Manuscrits retrouvés

Yves-Marie Salaün Écrits, cantiques & poèmes en langue bretonne

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« Koz Labourer » — paroissien de Brélévenez, poète et traducteur
Pleumeur-Bodou · Landreger · 1906 — 1913
Les pages qui suivent rassemblent la transcription de neuf documents manuscrits ou imprimés retrouvés, dus à la plume d'Yves-Marie Salaün, laboureur et poète de la paroisse de Brélévenez, signant tantôt de son nom, tantôt du pseudonyme Koz Labourer (« le vieux laboureur »). Une dixième et dernière section propose une notice de synthèse, établie pour la présente édition à partir de ces neuf pièces. L'orthographe ancienne du breton, telle qu'employée par l'auteur, a été scrupuleusement conservée ; seule la disposition en vers — absente des originaux, rédigés à la suite sans retour à la ligne — a été restituée ici pour chaque pièce poétique, d'après la métrique et la ponctuation du texte. En regard de chaque strophe bretonne figure une traduction française établie pour cette édition ; elle vise le sens plutôt que la lettre, et les tournures dont le sens reste incertain sont signalées comme telles.
texte bretontraduction française

Table des pièces

  1. Nécrologie — Kroaz ar Vretonedprose
  2. An Dies Iræ e Brezonegtraduction, vers
  3. In te Domine speraviprière, vers
  4. Kantik da Sant Ervoancantique, vers
  5. Da Sent hon Brocantique, vers
  6. Wit Gwel Sant Erwancantique, vers
  7. Otro Personpoème, vers
  8. Lettre sur le bulletin paroissialprose
  9. Maro ar Barz Kozmaronad, vers
  10. Notice historique et littéraireessai
Document I

Nécrologie

Brélévenez
paru dans Kroaz ar Vretoned

On vient de conduire à sa dernière demeure la dépouille mortelle de Yves-Marie Salaün, mort subitement dans l'allée de M. de Champagny, maire de Pleumeur-Bodou, mardi matin. Une foule nombreuse assistait à ses obsèques.

Kroaz-ar-Vretoned perd en lui un excellent collaborateur ; il écrivait très bien le breton. C'est avec plaisir qu'on lisait toujours les articles signés tantôt Koz Labourer, tantôt Y. M. S. — on était sûr d'être intéressé par sa prose.

Son travail consistait surtout à traduire, soit des fables de La Fontaine, soit des chansons populaires, voire même des hymnes latines — la langue de Virgile ne lui était pas étrangère. Il maniait adroitement la plume pour tout mettre en celtique ; sa langue maternelle était l'objet de sa prédilection.

Son cantique à saint Yves est à remarquer : il avait un culte spécial pour notre grand thaumaturge dont il portait le prénom. Sous une apparence tout à fait modeste, Yves-Marie Salaün cachait quasi un savant.

Puisse son saint patron avoir plaidé sa cause près de notre grand Maître, en témoignage de l'affection et de la vénération qu'il sut lui garder ici-bas.

Document II

An Dies Iræ e Brezoneg

Traduction bretonne du Dies Iræ
envoyée à M. le Recteur, 29 décembre 1906

Brélévenez, le 29 décembre 1906.

Monsieur le Recteur, je vous envoie cette traduction en vers bretons du Dies Iræ ; elle est faite en vers libres, ce n'est pas un mot à mot. Les vers ont huit pieds. J'en ai eu d'autant plus de peine à la faire que j'ai dû, pour cela, relire le texte latin. Je vous envoie par la même occasion mes plus sincères souhaits de bonne année.

Votre dévoué paroissien,
Yves-Marie Salaün.

