Patrimoine architectural — Bretagne / Trégor

Fenestrages de l'Église de Brélévenez
La Trinité — Lannion

Photographies de février 2026
Étude établie avec l'aide d'un outil d'intelligence artificielle

§ 1Introduction générale

L'église de la Trinité de Brélévenez, perchée sur la colline du Crec'h Tanet à environ 50 mètres d'altitude au-dessus de Lannion (Côtes-d'Armor), est accessible depuis le centre-ville par un escalier de 142 marches. Édifiée à partir de la fin du XIIe siècle — probablement par une communauté monastique dont l'identité reste incertaine — elle constitue un témoin remarquable de l'architecture de transition entre l'art roman et l'art gothique, classée Monument historique. Le chœur roman en granite rose, les chapelles latérales gothiques (XIIIe–XVe siècle) et le déambulatoire forment un ensemble aux campagnes de construction bien différenciées.

Le présent relevé porte sur les fenestrages des deux murs de la nef (nord et sud), des bas-côtés et chapelles latérales, ainsi que du chœur et de son déambulatoire. Vingt et une baies conservées ou lisibles ont été analysées, auxquelles s'ajoutent plusieurs ouvertures bouchées ou disparues étudiées séparément, à partir de photographies comparées intérieures et extérieures. Chaque baie fait l'objet d'une fiche individuelle décrivant sa morphologie architecturale, son état de conservation, ses relations avec l'appareil mural environnant et la nature de son vitrage.

Une observation capitale ressort de la comparaison intérieur/extérieur : les remplages de nombreuses baies sont taillés dans la pierre et constituent des éléments médiévaux authentiques, que le contre-jour intérieur ne permet pas toujours de confirmer. Les vitraux de la nef sont des grisailles géométriques sans programme figuratif. Ceux posés au XIXe siècle en verres blancs ont été remplacés à partir de 1939 (direction des Beaux-Arts, architecte M. Prieur) par des « verres de cathédrale » colorés — tandis que la grande verrière S9 a reçu au XXe siècle un vitrail signé Hubert de Sainte-Marie, maître verrier de Quintin. Les vitraux du chœur sont également contemporains, à formes libres, mais leur auteur n'est pas identifié avec certitude. Un tableau chronologique (§ 8) et un tableau récapitulatif (§ 9) figurent les résultats. Un lexique des termes techniques figure en § 6.

Un premier hors-série traitera des ouvertures bouchées dont il reste des traces visibles sur l'édifice d'aujourd'hui. Un dernier hors-série traitera des ouvertures dont il ne reste aucune trace.

§ 2Analyses individuelles

Baie1

Oculus elliptique

Oculus rapporté, probablement au XIXe siècle — trace d'une ouverture antérieure visible dans la maçonnerie
XIXe s.
Vue extérieure Baie 1, vue extérieure — oculus elliptique monolithe en granite rose
Depuis le cimetière — le monolithe elliptique en granite rose est parfaitement lisible : arête chanfreinée, encadrement continu en bloc unique, vitrail en octogones. L'hétérogénéité du mur environnant (granite + dalles de schiste plates à droite) est nettement visible.
Détail intérieur — ébrasement conique Baie 1, ébrasement conique intérieur en contre-plongée
Vue en contre-plongée dans l'ébrasement : la profondeur du cône, l'arête chanfreinée et le vitrage géométrique (octogones et carrés bleu pâle, jaune-vert, blanc) sont ici parfaitement lisibles. On note la barlotière horizontale coupant le disque en deux registres.

L'oculus et son ébrasement

La baie apparaît depuis l'intérieur comme un oculus circulaire, mais la vue extérieure révèle sa forme réellement elliptique (légèrement plus haute que large), taillée dans un unique bloc monolithe de granite rose à grain fin — vraisemblablement du granite de Ploumanac'h. Cet ébrasement est clairement rapporté dans le mur : les joints qui l'entourent et la discontinuité de l'appareil environnant en témoignent sans ambiguïté. Le vitrail intérieur (damier d'octogones et de carrés en bleu pâle, jaune-vert et blanc) est une grisaille sobre du XIXe siècle.

Trace d'une ouverture antérieure

La vue extérieure montre, au-dessus de l'oculus actuel, le négatif d'une ancienne baie murée dont l'arc est encore lisible dans l'appareillage. Cette baie antérieure, de format rectangulaire à arc en plein cintre ou légèrement brisé, pourrait correspondre — à titre d'hypothèse — à une ouverture romane ou du premier gothique du XIIe–XIIIe siècle ; rien dans le seul relevé photographique ne permet de le confirmer. Elle a été bouchée lors d'un remaniement ultérieur, et l'oculus elliptique actuel a vraisemblablement été ouvert lors de la restauration du XIXe siècle.

L'appareil mural

Le contexte mural est d'une hétérogénéité révélatrice : blocs de granite taillés de dimensions variables, dalles de schiste ardoisier en remplissage, moellons de taille irrégulière. Cet appareil mixte est typique des murs de l'édifice roman du XIIe siècle, maintes fois remaniés, et constitue le témoignage le plus visible des origines romanes de l'édifice sur ce mur nord.

Baie2

Biforium ogival à tympan nu

Gothique breton primitif — la plus ancienne baie médiévale conservée
XIIIe–XIVe s.
Vue intérieure Baie 2, vue intérieure
Depuis la nef — biforium, grisaille bleu-vert pâle, barlotières apparentes
Vue extérieure Baie 2, vue extérieure — meneau en Y, tympan nu, arc de décharge
Depuis le cimetière — le meneau en Y cylindrique, les deux lancettes en arc brisé, le tympan entièrement nu et l'arc de décharge en plein cintre sont tous parfaitement lisibles. L'érosion du granite au sommet des arcs est bien visible.

Le fenestrage médiéval

L'arc brisé est très élancé — arc en tiers-point —, une forme compatible avec une phase ancienne du gothique breton, aux XIIIe–XIVe siècles. Le tympan est entièrement nu, sans aucun remplage sculpté : c'est le trait le plus diagnostique de cette baie. Cette sobriété du remplage est cohérente avec une baie antérieure à l'adoption des remplages à lobes et soufflets du gothique rayonnant continental. Le vitrail intérieur, en damier de carrés et losanges bleu-vert très pâle sur fond blanc, est une grisaille sobre du XIXe siècle sans rapport avec l'époque de la baie.

L'arc de décharge

On distingue depuis l'extérieur un arc de décharge en plein cintre noyé dans l'épaisseur du mur, au-dessus de l'arc brisé. Cet élément constructif, destiné à reporter les charges latérales sur les pieds-droits et à protéger la baie des tassements, est taillé avec un soin comparable à celui de l'arc principal.

L'appareil et les barlotières

L'appareil extérieur est en granite taillé relativement régulier, avec des assises horizontales bien marquées. Les barlotières métalliques rouillées sont apparentes depuis l'extérieur, signe qu'elles ont été posées lors d'une restauration — les barlotières médiévales étaient encastrées dans des scellements de plomb invisibles. L'appui présente un larmier débordant pour l'évacuation des eaux de ruissellement.

Baie3

Triplet à quadrilobe — remplage rayonnant monolithique

Gothique rayonnant breton — quadrilobe médiéval authentique taillé dans la masse, à quatre grands pétales courbes
XIVe s.
Détail extérieur — quadrilobe taillé dans la masse Baie 3, vue extérieure rapprochée du quadrilobe — quatre grands pétales courbes
Vue extérieure rapprochée : la composition exacte du remplage est parfaitement lisible — quatre grands pétales courbes symétriques se rejoignant en un bouton central, formant un quadrilobe classique du gothique rayonnant. Chaque lobe présente une gorge creuse sur son arête intérieure. Le grand arc plein cintre enveloppant est visible en haut. La barlotière rouillée du XIXe siècle est visible à la base des lancettes.

Le quadrilobe médiéval — confirmation par la vue extérieure de détail

La vue extérieure rapprochée permet de lire précisément la structure du remplage : c'est un quadrilobe classique — quatre grands pétales courbes symétriques disposés en croix, se rejoignant en un bouton central mouluré, le tout inscrit dans le tympan en un seul bloc de granite. Le quadrilobe du tympan distingue cette baie des biforia à tympan nu de la baie n° 2 et des trilobes formés par les meneaux en Y des baies S1-S2. Chaque lobe présente une gorge creuse sur son arête intérieure, attestant une taille soignée malgré la dureté du granite fin. Le quadrilobe s'inscrit dans l'arc brisé de la lancette centrale du triplet, lui-même enveloppé d'un grand arc plein cintre de décharge.

Le vitrail — grisaille polychrome exceptionnellement riche

La vue intérieure révèle un vitrail nettement plus coloré que les grisailles géométriques des baies voisines : un damier serré de losanges en rouge vif, bleu cobalt, vert émeraude, kaki et turquoise sur fond blanc-clair. Cette palette à cinq couleurs est la plus riche de toutes les baies du mur nord, peut-être commandée en référence à l'importance stylistique du remplage médiéval qu'elle garnit.

L'arc extérieur en plein cintre enveloppant

Le dispositif constructif est comparable à d'autres exemples du gothique breton : un grand arc de décharge en plein cintre enveloppe l'ensemble de la baie, elle-même en arc brisé. Cette superposition d'un arc brisé intérieur sous un plein cintre extérieur est fréquente en Bretagne aux XIIIe–XIVe siècles.

Datation

XIVe siècle. Le quadrilobe taillé dans la masse est comparable aux formes du gothique rayonnant breton documentées ailleurs en Bretagne ; il précède les mouchettes et soufflets du flamboyant. Cette baie constitue la deuxième phase de gothicisation de l'édifice, postérieure à la baie n° 2.

Détail intérieur — vitrail polychrome Baie 3, détail intérieur — vitrail polychrome complet
Vue rapprochée depuis la nef : damier de losanges rouge vif, bleu cobalt, vert émeraude, kaki et turquoise — la palette la plus riche des baies du mur nord.
Baie4

Biforium à remplage flamboyant

Gothique flamboyant trégorois — mouchettes et soufflets sculptés dans le granite
XVe s.
Vue intérieure Baie 4, vue intérieure
Depuis la nef — tympan flamboyant, lancettes garnies de peltes/larmes en quinconce
Vue extérieure Baie 4, vue extérieure rapprochée — remplage flamboyant
Vue extérieure rapprochée : soufflets en ogive, mouchettes en S, trilobe central — le remplage flamboyant de N4 dans son intégralité. Les gorges creuses et arêtes vives du granite sont parfaitement lisibles. Barlotière rouillée à la base.
Détail intérieur — vitrail à peltes Baie 4, détail intérieur du vitrail à peltes polychromes
Vue rapprochée du vitrail : les peltes (formes ovales à bout arrondi) sont clairement lisibles — rouge vif, bleu cobalt, vert kaki, bleu-turquoise, vert émeraude — disposées en quinconce diagonal sur fond blanc. Au sommet, les têtes trilobées des lancettes et les formes sculp­tées du tympan flamboyant.

Le remplage flamboyant — analyse détaillée

De bas en haut : deux lancettes dont les pointes se rejoignent en un trilobe central ; au-dessus, une composition de mouchettes en S et de soufflets en ogive s'imbriquant de façon asymétrique mais équilibrée, remplissant entièrement le tympan jusqu'à l'extrados de l'arc. Cet entrelacs est comparable aux remplages du gothique flamboyant breton du XVe siècle.

Qualité d'exécution

Les arêtes sont vives malgré l'érosion superficielle, les courbes des mouchettes sont fluides, et les raccordements entre les formes sont précis. Ce remplage, taillé dans un granite fin à grain serré (vraisemblablement de Ploumanac'h), présente une taille particulièrement soignée, notamment dans les courbes des mouchettes et les raccordements des formes. La vue de détail du vitrail précise ce que la vue générale laissait deviner : les peltes sont des formes ovales à bout arrondi, colorées en rouge vif, bleu cobalt, vert kaki et bleu-turquoise, disposées en quinconce diagonal sur fond blanc. Ce module — inhabituel dans les grisailles géométriques bretonnes qui privilégient les losanges et les octogones — constitue un programme délibérément différencié, peut-être commandé pour correspondre aux proportions élancées des lancettes.

L'archivolte à deux rouleaux

L'archivolte extérieure est moulurée à deux rouleaux concentriques, caractéristique des baies flamboyantes bretonnes. Les moulures des pieds-droits sont continues avec celles de l'archivolte, sans imposte marquée — trait courant dans le gothique breton trégorois qui préfère la continuité des profils aux ruptures horizontales.

Baie5

Triplet à remplage flamboyant

Gothique flamboyant trégorois — même campagne que la baie n° 4
XVe s.
Vue contextuelle — chapelle nord Baies 4 et 5 vues depuis la chapelle nord
Vue depuis la chapelle nord : les baies 4 (gauche) et 5 (droite) s'inscrivent sous la voûte d'ogives gothique. Les nervures convergent vers les clés de voûte. Un retable est visible au premier plan. La hauteur de la voûte et la qualité de l'appareil sont compatibles avec un espace de dévotion soigneusement construit.
Vue intérieure Baie 5, vue intérieure
Depuis la nef — triplet flamboyant, damier de losanges polychrome
Vue extérieure Baie 5, vue extérieure rapprochée — remplage flamboyant érodé
Vue extérieure rapprochée : remplage flamboyant en cœurs et soufflets imbriqués, plus érodé que N4. Les soufflets présentent des mouchettes latérales et des cusps prononcés. L'érosion différentielle entre N4 et N5 est notable — ce granite est légèrement plus tendre ou plus exposé.
Détail intérieur — vitrail polychrome Baie 5, détail intérieur du vitrail polychrome
Vue rapprochée du vitrail : damier serré de losanges en rouge vif, bleu cobalt, vert émeraude et kaki sur fond blanc. La polychromie est proche de celle de la baie n° 3 mais plus soutenue en verts et en jaune-kaki. En haut, les soufflets du remplage de pierre.
Vue d'ensemble extérieure — chapelle Saint-Loup, baies N4 et N5 Baies N4 et N5 vues depuis l'extérieur, chapelle Saint-Loup
Vue depuis le cimetière : les baies N4 (gauche) et N5 (droite) dans leur contexte mural — le contrefort central de la chapelle Saint-Loup divise les deux travées. L'appareil régulier en granite gris (différent du granite rose du chœur) et le soubassement en schiste ardoisier sont compatibles avec une campagne de construction du XVe siècle distincte de l'édifice roman. On note la reprise partielle des joints en haut du contrefort, signe d'une infiltration d'eau ancienne.

