'hui bere en em vrasant en templ santel-man, gant un pehini a seblant a tout nampas evit adore Doue, mad evit bezan goelet, evit bezan henoret; c'hui bere a zo lun a spered ac a ministrut Jésus-Christ a cerit ar ialigion, en em lequet quenen va var loent da vervel, a goulenit digant o conscianc a chui a eprouve ar c'honsolationo-ze a ma compran fac'h bequen Doue, bequen agreabl eo eur maro santel: Placuit in conspectu etc.

Français

Le bonheur de l’homme juste croît de plus en plus en voyant approcher le moment de l’éternité, il attend avec une joie réelle le moment de sa mort ! Le souvenir des vertus qu’il a pratiquées pendant sa vie fait tout son contentement. Il quitte avec joie les choses qu’il a pu posséder dans le monde ; il n’a d’autre espérance que celle d'une meilleure patrie : Combien sont belles devant ses yeux les afflictions, les peines, les pertes qu’il a souffertes avec patience pour Dieu ; les pénitences, les jeûnes, les mortifications qu’il a pratiqués. Maintenant il connaît de plus en plus le prix de la pauvreté, des humiliations, le prix d’avoir assisté à la messe et à tous les offices, non pas comme la plupart par coutume et par amour-propre, mais avec un esprit de foi et de religion. Pécheurs, vous qui êtes aujourd'hui si arrogants, vous qui vous prévalez dans ce saint temple, avec une attitude qui semble être là non pour adorer Dieu, mais pour être vus, pour être honorés ; vous qui êtes pleins d’esprit et qui méprisez Jésus-Christ et quittez la religion, mettez-vous donc sur votre lit de mort, et demandez à votre conscience si vous éprouvez ces consolations et si vous comprenez combien Dieu est bon, combien est agréable une sainte mort : Placuit in conspectu etc.

IX

Breton

hor pequen terribl eo eur maro fall, mors peccatorum pessima. Pequement a soign na quemer yac'h da veva santelamant, gant pequement a ampressamant na gajac'h quet d'un e vuz-ant preparation d'ar maro, evel an abostol Saint Paul; igont pequement a joa na larfac'h quet ite gantan en eur ad maro: Quis me liberabit de corpore mortis hujus? Ragoul, o ma Doue, an delivret deus ar horf mortal-man: Piou a roo d'in desequel evit sevel tuar ma Salver: Quis dabit mihi pennas sicut columbae et volabo et requiescam. Enfin arruet a ra ar momet eurus-se pehini a desire aboeit pel amzer; mervel a ra an den just ace taro a so receuic dirac Doue. P'ine a so douguet en triomp gantz al d'an Eut dar plas le a delyou, deut a behini Saint Paul a lar deomp: Panos lagat an den n'an deus jamas goelet, plununon vidit nec a scouarn clevet nun uris audivit, na calon an den nan deus jamas tantaet un bonheur quen bras ac an hini a bripar Doue dar re en gar, nec in cor hominis ascendit quae praeparavit Deus iis qui diligunt illum. Marvel a ra an den-ze pehini na veute quetan Doued da bosed. Pelloc'h a amzer. Vorsou an Eut, an em digoret evit an recev.

Français

Mais oh combien est terrible une mauvaise mort, mors peccatorum pessima. Combien de soin ne faut-il pas prendre pour vivre saintement, avec quel empressement ne faut-il pas s’occuper de sa vie en préparation à la mort, comme l’apôtre Saint Paul ; avec quelle joie ne diriez-vous pas aussi avec lui au moment de mourir : Quis me liberabit de corpore mortis hujus? Oh mon Dieu, délivrez-moi de ce corps mortel : Qui me donnera des ailes pour m'envoler vers mon Sauveur : Quis dabit mihi pennas sicut columbae et volabo et requiescam. Enfin arrive ce moment heureux qu’il désirait depuis longtemps ; l’homme juste meurt et son âme est reçue devant Dieu. Elle est portée en triomphe par les anges au Seigneur à la place qui lui est due, de laquelle Saint Paul nous dit : L'œil de l'homme n'a jamais vu, non vidit, ni l'oreille entendu, nec auris audivit, ni le cœur de l'homme n'a jamais goûté un bonheur aussi grand que celui que Dieu prépare à ceux qui l'aiment, nec in cor hominis ascendit quae praeparavit Deus iis qui diligunt illum. Cet homme meurt, lui qui n’avait rien d'autre que Dieu à posséder. Pour lui, le temps n'est plus. Les portes du Seigneur s’ouvrent pour le recevoir.