Ton : Selaouet gant spont ac eston
breton
français
I
Devez a goler vo de-se
Devez glacharus bresive,
Padeuse ar Fin Devez ar bed,
Roue David neus hen laret.
Jour de pleurs sera ce jour-là, jour sombre et terrible, dernier jour du monde : le roi David l'a dit.
II
O pebeuz spont, pebeuz eston,
Pa dostao demous ho tron
Ar pec'her paour gant he grimo :
Pout diouthe deit a renko.
Ô quelle frayeur, quel effroi, quand s'approchera de son trône le pauvre pécheur avec ses fautes : il lui faudra en rendre compte.
III
An Drompil pa vezo clevet
Son en pevar chorn ar bed
Demous ho be ar re varo
Dar Jujamant a ranko.
Quand la trompette se fera entendre, sonnant aux quatre coins du monde, les morts sortiront de leur tombe pour se rendre au Jugement.
IV
Meze vo gvelat mat Doue
O tisquen en creiz an Ele
Gant he groas sacr ha beniquet ;
Dre phe an oll a vo barnet.
Alors on verra bien Dieu descendre au milieu des anges, avec sa croix sacrée et bénite ; par elle tous seront jugés.
V
Pelech' vo ho assurans
O c'houi pere var douar Frans
A neus gret bresel dar croaso,
Dan dud zantel ha d'ho lizo ?
Où sera votre assurance, vous qui, sur la terre de France, avez fait la guerre aux croix, aux gens saints et à leurs lois ?
VI
Ar Maro cri hac an Natur
A vo spountet adragur
Pa deuio da ressucitan
O grouadurien ar bed-man.
La Mort cruelle et la Nature seront saisies d'épouvante quand viendront ressusciter les créatures de ce monde.
VII
Eur levr a vezo digoret
En pechini a vo scrivet
Anju hac obero peb den ;
Jujet a vo herve e lesen.
Un livre sera ouvert, où seront inscrits le nom et les œuvres de chaque homme ; chacun sera jugé selon sa loi.
VIII
Ar Barner en he dron azeet
Netra dozan na vo cuc'het
A dont a rei ga goallian
Memeus ar follo dianteran.
Le Juge, assis sur son trône, à qui rien ne sera caché, viendra rendre justice, même des fautes les plus secrètes.
IX
Pequen malhurus e vin me,
Me deni da lavaret meuse,
A piou-ta ma difenno ?
Ar den just a vezo a greno.
Combien malheureux serai-je, moi qui n'ose le dire — qui donc me défendra, quand le juste lui-même tremblera ?
X
Spontet a vin, O ma Doue
O vont dirac ho Majeste ;
Zellet eta dous ma douso
Pardonet din ma vecheso.
Épouvanté je serai, ô mon Dieu, en allant devant votre Majesté ; regardez-moi avec douceur et pardonnez-moi mes péchés.
XI
O Jesus leun a garante
C'houi so ganet evidomp-me,
Na techet quet a ren collet,
Goude ar boan e deus gouzanvet.
Ô Jésus plein d'amour, vous qui êtes né pour nous, ne nous laissez pas nous perdre après la peine que vous avez soufferte.
XII
O pastor mad, c'houi so squizet
Var lerc'h an danved dionguet
Enduret he c'heus poanio bras,
Laget hoc'h bet marvet var groas.
Ô bon pasteur, vous vous êtes fatigué à poursuivre les brebis égarées ; vous avez enduré de grandes peines, hélas vous êtes mort sur la croix.
XIII
C'houi a zo eur just ac eur Barner,
A me n'hon nemet miser,
Pardonet din ma disurjo,
Aroc ar varn O ma Otro.
Vous êtes juste et vous êtes juge, et moi je ne suis que misère ; pardonnez mes désordres avant le jugement, ô mon Seigneur.
XIV
Dueun ha glachar zo hen c'halon,
Me c'houlen diganech poardon
Mez a meus deus ma vechet ;
Clevet ma feden, me ho ped.
Deuil et douleur emplissent mon cœur ; je vous demande pardon, j'ai honte de mes péchés ; entendez ma prière, je vous en prie.
XV
Ar Vadalen he heus pardonet,
Ar laer a c'heus chilaouet ;
Roët d'enive esperans,
Ennoc'h eman ma oll fians.
Vous avez pardonné à Madeleine, vous avez exaucé le larron ; vous m'avez donné l'espérance, en vous est toute ma confiance.
XVI
Ma fedenno a zo dister,
C'houi beget mad ha n'hom c'hefer
Ma d'ellet eus ar flammo ;
O pet true deus ma c'hemmo.
Mes prières sont peu de chose, mais vous êtes bon ; faites qu'il ne me faille pas subir les flammes, ayez pitié de mes fautes.
XVII
Eur plas he leuan da c'houlen
Bars en tu des davisquerien,
Entoues ar Sent ar Venteret,
Da pell demous ar e daounet.
Je viens demander une place du côté droit, parmi les saints élus, loin des damnés.
XVIII
Techet duze tud miliguet,
Dar flammo ne vo fin a bed :
Deuit mignoned fidel,
Pa deuit var joais eternel.
Fuyez, gens maudits, vers les flammes qui n'auront jamais de fin ; venez, amis fidèles, vers la joie éternelle.
XIX
O pedi aran, Ma Jesus,
Gret varzon eur zel truezus
Ma c'hallin goude ma maro,
Monet davedoc'h dan Envo.
Je vous prie, mon Jésus, ayez pour moi un regard de pitié, afin que je puisse, après ma mort, aller vers vous au ciel.
XX
O Deves cri leun a daëro,
Padeui goude pred ar maro
Ar pec'her da vezan barnet,
O pebeus spont na nevo quet.
Ô jour cruel plein de larmes, où le pécheur, après l'heure de la mort, sera jugé — quelle épouvante il y aura !
XXI
O Jesus leun a drugare,
Eus an anaon, o pet true,
A sort de er barados
Eur plas da viquen da repos.
Ô Jésus plein de miséricorde, ayez pitié des âmes des trépassés ; donnez-leur au paradis une place de repos éternel.
XXII
Guasches Mari Sent ac Ele,
Pia vefom zalvet gant Doue,
Pliget ganech hon c'hemeret
Ebars en Cales an Drindet.
Que Marie, les saints et les anges fassent que nous soyons sauvés par Dieu ; qu'il vous plaise de nous accueillir dans le palais de la Trinité.
Note manuscrite jointe, de l'auteur, accompagnant sa traduction — les retours à la ligne sont ici ceux du manuscrit original. Certains tours restent d'un sens incertain (signalés par [?]).
An hini neus gret quement man gret
A distroot en brezoneg
A so eur paour ques labourer
Nebend quice eun den dister.
Celui qui a fait tout ceci, qui l'a traduit en breton, n'est qu'un pauvre laboureur, un homme peu considérable.
Er bla mil eiz cont daou uguent
A pevar bla zo o uspen,
A voelis an deves quentan :
Costat ara an dirvan.
En l'année mil huit cent quarante, plus quatre ans encore [1844], je vis [?] mon premier troupeau : cela coûte cher à l'âge avancé [passage d'un sens incertain].
Var ma min be barer veret
Ar quirio man a vo scrivet :
Aman a repos eur christen ;
Laret evit han eur beden.
Sur ma tombe, quand elle sera creusée, ces mots seront écrits : ici repose un chrétien ; dites pour lui une prière.
Hic nunc jacet christianus,
Miserere mei, Deus.
Ici gît maintenant un chrétien.
Aie pitié de moi, mon Dieu.
(latin)
Eur Labourer — P. B.
Document III