Le remplage flamboyant du triplet

Le remplage est de même famille stylistique que celui de la baie n° 4, mais adapté au triplet : les trois lancettes génèrent un tympan plus large, organisé autour d'une composition de trilobes et de soufflets en couronne, flanquée de mouchettes latérales. La composition diffère de celle de la baie n° 4, bien que les deux baies présentent des caractéristiques suffisamment proches pour appartenir à une même campagne ou à des campagnes voisines.

Comparaison avec la baie n° 4

Les baies n° 4 et 5 constituent vraisemblablement la même campagne de travaux, ou deux campagnes très proches. Les archivoltes à deux rouleaux, les profils des meneaux et la qualité générale de la taille sont comparables. La différence principale est formelle : biforium (n° 4) contre triplet (n° 5). La cohérence stylistique de l'ensemble suggère un chantier financé par une confrérie ou une famille noble locale dans le contexte de prospérité du Trégor à la fin du Moyen Âge.

État de conservation

Des lichens et efflorescences importantes couvrent l'appui et le bas des pieds-droits, signe d'une humidité remontante chronique. Les barlotières rouillées sont apparentes depuis l'extérieur, témoins de la restauration du XIXe siècle.

Horssérie

Deux ouvertures bouchées — mur ouest de la chapelle baptismale nord

Baies murées en granite rose : une romane (XIIe s.) et un biforium gothique (XIIIe–XIVe s.)
Bouchées post. XIVe s.
Vue extérieure — mur ouest, chapelle baptismale nord Deux ouvertures bouchées sur le mur ouest de la chapelle baptismale nord
Mur ouest de la première chapelle nord (chapelle baptismale) : deux ouvertures distinctes bouchées sont clairement lisibles dans l'appareil hétérogène (granite + schiste). En haut à gauche : encadrement rectangulaire en granite rose à linteau droit et lunette en plein cintre — type roman du XIIe siècle. En bas à droite : meneau en Y cylindrique bifurqué avec amorces des deux arcs en tiers-point — biforium gothique du XIIIe–XIVe siècle, identique au type des baies S1–S2 du mur sud. Les deux ouvertures ont été murées en appareil mixte granite-schiste, probablement lors de la construction ou de l'agrandissement de la chapelle nord.

Description des deux ouvertures

Ouverture haute — type roman (XIIe siècle)

L'ouverture supérieure présente un encadrement rectangulaire en granite rose à grain fin, avec un linteau droit et une lunette en plein cintre dans la partie haute de l'embrasure — un dispositif compatible avec les petites baies romanes du XIIe siècle. Le remplissage est en moellons de schiste et granite liés au mortier, nettement distinct du parement environnant. Ce type de fermeture en moellons hétérogènes est typique d'un bouchage médiéval tardif ou moderne, sans souci esthétique. Le petit format de l'ouverture (environ 50 × 80 cm estimés) exclut une baie liturgique principale et suggère une fonction secondaire ; sa fonction exacte reste indéterminée.

Ouverture basse — biforium gothique (XIIIe–XIVe siècle)

L'ouverture inférieure est la plus intéressante stylistiquement : le meneau en Y cylindrique bifurqué en deux branches est parfaitement conservé malgré le bouchage. Ce meneau — identique dans sa morphologie à ceux des baies S1 et S2 du mur sud — est compatible avec une datation dans le gothique rayonnant breton, soit XIIIe–XIVe siècle. Les amorces des deux arcs en tiers-point des lancettes sont encore lisibles à la base du Y. L'ouverture a ensuite été murée, vraisemblablement lors de la construction ou de l'agrandissement de la chapelle nord, qui a supprimé la fonctionnalité de cette baie orientée vers un espace devenu intérieur ou couvert. Le meneau en granite rose a été conservé en place dans le bouchage, ce qui est courant dans les campagnes d'obturation médiévales.

Datation du bouchage et interprétation

Les deux ouvertures appartiennent au mur occidental de la chapelle baptismale nord. Ce mur pourrait correspondre à un ancien mur gouttereau de la nef primitive, devenu mur intérieur lors de l'adjonction de la chapelle nord. Les baies — romane et gothique — auraient alors éclairé la nef depuis l'ouest ou un espace latéral. Lors de la construction de la chapelle nord (dont la date précise n'est pas documentée ici mais pourrait être contemporaine des baies N4–N5, soit XVe siècle), ce mur est devenu un mur mitoyen intérieur, rendant les ouvertures inutiles ou inopportunes, d'où leur bouchage. Ces deux baies murées constituent des témoins stratigraphiques précieux de l'évolution du plan de l'édifice et devraient figurer dans toute étude de bâti complète.

Porte bouchée — angle extérieur, chapelle Saint-Loup

Vue extérieure — porte bouchée, chapelle Saint-Loup Porte bouchée à arc brisé mouluré dans l'angle de la chapelle Saint-Loup
Dans l'angle entre la nef et la chapelle Saint-Loup (chapelle nord, dite aussi grande chapelle) : une porte bouchée à arc brisé légèrement aigu, encadrée de moulures continues en granite (tore et gorge), remplie en moellons de schiste et de granite liés au mortier. Le style mouluré — profils continus sans imposte — et la forme de l'arc correspondent au gothique breton du XIVe–XVe siècle. Le badigeon blanc qui en couvre partiellement l'encadrement témoigne d'une campagne d'enduit postérieure au bouchage. La fonction précise de cette porte n'est pas déterminable avec certitude. Sa position en angle indique cependant qu'elle est antérieure à l'agrandissement qui a formé cet angle.

Baie bouchée — mur est de la chapelle sud (retable de la Trinité)

Vue extérieure — baie bouchée côté sud, mur est de la chapelle sud Baie bouchée à arc brisé en tiers-point, mur est de la chapelle sud
Mur est de la chapelle sud : grande lancette à arc brisé en tiers-point, bouchée en dalles de schiste et moellons hétérogènes. L'encadrement en granite rose est intact. En bas à gauche, une petite ouverture rectangulaire (meurtrière ou jour de service) est également visible, elle aussi bouchée. L'ensemble trahit un bouchage tardif, soigné dans sa partie haute (remplissage au nu de l'archivolte) mais plus hâtif dans la partie basse.

Style, datation et cause du bouchage

La lancette bouchée présente un encadrement à arc brisé en tiers-point simple, sans rouleau mouluré visible — traitement sobre comparable aux baies secondaires du gothique breton du XIIIe–XIVe siècle. Elle s'inscrit dans la même période de construction que la chapelle sud (XIIIe s., agrandie au XIVe). La cause du bouchage est documentée : le retable de la Trinité, placé contre ce mur est, a rendu la fenêtre inutile en l'occultant de l'intérieur. Ce phénomène — baie condamnée par l'installation d'un grand meuble liturgique — est fréquent dans les chapelles latérales des églises bretonnes aux XVIe–XVIIe siècles, période de multiplication des retables.

Symétrie avec le côté nord — un même processus documenté des deux côtés

Cette baie bouchée au sud fait écho à ce qui s'est passé au nord avec la baie S9 (voir § 3, fiche S9) : dans les deux cas, l'installation d'un retable a occulté puis rendu inutile une fenêtre gothique. Seule S9 a connu une redécouverte et un remploi, lors de la reconstruction de la sacristie au XIXe siècle ; la lancette sud, elle, est restée bouchée. Ce parallèle illustre comment la multiplication des retables et des autels latéraux a progressivement reconfiguré les espaces et les éclairages intérieurs de l'édifice entre le XVIe et le XIXe siècle.

§ 3Mur sud — Les neuf baies relevées

Le mur sud livre un échantillon de fenestrages au moins aussi riche que le mur nord. La numérotation suit l'orientation de l'édifice d'ouest en est, de l'entrée vers le chœur. Les baies S1 à S6 se trouvent dans les bas-côtés de la nef, en face respectivement de la chapelle du Mont-Carmel (S2–S3) et de la chapelle Saint-Loup (S4–S5), mais elles éclairent le bas-côté et non les chapelles elles-mêmes. La baie S7 appartient à la chapelle sud, sur son mur orienté vers l'ouest ; S8 et S9 se trouvent au sud de cette même chapelle. La baie S9, aujourd'hui sur ce mur, est une baie déplacée : percée à l'origine côté nord de la chapelle, elle a été occultée par un retable puis redécouverte et remontée sur le mur sud au XIXe siècle (voir fiche S9 pour le détail de cette histoire). La chapelle de la Trinité (chapelle sud) date du XIIIe siècle, agrandie au XIVe.

BaieS1

Biforium à meneau en Y dans grand arc enveloppant

Gothique rayonnant breton — trilobe monolithique, ébrasement profond à croupette voûtée
XIVe s.
Vue intérieure Baie S1, vue intérieure depuis la nef
Depuis la nef — ébrasement à croupette voûtée, deux lancettes en tiers-point, trilobe dans le tympan
Vue extérieure Baie S1, vue extérieure — biforium, meneau en Y, petite ouverture basse
le chapiteau à astragale et gorge du meneau en Y est bien lisible, ainsi que l'arc de décharge enveloppant. La petite ouverture rectangulaire basse laisse voir une barre métallique scellée à l'intérieur, compatible avec une ancienne meurtrière ou un jour de décharge, sans qu'il soit possible de trancher entre ces hypothèses à partir de la seule photographie.

La composition générale et l'arc enveloppant

La vue extérieure révèle d'emblée un dispositif constructif d'une certaine complexité : le biforium proprement dit — deux lancettes à arc brisé en tiers-point séparées par un meneau en Y — est inscrit à l'intérieur d'un grand arc de décharge en plein cintre, taillé dans le granite gris-bleu caractéristique du Trégor. Cet arc enveloppant, d'une ouverture nettement supérieure à celle du biforium, indique soit que la baie actuelle a été réduite par rapport à une ouverture primitive plus large, soit — hypothèse plus probable — qu'il s'agit d'un arc de décharge destiné à reporter les charges du mur au-dessus vers les pieds-droits, selon un procédé courant dans les constructions gothiques bretonnes.

Un détail notable est la présence, dans la partie basse de la feuillure du grand arc, d'une ouverture rectangulaire de petits modules distincte du biforium. La photographie extérieure révèle une barre métallique scellée dans l'épaisseur de l'ouverture. Cet élément pourrait correspondre à une ancienne meurtrière — une fente défensive dont l'accès aurait été contrôlé par une grille ou une barre —, mais la fonction exacte de cette petite ouverture ne peut être déterminée avec certitude à partir des seules observations photographiques ; un simple jour de cave ou de service reste également envisageable.

Le meneau en Y et le trilobe

Le meneau bifurque à mi-hauteur du biforium en deux branches curvilignes qui rejoignent l'intrados des deux lancettes, définissant ainsi dans le tympan une forme de trilobe ouvert. Ce type de remplage — arc en tiers-point, meneau en Y, trilobe dans le tympan — est l'une des formes les plus précoces du remplage gothique breton, intermédiaire entre le tympan entièrement nu (comme la baie nord n° 2) et la quadrilobe du rayonnant plus développé (baie nord n° 3). Les colonnettes du meneau semblent avoir conservé leur fût cylindrique sans cannelure, caractéristique d'une taille assez fruste, en accord avec la période.

L'ébrasement intérieur à croupette voûtée

La vue depuis la nef montre un ébrasement très profond, à pans coupés, et se termine à son sommet par une petite croupette voûtée en berceau brisé dont les reins reposent sur des culots sculptés (à peine lisibles dans l'obscurité). Ce dispositif de voûtement de l'ébrasement — inhabituel dans les baies rurales bretonnes de cette époque — confère à l'embrasure un caractère quasi architectural autonome. Le vitrail géométrique (octogones et carrés en damier, tons bleu-vert et vert pâle) est une grisaille du XIXe siècle, cohérente avec les autres baies de l'édifice.

L'appareil mural — hétérogénéité stratigraphique

L'appareil environnant le grand arc est d'une grande hétérogénéité : blocs de granite de formats variés, dalles de schiste ardoisier en remplissage, mortier gris abondant. Cette hétérogénéité est le signe de remaniements successifs du mur et contraste avec la relative régularité de l'encadrement de la baie elle-même, indiquant que le biforium a été inséré dans un contexte mural préexistant déjà remanié.

BaieS2

Biforium à meneau en Y — vue rapprochée

Gothique rayonnant breton — même famille que S1, meneau à fût cylindrique et astragale
XIVe s.
Vue intérieure Baie S2, vue intérieure depuis la nef
Depuis la nef — ébrasement à pans coupés, lancettes en tiers-point, grisaille géométrique polychrome
Vue extérieure Baie S2, vue extérieure — meneau en Y, chapiteau, trilobe, érosion du sommet
le meneau cylindrique avec son chapiteau à astragale, le trilobe dans le tympan et l'archivolte à un rouleau sont très lisibles. L'érosion notable du sommet de l'archivolte — desquamation du granite sur les claveaux de couronnement — est un point de surveillance pour l'étanchéité.