X

Breton

ha c'hui tud fidel, rentat dezan an datorio exig d'iguenach ar religion; ma dige roet dac'h da anavour ar stio Doue a ine, pequen bras na vij quet o ampressamant da bedi evitan a da brocuri dezan aut protactour dirac Doue. Ministret santel deut ite da unissan o moeyo da ganan ales a den chorei bete dor an eternite: Piou guinder na antiquet bonheur an den just. Gwelomp breman malheur ar bec'her epad e vuz a goude e varo. Jésus-Christ point.

Français

Et vous fidèles, rendez-lui les devoirs qu'exige de vous la religion ; si Dieu vous donnait de connaître l'état de cette âme, combien ne serait pas grand votre empressement à prier pour elle et à lui procurer un protecteur devant Dieu. Ministres saints venez aussi unir vos moyens pour chanter les louanges de cet homme jusqu'aux portes de l'éternité : Qui peut donc raconter le bonheur de l'homme juste. Voyons maintenant le malheur du pécheur pendant sa vie et après sa mort. Jésus-Christ n'est pas avec lui.

XI

Breton

An den just a ra e eurusted eous an donas ar er bed all dra an ouero mad ac an oll vertuo da bera an em livr epad e vuz; mas pequen desferant eo an den impi, an den ef religion, an den impudig nontu impu, non pui, e veza a so un chaden yontinuel a exemple fall ac a bep sort bechejo bera agommance e salhoud hont ar bed-man evit en consommin en eternite. Ar pec'het a ra Doue un in-just quan brat na nallet thom ar punition. On tad quenta Adam goude a bechat a oue bun deud ar privilejo precius deu abera oa bet favoret: ar malheurio, ar souffranço, ar maro chetu eno offejo deplorabl ar pec'het-ze. Doue oa leun a garantez evit a celetr, d'ont a ront da bec'hi, ac e buit punisset voas ar momet: Deus angelis peccantibus non pepercit. An dud a dau d'an em livra d'an impurete Doue a digass an delug evit purgeo an douar deus ar vie horrible. Un tan a soufr a goë voas beded quer infam evit ar mamed bec'het. Pequen bras na voez quet punition ar roue Saüll ac ar roue Antiochus, a cals a reo all pere so chantet er scritur sacr. O Doue pequemet hommed o deus evit ar bec'het pa bourreidet anezan gant quemet a rignand; Great d'am auditoret compren pequen terribl a vezo jugeamant ar bec'her! horrendum est incidere in manus etc.

Français

L’homme juste fait son bonheur de l’espérance de l’autre monde par les bonnes œuvres et toutes les vertus auxquelles il se livre pendant sa vie ; mais combien est différent l’homme impie, l’homme sans religion, l’homme impudique, sa vie est une chaîne continuelle de mauvais exemples et de toutes sortes de péchés qui commencent à se manifester dans ce monde-ci pour se consommer dans l’éternité. Le péché est pour Dieu une injustice si grande qu’il ne peut pas en omettre la punition. Notre premier père Adam après avoir péché fut puni et déchu des privilèges précieux dont il avait été favorisé : les malheurs, les souffrances, la mort, voilà les effets déplorables de ce péché-là. Dieu était plein d’amour pour ses anges, ils vinrent à pécher, et ils furent punis sur le moment : Deus angelis peccantibus non pepercit. Les hommes étant venus à se livrer à l'impureté, Dieu envoya le déluge pour purger la terre de cette vie horrible. Un feu de soufre et de goudron fut envoyé pour brûler des cités infâmes pour le même péché. Combien grande ne fut pas la punition du roi Saül et du roi Antiochus, et de tant d’autres qui sont cités dans l'Écriture sainte. Ô Dieu, combien d'hommes ont pour le péché un tel mépris ; Faites comprendre à mon auditoire combien sera terrible le jugement du pécheur ! horrendum est incidere in manus Dei viventis.