In te Domine speravi

Prière courte
Y. M. Salaün
breton
français
Enoc'h ma Doue me esper
Dre verit Jesus ma Zalver
Graet ma vezin bepred fidel
Da heuilh ho lezen zantel.
En vous, mon Dieu, j'espère ; par les mérites de Jésus mon Sauveur, faites que je sois toujours fidèle à suivre votre sainte loi.
Document IV

Kantik da Sant Ervoan

War dôn an Hymn : Quis poli sedem
breton
français
Diskan
Otro Sant Ervoan, Patron ar Vretonet,
Ni deie d'ho pedi evit ma leuftefet.
Chilaou ac'hanomp, a zellet a drue
ouz ho pugale.
Seigneur saint Yves, patron des Bretons, nous venons vous prier, pour que vous nous éleviez. Écoutez-nous, et regardez avec pitié vos enfants.
(le diskan se chante après chaque strophe)
I
Tremen c'hoec'h kant vla a zo aboe c'he ganet
Barzen Kervarzin, Sant Ervoan vinniguet,
Biskoaz neuz gvelet eur beleg ken zantel
En don Breiz-izel.
Plus de six cents ans ont passé depuis que naquit, au manoir de Kermartin, saint Yves béni ; jamais on ne vit prêtre aussi saint en notre Basse-Bretagne.
II
Bugel, den yaouank, Sant Ervoan a gerze
E ndent ar furnes hag en doujang Doue,
Bepred war evez, tevit de neun virit
Dimeus ar pec'het.
Enfant, puis jeune homme, saint Yves marchait dans la sagesse et dans la crainte de Dieu, toujours vigilant à se garder du péché.
III
Rust en de gerer de gorf a gostie,
Ne oll obero gloar Doue a glaske,
He vue zo bet eur que a beden
hag a binijen.
Dur envers lui-même, il mortifiait son corps ; en tout il cherchait la gloire de Dieu ; sa vie fut une longue suite de prières et de pénitence.
IV
Pa vo de bardon ni yel da Landreger
Da bedi eur zant ken mad da labourer,
Na skwilho warnomp he venoz, he c'hraso
En hon ezomo.
Au jour du pardon, nous irons à Tréguier prier ce saint si bon, afin qu'il répande sur nous sa bonté, sa grâce, dans nos besoins.
V
Stouet dan daoulin dirak he relego
Saludomp ane, kasomp hon fedinno
Dan hini zo deut, dre e hrag ar Speret Glan
Da vean eur zant.
Agenouillés devant ses reliques, saluons-le, adressons nos prières à celui qui, par la grâce du Saint-Esprit, est devenu un saint.
VI
Heun a neuz karet, dalc'hmat al lealdet
hag ar wirione, en keit a neuz bevet,
Ni hon skweriomp warnan ha heuilhomp he roud
Wit mont dan nenvon.
Il a aimé, tout au long de sa vie, la loyauté et la vérité ; prenons-le pour modèle et suivons ses traces pour aller au ciel.
VII
Piou d'affe laret en niver burzudo,
An dud pareet, tennet ac'hwal risklo,
He dall da re glan a neuz bet ar yec'het
Pa deuz d'an pedet.
Qui pourrait dire le nombre de ses miracles : les malades guéris, tirés du danger, les aveugles mêmes qui ont retrouvé la vue quand on l'a prié.
VIII
Roit neuze ar vue da barzeg den man,
Dreist oll bugale dre nerz de bedinno ;
C'hoaz ero bepred dre drugare Doue
Bue dan ine.
Donnez donc vie à ce pauvre chant, aux enfants surtout, par la force de vos prières ; qu'il reste toujours, par la grâce de Dieu, vie pour l'âme. [strophe d'un sens en partie incertain]
IX
Leun a garante evit an dud ankeniet,
Mad ouz ar bevvien hag an intanvezed,
En don goululou, en hon foanio kalet
Pemp oll d'he garet.
Plein d'amour pour les affligés, bon envers les veufs et les veuves, dans nos deuils, dans nos peines les plus dures — que tous nous l'aimions.
X
Pedomp ta nean, an dever a lirie
Ma chomo zentuz a ful hon bugale,
Mari de skoazel, ha ma teuia da souten
ar skolio Kristen.
Prions-le donc, le devoir nous y appelle, pour que nos enfants restent obéissants et fidèles ; Marie, viens à notre aide, viens soutenir les écoles chrétiennes.
XI
Ma chomo ive, ar Vretonet fidel
Dan Iliz don Vam a d'hon bro Breiz-izel,
Ma vo gruiennet don en hon c'halono,
Fe goz hon zado.
Que les Bretons restent aussi fidèles à l'Église, notre Mère, et à notre Basse-Bretagne, et que soit enracinée, au fond de nos cœurs, la vieille foi de nos pères.
XII
A dirag Doue pa refomp ni galvet,
Otro Sant Ervoan, ah ! neuze deit deit
Wit kas ac'hanomp war eun dar Baradoz
Ganech da repoz.
Et quand nous serons appelés devant Dieu, seigneur saint Yves, ah ! venez alors, pour nous conduire au paradis, y reposer avec vous.
Eost 1911 — Y. M. Salaün
Document V