Lecture architecturale rapprochée du biforium

Cette vue extérieure en plan rapproché permet une lecture fine des éléments de la baie, inaccessible depuis la vue oblique et lointaine de la baie S1. Le biforium se révèle structuré en deux lancettes à arc brisé en tiers-point inscrites dans une archivolte extérieure simple (un seul rouleau de granite), sans tailloir saillant ni crossette — choix sobre comparable au gothique breton rural du XIVe siècle. L'archivolte extérieure est légèrement ébrasée vers l'extérieur, ce qui témoigne de l'épaisseur considérable du mur et de l'efficacité de son ébrasement pour diffuser la lumière à l'intérieur.

Le meneau — détail constructif

La vue rapprochée dévoile la morphologie précise du meneau en Y : un fût cylindrique monolithe en granite dont le chapiteau, simplement mouluré d'un astragale et d'une gorge, supporte la bifurcation en deux branches courbes. Les branches du Y s'élèvent en arc brisé pour rejoindre l'intrados des deux lancettes, laissant entre elles le tympan trilobe caractéristique. La surface du granite est finement piquetée — trace de l'outil de taille — et présente une patine grise-vert liée à l'exposition et aux lichens. L'appui de la baie est garni d'un larmier débordant à chanfrein pour l'évacuation des eaux de pluie, dispositif de bon sens qui a contribué à la bonne conservation de l'ensemble.

Le vitrail intérieur — polychromie géométrique

Depuis l'intérieur, le vitrail présente une polychromie plus marquée que celui de la baie S1 : les deux registres inférieurs sont en damier d'octogones et de carrés, alternant bleu profond, bleu-vert, vert glauque et brun-kaki, tandis que le registre médian est plus clair (bleu très pâle, blanc et vert pâle). Le tympan trilobe est garni de pièces bleu pâle et de pièces au ton jaunâtre. Ce vitrail est une grisaille colorée du XIXe siècle, cohérente avec le reste des vitraux de l'édifice. La barlotière métallique rouillée est bien visible en façade extérieure, signe de la restauration du XIXe siècle.

Comparaison avec la baie nord n° 2

Contrairement à la baie nord n° 2 (biforium à tympan entièrement nu, sans remplage), la baie S2 présente un trilobe formé par le meneau en Y. Ces caractéristiques rapprochent S2 de la baie nord n° 3 (quadrilobe du gothique rayonnant) et la distinguent de la baie nord n° 2, dont le tympan est dépourvu de remplage. Une datation dans les XIIIe–XIVe siècles paraît compatible avec cette morphologie. Les deux baies biforiées du mur sud (S1 et S2) constituent vraisemblablement deux travées d'une même campagne, ou deux campagnes très proches.

État de conservation — érosion du sommet de l'archivolte

La vue extérieure révèle une érosion notable au sommet de l'archivolte : les claveaux de couronnement présentent une desquamation du granite sur plusieurs centimètres d'épaisseur, avec des lacunes dans le mortier de joint.

État sanitaire apparent

L'état observé justifie un examen rapproché par un professionnel du patrimoine, notamment pour vérifier l'étanchéité des joints et l'état des supports.

BaieS3

Triplet à remplage flamboyant — soufflets, mouchettes et têtes trilobées

Gothique flamboyant trégorois — triplet à trois lancettes, têtes trilobées, tympan à soufflets et mouchettes en S imbriqués
XVe s.
Vue intérieure Baie S3, vue intérieure depuis la nef
Depuis la nef — triplet en contre-jour, lancettes garnies d'un damier bleu géométrique, tympan à soufflets
Vue extérieure Baie S3, vue extérieure — triplet flamboyant complet
Vue extérieure : triplet à trois lancettes à têtes trilobées lisibles ; tympan à soufflets et mouchettes en S imbriqués ; archivolte en plein cintre présentant une érosion au sommet. Le remplage flamboyant dans son intégralité.
Détail intérieur — vitrail et remplage Baie S3, détail intérieur — vitrail bleu et meneau en Y
Vue rapprochée : les meneaux des trois lancettes et les têtes trilobées sont lisibles. Le vitrail révèle un damier de losanges en bleu roi et turquoise sur fond blanc-clair.

Le remplage flamboyant — lecture d'ensemble

La vue de détail permet enfin de lire avec précision le remplage de S3, que les photographies précédentes en contre-jour ou angle ne permettaient pas d'analyser complètement. Il s'agit d'un triplet à trois lancettes dont les sommets sont garnis de têtes trilobées finement moulurées — trois arcs en plein cintre légèrement brisés à cusps intérieurs, formant chacun un trèfle. Au-dessus, le tympan est occupé par un premier registre de soufflets en ogive, puis un second registre de mouchettes en S imbriquées et croisées, dans un dessin en réseau qui rappelle les tympans flamboyants trégorois du XVe siècle. Il n'y a pas de rose cinqlobée autonome comme précédemment décrit : la composition du tympan est un réseau de soufflets et mouchettes sans oculus central individualisé. L'ensemble est inscrit dans une archivolte en plein cintre à deux rouleaux, dont le sommet présente une érosion notable.

Note sur la lecture du remplage

L'analyse initiale, fondée sur des photographies en contre-jour depuis l'intérieur, décrivait à tort une « rose cinqlobée » dans le tympan. La vue de détail confirme qu'il s'agit en réalité d'un réseau de soufflets et mouchettes en S imbriqués, sans oculus central individualisé — un programme flamboyant en réseau continu, comparable à la production trégoroise de la seconde moitié du XVe siècle.

L'archivolte extérieure et son état

L'archivolte en plein cintre à deux rouleaux présente au sommet une desquamation du granite similaire à celle observée sur S2, avec des lacunes de mortier. Ce point commun aux deux baies voisines suggère une exposition identique aux eaux de ruissellement depuis la corniche ou la toiture.

Le vitrail intérieur — damier bleu monochrome

Depuis l'intérieur, le vitrail se déploie en damier serré de carrés et de losanges en camaïeu de bleus (bleu nuit, bleu marine, bleu roi, bleu pâle) avec des touches de blanc et de vert-bleu pâle. Ce registre bleu dominant est inhabituel dans les grisailles du XIXe siècle de cet édifice, qui privilégient généralement les palettes neutres ou polychromes.

Datation et mise en perspective

XVe siècle, vraisemblablement dans la seconde moitié. La sophistication du remplage (têtes trilobées + soufflets + mouchettes en S en réseau) et l'archivolte en plein cintre à deux rouleaux caractérisent la production flamboyante trégoroise de cette période.

BaiesS4–S6

Série des trois biforia à oculus circulaire

Gothique rayonnant trégorois — module répété à l'identique sur trois travées successives
XIVe s.

Type architectural — le biforium à oculus circulaire

Les baies S4, S5 et S6 forment une série de trois fenêtres identiques, la répétition la plus systématique d'un même module dans tout l'édifice : deux lancettes à arc brisé en tiers-point séparées par un meneau en Y, dont les deux branches délimitent dans le tympan un oculus circulaire complet mouluré d'un tore — et non plus le trilobe ouvert de S1/S2. Par rapport à S1 et S2, la bifurcation du meneau est plus haute et les branches plus tendues, ce qui accentue la verticalité de la composition. L'ébrasement profond à pans coupés et l'arc de décharge en plein cintre légèrement surhaussé sont communs aux trois baies.

Le vitrail — palette bleu et turquoise

Depuis l'intérieur, le vitrail se déploie en trois registres horizontaux en damier serré de bleus et de turquoises, avec un oculus en grisaille claire à motif en croix centrale. Ce sont des grisailles du XIXe siècle, cohérentes avec le reste de l'édifice ; les variations d'une baie à l'autre sont signalées ci-dessous.

Datation et position dans la séquence stylistique

L'oculus circulaire fermé place cette série dans une phase plus avancée du gothique rayonnant que S1/S2, mais antérieure aux remplages flamboyants de S3 et des baies nord N4/N5 — vraisemblablement seconde moitié du XIVe siècle. La répétition à l'identique sur trois travées suggère une campagne de travaux unitaire.

S4 — exemplaire introductif de la série

Vue intérieure Baie S4, vue intérieure depuis la nef
Depuis la nef — biforium en contre-jour, oculus circulaire, damier bleu-turquoise-vert, trois barlotières
Vue extérieure Baie S4, vue extérieure
Depuis le parvis sud — ébrasement profond vu de biais, biforium inscrit sous arc de décharge, oculus torique dans le tympan

État de référence pour le module de la série.

S5 — variante, tore de l'oculus partiellement érodé

Vue intérieure Baie S5, vue intérieure depuis la nef
Depuis la nef — biforium, oculus, vitrail bleu-turquoise-vert pâle ; ébrasement simple sans voûte
Vue extérieure Baie S5, vue extérieure
Depuis le parvis sud — vue de biais depuis la droite ; tore de l'oculus partiellement érodé en haut à gauche

Le tore de l'oculus est partiellement érodé sur environ un quart de sa circonférence, probablement à la suite d'un éclat de gel ou d'un choc mécanique. L'ébrasement intérieur est par ailleurs plus sobre que celui de S1, sans croupette voûtée.

S6 — exemplaire le mieux conservé

Vue intérieure Baie S6, vue intérieure depuis la nef
Depuis la nef — vitrail le plus polychrome de la série : bleu, turquoise, vert, brun-orangé dans le registre bas
Vue extérieure Baie S6, vue extérieure frontale
Depuis le parvis sud — vue frontale ; larmier d'appui garni de capillaires et mousse ; tore de l'oculus intact

Le remplage le mieux conservé des trois : tore et meneau intacts, archivolte encore lisible. Le vitrail présente en outre des pièces brun-orangé et vert kaki absentes de S4 et S5, ce qui suggère soit une reprise partielle à une date ultérieure, soit une variation de l'atelier dans l'approvisionnement en verre.

BaieS7

Oculus circulaire isolé à ébrasement conique

Datation incertaine — encadrement simple, ébrasement en entonnoir, grisaille géométrique — mur ouest de la chapelle sud
XIIe–XIIIe s. ?
Vue contextuelle — chapelle sud Baies S7 et S8 vues depuis la chapelle sud
Vue d'ensemble depuis la chapelle sud : à gauche, la baie S8 (biforium à remplage flamboyant, vitrail polychrome à peltes) inscrite sous la voûte d'ogives gothique du XIIIe–XIVe siècle ; à droite, l'oculus S7 dans le mur ouest, avec son ébrasement conique spectaculaire et la lumière blanche qu'il projette dans l'espace. La coexistence de ces deux types de percement — un oculus possiblement roman ou proto-gothique et un biforium gothique — dans un même espace illustre les étapes de construction de la chapelle.
Vue intérieure Baie S7, vue intérieure — oculus en entonnoir
Depuis la chapelle sud — ébrasement conique très profond taillé dans le granite ; oculus à grisaille géométrique en octogones, barlotières en croix
Vue extérieure Baie S7, vue extérieure — oculus dans le mur
Depuis le parvis sud — oculus à cadre circulaire simple chanfreiné, vitrail en damier vert foncé et bleu pâle ; fissure en bas à droite ; végétation dans les joints

L'oculus isolé — une baie à part dans la chapelle sud

Une attribution au XIIe–XIIIe siècle est envisagée ici à titre d'hypothèse ; elle repose sur un faisceau d'indices convergents plutôt que sur une preuve directe (voir « Datation », ci-dessous). La vue contextuelle depuis la chapelle sud est révélatrice : l'oculus S7 se trouve sur le mur occidental de la chapelle, c'est-à-dire la paroi de fermeture latérale, perpendiculaire à l'axe de la nef. Ce positionnement — sur un mur de pignon et non sur un mur gouttereau — explique en partie le format circulaire et l'absence de lancettes associées : un oculus isolé est la solution traditionnelle pour éclairer un pignon roman, où la surface disponible entre les arcs de la charpente est limitée. La coexistence dans la même chapelle d'un oculus possiblement roman ou proto-gothique (S7, mur ouest) et d'un biforium gothique développé (S8, mur sud) est cohérente avec deux phases de construction de cet espace : une phase romane ou proto-gothique pour le volume initial, une phase gothique pour l'agrandissement et l'enrichissement du XIIIe–XIVe siècle.

L'encadrement extérieur — sobriété romane

Côté extérieur, l'oculus se présente comme un simple cercle chanfreiné dans le granite, sans moulure torique ni ornement sculpté. Ce traitement est fondamentalement différent des oculi toriques des biforia S4–S6 : là où ceux-ci affichent une moulure circulaire profilée en tore (caractéristique du gothique rayonnant), l'oculus S7 n'est qu'un percement à arête chanfreinée — le degré de finition minimal. Une fissure importante traverse le cadre de granite dans sa partie inférieure droite et se prolonge dans le mur, signe d'un tassement différentiel qui mérite une surveillance. De la végétation s'est développée dans les joints environnants.

Le vitrail et l'ébrasement conique

La vue contextuelle met en évidence l'effet lumineux de l'ébrasement conique : la lumière blanche projetée depuis l'oculus crée un halo circulaire sur le parement intérieur de granit, très différent de l'éclairage diffus des lancettes de S8. Ce contraste entre les deux sources de lumière — lumière concentrée et directionnelle de l'oculus, lumière large et colorée du biforium — anime l'espace de la chapelle d'une façon qui n'était pas prévisible depuis les seules vues rapprochées. La grisaille de l'oculus, en tons pâles (blanc, bleu très clair, vert eau), amplifie cet effet de source lumineuse ponctuelle.