XII

Breton

Afflictionou ar pec'her, eme ar scritur sacr a so innombrabl mas on deus da soufr malheurio, brasallis, clanvejo, mad due a yoayo an Eut darem sarre a da refus deomp an amzer favorable da beou attribué quemet-se nemed d'an impudicites dar blasphemopen deus ar religion dar sacrilajo, dar mad vention p'era a regn en mesq ar guistanian. Mas nobsservet quet ma lezen, a lavas Doue d'ar bobl, me s ranto vaout a malheurus. Mutabo vos velociter in egestate. An Eut a refus o arglao ac an douar o nourriture. Dabo vobis caelum desuper sicut ferrum et terram eandem. O Teguan horrible eo menaco Doue enep dar bec'her, en ite so caus dar malheurio ar bed, reflachcomp un en tant voas ar verionez-se, en em gonvertissomp, a bezomp truez out on ine. Miserere anima tuae.

Français

Les afflictions du pécheur, dit l’Écriture sainte, sont innombrables mais nous avons à souffrir malheurs, misères, maladies, car les joies du Seigneur nous sont fermées et il nous refuse le temps favorable : à quoi attribuer tout cela sinon aux impudicités, aux blasphèmes contre la religion, aux sacrilèges, à la mauvaise conduite qui règne parmi les chrétiens. Mais vous n'observez pas ma loi, a dit Dieu à son peuple, je vous rendrai pauvres et malheureux. Mutabo vos velociter in egestate. Le Seigneur refuse sa pluie et la terre sa nourriture. Dabo vobis caelum desuper sicut ferrum et terram eandem. Oh combien sont terribles les menaces de Dieu contre le pécheur, lui qui est la cause des malheurs du monde, réfléchissons un instant sur cette vérité, convertissons-nous, et ayons pitié de notre âme. Miserere anima tuae.

XIII

Breton

N'on Deus quet avoalich dar bec'her caout da reproch dezan da vezan caus d'ar chalamiteo daut a berr. Doue on afflig es discontinuin, a man hoas en brezel gant Doue a gantan e unan. Quen ingrat eo, quena den bemdeiz da nezeact souffranço un Doue pehini an deus deuffret da garantiz ar maro evitan, ac en retorn a quement-ze na rant dezan nemet mesprit: bemdeiz a brafer dezan un blyadureiter aud vangeanç, aud bassion brutal. Mas bera an de out graet Jésus-Christ dac'h out en tretan e dousic-se! Dquant ar dud bete soufr ar maro evit rein dac'h ar vuez. Dilezit me ek bindidit semetistum bro me de lemet an deut achanoc'h Deus a dindan buissanc an drouc spered, rentat an deus achanoc'h heritourien deus ar rouantelez an Eut, heredes regni, bugale da Doue, templo d'ar spered santel templa Spiritus sancti. O Croas Santel, nac a brieszo a scuillet a voar nom-oll; a bomebll a vez dac'h caout hoas ennemist voas an douar? Ia, Christ, en lavaret a ran gant glachar, bezan so choas ennemiet d'ar Groas; iugent Dico inimicos crucis a conscianc nac a quum nac a dristidiguez na las quet ar gondeze en on halon; tud avancet en oad en goud a ret voelloch ordon. Tremenet am beus, a lara, en heud a varo ministrud bric Puissant, tremenet am beus cals a amzer en servich ar roue deus an douar, a hirie na nall netra erdon, na n'ai quet an a bonar berraet ma buez deud and vinuten, ha, ma rijen bet quen fidel da Doue; mas allas na vann guenen nemet ar c'heu ac ar glachar da nompas bezan bean servet da servich an oll deio dud ma buez. Profitomp demaus ar quartel-ze quent a mon deud an amzer, rentomp da Doue carantez evit carantez; roomp dezan o c'halon; en goulen a ra diguenomp, Praebe fili mi, cor tuum mihi; sellomp ar Groas, consideromp on Salver, e gosta digor evit on recev; In e unan a zell achanomp gant eur lagat a gompassion, ac a laras deomp, ma mab, evidout e souffran ar maro, Jamas na voe boan quen bras ac an hini a souffran evidout; attende et vide si est dolor sicut dolor meus. Mat ma brattan tourmant eo ur bec'het, ma brattan boan eo soufr ar maro evit un ingrat; merval en doch bec'herien bera a fell dac'h an em goll. Ah Christ, anas comp on fail, cessomp dober ar bresel da Doue, leromp dezan a greit on halon: Statui custodire legem tuam; ia, ma Doue, quemer a ran ar resolution d'u observi o lezen; pardonit d'in ma sanspressiono tremenet, souffret e c'heu ar maro evit ma frena, redimisti crucem passus, graet din profitan deus o souffranço lartus labor non sit cassus.