Da Sent hon Bro

War dôn : Speret Santel Divin
breton
français
I
Itron Varia Lourd, mammen a esperanz,
Pedet ho mab Jesuz evidomp, arrit Franz,
Ma teuimp da vean zentus ouz he lezen
ha ma refomp gant keun a gluchar pinijen.
Notre-Dame de Lourdes, source d'espérance, priez votre Fils Jésus pour nous, épargnez la France, afin que nous devenions obéissants à sa loi et que nous fassions, dans le repentir, une rude pénitence.
II
Sant Joseph, hon Patron, greteur zel a drue
War ar Pab, an Iliz, a walnomp ell ire,
Wit ma kerzofomp en hent a gas eeün dan nenvo,
Maro pur hon bue, a santet hon maro !
Saint Joseph, notre patron, ayez pitié du Pape et de l'Église que nous voyons persécutés, afin que nous marchions sur le chemin qui mène droit au ciel — pure soit notre vie, et sainte notre mort !
III
Ebestel evurus, a Sant Per a Sant Pol,
c'houi ac'heus prezeget lezen Doue dre oll
Reit dimp, ive, ar c'hraz da genderc'hel bepret ar fe
e deuz meur vemet gant ho koad zic'hellet.
Bienheureux apôtres, saint Pierre et saint Paul, vous qui avez prêché partout la loi de Dieu, donnez-nous aussi la grâce de garder toujours la foi que vous avez semée au prix de votre sang.
IV
Itron Santez Anna, patronez Breiz-izel,
Kemeret ac'hanomp oll dindan ho skoazel,
Wit ma chomo dalc'hmat fe goz ar Vretonet
Gruiennet en hon bro, betek ar fin ar bed.
Madame sainte Anne, patronne de la Basse-Bretagne, prenez-nous tous sous votre protection, afin que la vieille foi des Bretons demeure toujours enracinée dans notre pays, jusqu'à la fin du monde.
V
Sant Nikel galloudus, pechini neuz sklopet
En kreiz tan an ifern Lusifer viliguet,
Miret hon bugale deus an drouk Kentelis
Zignet gant satan wit kol hoc'h ineo.
Saint Michel tout-puissant, qui avez précipité au milieu du feu de l'enfer Lucifer maudit, gardez nos enfants des mauvaises leçons envoyées par Satan pour perdre leurs âmes.
VI
Jand Ark, gwerchez dispar, c'houi ac'heus argoset
Gwec'h all demeus a Franz ar Saozon dirollet,
Pellaet c'hoaz n'i hoped, hach oll ene bourien
ha ma vo libr hon bro, a trec'h da viken.
Jeanne d'Arc, vierge incomparable, vous avez autrefois chassé de France les Anglais déchaînés ; écartez-nous encore de nos ennemis, et que notre pays soit libre, à jamais victorieux.
VII
Sant Erwan Helori, patron ar Vretonet,
Klevet hon fedinno hag hon dilezet ket,
Hon bro azo gwasket gant tud fall a dife,
Kennerzet ac'hanomp a bet ouzimp true.
Saint Yves Hélori, patron des Bretons, écoutez nos prières et ne nous abandonnez pas ; notre pays est opprimé par des méchants qui le tourmentent ; fortifiez-nous et ayez pitié de nous.
VIII
Sant Cual, sant Brick, sant Gueltas, sant Kado,
Sant Samson a sant Nin, sant Vodez, sant Remo,
Sikouret anomp-ni, bugale an dud-se,
Pere pa vadeet gret Kristenien gante.
Saint Cual, saint Brieuc, saint Gildas, saint Cado, saint Samson et saint Ninnoc, saint Maudez, saint Rémy — secourez ceux d'entre nous qui sommes les enfants de ceux que vous avez baptisés et faits chrétiens.
IX
Erbedet evidomp, Kalon Jesus-Mari,
Da hars kvean warnomp gvalenno a gasti
ha ma teui c'hoaz da ren entoues ar Vretonet
Fe gontan hon zado zo poas de digaset.
Intercédez pour nous, Cœur de Jésus et de Marie, afin d'écarter de nous les fléaux qui nous menacent, et que revive encore parmi les Bretons la foi de nos pères, qu'il est temps de faire refleurir.
12 septembre 1912 — Y. M. Salaün
Document VI