Datation — hypothèse de la baie ancienne

L'absence totale de remplage sculpté, la sobriété de l'encadrement extérieur, et la profondeur exceptionnelle de l'ébrasement conique intérieur plaident pour une baie ancienne, peut-être contemporaine d'un premier état roman de la chapelle, antérieur à l'agrandissement gothique documenté au XIIIe–XIVe siècle. Cette hypothèse ne peut être confirmée sans une étude de bâti complète.

BaieS8

Biforium à têtes cinquefoilées et quadrilobe dans le tympan

Gothique rayonnant élaboré — biforium à deux lancettes élancées, têtes à cinq lobes, quadrilobe dans le tympan ; vitrail polychrome à peltes
XIVe–XVe s.
Vue intérieure Baie S8, vue intérieure — vitrail polychrome à peltes
Depuis la chapelle sud — biforium très élancé ; tympan à quadrilobe ; vitrail à grandes peltes en rouge, bleu-turquoise, jaune-vert
Vue extérieure Baie S8, vue extérieure — biforium à têtes cinquefoilées et quadrilobe
les deux lancettes très élancées à têtes cinquefoilées (cinq lobes) sont clairement lisibles, ainsi que le quadrilobe dans le tympan. L'archivolte brisée à un rouleau et le mur environnant en dalles de schiste plates sont bien visibles.

Un remplage rayonnant élaboré — correction typologique

La vue extérieure permet une correction importante : les sommets des lancettes ne sont pas trilobés mais cinquefoilés — cinq lobes en arc, formant une tête de lancette plus développée et plus rare que le trilobe simple. La vue contextuelle depuis la chapelle sud révèle en outre le cadre architectural : voûte d'ogives gothique, espace en schiste et granite. Le meneau est flanqué de colonnettes à fût cylindrique et chapiteau mouluré, et le tympan est couronné d'un quadrilobe en pierre taillée — cohérent avec la terminologie corrigée pour la baie N3.

L'archivolte et les pieds-droits

L'archivolte extérieure est en arc brisé en tiers-point, à un rouleau, avec une arête chanfreinée. Les pieds-droits présentent un profil mouluré continu (sans imposte), cohérent avec le style breton. L'ensemble est taillé dans le granite rose à grain fin, bien conservé. L'appareil mural environnant, en dalles de schiste ardoisier plates bien visibles sur la photographie extérieure, contraste avec la qualité de l'encadrement en granite rose et suggère que la baie a été soigneusement appareillée dans une maçonnerie plus fruste.

Le vitrail — rupture chromatique majeure

Le vitrail distingue nettement cette baie des autres. La vue contextuelle le montre bien : le programme en grandes peltes (larges formes ovales à bout arrondi) colorées en rouge vif, bleu-turquoise et jaune-vert citron tranche radicalement avec les grisailles géométriques neutres des baies voisines. La vue de détail précise la morphologie des peltes : des formes ovales disposées en colonne centrale, alternant rouge, turquoise et jaune, encadrées de demi-losanges bleu cobalt sur fond blanc-gris pâle. Ce programme polychrome, qui diffère des damiers classiques de l'édifice, pourrait témoigner d'une commande spécifique pour la chapelle.

Détail intérieur — vitrail à peltes Baie S8, détail du vitrail à peltes polychromes
Vue rapprochée : les peltes — formes ovales à bout arrondi — alternent rouge vif, turquoise et jaune en colonne centrale, flanquées de demi-losanges bleu cobalt sur fond blanc. Le programme est clairement différent des damiers de la nef : les formes sont plus larges, les couleurs plus saturées, la composition plus dynamique.
BaieS9

Grande verrière flamboyante à quatre lancettes et rose étoilée

Gothique flamboyant trégorois avancé — remplage le plus complexe de l'édifice ; vitrail figuratif signé Hubert de Sainte-Marie, Quintin, 1956 (H.S.M. Q.1956)
XVe–XVIe s. / vitrail 1956
Vue intérieure Baie S9, vue intérieure — grande verrière et vitrail contemporain
Depuis la chapelle sud — quatre lancettes très élancées sous grande rose flamboyante ; vitrail figuratif d'Hubert de Sainte-Marie, maître verrier de Quintin, 1956 (signé H.S.M. Q.1956)
Vue extérieure — S9 dans son pignon Baie S9, vue extérieure — dans son pignon en schiste, petite ouverture rectangulaire au sommet
Vue du pignon complet : S9 occupe la quasi-totalité de la largeur de la travée. Le mur pignon est en dalles de schiste ardoisier, très différent du granite de la nef. En haut du pignon, une petite ouverture rectangulaire non encore documentée — probablement un jour d'aération de la charpente ou une ancienne fenêtre murée.
Vue rapprochée extérieure — remplage flamboyant complet Baie S9, vue rapprochée du remplage flamboyant — quatre lancettes, soufflets, mouchettes, rose étoilée
Vue rapprochée du remplage : les quatre meneaux à moulures continues, les têtes trilobées à cusps des lancettes, les soufflets en ogive et mouchettes en S du premier niveau, les soufflets imbriqués du niveau intermédiaire, et la rose étoilée à pointes saillantes au sommet sont tous parfaitement lisibles. La qualité d'exécution dans le granite à grain serré est remarquable.

La grande verrière — un remplage flamboyant particulièrement élaboré

La vue contextuelle du pignon révèle deux informations nouvelles. D'abord, le mur dans lequel s'inscrit S9 est en dalles de schiste ardoisier — différent des appareils de granite des autres murs de la chapelle, ce qui indique qu'il s'agit probablement d'un pignon latéral reconstruit ou ajouté lors du déplacement de la baie au XIXe siècle. Ensuite, une petite ouverture rectangulaire visible au sommet du pignon — un jour d'aération ou une fenêtre murée — est un élément supplémentaire à documenter. La baie S9 occupe la quasi-totalité de la largeur de la travée. La vue rapprochée précise l'analyse du remplage : fenêtre à quatre lancettes et quatre meneaux continus, têtes trilobées à cusps, réseau de soufflets et mouchettes, rose étoilée à pointes acérées.

Le remplage flamboyant — analyse du tympan

Le tympan est d'une richesse exceptionnelle. Au premier niveau, les quatre lancettes génèrent entre elles trois intervalles, chacun garni d'un soufflet en ogive pointue flanqué de mouchettes recourbées en S. Au niveau intermédiaire, une couronne de soufflets imbriqués enveloppe le cœur de la composition. Au sommet, une rose étoilée déploie des pointes acérées rayonnant vers l'extrados de l'arc principal, formant une figure proche d'une étoile à huit branches dont les interstices sont remplis de formes en amande et de mouchettes. Cette combinaison de soufflets imbriqués, de mouchettes et de pointes saillantes dans la rose constitue, parmi les remplages relevés ici, la composition la plus complexe (comparée à N4, N5, S3). La qualité de la taille dans le granite rose fin est remarquable : malgré l'exposition, les arêtes des pointes de la rose restent relativement nettes.

Le vitrail figuratif — Hubert de Sainte-Marie, 1956

Les vues de détail corrigent fondamentalement la première analyse de ce vitrail : il ne s'agit pas d'un programme abstrait à formes libres, mais d'un vitrail figuratif à personnages, signé et daté H.S.M. Q.1956 — soit Hubert de Sainte-Marie, Quintin, 1956. Ce programme déploie sur les quatre lancettes des figures de saints en pied, dans un style expressivement simplifié comparable à celui des ateliers de vitrail français d'après-guerre : aplats colorés cernés de plomb noir, sans modelé, avec un traitement graphique proche de la bande dessinée sacrée. La palette — rouge vif, bleu cobalt, turquoise, jaune vif, fond blanc — est délibérément intense pour être lisible depuis le sol à travers les quatre lancettes élancées.

On identifie au moins trois types de figures dans les différentes lancettes. Une femme à nimbe, vêtue d'un manteau bleu, en posture d'inclination ou de lavement — la figure pourrait correspondre à Marie-Madeleine, dont la chapelle absidiale voisine porte le nom, ou à la Vierge ; l'attribution reste à confirmer par une lecture complète du programme iconographique. Un saint nimbé tenant une maquette d'église à la façon d'un saint patron — la maquette représente un édifice à tour carrée, clocher et toiture en écailles qui évoque très directement Brélévenez — ainsi qu'une clé, attribut de saint Pierre. Un personnage à couronne ou mitre tenant une clé et un cierge allumé, avec un édifice derrière lui, dont l'identification précise nécessiterait un rapprochement avec le programme iconographique complet. Ce programme — saints en lien avec l'édifice, attributs liturgiques — est cohérent avec une commande ecclésiale de restauration du vitrail en 1956, dans le cadre probable d'un chantier plus large de restauration post-seconde guerre mondiale.

Détail — figure féminine à nimbe Baie S9, figure féminine à nimbe — Marie ou Marie-Madeleine
Lancette gauche, registre bas : figure féminine nimbée en posture d'inclination, vêtue d'un manteau bleu. Le style — aplats, cerne noir épais, visage stylisé — est caractéristique de la vitrerie figurative française des années 1950. En haut, un médaillon circulaire à motifs géométriques rouges et bleus.
Détail — saint tenant une maquette d'église et une clé Baie S9, saint patron avec maquette d'église et clé
Lancette droite : saint nimbé tenant de la main gauche une maquette d'édifice religieux à tour et clocher — évocatrice du profil de Brélévenez — et de la main droite une clé, attribut de saint Pierre. Le fond alterne turquoise et rouge. En haut de la lancette, un médaillon circulaire rouge et bleu.
Détail — saint et signature H.S.M. Q.1956 Baie S9, saint avec maquette — signature H.S.M. Q.1956 visible en bas
Vue d'une autre lancette avec une figure de saint similaire. En bas de la composition, la signature du verrier : « H.S.M. / Q.1956 » — Hubert de Sainte-Marie, Quintin, 1956 — confirme l'attribution et donne la date précise de réalisation.
Détail — personnage couronné avec clé et cierge Baie S9, personnage couronné tenant une clé et un cierge allumé
Quatrième figure du programme : personnage couronné ou mitré, dont l'identification reste incertaine, tenant un cierge allumé et une grande clé, avec un édifice en arrière-plan. La palette ici plus froide (bleu ciel, turquoise, vert) contraste avec les registres voisins à dominante rouge.

Datation, déplacement et position dans la séquence

La sophistication du remplage et la présence de la rose étoilée à pointes saillantes situent la baie S9 dans la phase la plus tardive du gothique flamboyant trégorois, probablement dans la seconde moitié du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. Son histoire constructive est documentée : percée à l'origine dans le mur nord de la chapelle, symétrique avec la grande baie ogivale du mur est (aujourd'hui bouchée au-dessus de l'ossuaire), elle a été progressivement occultée lorsque le retable de la chapelle nord, offert en 1630 par Gilles Le Borgne, seigneur de Goaz Wenn, a été placé contre ce mur, la rendant inutile — même processus symétrique que pour la lancette bouchée du mur est (voir encart hors-série). S9 a ainsi disparu plusieurs siècles avant d'être redécouverte lors de la reconstruction de la sacristie en 1844, travail confié au trésorier de la fabrique et maître-maçon Alain Lagat, qui dut aussi rénover toute la base de la baie, et a alors été démontée et remontée dans sa position actuelle sur le mur sud. Ce déplacement explique la présence d'un remplage aussi élaboré dans un emplacement qui ne lui était pas destiné à l'origine, et explique également pourquoi le vitrail d'Hubert de Sainte-Marie (1956) ne cherche pas à s'inscrire dans la continuité des grisailles voisines : commandé pour une fenêtre réimplantée, il assume délibérément la rupture.

§ 4Chœur roman — Les sept baies documentées

Les fenêtres du chœur constituent le témoignage architectural le plus ancien et le plus précieux de l'édifice. Les baies C1 à C3 appartiennent au déambulatoire qui entoure le chœur côté sud. Les baies C4 à C6 éclairent la chapelle absidiale dédiée à Marie-Madeleine. La baie C7, la plus austère, se trouve dans le prolongement du déambulatoire au nord-est. Contrairement aux baies de la nef, entièrement remaniées au fil des campagnes gothiques, les encadrements du chœur conservent leur état roman d'origine en granite rose du Yaudet. Les vitraux du chœur ont été remplacés au XXe siècle par un programme contemporain à formes libres dont l'auteur n'est pas identifié avec certitude dans le cadre de ce relevé. À noter que la construction du retable du Maître-Autel en 1660 (commandé par le comte de Lannion à Olivier Martinet de Laval) avait entraîné le murage des baies du déambulatoire — ce qui explique les bouchages observés et le recours aux vitraux contemporains lors de leur réouverture.

Vue d'ensemble — déambulatoire roman côté sud, baies C1, C2 et C3 Vue d'ensemble du déambulatoire roman avec les baies C1, C2 et C3
Vue depuis le déambulatoire côté sud : les baies C1, C2 et C3 s'inscrivent dans leurs niches à plein cintre séparées par des colonnes engagées à chapiteaux sculptés. Au-dessus, les voûtes d'ogives gothiques ajoutées ultérieurement couvrent l'espace. Le dallage en schiste ardoisier, les murs en granite rose bossagé et le rythme des arcs et colonnes restituent l'ambiance du XIIe siècle, peu altérée malgré huit siècles d'usage. La lumière colorée projetée par les vitraux contemporains sur le parement de granite est bien visible sur le mur de droite.
BaieC1

Baie rectangulaire du déambulatoire — côté sud du chœur

Roman — encadrement à linteau plat, grisaille verte XIXe s. — déambulatoire sud
XIIe s.
Vue intérieure Baie C1, vue intérieure — ébrasement orthogonal
Depuis le chœur — ébrasement à pans droits taillés dans le granite rose ; linteau plat ; grisaille en octogones et carrés, teintes vert bouteille, ocre et bleu pâle
Vue extérieure Baie C1, vue extérieure — baie rectangulaire basse
Depuis le parvis est — baie rectangulaire étroite prise en étau entre deux contreforts ; linteau en granite à crossette légère ; vitrail vert foncé et ocre ; végétation en couronnement
Détail — vitrail et réverbération sur le sol Baie C1, détail du vitrail vert-bleu et réverbération colorée sur la dalle de schiste
Vue rapprochée du vitrail : le damier d'octogones et carrés en vert pâle, vert bouteille et bleu-vert est très lisible. La lumière filtrée projette sur la dalle de schiste un reflet vert-turquoise caractéristique de cette baie, unique dans l'édifice. On note l'état satisfaisant des joints de plomb et la barlotière horizontale divisant le vitrail en deux registres.