Français

Il ne suffit pas au pécheur d'avoir à se reprocher d'être la cause des calamités présentes. Dieu nous afflige sans discontinuer, et il est encore en guerre avec Dieu et avec lui-même. Il est si ingrat qu'il méconnaît chaque jour les souffrances d'un Dieu qui a souffert pour son amour la mort pour lui, et en retour de tout cela il ne lui rend que mépris : chaque jour il lui préfère un plaisir, une vengeance, une passion brutale. Mais qu’est-ce que Jésus-Christ vous a fait pour le traiter ainsi ! Lui qui a souffert la mort pour vous rendre la vie. Il vous a délivrés de l'esclavage du démon, il vous a rendus héritiers du royaume du Seigneur, heredes regni, enfants de Dieu, temples du Saint Esprit templa Spiritus sancti. Ô Croix Sainte, que de grâces ont été répandues sur nous tous ; est-il possible que vous ayez encore des ennemis sur la terre ? Oui, chrétiens, je le dis avec douleur, il y a encore des ennemis de la Croix ; j’en pleure Dico inimicos crucis et la conscience n'a ni calme ni tristesse et ne laisse pas de remords dans notre cœur ; gens avancés en âge, vous le savez mieux que nous. J'ai passé, disent-ils, au lit de mort d'un ministre du Dieu Puissant, j'ai passé beaucoup de temps au service du roi de la terre, et aujourd'hui il ne peut rien pour moi, ni ne me donne un bonheur de quelques minutes, ah, si j’avais été aussi fidèle à Dieu ; mais hélas il ne me reste que le regret et la douleur de ne pas avoir été au service de Dieu tous les jours de ma vie. Profitons de cet exemple avant que ne vienne le temps, rendons à Dieu amour pour amour ; donnons-lui notre cœur ; il nous le demande, Praebe fili mi, cor tuum mihi ; regardons la Croix, considérons notre Sauveur, son côté ouvert pour nous recevoir ; Lui-même nous regarde avec un œil de compassion, et nous dit : mon fils, pour toi je souffre la mort, Jamais il n’y eut de douleur aussi grande que celle que je souffre pour toi ; attende et vide si est dolor sicut dolor meus. Or mon plus grand tourment est ton péché, ma plus grande peine est de souffrir la mort pour un ingrat ; mourir en l’état de pécheur, voilà ce qui vous fait vous perdre. Ah chrétiens, reconnaissons nos fautes, cessons de faire la guerre à Dieu, disons-lui du fond du cœur : Statui custodire legem tuam ; oui, mon Dieu, je prends la résolution d'observer votre loi ; pardonnez-moi mes transgressions passées, vous qui avez souffert la mort pour me racheter, redimisti crucem passus, faites-moi profiter de vos souffrances sacrées tantus labor non sit cassus.

XIV

Breton

N'on Deus quet avoalich d'ar bec'her ober ar bresel da Doue ober a ra ite de an e unan; e gonsianc a reproch d'an momet a d'eur rou; mas digast deztont dezan d'un e amzer tremenet daut ar blijadurezo criminel da bera eo bet an em livret, na ra nemit ganane spered d'un dristidiguez Extrema gaudii luctus occupat; ar joussanço-ze a so tremenet en bet amzer, a na chom gant ar bec'het nemit an displijadur da vezan offancet Doue a transgresset e lezen santel. An desireo fall deut e galon, ar c'homzo Dishonest bera so sortit deut e henu, an oll actiono fall bera an deus graet, e dusuou, e injustiço an em bresant bep momet d'e spered, ac a so guenlies a ennemi pere na baouezont out en tourmanti. Iniquitates meae sunt onus grave gravatae sunt super me.

Français

Il ne suffit pas au pécheur de faire la guerre à Dieu, il la fait aussi à lui-même ; sa conscience lui reproche chaque moment et chaque heure ; mais elle lui rappelle aussi son temps passé dans les plaisirs criminels auxquels il s'est livré, ce qui ne lui laisse dans l'esprit qu'une tristesse Extrema gaudii luctus occupat ; ces jouissances sont passées en peu de temps, et il ne reste au pécheur que le déplaisir d'avoir offensé Dieu et transgressé sa loi sainte. Les désirs mauvais de son cœur, les paroles déshonnêtes qui sont sorties de sa bouche, toutes les mauvaises actions qu'il a faites, ses mensonges, ses injustices se présentent à chaque instant à son esprit, et sont autant d'ennemis qui ne cessent de le tourmenter. Iniquitates meae sunt onus grave gravatae sunt super me.