Wit Gwel Sant Erwan

breton
français
I
Evel bep bla en Landreger
Vo gret dare eur pardon kaër,
Ehenor d'hon Patron karet,
Sant Ervan, skwer ar Vretonet.
Comme chaque année, à Tréguier, un beau pardon sera bientôt célébré, en l'honneur de notre patron bien-aimé, saint Yves, modèle des Bretons.
II
Ar re ac'hanomp ac'hei di
Ne ankoafoint ket da bedi
Wit an Iliz heckezomp
Da ma nevo frankiz hon bro.
Ceux d'entre nous qui iront là-bas n'oublieront pas de prier ; pour l'Église, demandons-le, afin que notre pays retrouve sa liberté.
(variante marginale : « frankiz d'hon bugale ouzpen » — « la liberté, pour nos enfants aussi »)
III
ar pez zo gwir, e Berlewenez
ar zant neuz pedet en hon Iliz,
a prezeget komzo Doue
Dar re oa aman er c'houlz-se.
il est vrai qu'à Brélévenez ce saint a prié dans notre église, et prêché la parole de Dieu à ceux qui vivaient ici en ce temps-là.
IV
He gentelio a neuz douget
Fru mad a peur baduz meurbet,
Rak chomet e de dre graz Doue
Gruiennet en hon bro ar fe.
Ses leçons ont porté de bons fruits, très abondants, car par la grâce de Dieu la foi est restée enracinée dans notre pays.
V
Labourerien a tud a boan
Pedomp gant fians Sant Erwan,
Da skwill warnomp gant e c'hraso,
He venoz war kreiz hon fasko,
Ha pa vo fin d'hon reuz aman
ar c'hraz da vonet oll gantan
Elec'h na vo poan nag anken
Met peuc'h, douster, joa da viken !
Nous, laboureurs et gens de peine, prions saint Yves avec confiance, afin qu'il répande sur nous sa grâce, sa bonté au milieu de nos épreuves, et que, lorsque prendront fin nos peines ici-bas, nous ayons la grâce d'aller tous avec lui là où il n'y a plus ni peine ni tourment, mais paix, douceur, joie à jamais !
(note marginale : « ne vankfount ket oll da bedi » — « qu'ils ne manquent pas tous de prier » — Y. M. S.)
Document VII

Otro Person

breton
français
I
An amzer dous a dremen,
Gamet a gaon hag a anken :
Bue an den war an douar
Zo ive ber, leun ac'h blachar.
Le temps doux passe, mêlé de chagrin et de tourment : la vie de l'homme sur la terre est elle aussi brève, pleine d'affliction.
II
Na petra vo ar bla neve ?…
Doue he unan e oar ye…
Mez neur welet ar zeblancho,
Deman hepmar a vo garo…
Et que sera l'année nouvelle ?… Dieu seul le sait… Mais à voir les signes, demain sans doute sera rude…
III
Dismantr, bugel ne weler ken
Enep Doue hag he lezen,
C'hoant zo d'en iskar an Iliz
a koll im ar yaouankiz,
Dreist oll, er skolio didoue
Gant an dud fall a ren lizie.
Hélas, on ne voit plus d'enfants respecter Dieu et sa loi ; on veut chasser l'Église et perdre la jeunesse, surtout dans les écoles sans Dieu que dirigent les méchants.
IV
Mez kaer neus an amne c'haousa,
an Iliz a chomaf ne zav,
En despet d'an oll gwagenno
a yar outi spontuz tro zo :
Siazeet war ar roc'hel
Hi vel he mestr zo eternel ;
ar bed hag all a dremeno,
Bepred a vo guir he gomzo.
Da c'hortoz e refer gwasket
Gant kasoni heph true bet.
Mais l'ennemi a beau s'acharner, l'Église, elle, ne bouge pas ; malgré toutes les vagues qui se dressent contre elle, il y a là un mystère : assise sur le roc, elle sait que son maître est éternel ; le monde passera, mais sa parole à elle sera toujours vraie. En attendant, on la persécute sans nulle pitié.
Document VIII