Une baie sobre dans le déambulatoire sud

La baie C1 appartient au déambulatoire qui entoure le chœur côté sud. Son format rectangulaire — linteau plat, jambages droits — sans arc ni moulure de l'encadrement extérieur, tranche avec toutes les baies de l'hémicycle proprement dit. Son traitement, beaucoup plus sobre que celui des lancettes de l'hémicycle, pourrait correspondre à une fonction secondaire, mais celle-ci ne peut être déterminée à partir du seul relevé photographique. La baie est coincée entre deux contreforts massifs en granite rose qui encadrent étroitement l'ouverture. La végétation abondante en couronnement (valérianes roses, mousses) et dans les joints témoigne d'une humidité persistante et d'une absence d'entretien récent.

L'ébrasement intérieur orthogonal

Depuis l'intérieur, l'ébrasement apparaît parfaitement orthogonal — pans verticaux, linteau horizontal — taillé dans le granite rose local à grain fin. La surface des pieds-droits est lisse et soigneusement boutissée, sans trace de reprise ou de ragréage, ce qui est compatible avec l'ancienneté de la taille. Le granite rose utilisé ici est identique à celui des contreforts extérieurs, suggérant une mise en œuvre homogène. Une colonnette à fût visible à droite dans la vue intérieure appartient sans doute à l'articulation du chœur avec la travée de chœur, non à la baie elle-même.

Le vitrail — grisaille verte du XIXe siècle

La grisaille en damier d'octogones et carrés se décline ici dans une gamme dominée par le vert bouteille foncé, l'ocre ambré et quelques pièces bleu très pâle. La vue de détail révèle un phénomène optique propre à cette baie : la lumière filtrée par les verres verts projette sur la dalle de schiste un reflet coloré d'un vert-turquoise doux, absent dans toutes les autres baies de l'édifice dont les grisailles sont plus neutres. L'état du réseau de plomb est satisfaisant.

BaieC2

Lancette romane à colonnettes en délit — baie haute du chœur

Roman — archivolte à rouleaux, colonnettes à chapiteaux sculptés, vitrail contemporain XXe s.
XIIe s.
Vue intérieure Baie C2 et lancette haute, vues intérieures
Depuis le chœur — deux niveaux visibles : lancette haute (vitrail contemporain bleu, formes libres) et grande lancette romane à ébrasement en plein cintre (vitrail contemporain bleu-vert-blanc, grande forme serpentante) ; colonnette à chapiteau sculpté à droite
Vue extérieure Baie C2, vue extérieure — lancette romane à colonnettes
Depuis le parvis est — grande lancette à archivolte en plein cintre à plusieurs rouleaux moulurés, colonnettes en délit à chapiteaux très abîmés ; au-dessus, petite lancette à arc en plein cintre simple ; appareil en granite rose bossagé

Une baie romane particulièrement élaborée

La baie C2 est, avec ses colonnettes en délit et son archivolte à rouleaux multiples, un élément particulièrement développé de la construction romane du XIIe siècle. Comme toutes les lancettes de l'hémicycle, ses ébrasements sont étroits à l'extérieur mais très évasés vers l'intérieur, ce qui permettait — selon les sources du XIXe siècle — à la lumière « d'y pénétrer en abondance ». La vue extérieure révèle une composition à deux niveaux superposés : en bas, une grande lancette à plein cintre encadrée par deux colonnettes cylindriques en délit portant des chapiteaux à corbeille sculptée (très érodés mais encore lisibles — feuillage stylisé, billettes ?) et surmontée d'une archivolte à trois ou quatre rouleaux concentriques moulurés d'un tore, d'une gorge et d'un filet ; au-dessus, une petite lancette secondaire à plein cintre simple, sans colonnettes, dans le même granite rose bossagé.

Les colonnettes en délit — un détail de première importance

Les colonnettes flanquant la grande lancette sont taillées « en délit » — c'est-à-dire perpendiculairement au lit de carrière, avec le grain de la pierre dans le sens vertical. Cette technique, qui fragilise le granite sur le long terme mais permet des fûts longs et élancés, est comparable à l'architecture romane soignée. L'érosion des chapiteaux est marquée mais non catastrophique ; des éléments du tailloir et de l'abaque sont encore en place.

L'appareil bossagé

L'appareil environnant est en granite rose à bossages — blocs à face extérieure laissée légèrement bombée ou rustiquée, avec des joints fins soigneusement régularisés. Ce traitement de surface, qui donne au mur un aspect sculpté et monumental, est comparable à l'architecture romane bretonne soignée du XIIe siècle. Aucune des baies de la nef n'est entourée d'un appareil aussi soigné, ce qui suggère un chœur d'une qualité d'exécution supérieure à la nef.

Les vitraux contemporains du chœur

Les deux lancettes (haute et basse) sont garnies de vitraux du XXe siècle à formes libres, dans une palette de bleus, verts, turquoises et blancs sur fond blanc très lumineux. La grande lancette présente une grande forme serpentante en aplats bleu-vert sur fond blanc — une composition abstraite à fort impact visuel depuis l'intérieur, qui exploite délibérément l'élancement de l'ouverture romane. La petite lancette haute présente un vitrail plus modeste en bleu roi et blanc, également à formes libres. Ces deux vitraux font partie d'un programme cohérent déployé dans l'ensemble du chœur au XXe siècle, dont l'auteur n'est pas identifié avec certitude dans le cadre de ce relevé.

Détail — vitrail de la grande lancette Baie C2, détail du vitrail contemporain à formes libres bleu-violet-turquoise
Vue rapprochée du vitrail de la grande lancette : les grandes formes sinueuses en bleu-violet profond, turquoise et vert se découpent sur un fond blanc très lumineux. Les cames de plomb, larges et bien visibles, dessinent des arabesques abstraites qui évoquent, par leur dessin et leur palette, certains vitraux français de la période de la Reconstruction. L'ébrasement en granite rose bossagé est visible sur la droite — la qualité de la taille et les bossages réguliers sont clairement lisibles à cette échelle.
BaieC3

Lancette romane isolée à plein cintre — travée de l'hémicycle

Roman — encadrement simple à arc en plein cintre, colonnettes partiellement arasées, vitrail contemporain XXe s.
XIIe s.
Vue intérieure Baie C3, vue intérieure
Depuis le chœur — lancette en plein cintre ; ébrasement à pans droits en granite rose ; vitrail contemporain à formes libres, bleu ciel, vert pâle, blanc et ocre ; arc en plein cintre visible en couronnement
Vue extérieure Baie C3, vue extérieure
Depuis le parvis est — lancette étroite à arc en plein cintre ; encadrement partiel visible entre deux contreforts-colonnes engagées ; archivolte simple à un rouleau ; appareil en granite rose bossagé cohérent avec C2

La lancette la plus sobre — lecture dans son contexte d'hémicycle

La baie C3 est la plus simple des trois baies du chœur : une lancette étroite à arc en plein cintre, sans colonnettes en délit visibles (arasées ou absentes à ce niveau), avec une archivolte extérieure à un seul rouleau. Son encadrement, bien que moins orné que celui de C2, est taillé dans le même granite rose bossagé et s'inscrit dans la même logique constructive. La vue extérieure montre clairement qu'elle est prise entre deux colonnes engagées (pilastres ou contreforts cylindriques) qui rythment l'hémicycle du chœur, soulignant la cohérence du projet roman d'origine : un chœur en hémicycle rythmé par des contreforts-colonnes, chaque travée percée d'une lancette à plein cintre.

L'hémicycle reconstitué — lecture d'ensemble des trois baies

La confrontation des trois baies C1, C2 et C3 permet de reconstituer la logique architecturale du déambulatoire et de l'hémicycle. C1 dessert le déambulatoire sud dans sa partie la plus simple, tandis que C2 et C3, en position haute sur le pourtour de l'hémicycle, éclairent directement le sanctuaire. La présence de colonnettes en délit à chapiteaux sculptés sur C2 — et leur probable présence originelle sur C3 également, avant arasement ou remploi — peut être interprétée comme une hiérarchisation de l'ornement, la travée axiale du chœur (C2, avec sa double lancette superposée) ayant pu être la plus ornée : cela serait compatible avec une hiérarchisation liturgique de l'espace, le décor sculpté se concentrant alors sur l'axe de symétrie orientale. C3 correspond à une travée latérale du déambulatoire, de facture plus sobre.

Le vitrail — palette lumineuse cohérente avec C2

Le vitrail de C3 est du même programme que celui de C2 : formes libres à contours plombés, dans une palette dominée par le blanc lumineux, le bleu ciel, le vert pâle et quelques touches d'ocre chaud dans la partie basse. La composition verticale — une grande forme serpentante ou ailée qui occupe toute la hauteur de la lancette — rappelle le traitement de C2 et suggère un programme cohérent, probablement commandé à un même atelier pour l'ensemble du chœur. La lumière qui en résulte depuis l'intérieur est très différente de celle des grisailles géométriques de la nef : plus vive, plus blanche, plus contemporaine.

Détail — vitrail et état de l'ébrasement Baie C3, détail du vitrail contemporain et ébrasement couvert de lichen vert
Vue rapprochée du vitrail et de l'ébrasement : les formes libres en bleu-violet, turquoise et vert-eau sont bien lisibles. On note sur la paroi droite de l'ébrasement une couverture importante de lichen vert envahissant le granite rose. Cette colonisation biologique, absente sur C2 et C1, est spécifique à l'orientation et à la ventilation de cette travée ; l'état observé justifie un examen rapproché par un professionnel du patrimoine, notamment pour vérifier l'étanchéité des joints.
BaieC4

Lancette romane à archivolte à rouleaux — travée nord du chœur

Roman — colonnettes engagées, granite rose bossagé ; chapelle absidiale ; vitrail contemporain XXe s.
XIIe s.
Vue d'ensemble — chapelle absidiale, baies C4, C5 et C6 Vue d'ensemble de la chapelle absidiale avec les baies C4, C5 et C6
Vue depuis la chapelle absidiale : la baie C4 (gauche) inonde l'espace d'une lumière éblouissante qui forme un faisceau visible dans l'atmosphère — phénomène dû à l'orientation est de la lancette captant la lumière matinale. La colonne engagée romane est bien visible entre C4 et C5, avec son fût cylindrique et son chapiteau sculpté. À droite, la baie C6 laisse apercevoir son vitrail contemporain bleu-turquoise.
Vue intérieure Baie C4, vue intérieure depuis le chœur
Depuis le chœur — lancette très élancée à plein cintre ; ébrasement quasi inexistant, mur très mince à cet emplacement ; vitrail contemporain à formes libres (bleu, turquoise, rose, vert) ; objets en dépôt au premier plan
Vue extérieure Baie C4, vue extérieure — lancette romane, archivolte, colonne engagée, bossages
la lancette à plein cintre légèrement outrepassé est inscrite entre deux colonnes engagées cylindriques ; l'archivolte à deux rouleaux (tore + gorge) est bien lisible. L'appareil en granite rose à bossages réguliers est parfaitement visible sur toute la surface du voile mural. Le vitrail contemporain est visible à travers la lancette.

Lancette à archivolte outrepassée — détail constructif de premier plan

La vue d'ensemble de la chapelle absidiale révèle un phénomène lumineux remarquable : la baie C4, orientée à l'est, capte la lumière matinale et projette dans la chapelle un faisceau lumineux visible en suspension dans l'atmosphère — effet de diffusion de la lumière dans la poussière et l'humidité de l'air confiné. Ce type d'effet, typique des lancettes étroites très éclairantes dans des espaces peu ventilés, souligne l'importance fonctionnelle de cette baie pour l'éclairage de la chapelle. Côté extérieur, l'archivolte en plein cintre est ici légèrement outrepassée — le centre géométrique de l'arc est situé légèrement sous la ligne d'imposte, donnant à la courbe une forme en fer-à-cheval très discret, comparable à certaines archivoltes romanes bretonnes du XIIe siècle. L'ensemble repose sur deux colonnes engagées cylindriques en granite rose bossagé.

L'ébrasement intérieur — mince paroi à cet emplacement

Depuis l'intérieur, l'impression est celle d'une lancette sans véritable ébrasement : les pieds-droits sont presque verticaux, l'ouverture semble affleurée au nu intérieur du mur. Cela indique que, dans cette travée de l'hémicycle, le mur est nettement plus mince que dans les travées à contreforts saillants. Cette minceur relative est compensée par les contreforts-colonnes engagées à l'extérieur — une solution structurelle élégante et économe en matière.