XV

Breton

Doue evit, non pas evit salvi bauc'h, a ra dezan sonjal an e neglijanc d'a accompliss e datorio a guistan, da laret e bedenno d'eus an nos ac ar baure, en disposiouno fall gant pere eo deit de offiço, en irreveranço commitet en templ santel, en disposiouno fall gant bera eo nam bresantat d'a recev sacramant ar binigen. Nac a moyenno a t'idiguez eo bet favoret, a n'an deo neme servet Doue aniro nemit evit an em goll. Ar momet presant ac an ini da dont nan dint quet muoc'h consolant: eur gonsianc souillet gant a bec'het, eme Saint Bernard a so evit an ine eur briesn dountabl; ar pec'h pehini e tourmant a dicosi dezi bep momet e actiono merud, ac a laras dezi: Chetua a so da labour; na houlesquet o dilesel nac o effaic dre ar binigen, mas na quistaouint voar ahanout a da heuil a raint dirac Doue, evit prononc enes-det eut setanc a gandan-nation; tu nos egisti, opera tua sumus, tecum pergemus ad judicium. Mas quemet-ze na ra impression ebet yarnesan ar bec'her; itte ra mongan ar bri importune Doue e gonsianc; chasseal a ra bell ar c'hrac-ze pehini roe Doue dezan evit en forzi d'antren ennan e unan; Continui a ra da veza evel diaquent: O Doue! han a begouls a lesit ar Bec'herien da vezan quan arrogant, han a begouls a bermetet-hu de dezan lun a refrie evit o buissanc, da dont do outrayi bete an o templ santel! Usquequo peccatores, Domine, usquequo peccatores gloriabuntur. C'hui na glisquet nemet d'o t'idiguez, ac i na houllont quet o anavour: brassan ingratiri: ar loennot a anad o mestre, agnoscit bos possessorem suum, mas dens nemet d'an den na anad quet achanoc'h o ma Doue. Sellet an den voluptuoz-ze pehini a seblant mēprisa ho buissanc, clasc a ra tout nemet dac'h hozi pma Doue, epad e vuer n'an deus graet nemet lontan e bassiono.

Français

Dieu cependant, non pas pour le sauver lui seul, lui fait penser à sa négligence à accomplir ses devoirs de chrétien, à dire ses prières du soir et du matin, aux mauvaises dispositions avec lesquelles il est venu aux offices, aux irrévérences commises dans le saint temple, aux mauvaises dispositions avec lesquelles il s'est présenté pour recevoir le sacrement de pénitence. De combien de moyens et d'invites il a été favorisé, et il ne s'est servi de la bonté de Dieu que pour se perdre. Le moment présent et celui à venir ne sont pas plus consolants : une conscience souillée par le péché, dit Saint Bernard, est pour l'âme une prison indomptable ; le péché qui la tourmente lui reproche à chaque instant ses actions, et lui dit : Voici ton œuvre ; ne cherche pas à nous délaisser ni à nous effacer par la pénitence, mais nous resterons sur toi et nous te suivrons devant Dieu, pour prononcer contre toi une sentence de condamnation ; tu nos egisti, opera tua sumus, tecum pergemus ad judicium. Mais tout cela ne fait aucune impression sur le pécheur ; il essaie de faire taire le cri importun de sa conscience ; il chasse au loin cette grâce que Dieu lui donnait pour le forcer à entrer en lui-même ; il continue à vivre comme un insensé : Ô Dieu ! et jusqu'à quand laisserez-vous les pécheurs être si arrogants, et jusqu'à quand leur permettrez-vous d'être pleins de mépris pour votre puissance, au point de venir vous outrager jusque dans votre saint temple ! Usquequo peccatores, Domine, usquequo peccatores gloriabuntur. Vous ne cherchez que leur bien, et ils ne veulent pas vous reconnaître : quelle grande ingratitude : l'animal reconnaît son maître, agnoscit bos possessorem suum, mais rien n'est plus dur que l'homme qui ne vous reconnaît pas ô mon Dieu. Regardez cet homme voluptueux qui semble mépriser votre puissance, il cherche tout sauf vous mon Dieu, pendant sa vie il n'a fait que flatter ses passions.