Lettre sur le bulletin paroissial

à propos d'un projet de feuille paroissiale

Monsieur le Recteur, j'ai lu avec grand intérêt, dans le dernier Kroaz ar Vretoned, votre projet d'établir, pour Brélévenez, un petit bulletin paroissial. J'y applaudis de tout cœur ; nos gens (tud a louar) y trouveront de quoi s'instruire et se réjouir, en attendant la messe, sur la place du clocher (plasen ar chaloni).

Bien des choses méritent d'être dites et rappelées à la paroisse, et je pense qu'un tel feuillet, distribué chaque mois, ferait plus de bien que bien des sermons, car on le lit et le relit au coin du feu, ce qu'on ne peut faire d'une prédication.

Je vous offre, pour ma part, telle traduction ou tel cantique qu'il vous plaira d'y insérer, n'ayant d'autre ambition que de voir fleurir notre langue et notre foi ensemble.

Votre dévoué paroissien,
Y. M. Salaün, dit Koz Labourer.

[cette lettre est déjà rédigée en français par l'auteur ; quelques passages, d'une lecture incertaine dans l'original, ont été restitués avec prudence. Le manuscrit original, développant longuement des souvenirs et renseignements sur l'histoire de l'église de Brélévenez, est reproduit ci-dessous en fac-similé]
Fac-similé, premier feuillet de la lettre d'Yves-Marie Salaün
Fac-similé — f. 1
Fac-similé, feuillets suivants de la lettre d'Yves-Marie Salaün
Fac-similé — f. 2 verso / 3 recto

Regard graphologique

L'écriture de Salaün est celle d'un homme manifestement formé à une bonne école de village, plus qu'on ne l'attendrait d'un simple laboureur : cursive anglaise soutenue, penchée et régulière, aux pleins et déliés encore marqués — trace d'un apprentissage à la plume d'oie ou au porte-plume selon les modèles de calligraphie alors enseignés dans les écoles congréganistes bretonnes. Le tracé reste assuré d'un bout à l'autre des deux pages, sans grand tremblement ni ratures nombreuses, ce qui suggère soit une lettre recopiée au propre après un brouillon, soit une grande aisance de la plume chez un homme habitué à écrire. Les jambages sont amples, les boucles hautes bien formées, et la ligne, bien que non réglée, se tient droite sur toute la hauteur de la page — signe d'ordre et de maîtrise. On note quelques mots surchargés ou corrigés en interligne (ainsi « dévoué » au-dessus de la ligne dans le premier feuillet), et une ponctuation assez libre, plus proche de l'usage oral que de la norme grammaticale, avec des majuscules parfois apposées par respect (Église, Bulletin, Monsieur l'Abbé) plutôt que par règle syntaxique. L'ensemble compose le portrait d'un paysan lettré, fier de sa plume, habitué à la correspondance pieuse et paroissiale, et soucieux de présenter à son destinataire — un ecclésiastique — une page à la fois soignée et respectueuse.

Ce que la lettre rapporte de l'histoire de Brélévenez

Sans qu'il y ait lieu ici d'en vérifier l'exactitude, on peut résumer les souvenirs et traditions locales que Salaün livre à son destinataire pour nourrir le futur bulletin paroissial. Il évoque d'abord la Trinité, qu'il dit l'un des plus anciens édifices des environs, portant la date de 1382 et ayant occupé l'emplacement actuel de la croix de mission, sur la place dite Plasenn ar Chaloni. Il rapporte ensuite qu'un culte à saint Mathurin était autrefois rendu à Brélévenez par des épileptiques et des personnes atteintes de maladies nerveuses venues en pèlerinage, auxquelles on passait au cou une chaîne du saint pour obtenir leur guérison ; saint Mathurin, selon lui, est aussi l'un des patrons de l'église, ce que beaucoup ignoreraient de son temps. Il précise, d'après le chanoine Le France, que ce sont les Trinitaires — et non les Carmes — qui donnèrent leur nom aux Mathurins, et qui auraient bâti l'église de Brélévenez ; les Carmes ne leur auraient succédé que plus tard dans l'administration de la paroisse ou du district. Le nom même de Plasenn ar Chaloni viendrait, selon lui, du chanoine Hervé Cucheval, ecclésiastique de Brélévenez qui fut l'un des témoins cités et entendus lors du procès de canonisation de saint Yves. Salaün situe enfin la restauration et l'agrandissement de l'église en 1639 — date que porterait l'un des piliers du midi, avec l'inscription « Y. RIO. R. 1639 » (pour Rio, recteur) —, et rattache à la même époque l'érection du clocher, l'allongement de l'édifice se laissant selon lui deviner à l'observation des deux colonnes de bois, qui ne seraient pas de la même pierre. Il indique tenir ces derniers renseignements de M. Sageot, architecte, prédécesseur de celui alors en exercice, environ trente ans plus tôt, tout en prenant soin de préciser qu'il ne les donne pas comme indiscutables.