Le vitrail — formes libres bleu-turquoise

Le vitrail contemporain se développe sur toute la hauteur de la lancette en formes libres sinueuses, dans une palette de bleu ciel, turquoise et rose pâle sur fond blanc. La vue de détail précise la composition : deux grandes formes courbes occupent chaque registre, créant une impression de fluidité ascendante. On note sur l'appui de la baie des déchets accumulés (poussières, fragments de plâtre) qui constituent un vecteur d'humidité à surveiller.

Détail — vitrail de C4 Baie C4, détail du vitrail contemporain à formes sinueuses bleu-turquoise
Vue rapprochée : grandes formes sinueuses en bleu ciel, turquoise et rose pâle sur fond blanc. La composition est fluide et ascendante. On remarque l'accumulation de déchets sur l'appui inférieur de la baie — poussières et débris qui retiennent l'humidité et peuvent altérer les joints de plomb à terme.
BaieC5

Lancette axiale de l'hémicycle — vue d'ensemble de l'abside

Roman — chapelle absidiale de la Madeleine ; vue d'ensemble de l'abside ; vitrail contemporain XXe s.
XIIe s.
Vue intérieure Baie C5, vue intérieure
Depuis le chœur — lancette à plein cintre, ébrasement profond en granite brut ; vitrail contemporain bleu-vert-blanc-ocre ; petite colonnette à chapiteau visible à gauche ; traces de mortier et efflorescences à la base de l'ébrasement
Vue extérieure Baie C5 et C6 côte à côte — colonne engagée centrale, chapiteaux sculptés, hémicycle
Vue de deux lancettes côte à côte séparées par leur colonne engagée intermédiaire (vraisemblablement C5 à gauche et C6 à droite) : la colonne à fût cylindrique bossagé, le chapiteau sculpté à feuillage (nettement lisible en haut), et la différence de traitement entre la lancette de gauche (archivolte simple) et celle de droite (archivolte à rouleaux multiples) peuvent être interprétées comme une hiérarchie décorative entre travées. En haut à droite, la corniche de l'abside est visible.

Hiérarchie entre travées — le rythme de l'hémicycle

La vue extérieure montre deux lancettes côte à côte séparées par leur colonne engagée intermédiaire et révèle une différence de traitement entre les deux travées. La lancette de gauche présente un encadrement plus sobre (archivolte simple), tandis que celle de droite est dotée d'une archivolte à rouleaux multiples bien moulurés — ce qui peut être interprété comme une hiérarchie décorative entre les travées de l'hémicycle, la travée axiale (C2) étant potentiellement la plus ornée, certaines travées latérales l'étant moins. Le chapiteau de la colonne centrale est ici parfaitement visible : corbeille sculptée à feuillages et spirales, tailloir saillant — comparable au roman breton de la seconde moitié du XIIe siècle. La corniche de l'abside est visible en haut à droite, avec ses modillons qui complètent la documentation commencée à S4.

Lecture typologique de l'abside — hémicycle à colonnes engagées

Le parti architectural de cet hémicycle — voile mural continu rythmé par des colonnes engagées cylindriques portant des chapiteaux sculptés, percé de lancettes en plein cintre à archivoltes à rouleaux — est une formule classique du roman breton de la fin du XIIe siècle. Une influence saintongeaise du chevet a été rapprochée de Sainte-Croix de Quimperlé et de Saint-Sauveur de Dinan. La présence de chapiteaux sculptés sur les colonnes engagées indique un chantier doté de sculpteurs qualifiés.

Le vitrail intérieur — même programme que C2–C4

Depuis l'intérieur, la lancette C5 présente le même vitrail contemporain à formes libres que ses voisines, avec une palette ici légèrement plus chaude dans la partie basse (ocre, vert olive, bleu de cobalt) qui pourrait indiquer une légère variation entre les panneaux du bas et du haut. La colonnette à chapiteau visible à gauche de la baie, dans l'ébrasement, appartient à l'articulation de la travée droite du chœur avec le départ de l'hémicycle — un détail constructif précieux qui suggère que l'ébrasement est taillé dans un appareil distinct de la colonnade extérieure. L'efflorescence saline à la base des pieds-droits intérieurs, bien visible sur la photographie, indique des remontées capillaires significatives qui menacent les joints et la base des vitraux.

Synthèse du chœur roman — lecture d'ensemble après les cinq baies

La mise en série des cinq baies du chœur et du déambulatoire (C1 à C5) permet de dresser un portrait cohérent de l'édifice roman d'origine. Le chœur est un hémicycle à plusieurs travées rythmé par des colonnes engagées cylindriques à chapiteaux sculptés, chaque travée percée d'une lancette à plein cintre à archivolte à rouleaux. La travée axiale orientale (C2) se distingue par des colonnettes en délit à chapiteaux et une double ouverture superposée — marquage fort de l'axe liturgique. La baie C1, de format rectangulaire, appartient au déambulatoire sud dans sa partie la plus sobre. Les baies C4–C6 éclairent la chapelle absidiale. L'ensemble est taillé dans le granite rose du Yaudet, mis en œuvre en bossages réguliers d'une régularité que la nef gothique ultérieure n'égale pas. Ce chœur roman constitue le témoignage architectural le plus direct de la fondation du XIIe siècle à Brélévenez.

Détail — vitrail de C5 et état de l'ébrasement Baie C5, détail du vitrail et ébrasement avec lichen
Vue rapprochée depuis l'ébrasement : la composition du vitrail évoque une colombe stylisée en bleu-mauve et turquoise sur fond blanc, avec un cercle à la base — forme très différente des arabesques de C2 et C4, pouvant suggérer un programme iconographique discret pour la chapelle absidiale. L'ébrasement présente une colonisation significative par le lichen sur les deux pieds-droits, plus avancée que celle observée en C3 et nécessitant un traitement préventif urgent pour protéger les joints de plomb et le granite.
BaieC6

Lancette romane à archivolte à rouleaux multiples — chapelle absidiale

Roman — archivolte tore/gorge/filet, chapiteau sculpté figuratif ou zoomorphe ; vitrail contemporain
XIIe s.
Vue intérieure Baie C6, vue intérieure — chapelle absidiale
Depuis la chapelle absidiale — lancette à plein cintre dans un ébrasement en granite rose ; vitrail contemporain bleu ciel, turquoise, vert, blanc ; châsse ou reliquaire néo-gothique en dépôt au premier plan

La vue la plus proche des détails sculptés

La vue extérieure de C6 est la plus proche et la plus nette de toutes les vues extérieures du chœur : elle permet d'observer à bonne résolution l'archivolte de la lancette et, surtout, le chapiteau de la colonne engagée à gauche. Ce chapiteau est le seul du corpus à montrer un décor dont la nature précise reste à confirmer : on distingue des formes entrelacées qui pourraient être des feuillages à crochets retournés ou des figures animales ou humaines schématisées. Ce type de décor — entrelacs de feuillages et d'animaux sur la corbeille du chapiteau — est comparable à la sculpture romane bretonne du XIIe siècle avancé, influencée par les modèles normands et saintongeais. Une photo très rapprochée du chapiteau reste nécessaire pour trancher.

L'archivolte — profil à tore et gorge

L'archivolte en plein cintre présente deux rouleaux bien distincts : un rouleau extérieur large à profil torique (demi-rond en saillie) et un rouleau intérieur à gorge creuse, séparés par un filet. Ce profil — tore / gorge / filet — est l'un des profils d'archivolte les plus classiques du roman breton du XIIe siècle, que l'on retrouve dans des édifices comparables comme l'abbatiale de Daoulas ou le prieuré de Loc-Envel. La qualité de la taille est bien préservée à cet emplacement.

Contexte liturgique intérieur

La présence d'un objet liturgique de grande taille au premier plan — vraisemblablement une châsse ou un reliquaire à forme architecturale néo-gothique — est à interpréter comme un simple dépôt dans cet espace, sans lien avec la fonction courante de la baie. Le vitrail contemporain projette depuis l'ébrasement une lumière froide et apaisante en bleu ciel et turquoise. Son auteur n'est pas identifié avec certitude dans le cadre de ce relevé.

Détail — vitrail de C6, vue plongeante Baie C6, vue plongeante sur le vitrail contemporain dans l'ébrasement
Vue plongeante depuis l'ébrasement sur l'ensemble de la lancette : quatre registres de composition abstraite sont lisibles — arabesques en bleu pâle, turquoise et vert sur fond blanc, avec une touche de vert émeraude au bas. La composition, plus ample que celle des baies voisines, occupe toute la largeur de la lancette sans les éléments circulaires présents en C5. L'ébrasement apparaît en bon état général, sans colonisation biologique notable. La base de la baie présente cependant quelques amas de sable et de débris à nettoyer.
BaieC7

Lancette très étroite à ébrasement conique — déambulatoire nord-est

Roman — ouverture très étroite dans mur épais, encadrement simple à plein cintre, sans colonne engagée ; vitrail contemporain
XIIe s.
Vue intérieure Baie C7, vue intérieure — ébrasement très profond
Depuis le déambulatoire nord-est — ébrasement en entonnoir extrêmement profond à pans convergents ; vitrail bleu-vert-blanc très pâle ; mur lisse enduit de mortier blanc
Vue extérieure Baie C7, vue extérieure rapprochée — ouverture minuscule entre deux colonnes engagées
Vue rapprochée de C7 : la disproportion entre cette ouverture très étroite et les colonnes engagées voisines est ici pleinement visible. La fente verticale d'environ 10–15 cm de large, à encadrement simple chanfreiné sans rouleau ni colonne, contraste radicalement avec les lancettes à archivoltes soignées de l'hémicycle. Sa fonction exacte reste indéterminée. L'appareil en granite rose bossagé régulier est identique à celui des autres travées.
Vue contextuelle extérieure — C7 dans la travée droite du déambulatoire Vue extérieure de C7 dans son contexte — éloignée, toiture de l'abside visible
Vue éloignée depuis le chevet : C7 (à droite) apparaît dans la travée droite du déambulatoire, clairement distinct de l'hémicycle à colonnes engagées (à gauche). Cette vue montre que C7 appartient à une zone architecturale différente — murs plus épais, absence de colonnes décoratives, ouverture réduite au minimum fonctionnel.
Vue contextuelle — déambulatoire nord-est Baie C7 dans son contexte — déambulatoire nord-est avec arcade romane sculptée
Vue depuis le déambulatoire nord-est : à droite, l'ébrasement en entonnoir de C7 dont l'appui de pierre blanche est bien visible. À gauche, une arcade à plein cintre avec tympan sculpté — trois personnages en bas-relief identifiables (scène non encore analysée) — et une porte cintrée murée. Cet ensemble non encore documenté est un élément sculpté vraisemblablement roman, à rapprocher des chapiteaux de l'hémicycle. La lumière verte projetée par les vitraux du chœur sur le parement de granite est visible sur la gauche.
Détail — vitrail de C7 Baie C7, détail du vitrail contemporain dans l'ébrasement conique
Vue depuis l'ébrasement : composition en trois registres — formes sinueuses en bleu-mauve et turquoise dans les deux registres supérieurs, forme circulaire bleu-vert dans le registre inférieur, sur fond blanc. Le style est cohérent avec le programme du chœur. Les parois de l'ébrasement sont propres, sans colonisation biologique — contraste avec C3 et C5. On note des toiles d'araignées dans les angles inférieurs, indicateur d'une ventilation minimale.

La baie la plus austère — déambulatoire nord-est

La baie C7 tranche avec toutes les lancettes de l'hémicycle et de la chapelle absidiale par sa minceur extrême et l'absence totale de décor de l'encadrement extérieur. Côté extérieur, l'ouverture se réduit à une fente verticale d'environ 10 à 15 cm de large, close d'un arc en plein cintre à peine perceptible, sans colonne engagée, sans rouleau mouluré saillant, avec un encadrement à simple chanfrein. L'absence de colonnes engagées alentour est cohérente avec l'appartenance de cette baie à la partie droite du déambulatoire nord-est — une zone de transition plus sobre, aux murs épais, distincte de l'hémicycle proprement dit où se concentre le décor sculpté.

L'ébrasement intérieur — profondeur exceptionnelle

La vue intérieure est la plus saisissante de toutes les baies du chœur : l'ébrasement forme un entonnoir profond à pans largement convergents, taillé dans le granite rose fin poli, dont les faces intérieures sont nettement inclinées. Cette profondeur trahit une épaisseur de mur exceptionnelle à cet emplacement — vraisemblablement 80 à 100 cm entre nu extérieur et nu intérieur — cohérente avec la fonction structurelle de la travée de jonction entre déambulatoire et nef. Le mur intérieur est couvert d'un enduit de mortier blanc récent qui masque l'appareil d'origine.

Élément à documenter ultérieurement — arcade sculptée du déambulatoire nord-est

La vue contextuelle depuis le déambulatoire révèle un élément architectural jusqu'ici non documenté dans ce relevé : une arcade à plein cintre avec un tympan sculpté en bas-relief, visible dans l'axe du déambulatoire nord-est, surmontant une porte cintrée aujourd'hui murée. Ce tympan, dont on distingue au moins trois personnages schématisés (debout ou en buste ?), constitue un élément sculpté vraisemblablement roman, dont le sujet et la fonction restent à documenter — à distinguer des chapiteaux de l'hémicycle, qui relèvent d'un décor architectural plutôt que narratif. Une documentation photographique rapprochée et une identification iconographique de cette arcade sont à prévoir comme complément au présent relevé.