XVI

Breton

Doue soufr o selet anezan o refus e hrac'h, a sco anezan en creis e blijadurezo. Ma olas da sonjal, Christ, petra sonjeson ar raman dre e spered er momet terribl-ze? Chetua a ra burt da vervel, an den-ze pehini an deus lart alies da Doue, non serviam juemet eo en dro dezan, quement, mado, plijadureze a seblant a laret dezan un Adieu eternel. Bec'herien daut da voilet ar spectacl deplorabl-man; yeni oh Fide, deut da voilet pequen trist bequen hoars eo mervel goude bezan dileset Doue, goude eur buez a dusuou ac a blijadureze. Scito quia malum et amarum est dereliquisse te Dominum Deum tuum! Ya biou an daut hirie recours ar malheurus man? Ar mado, ar blijadurezo so tremenet a na servichonnt nemet evit en condanni; he guarant e rignent na vont nemet cresqui e chachas, ep gallout en sicour; O situation deplorabl! Piou a invoqueo eta d'en dunt? ar voel Doue ar Groas a so evitun eun tol clef; et ten buian e bet euni pessivet e balder, mas n'an deus anquet chamanet: Ma d'el larsan er-eut, en gael evit evitan: Conscience a chlenvet agueze, a liseach a ro dezi de fignent e daoulagat a fi moe armant. Joan am ber orapport dac'h or gomzet mervel a ra, merval ep conversion, mervel bar ar pec'het! mervel ennemie da Doue; mervel un reprovat o Christ, brattan malheur!

Français

Dieu souffre de le voir refuser sa grâce, et il le frappe au milieu de ses plaisirs. Quel malheur de penser, chrétiens, à ce que cet homme pense dans son esprit en ce moment terrible ! Le voilà sur le point de mourir, cet homme qui a souvent dit à Dieu, non serviam ; tout autour de lui, richesses, plaisirs semblent lui dire un adieu éternel. Pécheurs venez voir ce spectacle déplorable ; vous gens de Foi, venez voir combien il est triste et amer de mourir après avoir délaissé Dieu, après une vie de mensonges et de plaisirs. Scito quia malum et amarum est dereliquisse te Dominum Deum tuum! Vers qui donc ce malheureux aura-t-il recours aujourd'hui ? Les biens, les plaisirs sont passés et ne servent qu'à le condamner ; ses parents et amis ne font que croître ses chagrins, sans pouvoir le secourir ; Ô situation déplorable ! Qui invoquera-t-il donc pour son aide ? S'il regarde Dieu, la Croix est pour lui un coup de clef ; s'il veut prier, il ne l'a jamais appris : on pourrait dire de lui : Conscience blessée, et dont les yeux se ferment à la lumière. Je ne peux vous rapporter ses paroles : il meurt, il meurt sans conversion, il meurt dans le péché ! il meurt ennemi de Dieu ; il meurt un réprouvé, ô chrétiens, le plus grand des malheurs !

XVII

Breton

Ine pehini na vavo budiquent, a pehini a vezo eternellamant eurus pe malheurus a sorti deus a gorv an den voluptuoz-ze. Belach monet, belach an em goach? Allas, renquet a ra en em bresanti dirac tribunal Doue: ar jugemant a gommance, ac ar bechejo coachet a so desoloet. Petra respontait quent d'a gomz dishonest, evit quen lies a in-ust graet da Doue a de vrinz evit quen lies a action fellen bet accomplis fall. Ine santel, na bedet-ilsoc'h evitan, condannet eo gant ar justis redoutabl deut a Doue; na quemeret quet o mamancho a ranto evit goelan a varo, mas quemeret o mamancho a joa. Delivret oc'h deut e-ennemist; Bla daus belloc'h da faffan o teber na el ostantel dre o irreveranço, na d'euz pelloc'h d'e templ adorabl evit laurel ar ridieul voar an instructiono a roe dezan e bastor: crial a ra dous agrais ar flammie; crucior in hac flamma.

Français

L'âme qui ne mourra jamais, et qui sera éternellement heureuse ou malheureuse, sort du corps de cet homme voluptueux. Où va-t-elle, où se cache-t-elle ? Hélas, elle doit se présenter devant le tribunal de Dieu : le jugement commence, et les péchés cachés sont dévoilés. Que répondrez-vous à cette parole déshonnête, à tant d'injustices faites à Dieu et à vos frères, à tant d'actions qui devaient être accomplies et qui ont été négligées. Âmes saintes, ne priez plus pour lui, il est condamné par la justice redoutable de Dieu ; ne prenez pas d'habits de deuil pour pleurer sa mort, mais prenez des habits de joie. Vous êtes délivrées de votre ennemi ; il ne viendra plus manger à votre table ni vous insulter par son irrévérence, il n'ira plus dans le temple adorable pour jeter le ridicule sur les instructions que lui donnait son pasteur : il crie au milieu des flammes ; crucior in hac flamma.