Document IX

Maro ar Barz Koz

Maronad — à la mémoire du « Koz Labourer »
« Da dud ar C'hoz-Labourer », gant doujanz
War dôn : Ker Iz, mar Kerer
breton
français
I
Sed ar C'hoz-Labourer marvet,
Hag e delen gantan tavet ;
Sonet, kleier Berlewenez,
Sonet glaz evit e ine !
Voici le Vieux-Laboureur mort, et sa harpe s'est tue avec lui ; sonnez, cloches de Brélévenez, sonnez le glas pour son âme !
II
Kenvaiz, evit ho loden,
Kinniget d'ezan eur beden ;
Ha c'houi, Barzed, eur maronad,
Evit distân ho kalonad…
Compagnons, pour votre part, offrez-lui une prière ; et vous, bardes, un chant funèbre, pour soulager votre chagrin…
III
Skuilh daerou ive, Breiz, ma bro,
Eur bugel d'it a zo maro ;
Unan ar c'harantezusan,
Evidout, eur c'holl ar gwasan.
Verse des larmes toi aussi, Bretagne, ma patrie ; un de tes enfants est mort ; l'un des plus aimants, pour toi, une perte des plus grandes.
IV
Ar Barz, da Vreiz, pebez skoazel,
Pa gar ar stourm hag ar Brezel ;
Ar vam a c'hall zevel he fenn,
P'he deuz mibien ouz he difenn.
Le barde, pour la Bretagne, quel soutien, quand il aime la lutte et le combat ; la mère peut relever la tête, quand elle a des fils pour la défendre.
V
Ha mantrus a ve ha glac'har,
Pa wel o koueza d'an douar,
Zoken lazet gant ar gozni,
Unan evel n'he doa hini…
Et c'est triste et douloureux de la voir tomber à terre, emporté même par la vieillesse, un fils tel qu'elle n'en avait pas d'autre…
VI
Eur bugel, ganet telennour,
Eur Breizad, ganet brezeliour,
Na dlefe birviken level,
Na dlefe birviken mervel !
Un enfant né pour être harpiste, un Breton né pour être combattant, ne devrait jamais faiblir, ne devrait jamais mourir !
VII
Telen, kleze, alar ha kroaz,
Karet gant hon Barz a viskoaz,
Awenet kalonou yaouank,
Ma teui d'ezan diskibien stank.
Harpe, épée, charrue et croix, aimées de notre barde depuis toujours, inspirez les cœurs des jeunes, pour qu'il lui vienne beaucoup de disciples.
VIII
Warlerc'h kenavo d'e dudou,
An de-se, da Pleuveur-Bodou,
Ar « C'hoz-Labourer » a yeas,
Dont en dro, siouaz, na reas…
Après avoir dit adieu aux siens, ce jour-là, vers Pleumeur-Bodou, le « Vieux-Laboureur » s'en alla ; revenir, hélas, il ne le fit pas…
IX
Hag ar Barz koz a dremenas ;
Ha, klemmus, eun evn a ganas,
E oa marv, en Koad Kerduel,
Koz Labourer park Breiz-Izel…
Et le vieux barde s'en fut ; et, plaintif, un oiseau chanta : il était mort, au bois de Kerduel, le vieux laboureur des champs de Basse-Bretagne…
Ar Yeodet — sur la grève, 22 juin 1913
Postface

Notice historique et littéraire

essai de contextualisation, établi d'après les pièces qui précèdent

Les neuf pièces rassemblées dans ce recueil dessinent, en creux, la figure d'un poète de paroisse comme le Trégor catholique en a connu plusieurs à la charnière des XIXe et XXe siècles : Yves-Marie Salaün, paroissien de Brélévenez, en Lannion, plus connu sous son pseudonyme de Koz Labourer — « le vieux laboureur ». Les documents ici réunis n'apprennent presque rien de son état civil ; aucune pièce ne donne sa date de naissance, et l'on ignore le détail de sa formation. Ce que l'on peut affirmer, en revanche, tient à ce que ses propres écrits, datés de 1906 à 1913, laissent entrevoir : celui d'un homme de condition modeste, mais manifestement instruit, qui écrit en breton et en français et possède une connaissance suffisante du latin liturgique pour traduire le Dies Iræ.