Hiérarchie architecturale du chœur — synthèse des sept baies

Les sources locales précisent que les lancettes romanes sont « longues et étroites comme des meurtrières, orientées vers le sud ou l'est, sauf une » — cette exception est vraisemblablement C7, orientée nord-est. Avec C7, le relevé du chœur et du déambulatoire est complet sur sept baies documentées (C1–C7). La lecture d'ensemble met en évidence une hiérarchie architecturale nette : l'hémicycle et la chapelle absidiale (C2–C6) sont soigneusement ornés — colonnes engagées, chapiteaux sculptés, archivoltes à rouleaux profilés, granite rose bossagé régulier ; les parties du déambulatoire (C1, C7) sont nettement plus sobres — encadrements simples, murs épais, sans colonnes ni moulures. Cette hiérarchie reflète les priorités liturgiques et symboliques de l'édifice roman : le décor sculpté se concentre autour de l'axe du sanctuaire, et s'efface dans les espaces de circulation. La découverte du tympan sculpté en C7 nuance cependant ce constat : même les espaces de circulation n'étaient pas entièrement dépourvus d'images.

Horssérie

Deux ouvertures disparues

Lucarne sur la toiture du déambulatoire Lucarne sur la toiture du déambulatoire
Il s'agissait d'une petite lucarne de combles, s'apparentant à une lucarne jacobine (à pignon double pente) ou à une lucarne capucine (à croupe frontale).
Lumière dans le chœur La chaire et le chœur
Vue du chœur de l'église au début du vingtième siècle.

La lucarne du déambulatoire

Sa fonction principale était utilitaire (apport de jour technique et ventilation). L'ouverture est étroite, de proportion verticale et de forme rectangulaire. Elle est équipée d'un dormant en menuiserie bois. À l'époque du cliché, elle ne semble pas vitrée mais munie soit d'un châssis fixe simple, soit d'un volet plein pour protéger l'intérieur des intempéries.

Les parois latérales (les jouées) sont triangulaires, verticales et perpendiculaires à la pente du toit. Elle est implantée sur le tiers inférieur de la toiture en cul-de-four (semi-conique) qui coiffe l'abside romane (visible à gauche).

Reprise des charges : Son intégration a nécessité la création d'un chevêtre dans la charpente historique. Cette pièce de bois horizontale a permis de couper un ou deux chevrons d'origine pour encadrer la lucarne tout en reportant le poids de la couverture de part et d'autre.

Matériaux et étanchéité : La structure portante de la lucarne est une cage en bois (charpente légère) entièrement assemblée à l'avancement lors d'un remaniement de la toiture. Le toit de la lucarne ainsi que ses jouées extérieures sont entièrement revêtus d'ardoises, posées au clou (probablement de l'ardoise locale de schiste). Cet habillage assure la continuité de l'étanchéité avec le reste de la couverture du chevet. La liaison des deux versants de la lucarne est protégée par un lignolet d'ardoises ou un léger faîtage en zinc, se terminant à l'avant par une petite pointe de pignon pointue.

Cette structure, bien que de facture modeste et tardive par rapport au reste du chevet roman, présentait une exécution technique soignée pour s'adapter à la courbure complexe d'une toiture en hémicycle, avant sa dépose complète.

Le système d'éclairage en second jour

Ce dispositif architectural très ingénieux correspond à un système d'éclairage en second jour. Il permet d'amener la lumière naturelle dans un espace aveugle ou obstrué en lui faisant traverser un volume intermédiaire.

Dans le cas de l'église de Brélévenez, la mise en place du monumental retable baroque est venue masquer les fenêtres de l'abside romane d'origine. Pour conserver une mise en valeur lumineuse du couronnement du retable, les bâtisseurs ont conçu un parcours optique précis à travers la toiture.

1. La captation : Les lucarnes en rampant de toiture

L'apparition de la lumière débute par une prise de jour à l'extérieur de l'édifice. La lucarne (et sa jumelle très probable sur le versant opposé) fait office d'ouverture primaire. Percées dans le rampant (le plan incliné) de la couverture en ardoise, elles captent le faisceau incident de la lumière du soleil. La présence de deux lucarnes opposées (nord/sud ou est/ouest selon l'orientation exacte du chevet) permet d'optimiser le captage lumineux en fonction de la course du soleil, garantissant un apport de lumière le matin d'un côté, et l'après-midi de l'autre.

2. La transmission : Le franchissement du volume sous charpente

Une fois captée, la lumière doit traverser l'espace obscur situé entre la toiture extérieure et la voûte intérieure. La lumière pénètre dans ce volume technique. Pour que le système fonctionne, il faut une coaxialité (un alignement) relative entre l'axe de la lucarne extérieure et l'ouverture intérieure. Dans les charpentes denses, il arrivait que l'on construise un conduit en volige (planches de bois) entre la lucarne et la baie intérieure pour éviter que la lumière ne se disperse dans les combles et former un véritable « canon à lumière ». Même sans conduit, l'alignement direct suffit à projeter un faisceau continu.

3. L'interface intérieure : Les baies de pénétration

Le faisceau lumineux atteint ensuite la structure interne du chœur. La lumière traverse les ouvertures aménagées dans le lambris de couvrement (la voûte en bois) ou le cul-de-four de l'abside. Ces baies agissent comme des diaphragmes. C'est à ce moment précis que la lumière devient visible depuis la nef. Elle entre dans l'espace liturgique sans que les fidèles ne puissent en voir la source directe (le ciel ou le soleil), créant une source lumineuse apparemment spontanée.

4. La restitution : L'effet scénographique sur le retable

Ce dispositif n'est pas qu'utilitaire, il est profondément esthétique et théâtral, répondant parfaitement aux codes de l'architecture et de la liturgie baroques du XVIIe siècle. Un éclairage zénithal et rasant : la lumière tombe d'en haut (éclairage zénithal) sur les parties supérieures du retable (le couronnement et l'entablement). Ce faisceau accroche les dorures, les corniches saillantes et les sculptures (comme les anges musiciens ou les allégories au sommet). Il crée un puissant clair-obscur, donnant du relief au bois sculpté et attirant le regard des fidèles vers le sommet de l'autel, perçu comme une source de lumière « divine » descendant sur le chœur.

L'oculus quadrilobé disparu

On aperçoit dans le chœur, au-dessus des baies qui éclairent de chaque côté du retable, un oculus quadrilobé, appelé couramment un quadrilobe, aujourd'hui disparu.

C'est un élément caractéristique et très élégant de l'architecture gothique. Le terme vient du latin quattuor (quatre) et lobus (lobe). La forme est en effet composée de quatre arcs de cercle, qui se déploient autour d'un centre commun, un peu comme les pétales d'une fleur ou un trèfle à quatre feuilles. Les petites pointes de pierre tournées vers l'intérieur, qui séparent chaque demi-cercle, s'appellent des redents (ou des écoinçons).

Cet oculus est percé directement dans le tympan (la partie supérieure maçonnée) qui surmonte les deux baies jumelées. Le regroupement de deux baies longues et étroites (appelées des lancettes) surmontées par un oculus (ici un quadrilobe) est la structure fondamentale de la fenêtre gothique (ou baie à remplage). Sa présence indique clairement un remaniement gothique du chevet (qui a des origines romanes). Ce type d'ouverture était conçu pour alléger le mur et maximiser les surfaces vitrées.

Avant d'être bouché, ce quadrilobe était vitré (souvent avec des vitraux colorés ou de la grisaille). Il servait à apporter un éclairage d'appoint dans les parties très hautes du chœur, juste sous la naissance de la voûte, complétant la lumière zénithale des baies inférieures. Le fait que cette ouverture soit aujourd'hui bouchée (devenant ce que l'on appelle une baie ou un réseau aveugle) est fréquent dans l'histoire des églises. Cela résulte généralement de modifications architecturales extérieures réalisées au fil des siècles : un exhaussement des toitures des bas-côtés, l'adjonction d'une sacristie extérieure qui vient masquer la fenêtre, ou encore une consolidation maçonnée nécessitée par des fragilités structurelles.

§ 5Synthèse — Lecture stratigraphique comparée

L'examen croisé des murs nord, sud et du chœur roman permet désormais de proposer une lecture stratigraphique synthétique de l'édifice, en cinq grandes phases.

Note préalable sur l'hétérogénéité de l'appareil : la nef est reconstruite en schiste vert au XIVe–XVe siècle par ordre du duc de Bretagne, qui avait imposé la destruction des fortifications mises en place par le connétable Olivier de Clisson durant la guerre de Succession de Bretagne. Ce fait explique pourquoi le chœur roman (granite rose) et la nef (schiste) sont d'une qualité d'appareil si différente.

Le premier état (XIIe s.) est celui de la construction romane d'origine. Il est désormais documenté par sept baies du chœur et du déambulatoire — C1 à C7 — qui permettent de reconstituer le chœur roman dans sa quasi-intégralité. La vue extérieure de la baie C5 est particulièrement précieuse : elle révèle l'abside dans son ensemble, avec sa succession de colonnes engagées cylindriques à chapiteaux sculptés séparées par des lancettes à plein cintre à archivoltes à rouleaux, le tout en granite rose bossagé d'une régularité et d'une qualité d'exécution supérieures à la nef. L'arc légèrement outrepassé de C4 introduit une nuance typologique (influence normande ou saintongeaise ?) qui méritera des comparaisons avec d'autres édifices romans bretons du même type. Les baies C1 et C7 appartiennent au déambulatoire ; C4–C6 éclairent la chapelle absidiale. Dans la nef, le vestige de cet état roman n'est plus que contextuel : un négatif de baie romane murée visible au-dessus de N1.

Le deuxième état (à partir de 1394, sur ordre du duc de Bretagne) est la gothicisation progressive de la nef. Les bas-côtés sont alors refaits, comme en témoignent les clés de voûte armoriées conservées (armoiries de Roland de Coëtmen et Jeanne de Penhoët, de Thomas de Kérimel mort en 1397), par ajout de baies nouvelles sans toucher au chœur. La séquence va du biforium à tympan nu (N2) aux biforia à oculus circulaire torique (S4–S6), en passant par les intermédiaires S1/S2 (trilobe ouvert par le meneau en Y), N3 (quadrilobe à quatre pétales courbes) et S8 (têtes cinquefoilées et quadrilobe). L'oculus conique isolé S7, par la sobriété de son encadrement et la profondeur de son ébrasement, pourrait être un vestige de cette période ou du premier état roman.

Le troisième état (XVe–XVIe s.) est la grande campagne flamboyante : N4, N5, S3, et S9 — cette dernière constituant avec sa rose étoilée à pointes saillantes le remplage le plus complexe et le plus tardif de tout l'édifice.

Le quatrième état (XIXe s.) est la restauration néo-gothique : oculus elliptique N1, grisailles géométriques uniformes dans toutes les baies de la nef, barlotières métalliques. C'est aussi lors de cette campagne, en 1844, que la nouvelle sacristie est construite, entraînant la redécouverte et le déplacement de la baie S9 vers le mur sud (voir fiche S9). Le vitrail à peltes polychromes de S8 constitue dans ce cadre une commande distincte et plus ambitieuse chromatiquement.

Le cinquième état (XXe s.) introduit deux ensembles de vitraux contemporains. Dans la nef, la grande verrière S9 reçoit un vitrail figuratif signé Hubert de Sainte-Marie, maître verrier de Quintin, daté 1956 (signature H.S.M. Q.1956 lisible en bas d'une lancette) : saints en pied tenant des maquettes d'église et des clés, personnage couronné avec cierge, figure féminine nimbée — un programme iconographique complet en style expressif d'après-guerre, radicalement différent des grisailles géométriques du reste de l'édifice. Dans le chœur et le déambulatoire (C2–C7), un programme cohérent à formes libres est déployé par un ou plusieurs auteurs non identifiés avec certitude. Ces deux ensembles constituent la seule prise de position esthétique délibérément contemporaine dans l'édifice, plaçant le XXe siècle en dialogue direct avec les encadrements romans les plus anciens et avec le remplage flamboyant le plus élaboré. La Tour de Plomb — tour massive dans l'angle de la chapelle de la Trinité, qui servait autrefois de clocher et de tour de guet — encadre visuellement les baies S8 et S9 et constitue le dernier élément roman visible de l'extérieur.

§ 6Lexique des termes techniques

TermeDéfinition
AppareilMode d'assemblage des pierres de taille ; un appareil régulier (assises horizontales de même hauteur) indique un ouvrage soigné.
Arc brisé en tiers-pointArc dont le centre de chaque demi-cercle est sur la corde de l'autre : profil le plus aigu et élancé du gothique.
Arc de déchargeArc noyé dans l'épaisseur du mur, au-dessus d'une baie, pour reporter les charges sur les pieds-droits.
Arc outrepasséArc dont la courbe dépasse le demi-cercle avant de revenir vers l'axe, donnant un profil en fer à cheval.
ArchivolteMoulure continue suivant la courbe extérieure d'un arc ; peut être à un ou plusieurs rouleaux concentriques.
BarlotièreTige de fer horizontale traversant la baie pour consolider les panneaux de verre plombés.
BiforiumGroupe de deux baies jumelles séparées par un meneau.
Came / plombProfilé en H maintenant les pièces de verre entre elles dans un vitrail.
CrossetteÉpaulement horizontal aux angles inférieurs d'un encadrement gothique.
ÉbrasementÉpaisseur biseautée de la paroi autour d'une baie ou d'une niche.
Gothique flamboyantPhase tardive du gothique (XVe s.) aux réseaux mouvementés : mouchettes en S, soufflets, formes en flamme.
Gothique rayonnantPhase du gothique (XIIIe–XIVe s.) à réseaux géométriques fins et rose développée.
GrisailleVitrail à dominante blanche ou gris-vert, peu coloré, filtrant la lumière sans la théâtraliser.
LancetteBaie étroite à arc brisé aigu, typique du gothique.
Lobe / trilobe / quadrilobeDécoupe en arc de cercle formant 3 ou 4 pétales dans un oculus ou un tympan.
MeneauMontant de pierre divisant verticalement une fenêtre.
MouchetteForme recourbée en S ou en croissant dans un remplage flamboyant.
Oculus / œil-de-bœufBaie circulaire ou elliptique.
Pelte / larmeForme ovale à bout arrondi, utilisée comme module de remplissage de vitrail.
RegistreBande horizontale délimitée par les barlotières, formant un niveau de composition dans un vitrail.
RemplageRéseau de pierre découpée garnissant le tympan d'une fenêtre gothique (lobes, soufflets, mouchettes…).
Rose / rosaceBaie circulaire à remplage rayonnant ou lobé, placée au sommet d'une fenêtre ou dans un pignon.
Rouleau (d'archivolte)Chacun des arcs concentriques formant une archivolte moulurée.
SchisteRoche métamorphique feuilletée, utilisée en Bretagne pour le blocage et le remplissage des murs.
SouffletForme en ogive pointue entre deux lobes dans un remplage flamboyant.
TripletGroupe de trois lancettes sous un tympan commun. Note : le terme « triforium » désigne strictement la galerie de circulation au-dessus des arcades de la nef, et non une fenêtre à trois lancettes.
TympanSurface délimitée par l'arc principal et la partie haute des lancettes ; peut être plein ou ajouré par un remplage.