XVIII

Breton

Goelet o heus, Guir-Spered, bequen Doue, pequen agreabl eo dirac Doue buez a maro an den just Pretiosa est etc. Discouret am beus ite dac'h, bequen terribl, bequen euzud eo dirazan buez a maro ar bec'her mors peccatorum pessima. A hoant o heut da danto epad o puez bonheur an den just, da gater an heud ar maro an esperanç ac ar consolation da leul o mervel un benediction voar ho darias? Da voat e viquerri dirac hoc'h eun eurusted ep fin deus a pehini a jouissel gant Doue ac e sent ne a analis? beset eveltan lequet o oll joa o accompliss ar lezen Doue, pell dous crestin o calon d'ar grondurien roet anezan da Doue, pehini e unan so capabl d'en hontanti, a lavaret de zan, dezo te amade. Desant am beus o caret, o ma Doue, mad na differin belloc'h, hirie a nam roan dac'h as voerd.

Français

Vous avez vu, chrétiens, combien Dieu est bon, combien est agréable devant Dieu la vie et la mort de l'homme juste Pretiosa est etc. Je vous ai montré aussi combien est terrible, combien est hideuse devant lui la vie et la mort du pécheur mors peccatorum pessima. Avez-vous le désir de goûter pendant votre vie le bonheur de l'homme juste, de trouver au moment de la mort l'espérance et la consolation de laisser votre mort comme une bénédiction sur votre demeure ? Pour vous diriger vers un bonheur sans fin dont on jouit avec Dieu et ses saints, faites comme lui, mettez toute votre joie à accomplir la loi de Dieu, loin d'endurcir votre cœur aux créatures donnez-le à Dieu, qui lui seul est capable de le contenter, et dites-lui : Seigneur, je t'aime. J'ai le désir de vous aimer, ô mon Dieu, et je ne différerai pas plus longtemps, aujourd'hui je me donne à vous.

XIX

Breton

Ar Christ an douar ar vimanant, quemet tra a zo en dro deomp a lara deomp dre o langaz, lenos on halon a so da Doue, a berras nan domp creet nemiter tan servich. A mar non beza quet brometit en caret, a renonç dar bed, nin n'an quet hirie ar bonheur da vezan Christianien. O Pastor bera ar so carquet deus o ine, na baouesont o tigan da song dac'h Doue as bromessao caer eaus o padéiant. Quemet a ra cult a boan ne a chagrin et d'ohit, douguen a ra bebini achanomp en e galon, ac en recompanc a quement a fatig a quemer nos deiz evit on distrei ous Doue, na houlon nemet da nem suatni a sauveiaet pebini achanomp. Bauvelait an den, Deja cabo achanomp; condunt an deus enorre belee dor an eternite jemeine breman o paisse d'un eurusted o deus meritit evit bezan heuillet ar vijo mad. Heuillomp er-ve. Christ, disminuomp ar bec'h ponner pehini a béez yarneson, car, gallit a ran o laret, na santje quet e boan ma vacy pebini achanomp ite en beuc'h ac en carantez Doue; ma vity achanomp a chelaou comzo Doue pehini agomz ouzomp dre o heno. A o supplian a ran hirie gantan, na deut quet de gat de pelloc'h o calono, Nolite obdurare corda vestra, chelaoump on pastor evel ministe Jésus-Christ sentomp outan, quomp on silvediguez o chaoul eavye-mad, procuromp dezan ar gonsolation da allant laret gant Saint Paul an heud deud e varo: Bonum certamen certavi.