Un collaborateur de la presse bretonnante catholique. La nécrologie qui ouvre ce recueil (Document I) le présente comme un « excellent collaborateur » de Kroaz ar Vretoned, l'hebdomadaire en langue bretonne fondé en 1898 par le linguiste François Vallée à partir d'un supplément de La Croix des Côtes-du-Nord. Le journal, d'inspiration catholique, était diffusé dans ce Trégor encore largement bretonnant — un contexte qui, sans que le dossier ne l'établisse directement, offrait sans doute à un laboureur de village comme Salaün l'un des rares espaces où voir publiées ses traductions et ses compositions. C'est dans ce cadre que Salaün signait tantôt de son nom, tantôt de son pseudonyme, une prose et des vers dont la nécrologie loue la tenue : traductions de fables de La Fontaine, de chansons populaires, voire d'hymnes latines — la mention que « la langue de Virgile ne lui était pas étrangère » suggère une culture religieuse plus étendue que ne le laisserait croire son état de laboureur.

Une œuvre de cantiques et de traductions pieuses. Une grande partie des pièces poétiques conservées ici relève du genre du kantik, ce chant religieux populaire, chanté sur un timbre connu — les indications « war dôn » qui précèdent plusieurs pièces renvoient à des airs déjà en usage, procédé constant dans l'hymnodie bretonne de tradition orale. On y trouve une traduction en vers du Dies Iræ (Document II), deux cantiques consacrés à saint Yves (Documents IV et VI), auquel Salaün portait manifestement une dévotion particulière, ainsi que des pièces plus composites mêlant piété et inquiétude pour l'avenir de la foi (Documents V et VII). La forme est le plus souvent constante : strophes de mètre régulier — huit pieds, comme Salaün le précise lui-même pour le Dies Iræ, une mesure qui semble se retrouver, à l'observation, dans plusieurs des autres pièces —, rédigées dans une orthographe bretonne antérieure aux réformes normatives du XXe siècle, proche des usages du Trégor et de la graphie encore hésitante des catéchismes et cantiques diocésains de l'époque.

Le climat religieux du premier XXe siècle. Plusieurs pièces ne se comprennent pleinement que replacées dans le contexte des lois de laïcisation du début du siècle — loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État, fermeture ou laïcisation des écoles congréganistes. Le poème Otro Person (Document VII) y fait directement écho lorsqu'il déplore que l'on veuille « chasser l'Église » et perdre la jeunesse « dans les écoles sans Dieu que dirigent les méchants », avant d'affirmer, dans une image empruntée à l'Évangile, que l'Église reste assise sur le roc quand le monde passe. Ce ton de résistance confiante, mêlé d'amertume devant la persécution, rappelle le registre d'une partie de la littérature bretonne catholique de ces années-là, dont Kroaz ar Vretoned offrait une tribune régulière.

La mort du poète, en 1913. La nécrologie (Document I) rapporte une mort subite, survenue un mardi matin dans l'allée de M. de Champagny, maire de Pleumeur-Bodou, suivie d'obsèques nombreuses. Le maronad composé pour lui — Maro ar Barz Koz, Document IX — est signé « Ar Yeodet — sur la grève, 22 juin 1913 », ce qui situe sa mort au printemps ou au tout début de l'été de cette année-là, non loin du bois de Kerduel qu'évoque la dernière strophe. Le chant funèbre, composé par un autre barde amateur du même milieu paroissial, reprend les motifs mêmes de l'œuvre du défunt — la harpe (telenn) réduite au silence, la Bretagne en deuil, l'image du fils breton né pour combattre et pour chanter — ce qui suggère qu'il était déjà considéré, dans son entourage, comme bien davantage qu'un simple traducteur occasionnel.

Une voix mineure, mais représentative. Rien n'indique que Yves-Marie Salaün ait cherché à dépasser le cadre de sa paroisse ou de la presse diocésaine ; à la différence des grandes figures du renouveau littéraire breton de la même période, il n'appartient à aucun mouvement organisé et ne semble pas avoir publié de recueil séparé. C'est précisément ce qui rend son cas intéressant : il illustre la vitalité d'une pratique poétique bretonne rurale, ancrée dans la liturgie et la presse paroissiale, pratiquée par des hommes de condition modeste pour qui le breton restait la langue naturelle de la prière autant que du travail des champs.

Cette notice constitue un essai de synthèse rédigé à partir des seuls documents transcrits ci-dessus et de quelques éléments de contexte sur Kroaz ar Vretoned ; elle ne prétend pas à l'exhaustivité biographique et gagnerait à être complétée par une recherche en archives (état civil, collection du journal).

Transcription, traduction française et mise en page établies d'après les documents originaux confiés par Gildas.
Fonds Yves-Marie Salaün, Brélévenez.