§ 7Note méthodologique

Ce relevé repose sur l'analyse photographique comparée des vues intérieures et des vues extérieures, prises en plusieurs campagnes. Les datations proposées sont des estimations stylistiques fondées sur la comparaison avec le corpus de l'architecture gothique bretonne et trégoroise, et sur les données de l'Inventaire général. L'attribution du vitrail de la baie S9 à Hubert de Sainte-Marie, maître verrier de Quintin, est confirmée par la signature visible sur le vitrail lui-même : « H.S.M. / Q.1956 », soit Hubert de Sainte-Marie, Quintin, 1956.

Étude établie avec l'aide d'un outil d'intelligence artificielle (Claude, Anthropic, Sonnet 4.6).

Document établi à partir de photographies prises en 2026 (mur nord, mur sud, chœur et déambulatoire).

§ 8Chronologie des campagnes de construction

Période Style Caractéristiques Baies concernées
XIIe s. Roman Granite rose bossagé à assises régulières ; hémicycle à colonnes engagées cylindriques à chapiteaux sculptés (C5) ; lancettes à plein cintre à archivoltes à rouleaux (C2–C5), dont une à arc légèrement outrepassé (C4) ; colonnettes en délit (C2) ; baie de service rectangulaire (C1) ; baie murée en nef (contexte N1) C1–C7 + contexte mural N1
XIIIe–XIVe s. Gothique breton primitif puis rayonnant Arc brisé élancé, tympan nu (N2) ; trilobe par meneau en Y (S1, S2) ; quadrilobe à quatre pétales courbes (N3) ; série à oculus circulaire torique (S4, S5, S6) ; oculus conique isolé, hypothèse romane (S7) ; biforium à têtes cinquefoilées et quadrilobe (S8) N2, S1, S2, N3, S4, S5, S6, S7(?), S8
XVe–XVIe s. Gothique flamboyant trégorois Remplages sculptés : mouchettes, soufflets, trilobes imbriqués (N4, N5) ; têtes trilobées et réseau de soufflets/mouchettes (S3) ; grande rose étoilée à pointes saillantes fenêtre à quatre lancettes (S9 — le remplage le plus élaboré) N4, N5, S3, S9
1394 Gothique breton (reconstruction partielle) Reconstruction des bas-côtés de la nef en schiste vert, sur ordre du duc de Bretagne (suite aux destructions des fortifications de Clisson). Clés de voûte armoriées : Roland de Coëtmen / Jeanne de Penhoët ; Thomas de Kérimel (†1397) Murs de la nef, bas-côtés
Av. 1630 Menuiserie / retable Installation du retable de la chapelle nord, offert par Gilles Le Borgne, seigneur de Goaz Wenn — baie S9 occultée derrière ce retable S9 (bouchage)
XVIIe s. Menuiserie / retable Retable de la corporation des tisserands (Texiers) de Crec'h Tanet — fenêtre gothique bouchée au-dessus de l'ossuaire (chapelle de la Trinité, mur est) Baie bouchée sud
1639 Restauration — ordre des Carmes L'ordre des Carmes de Lannion restaure l'ensemble de l'église ; pose de trois colonnes au-dessus du porche pour contrebuter le mur sud Structure générale
1660 Retable du Maître-Autel Construction du retable du Maître-Autel, commandé par le comte de Lannion à Olivier Martinet de Laval — colonnes de marbre noir et tuffeau, dédié à Notre-Dame-des-Neiges — entraîne le murage des baies du déambulatoire Baies C1–C7 (bouchage)
1707 Mobilier Tabernacle du maître-autel, œuvre de l'atelier Guérin de Brélévenez Mobilier
1844 Travaux — sacristie Reconstruction de la sacristie par Alain Lagat (trésorier de la fabrique, maître-maçon) — redécouverte de S9 et de pierres tombales (dont une croix de Malte) ; déplacement de S9 vers le mur sud S9 (déplacement)
1933 Restauration XXe s. Réouverture de la fenêtre ronde de la Tour de Plomb (S7) et pose d'un nouveau vitrail S7
XIXe s. Néo-gothique (restauration) Oculus elliptique rapporté (granite rose monolithe) ; vitraux géométriques intérieurs dans toutes les baies ; barlotières métalliques ; vitrail polychrome à peltes (S8) N1 + vitraux de toutes les baies
XXe s. Intervention contemporaine Vitrail figuratif de la grande verrière S9 signé Hubert de Sainte-Marie, maître verrier de Quintin (H.S.M. Q.1956) — saints en pied, maquettes d'église, attributs liturgiques ; programme de vitraux contemporains à formes libres dans l'ensemble du chœur et du déambulatoire (C2–C7), auteur non identifié avec certitude S9 (vitrail figuratif H. de Sainte-Marie, 1956), C2–C7 (vitraux contemporains)

§ 9Tableau récapitulatif

Les ouvertures bouchées et disparues font l'objet de fiches hors série et ne figurent pas dans ce tableau.

Tableau synthétique des baies relevées
N° Type de baie Arc extérieur Remplage (tympan) Vitrail intérieur Datation
1 Oculus elliptique Plein cintre ovale, monolithe granite rose — (baie circulaire) Damier octogones/carrés, bleu pâle, jaune-vert XIXe s. ; négatif d'une ouverture antérieure, datation indéterminée
2 Biforium ogival Arc brisé en tiers-point, arc de décharge plein cintre Tympan nu, sans remplage Damier carrés/losanges bleu-vert pâle XIIIe–XIVe s.
3 Triplet à quadrilobe Arc brisé sous arc plein cintre enveloppant Quadrilobe à quatre pétales courbes taillé dans la masse Damier losanges polychrome (rouge, bleu, vert, kaki) XIVe s.
4 Biforium flamboyant Arc brisé surbaissé, archivolte à 2 rouleaux Mouchettes + soufflets + trilobe en pierre Peltes/larmes en quinconce, palette polychrome XVe s.
5 Triplet flamboyant Arc brisé tiers-point, archivolte à 2 rouleaux Trilobes + soufflets + mouchettes en pierre Damier losanges polychrome XVe s.
S1 Biforium à meneau en Y, dans grand arc enveloppant Arc brisé tiers-point sous plein cintre de décharge ; petite baie basse annexe Trilobe ouvert formé par le meneau en Y Damier octogones/carrés, bleu-vert et vert pâle ; croupette voûtée en ébrasement XIVe s.
S2 Biforium à meneau en Y — vue rapprochée Arc brisé tiers-point, archivolte à 1 rouleau, larmier d'appui Trilobe dans tympan formé par branches du Y Damier octogones/carrés polychrome (bleu, vert, kaki, brun) XIVe s.
S3 Triplet flamboyant à têtes trilobées et réseau de soufflets/mouchettes Arc brisé sous archivolte plein cintre à 2 rouleaux Têtes trilobées sur les lancettes + soufflets et mouchettes en S imbriqués dans le tympan Camaïeu de bleus (damier carrés/losanges) + turquoise dans la rose XVe s.
S4 Biforium à oculus circulaire — vue en biais Arc brisé tiers-point sous arc de décharge ; ébrasement profond Oculus circulaire torique dans le tympan, meneau en Y Damier octogones/carrés bleu-turquoise-vert, oculus en tons clairs XIVe s. (2e moitié)
S5 Biforium à oculus circulaire — même série Arc brisé tiers-point, archivolte à 1 rouleau ; tore partiellement érodé Oculus circulaire (tore partiellement brisé), meneau en Y Damier bleu-turquoise à dominante plus claire que S4 XIVe s. (2e moitié)
S6 Biforium à oculus circulaire — exemplaire le mieux conservé Arc brisé tiers-point, archivolte à 1 rouleau ; tore intact ; larmier végétalisé Oculus circulaire torique intact, meneau en Y Damier bleu-turquoise-vert avec pièces brun-orangé dans le registre bas XIVe s. (2e moitié)
S7 Oculus circulaire isolé à ébrasement conique Cercle chanfreiné simple, sans moulure ; fissure bas droite — (baie circulaire sans remplage sculpté) Grisaille octogones/carrés en vert foncé et bleu pâle, barlotières en croix XIIe–XIIIe s. (hypothèse)
S8 Biforium à têtes cinquefoilées et quadrilobe Arc brisé tiers-point à 1 rouleau ; lancettes à têtes cinquefoilées (5 lobes) ; colonnettes de meneau Quadrilobe dans le tympan ; têtes cinquefoilées sur les lancettes Grandes peltes (formes ovales à bout arrondi) en rouge, bleu-turquoise, jaune-vert — vitrail polychrome figuré (XIXe ou début XXe s.) XIVe–XVe s.
S9 Grande verrière flamboyante à quatre lancettes Arc brisé à 2 rouleaux ; 4 meneaux continus ; rose étoilée à pointes saillantes Rose étoilée + soufflets imbriqués + mouchettes — remplage le plus complexe de l'édifice Vitrail figuratif signé Hubert de Sainte-Marie, Quintin, 1956 (H.S.M. Q.1956) — saints en pied, maquette d'église, attributs : clé, cierge ; fond rouge/bleu/turquoise/jaune XVe–XVIe s. / vitrail 1956
C1 Baie rectangulaire basse — déambulatoire sud Linteau plat, encadrement à crossette simple, pris entre deux contreforts — (baie rectangulaire sans arc ni remplage) Grisaille octogones/carrés vert bouteille, ocre et bleu pâle (XIXe s.) XIIe s.
C2 Lancette romane à plein cintre, double niveau — travée axiale du chœur Plein cintre à 3–4 rouleaux moulurés ; colonnettes en délit à chapiteaux sculptés ; appareils bossagés ; petite lancette haute surajoutée — (baie romane sans remplage sculpté) Vitrail contemporain (XXe s.) — grande forme serpentante bleu-vert-blanc ; lancette haute : formes libres bleu roi XIIe s. / vitrail XXe s.
C3 Lancette romane à plein cintre — travée latérale de l'hémicycle Plein cintre à 1 rouleau, colonnettes arasées ou absentes, entre deux contreforts-colonnes engagées — (baie romane sans remplage sculpté) Vitrail contemporain (XXe s.) — formes libres bleu ciel, vert pâle, blanc, ocre XIIe s. / vitrail XXe s.
C4 Lancette romane à archivolte outrepassée — travée nord du chœur Plein cintre légèrement outrepassé à 2 rouleaux, gorge creuse ; colonnes engagées ; mur mince, ébrasement quasi nul — (baie romane sans remplage sculpté) Vitrail contemporain (XXe s.) — formes libres bleu, turquoise, rose, vert XIIe s. / vitrail XXe s.
C5 Lancette de l'hémicycle — vue d'ensemble de l'abside Plein cintre à encadrement simple entre colonnes engagées à chapiteaux sculptés ; appareil bossagé régulier — (baie romane sans remplage sculpté) Vitrail contemporain (XXe s.) — formes libres bleu-vert-blanc-ocre ; efflorescences à la base XIIe s. / vitrail XXe s.
C6 Lancette romane — chapelle absidiale ; chapiteau figuratif ou zoomorphe Plein cintre à 2 rouleaux (tore + gorge + filet) ; colonne engagée à chapiteau sculpté figuratif à gauche — (baie romane sans remplage sculpté) Vitrail contemporain (XXe s.) — formes libres bleu ciel, turquoise, vert XIIe s. / vitrail XXe s.
C7 Lancette très étroite à ébrasement conique — déambulatoire nord-est Ouverture très étroite (~10–15 cm), arc plein cintre à peine surbrisé, sans colonne ni rouleau ; mur épais ~80–100 cm — (baie sans remplage, ouverture de passage) Vitrail contemporain (XXe s.) — grisaille très pâle, bleu clair, vert pâle, blanc XIIe s. / vitrail XXe s.

Fond vert clair : baies du mur sud. Fond beige : baies du chœur roman et du déambulatoire.

§ 10Bibliographie

Auteur(s) Titre Éditeur / Publication Date
Auteur, Prénom Titre de l'ouvrage de référence Éditeur, Lieu de publication AAAA
Auteur, Prénom « Titre de l'article » Nom de la revue, vol. X, n° X, p. XX–XX AAAA
Auteur, Prénom Monographie sur l'architecture gothique bretonne Éditeur, Lieu de publication AAAA
Direction des Beaux-Arts Dossier de protection — Église de la Trinité de Brélévenez DRAC Bretagne, Rennes AAAA
[Anonyme] « Retranscription d'un document historique sur l'église de Brélévenez » Archives privées 1951