Français

Chrétiens sur cette terre ici-bas, tout ce qui est autour de nous nous dit par son langage que notre cœur est à Dieu, et que nous n'avons été créés que pour son service. Et si nous n'avions pas promis de l'aimer, et de renoncer au monde, nous n'aurions pas aujourd'hui le bonheur d'être chrétiens. Ô pasteurs qui sont chargés de vos âmes, ils ne cessent de vous rappeler Dieu et vos promesses de baptême. Tout ce qu'ils font avec peine et chagrin pour vous, chacun d'entre nous le porte dans son cœur, et en récompense de tant de fatigue qu'ils prennent nuit et jour pour vous détourner de Dieu, ils ne cherchent qu'à vous soigner et à sauver chacun de vous. Bienheureux l'homme, déjà le ciel nous attend ; ils nous conduisent avec honneur jusqu'aux portes de l'éternité là où ils vont jouir d'un bonheur qu'ils ont mérité pour avoir suivi les chemins du bien. Suivons-les. Chrétiens, diminuons le poids pesant qui pèse sur nous, car je peux vous le dire, ils ne sentiraient plus leur peine s'ils voyaient chacun de nous ici dans la paix et l'amour de Dieu ; s'ils nous voyaient écouter les paroles de Dieu qui nous parle par leur bouche. Et je vous supplie aujourd'hui avec lui, ne venez pas endurcir plus longtemps vos cœurs, Nolite obdurare corda vestra, écoutons notre pasteur comme un ministre de Jésus-Christ, obéissons-lui, cherchons notre salut sur le chemin du bien, procurons-lui la consolation de pouvoir dire avec Saint Paul au moment de sa mort : Bonum certamen certavi.

XX

Breton

Combatet am beus autrusamant; trae'het am beut ac chic ac an drouc-sperat; consacret am beus ma buez o ober silvidiguez an ine-o poa confiat d'in. Carat am boa ous ens arrit en o misg un dancat benac pehini a voe caret, mat gantz ar drouv deud o bras o ma Doue, int antraet en ent mad; na gleter quan comz an o misg na deus a vangeanç, na deus a gassoni; na deud a distentio, na deus a viditanço; bera raont evit meritout da huffla an Ino a Sant, graet o deut ma joa a ma honsolation epad ma buez, vigorret dezo Doue an Ino; galvet anezon da bartagi ma eurusted, na lesit e quit pelloc'h voar ar bed corrompet, galvet anez-i da bartagi o cloar goude m'o deud bartaget o souffranço voar an Douar.

Français

J'ai combattu loyalement ; j'ai triomphé ici-bas du démon ; j'ai consacré ma vie à faire le salut des âmes qui m'étaient confiées. J'avais le désir de voir s'élever en votre milieu quelqu'un qui soit aimé, mais avec la grâce du Dieu Puissant, ils sont entrés dans le bon chemin ; on n'entend plus parler parmi eux de vengeance, ni de haine, ni de dissensions, ni de médisances ; ce qu'ils font pour mériter le nom de Saints a fait ma joie et ma consolation pendant ma vie, redonnez-leur Seigneur le Ciel ; appelez-les à partager mon bonheur, ne les laissez plus longtemps sur le monde corrompu, appelez-les à partager votre gloire après qu'ils ont partagé vos souffrances sur la Terre.

XXI

Breton

Ac en d'ez deus ar juyamant en pehini an abestol ac an oll Pastoret a bresanto da Douan inio o de vezo tautet ite peber glachar evit cals pere no devezo netra da bresanti nonobstant d'ar boan o devezo quemeret evit tud bera a felle dezo an em goll, mat i- pequen consolant evit on-ni caout da bresanti de Varn un nombeud en inio, mat e barous en antier, out en em laret Christ quem consummari qua s9 ? the mihi et faciam! guem deiti. Chetua a maar d'affrente deud ar bobl pen-deu quemetet voar an douar; chetua ar Christ evit pec'h am beus taret teuer ar lan eit liana dezon a gourisou ac a silvidiguez; chetu am am ar evit pere am beus pedet quen alies dirac o tabernacle santel; chetu ar briz deut ma poannio, afflictiono, o fassion, o maro, o caud precius.

Français

Et au jour du jugement dans lequel l'apôtre et tous les pasteurs présenteront à Dieu les âmes qui leur auront été confiées, quelle douleur pour beaucoup qui n'auront rien à présenter nonobstant la peine qu'ils auront prise pour des gens qui voulaient se perdre, mais combien n'est-ce pas consolant pour nous d'avoir à présenter au Juge un grand nombre d'âmes, et tout le troupeau en entier, en lui disant : Christ quem consummari qua s9 ? the mihi et faciam! amenez-les. Voilà le fruit des labeurs de votre peuple sur la terre ; voici chrétiens, pour les péchés desquels j'ai versé des larmes pour les amener à la paix et au salut ; voici ceux pour lesquels j'ai prié si souvent devant votre tabernacle saint ; voici le prix de mes peines, de mes afflictions, de votre passion, de votre mort, de votre sang précieux.